MANUSCRITS
Milles Milles Stades. romains. Stades. romains.
MTSV AS RE ee RO Sidi-Daoud.
CARPE SCORE MARVLA TE Clone eee
CADABRASS ER RES
DARRMA EE Eee ee : Ἷ Hammam-Kourbès.
CARTAAGO): à <L MURS GLEN, SRE. ICONE ES Carthage.
Reprenons ces synonymies une à une :
«Du port de Missua à Thermae, dit le Stadiasme, il y ἃ soixante stades : c'est un bourg au-dessus duquel se trouvent
si 107 Ver
les thermes”. » Les soixante stades, comptées à partir de Missua (Sidi-Daoud), conduiraient à Henchir-el-Haïrech, où l'on remarque quelques vestiges antiques, mais où il n'existe pas et n'a jamais existé d'eaux thermales. La plage est basse et l'on ne retrouve pas les hauteurs auxquelles fait allusion le Stadiasme. Les cent soixante stades indiqués entre Therma et Carpe, et que nous rétablissons entre T'herma et Missua, sont, au contraire, l'équivalent exact de la distance qui sépare Sidi- Daoud de Hammam-Kourbès «les Bains de Kourbès». L'aspect des localités concorde également avec les indications du Stadiasme. Kourbès occupe le fond d’une des gorges du massif montagneux qui s'étend de Mraïsa au cap Zafran et dont les pentes plongent dans le golfe. Quelques débris du bourg antique existent encore dans l’anse étroite qui lui servait de port, ainsi que sur les deux versants de la gorge. Les bains sont situés plus haut, sur une plate-forme naturelle qui domine le golfe. Les thermes antiques, canaux, conduits et piscines, sont en partie conservés. Les eaux de Kourbès ont une température très élevée et passent pour plus efficaces encore que celles de Hammam-el-Enf.
Les eaux de Kourbès sont évidemment les Thermae du Stadiasme. Ce sont très certainement aussi les Aquae Calidue de Tite-Live. Mais Hammam-Kourbès n'est pas Carpi ou Carpis, comme on l'a affirmé jusqu'ici. C'est une de ces synonymies d'habitude, fondées sur quelques indices tirés d’une partie des textes antiques, mais qui tombent devant l'examen comparé de tous les documents. Carpis, dans notre conviction, ne doit être cherchée qu'à Mraïsa.
M. Guérin, dont le livre est le travail le plus récent qui ait
ἡ Stadiasmus maris magni, $ 120 : [ἀπὸ Μισούας λιμένος] ἐπὶ Θερμὰ σήάδιοι E - κώμη ἐστὶ καὶ ἐπάνω τὰ Sepud.
THERMAE , AQUAE CALIDAE (Hammam-
Kourbès).
Carpis ou Carpt
(Mraïsa).
été publié sur la géographie comparée de la régence de Tunis, a reproduit et développé les arguments qu'on avait déjà fait valoir en faveur de l'identité de Carpi et de Kourbès. « L'Itinéraire maritime, dit M. Guérin, compte cent cinquante stades de Carpi à Carthage, ce qui est précisément la distance qui sépare Hammam-Korbès de l'ancien port de Carthage. Il n'ya donc pas de doute à concevoir sur l'identité de Carpi et de Korbès. D'ailleurs le nom antique de cette localité ne sest-il pas maintenu dans le nom moderne, qui ne fait que traduire sous une forme arabe la dénomination grecque et latine?»
Le premier de ces deux arguments peut tout aussi bien être invoqué en faveur de l'identité de Carpi et de Mraïsa qu'en faveur de celle de Carpi et de Kourbès : Mraïsa est également située à cent cinquante stades de Carthage, cette dernière ville formant le sommet d'un triangle isocèle dont la côte, de Kourbès à Mraïsa, peut être considérée comme la base. Et, puisque l’occasion s’en présente, nous signalerons une fois pour toutes l'insuffisance de cette preuve sommaire dont on se contente trop souvent dans la recherche des synonymies géographiques. Etant donnés un point À dont la position est certaine, un point X à déterminer et une distance connue D, le premier point N qu'on rencontre à la distance D est considéré comme l'équivalent de X, sans qu'on tienne compte de N', N',etc., qui, se trouvant dans le même rayon, satisfont également à la donnée D. C’est à de tels procédés que nous devons la plupart des fausses synonymies dont nous avons tant de peine à nous débarrasser. Quant au second argument, il est incontestable que Kourbès est la forme arabe de Carpi, mais nous ferons remarquer que la localité que nous identifions à Thermae, et qu'on fait correspondre à Carpi, s'appelle, non pas Kourbès, mais
Hammam-Kourbès «les Bains de Kourbès» , et que cette dénomination n'implique pas nécessairement que les thermes et la ville qui leur avait donné son nom fussent une seule et même localité. Qu'on ne voie pas dans cette distinction une-pure subtilité : les Aquae Carpitanae pouvaient être à six ou sept milles de Carpi, de même que les Aquae Thibilitanae sont à une certaine distance de Thibilis, de même que les bains d'Hammam-K abès, les Aquae Tacapitanae, sont à seize mille de Tacape.
