CALENDRIER INDIEN
espèce. On voit que cette croyance à une autre - vie est toute matérielle. Ces Indiens n’ont aucune idée de rémunération et de châtiments éternels'.
L'astronomie, si cultivée chez les Indiens Mexicains , est restée chez ceux de Californie à l'état d'enfance. Leur année commence au solstice d'hiver ;ils comptent par mois lunaires ; de sorte que pour compléter leur année , ils sont obligés d’ajouter plusieurs jours supplémentaires. Tous ces mois ont des noms symboliques. Ainsi , décembre et janvier sont appelés le mois du froid ; février et mars, la pluie; mars et avril, la première herbe; avril et mai, crue des eaux ; mai et juin, racines ; juin et juillet, pêche du saumon; juillet et août, la chaleur; août et septembre, les fruits sylvestres; septembre et octobre, les racines bulbeuses ; octobre et novembre, les glands , les pignons et les noisettes ; novembre et décembre, la chasse des ours et des cerfs.
Tous les Indiens de la Californie , habitant la grande vallée de los Tulares, ont été enhardis, dans ces derniers temps, au pillage des ranchos, par l’insolence des habitants et les injustices com-
mises au préjudice des néophytes des Missions.
Il ne se passe pes de jour où ils n’aillent jusque
* Manuscrit du R. P. Boscana, pag. 49 ; op: cit,
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LE R. P. UGARTE. 381 dans les pueblos voler des parcs entiers de chevaux, et quelquefois même commettre des assassinats. Cependant ils ne sont guère à redouter si l'on exerce quelque vigilance, comme le faisaient les compagnies présidiales espagnoles. En effet, ils se font la guerre entre eux par surprise; et toute leur stratégie consiste à s'approcher Ja nuit de leurs adversaires, sans être entendus, et à les attaquer au point du jour en poussant de grands cris. Il est évident que plusieurs milliers de ces sauvages ne tiendraient pas contre une poignée d’Européens disciplinés et pourvus d'armes à feu. Ils ont d’ailleurs la conscience de la supériorité des blancs, et il est facile de leur imposer soit par la force physique, soit par les moyens les plus vulgaires.
Le R. P. Ugarte, président des Jésuitès, homme d’une haute stature et d’une force prodigieuse , prêchait à la Mission de Notre-Dame de Loreto:; un cacique indien, placé près du Père et
renommé par sa vigueur, riait aux éclats en tour-
nant ses paroles en dérision. Le P. Ugarte perdant patience, se pencha sur sa chaire, saisit d’une main le cacique par sa longue chevelure, et le tint un moment suspendu en le balançant de côté et
d'autre. A cette vue, les Indiens furent frappés
de crainte, quelques-uns s’enfuirent, et les jours
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