‹ Exploration du Zambèse et de ses affluents et découverte des lacs Chiroua et NyassaChapitre 34 sur 69 · Voir ExplorcUions dans V Afrique austraUj page · texte numérisé non relu

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nature que celle qui fait dire qu'il n'y a pas eu d'instruments de bronze pendant la période du silex.

Nous ferons toutefois observer que, de nos jour», l'âge de pierre existe dans certaines contrées, notamment dans la Terre de Feu, où l'a trouvé l'amiral Fitzroy ; tandis qu'ailleurs on est en plein âge de fer.

Ici, tous les trois ou quatre villages, nous voyons un petit édifice d'environ six pieds de hauteur sur deux ou trois de diamètre, et qjii ressemble à un four. Construit en argile durcie au feu, cet édifice est un fourneau servant à la fonte du fer. Que le minerai soit du fer magnétique, du fer spéculaire ou de l'hématite jaune, aucun fondant n'est employé ; ce qui n'empêche pas les indigènes d'obtenir un métal excellent ; au point qu'ils déclarent que le fer anglais est pourri^ en comparaison du leur ; et que des houes afiricaines ont été trouvées à Birmingham d'une qualité presque égale à celle du meilleur fer de Suède.

Parfois, lorsque nous passons, des hommes quittent les champs où ils travaillent, et accourent pour nous offrir des lances, des houes, des haches neuves qu'ils ont fabriquées eux-mêmes. Il est certain qu'on est ici dans l'âge de fer. Suiiiant les indigènes, qui l'extraient de la malachite, le cuivre est beaucoup plus difficile à traiter que le minerai ferrugineux. Jamais, dans ce pays-ci, croyons-nous, l'étain ou le zinc n'a été allié au cuivre; d'où il résulte que si l'âge, de bronze doit y venir, il se produira dans l'ordre inverse de ce qui s'est passé ailleurs.

Uucnt au silex, il est douteux que les Africains y aient jamais eurecoui?; attendu qu'à l'exception de petites agates, qui sont assez rares, ^n n'en trouve pas dans la partie australe du continent, tout au. moins dans la région que nous avons parcourue. Ce ne serait pas une raison, il est vrai, pour que l'âge de pierre n'eût pas exiî té en Afrique ; d'autres roches peuvent avoir servi au même uiage; cependant les fouilles pourront seules en donner la preuve.

A partir iu village de Houazi, trois longues marches nous ont conduits 'iU nord-ouest. L'accueil n'a pas été mauvais; mais les habitants n'ont rien voulu nous vendre. « Vous passez trop vi*<*^» nous disaient-ils. En effet, notre présence les étonne ; et avant qu'ils soient revenus de leur surprise nous sommes obligés de partir.

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Il est possible que Mouazi ail envoyé rordre de nous refuser des vivres, afin de nous empêcher d'atteindre le district dépeuplé ; toutefois, ce n'est là qu'un jugement téméraire, n'ayant d'autre fondement qu'une idée peu charitable.

Nous nous sommes arrêtés un soir à la résidence de Machamboué; le lendemain à celle de Ghimbouzi. La première fois que nous entrons dans un village, il est rare que nous puissions voir le chef. Il se tient à l'écart en attendant qu'il sache quels sont ces étrangers; ou bien, il est dans les champs, à Visiter ses fermes. Nous l'avons vu souvent revenir de sa tournée agricole; et sa lance, son arc et ses flèches, que nous supposions pris pour la circonstance, nous faisaient croire qu'il était allé prudemment se cacher dans une hutte extra-muros, jusqu'à ce qu'il fût rassuré à notre égard ; mais les détails qu'il nous donnait sur les récoltes qu'il était allé voir, la précision avec laquelle il nous décrivait les lieux, nous ont montré dans plus d'un cas que nous avions tort, et nous ont fait rougir de nos soupçons.

Pas de tertre, de colline, de montagne, pas de sommet se détachant d'une rampe qui n'ait son nom, ainsi que tous les cours d'eau, les vallées jst les plaines. Chaque trait du pays, chaque division du sol est si minutieusement désignée, qu'il faudrait une vie d'homme pour déchiffrer le sens des appellations qui les caractérisent. Ce n'est pas le manque de noms, c'est leur surabondance qui égare le voyageur. Les termes employés pour la désignation des lieux sont tellement multiples, que parfois même celui qui connaît bien la langue peut à peine suivre la conversation, et n'en comprend guère que le sens général.

Cette langue est d'une telle richesse, que nous avons entendu jusqu'à une vingtaine de mots pour indiquer les divers genres de démarche. Se pencher en avant ou en arrière, se balancer de côté, aller d'un pas allangui ou d'une allure vive, marcher le front haut, d'un air de menace ou de bravade, en agitant les bras ou seulement l'un des deux, en baissant la tête, en l'inclinant, en la tenant droite, chacune de ces nuances est exprimée par un verbe particulier, et nous avons renoncé à compter les mots qui désignent les différentes sortes de folie ou de sottise.

M. Moffat, qui a traduit, toute la Bible en sichuana S et qui

1 . Langue des Béchuanas et des Makololos, qui Tout répandue jusqu'au Zambèse.

étudie cette langue avec soin depuis quarante-quatre ans, y fait tous les jours de nouvelles découvertes. Mais, si riche qu'elle soit en expressions dont nous ne sentons pas la nécessité, elle est pauvre en termes abstraits, et n'a que peu de mots pour rendre les opérations mentales.

La marche du troisième jour, à partir de chez Mouazi, se termina dans l'après-dinée du 27 septembre. Nous venions d'atteindre le village de Ghinanga, situé au bord de l'une des branches de la Loangoua.

Une masse granitique de mille pieds de hauteur, d'une forme arrondie, et qu'on appelle Nombé-Rouméf s'élève dans la plaine, à quelques milles du village. Elle est remarquable par le peu de végétation qu'on y aperçoit. Près d'elle sont plusieurs collines de granit, décorées d'arbres, comme la plupart de celles qu'on voit dans ce pays-ci. Des montagnes bleues s'amoncellent au loin et fuient vers le nord.

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