« Dans la Table de Peutinger, ajoute M. Guérin, cette ville (Carpi) est désignée sous le nom de Ad Aquas et marquée comme étant à vingt et un milles de Maxula. C'est effectivement l'intervalle qui s'étend par terre entre Hammam-Korbès et Hammam-el-Lif (Hammam-el-Enf) , où j'ai placé Maxula. » Nous prouverons, dans la partie de ce livre spécialement consacrée à l'analyse des Itinéraires, que Maxula ne peut être Hammamel-Enf et que les vingt et un milles de la Table sont une erreur, démontrée par le tracé de la route, par les chiffres de l'Itinéraire d'Antonin et par la position certaine de Vina. On compte d'ailleurs non pas vingt et un milles, mais vingt-huit milles entre Hammam-el-Enf et Hammam-Kourbès.
Nous nous appuyons, de notre côté, pour identifier Carpi à Mraïsa :
1° Sur les distances : en intervertissant les chiffres du Stadiasme, les soixante stades indiqués entre Thermae et Carpi sont aussi exacts que les cent soixante stades qui séparent Thermae de Missua ; |
2° Sur les convenances topographiques et sur le texte du Stadiasme, qui, distinguant formellement Thermae de Carpi, appelle la première localité un «bourg», κώμη, et la seconde uné «ville», πόλις. Or Hammam-Kourbès ou Thermae, par
MaxuLa (Radès).
GALABRAS {Hall-el-Oued , la Goulette).
sa situation même, n'a jamais pu être qu'un bourg : la nature des lieux ne lui permettait pas de prendre une plus grande importance; Thermae n'avait d'autre raison d'être que ses eaux. Carpi, au contraire, assise au pied du massif montagneux de Kourbès, sur un plateau qui domine à la fois les plaines fertiles de Soliman et le port naturel qui lui a valu son nom arabe de Mraïsa !, réunissait toutes les conditions nécessaires à l’existence et à la prospérité d’un centre de population. En fait, le périmètre considérable de ses ruines justifie le nom de σόλις que lui accorde le Stadiasme*. J'ajouterai que la distinction établie par le portulan grec entre Thermae et Carpi est confirmée par deux autres textes anciens : l'Anonyme de Ravenne place Carpi au sud d'Aquae, et Tite-Live désigne Hammam- Kourbès par le nom d'Aquae Calidae, sans parler de Carpi, qu'il aurait évidemment nommée si Carpi et Aquae Calidae n'avaient été qu'une seule et même localité.
Le texte et les indications numériques du Stadiasme, rétablies à leur véritable place, confirment la synonymie que nous établissons entre Maxula et Radès : ἀπὸ Κάρπης εἰς Μάξυλαν στάδιοι x (px')" πόλις ἐσῆὶ καὶ λιμένα ἔχει. Les cent vingt stades restitués entre Carpi et Maxula séparent effectivement Mraïsa de Radès. Les mots λιμένα ἔχει prouvent d’ailleurs que Maxula ne pouvait être ni à Hammam-el-Enf, ni, comme l'a supposé C. Müller, entre Radès et Hammam-el-Enf: cette dermière localité n’a jamais eu ni rade, ni port naturel ou artificiel; c'est un des points les plus exposés de la côte. Quant au littoral qui s'étend de Hammam-el-Enf à Radès, 1] n'offre ni vestiges de ports, ni traces de cités antiques.
Reste la position de Galabras. « De Maxula à Galabras, dit
᾿ Mraiïsa est le diminutif de mersa « port ». — * On remarque encore ἃ Mraïsa les débris de la jetée qui protégeait le port, La longueur de ce brise-lames est de plus de mille mètres.
le Stadiasme, il Υ ἃ vingt stades: on peut mouiller jusqu'à la langue de sable '.» Ces vingt stades (3700 mètres) conduisent du mouillage de Radès à celui d'Halk-el-Oued (la Goulette). Ce sont les deux seules stations maritimes de la côte qui soient aussi rapprochées. Ce chiffre insolite de vingt stades suffirait pour déterminer Maxula et Galabras , alors même que la situation de ce dernier point ne résulterait pas de la mention si caractéristique de la «langue de sable», c'est-à-dire de l'isthme sablonneux qui sépare le lac de Tunis du golfe de Carthage, et que d'autres textes grecs désignent sous le nom de γλῶσσα“. Le Galabras du Stadiasme ne peut donc être que la Goulette. La distance qui sépare ce mouillage du port de Carthage, évaluée à cinquante stades par le portulan grec, n’est en réalité que de vingt-sept stades (5000 mètres) : il faut substituer au chiffre x’ le groupe κζ' (4995 mètres).
Nous avons vu que Ptolémée place l'embouchure du Catadas entre Carthage et Maxula, à égale distance de ces deux points. S'il n'y ἃ pas une transposition dans le texte, le Catadas ne serait pas autre chose, comme la supposé Mannert, que l'estuaire de la Goulette. Le canal profond et rapide qui déverse dans le golfe le trop-plein du lac de Tunis est le seul cours d’eau, en effet, qui puisse représenter les bouches d’un fleuve entre Carthage et Radès, et 1] est évident que, si la synonymie de cette dernière localité et de Maxula n'avait pas été méconnue jusqu'ici, personne ne se serait avisé de voir l'Oued Meliana dans le Catadas de Ptolémée. Cette dernière synonymie, cependant, nous avons déjà eu l'occasion de le dire, est universellement acceptée. Nous la considérons comme fort douteuse. Le texte de Ptolémée est formel : il place le Catadas
! ὁ 123 : ἀπὸ Μαξύλων ἐπὶ τὸν Γαλάδραντα σήάδιοι ν' (x'): ὅρμος ἐσήὶν ἕως [τῆς τῶν] ἀμμώδων ἀγωγῆς. --- * Voir plus loin la topographie de Carthage.
Le CarTapas de Ptolémée.
Le fleuve anonyme de Scylax.
à l'ouest de Maxula (Radès) et, pour admettre qu'il y ait eu une transposition des deux localités, il faudrait la motiver par de bonnes raisons. Or ces raisons font absolument défaut. La modeste embouchure de la Meliana, dont le nom est une véritable antiphrase }, se confond avec la plage très basse qui s'étend de Radès à Mraïsa : elle n’a jamais pu servir de point de reconnaissance aux navigateurs; elle ne méritait par conséquent pas d'être déterminée astronomiquement. La correspondance de ce fleuve sans eau et du Catadas ne s'appuie, nous le répétons, que sur les fausses synonymies successivement proposées pour Maxula. Du moment où l'identité de cette station et de Radès est bien établie, le Catadas se retrouve tout naturellement dans le canal de la Goulette, là même où le place Ptolémée; dont rien ne nous oblige à corriger le texte.
Il est possible toutefois, sans que nous osions l'affirmer, que le Galabras du Stadiasme et le Catadas de Ptolémée représentent le fleuve anonyme que le Périple de Scylax semble faire déboucher dans le golfe de Carthage. Après avoir parlé
. de Neapolis { Nebel, sur la côte occidentale de la presqu'île du
cap Bon), l'auteur du Périple ajoute:
ἀπὸ δὲ Νέας πόλεώς ἐσῆιν εἰς ἰσθμὸν oddia ρπ' πεζῇ πρὸς τὴν ἑτέραν ϑάλασσαν τὴν πρὸς Καρχηδόνα. Éo de ἀκτὴ δι’ ἧς. ἰσθμός oh. Παράπλους ἀπὸ τοῦ ποταμοῦ ἐντεῦθεν εἰς Kapχηδόνα ἥμισυ ἡμέρας. Μετὰ δὲ τὸν ἰσθμὸν Καρχηδών ἐσῆι, πόλις Φοινίκων καὶ λιμήν.
C. Müller traduit : « À Neapoli per isthmum pedestri itinere stadia sunt cLxxx usque ad alterum mare quod Carthaginem alluit: est enim litus 101 ad modum peninsulae in mare porrectum cum isthmo. Praetervectio a flumine ex hoc loco ad
" L'Oued Meliana, «la rivière pleine», est presqu’à sec pendant les trois quarts de l'année.
πτερί 173 }...-.-- Carthaginem est diei dimidiati. . . Post isthmum est Carthago, urbs Phoenicum cum portu. »
Le savant commentateur suppose, comme on le voit, que ᾿ϊσθμός du Périple est la presqu'île du cap Bon, et traduit en conséquence εἰς ἰσθμόν par per isthmum, tout en faisant remarquer avec raison que l'expression correcte serait δ’ ἰσθμοῦ. Peut-être l’auteur du Périple est-il innocent du solécisme qu'on lui prête, et faut-il attribuer un sens différent aux mots εἰς ἰσθμόν. La préposition εἰς, corrélative α ἀπό, désignant le point d'arrivée corrélatif du point de départ, doit se traduire régulièrement par usque ad. L'isthme du Périple ne serait donc pas la péninsule du cap Bon, maïs un isthme proprement dit, et cet isthme, que l’on retrouve πρὸς τὴν ἑτέραν ϑάλασσαν, serait alors celui qui sépare le lac de Tunis du golfe de Carthage. La phrase suivante : ἔσηι δὲ ἀκτὴ δ ἧς ἰσθμός ἐσῆι, paraît confirmer cette interprétation. Par suite de l'idée préconçue que ᾿᾿ἰσθμός est la péninsule du cap Bon, Müller paraphrase plutôt qu'il ne traduit : Est enim litus τι ad modum peninsulae in mare porrectum cum 1sthmo. Le sens le plus naturel n'est-il pas : «Il y ἃ là une plage à travers laquelle s'étend un isthme »? Quiconque a parcouru cette partie du littoral tunisien ne peut guère en accepter un autre.
Les mots qui suivent : Παράπλους ἀπὸ τοῦ ποταμοῦ ἐντεῦθεν εἰς Καρχηδόνα, supposent, comme le remarque fort bien Müller, une phrase intermédiaire qui “ἃ disparu et où il devait être question de l'embouchure du fleuve. Toujours préoccupé de l'identité de l'isthme et de la péninsule du cap Bon, Müller arrive, en ce qui concerne ce fleuve anonyme, à des conclusions difficilement conciliables avec la topographie du golfe : «Intelligi flumen Catadam prope Tunetum exeuntem censet Gailius, haud probabiliter; is potius flumen esse debet
SIMIANA.
Guurs.
Les LATOMIES.
AQUILARIA.
-- ἐσ 17ὴ jes—
qui ad ipsum isthmum in mappis notatur, nomen ejus nescio. » Ce fleuve adjacent à la presqu'île du cap Bon, et dont Müller ignore le nom, ne peut être que l'Oued Bezirkh ou l'Oued Sliman. Or il est bien peu probable que l'un de ces deux cours d'eau, également insignifiants, ait attiré l'attention de l'auteur du Périple; il faut donc identifier le ποταμός de Scylax soit à la Meliana, soit au canal d'Halk-el-Oued. Cette dernière synonymie nous paraît la plus vraisemblable pour les raisons qui nous ont engagé à rejeter la correspondance de l'Oued Meliana et du Catadas.
Simiana où Siminina, que l’Anonyme de Ravenne indique entre Missua (Sidi-Daoud) et Aquas (Hammam-Kourbès), est probablement Henchir-el-Haïrech. L'emplacement de Gumis? se retrouverait à Henchir-Sabelat-el-Beï, à peu de distance au sud-est d'Hammam-el-Enf,
Les Latomies de Strabon sont les immenses carrières d'El- Haouria, entre Missua et l'extrémité du Ras Adar.
Quant au bourg d'El-Haouria, il paraît occuper l'emplacement de l’Aquilaria des Guerres civiles. C’est là qu'Agathocle avait débarqué : Diodore l'indique suffisamment en parlant des Latomies ὃ; c’est là aussi que débarqua Curion. Cette rade était évidemment un des mouillages les plus fréquentés par les navires qui passaient de Sicile en Afrique, et Lucain ne manque pas de le rappeler :
Namque rates audax Lilybaeo littore solvit Curio : nec forti velis Aquilone recepto Inter semirutas magnae Carthaginis arces Et Clupeam tenuit stationis littora notae.
* Rav. Anonym., IT, 5 : Simiama ; V, 5 : 5 Diod., XX, vi: ὁ δ᾽ ἀγαθοκλῆς ἀπο- Siminina. ξιβάσας τὴν δύναμιν πρὸς τὰς καλουμένας 5 Guid. 88 : Guminu. Aaroulas,... ἐνεώλκησς τὰς ναῦς.
La description que César donne d’Aquilaria porte le cachet de son exactitude habituelle : « Hic locus abest a Clupeis passuum ΧΧΤΙ millia, habetque non incommodam aestate stationem et duobus eminentibus promontoriis continetur .» Ces deux promontoires sont la pointe du Ras el-Ahmar et celle du cap Bon, entre lesquelles s'ouvre effectivement la rade d'El-Haouria.
À la hauteur et à 10 milles environ à l’ouest du cap Bon, à l'entrée du golfe de Carthage, se dressent les deux îlots escarpés que les cartes italiennes désignent sous les noms de Zembra et Zembretta. Le plus considérable n'a guère plus de deux milles de long sur un mille de large, et se dessine, vu du sud, comme une gigantesque pyramide. Quelques roches détachées entourent ses flancs abrupts. L'autre îlot, situé à deux milles à l'est-sud-est du premier, est de forme allongée et mesure à peine un demi-mille dans sa plus grande dimension. Deux rochers isolés se dressent symétriquement à ses deux extrémités.
Ces deux îlots, ou plutôt ces deux écueïls, scopuli vertus quam insulae, pour nous servir de l'expression de Pline?, sont les antiques Égimures, Aegimuri où Aegimort arae*, dont le nom s'est conservé sous la forme arabe Djouâmeur “.
D'après une tradition recueillie par Pline, les Égimures, habitées autrefois, se seraient en partie aflaissées au sein des
! De Bello. ciwv., 11, xxnr : «lisdem tem- it, XLIV. —Steph.Byz. ,s.v. Aegimurus. —
poribus C. Curio, in Africam profectus ex Liv., XXX , χχιν. — Aegimori arae, Pline,
Sicilia. . . adpellit ad eum qui appellatur V, vis. Il est facile de reconnaitre dans ia
Aquilaria. »
? Pline, I, var : «Atcontra Carthaginis sinum duae Aegimori arae, scopuli verius quam insulae. »
ἡ Αἰγίμουρος, Strab., IL, v, 19: Non:
11; XVIL, 111,16, — Aiyiuopos, Plol., IV,
première syllabe de ce nom le mot punique*N , αἱ «insula », que nous retrouvons dans les composés Aegades, Acthusa, Acthallia, Aegithallus οἷο.
4 Édrisi donne le nom de Djämour el- Kebir à l'ilot principal, celui de Djémour
Les ÉGIMURES (El-Djoudmeur, Zembra et Zembretta),
La Ταφῖτις ἄκρα de Strabon {Ras Klibia).
flots : «auctores sunt et has quondam habitatas subsedisse. » Servius rapporte la même légende : «C'était, nous dit-il, sur ces rochers, situés entre l'Afrique, la Sardaigne et la Sicile, que les Carthaginois et les Romains avaient conclu le traité qui fixait les limites de leur domination respective : de là le nom d'Arae, que leur donnaient les Italiens”. Quelques-uns, ajoute le commentateur de Virgile, disent que c'était une île qui s’abîma tout à coup, et à la place de laquelle sont restés ces rochers, où les prêtres de Carthage viennent, à ce qu'on assure, accomplir des cérémonies religieuses. D'autres les ont appelés les autels de Neptune. »
Ce fut sur les Égimures qu'une tempête jeta, en 203, une partie de la flotte de transport de Cn. Octavius. Témoins de ce naufrage, les Carthaginoïs, au mépris de la trêve, allèrent saisir etramenérent à Carthage les navires désemparés et abandonnés par leurs équipages. Déjà, l'année précédente, d'après Caelius Antipater, la flotte de Scipion avait failli se briser contre ces mêmes écueils?.
La Ταφῖτις ἄκρα que Strabon indique au sud du Ἑρμαία ἄκρα est le Ras Klibia, la pointe la plus orientale de la pénin-
es-Sghir à l'iot secondaire; le nom collectif est Djouâmeur, d'ou dérivent, au moyen
àge , les noms de Giemol et Giemolino, qui
figurent dans le portulan de Jean d'Uzzano; celui de Gemal, inscrit sur la carte catalane de la Bibliothèque de Charles V, et les formes de plus en plus altérées Zemola , Zimbala , qu'emploie Livio Sanuto , et qui conduisent à celles de Zimbre οἱ Zimbrot, Zembra et Zembrella.
El Bekri indique exactement la situation des Djouâmeur en face de Mersa-Bouna (Sidi-Daoud-en-Noubi).Cettedernière partie du nom actuel de la localité prouve
qu'il faut lire Nouba 4395 au lieu de Bouna #59, en rétablissant l'ordre des deux points diacritiques intervertis dans le texte d'El Bekri.
! Virg., Aenaid., I, 107 :
Saxa vocant Itali medüs quae in fluctibus aras.
? Liv., XXX, xxiv: «Per induciarum tempus, et ex Sardinia ab Lentulo praetore centum onerariae naves cum commeatu , viginti rostratarum praesidio actae, et ab hoste et ab tempestalibus mari tuto ,in ÂAfricam transmiserunt. Cn. Octavio ducentis onerariis triginta longis navibus ex Sicilia trajicienti, non eadem fortuna fuit.
—+#3( 177 )...--sule du cap Bon. Strabon ajoute en effet : καὶ ἐπ᾿ αὐτῇ λόφος ἀσπὶς καλούμενος ἀπὸ τῆς ὁμοιότητος, ὅνπερ συνῴκισεν ὁ τῆς Σικελίας τύραννος ἀγαθοκλῆς. Il s'agit évidemment de la colline, «en forme de bouclier», qui dominait Clupea, ᾿λσπίς grecque.
La baie largement ouverte que dessine la côte au-dessous de la presqu'île du cap Bon avait emprunté son nom de sinus Neapolitanus à la ville qui en occupait l'extrémité septentrionale, Neapolis, la moderne Nebel. Elle porte aujourd’hui celui de golfe d'Hammamet. Les géographes arabes du moyen âge la nommaient Æl-Djoun-el-Madfoun 3584 552 «le golfe enterré». Tout indique en effet que ce golfe a été en partie comblé. En arriére de la ligne de dunes que suit aujourd'hui la route du littoral, s'étend une série de lagunes et de bas-fonds complètement inondés en hiver, auxquels les indigènes donnent le
In conspectu ferme Africae, prospero cursu vectum , primo destituit ventus; dein versus in Africum, turbavit ac passim naves disjecit. Îpse cum rostratis, per adversos fluctus ingenti remigum labore enisus, Apollinis promontorium tenuit : onerariae, pars maxima ad Aegimurum insulam (ea sinum ab alto claudit, in quo sita Carthago est, triginta ferme millia ab urbe), aliae adversus urbem ipsam ad Calidas Aquas delatae sunt. Omnia in conspectu Carthaginis erant. Itaque ex tota urbe in forum concursum est. Magistratus senatum vocare, populus in curiae vestibulo fremere, ne tanta ex oculis manibusque amitteretur praeda. Quum quidam pacis petilae, ali induciarum {nedum enim dies exierat) fidem opponerent, postremo permixto paene senatus populique concilio, consensum est, ut classe quinquaginta
navium Hasdrubal Aegimurum trajiceret, indeque per litora portusque dispersas romanas naves colligeret, Desertae fuga nautarum, primum ab Aegimuro, dein ab Calidis Aquis onerariae Carthaginem puppibus tractae sun. »
Liv., XXIX , xxvir : « Prosperam navigationem sine terrore ac tumultu fuisse, permultis graecis latinisque auctoribus credidi : Caelius unus, praeterquam quod non mersas fluctibus naves, ceteros omnes coelestes maritimosque terrores, postremo abreptam tempestate ab Africa classem ad insulam Aegimurum , inde aegre correctum cursum, exponit : et, prope obrutis navibus, injussu imperatoris, scaphis, haud secus quam naufragos, milites sine armis, cum ingenti tumultu in terram evasisse. »
1 Edrisi, Ρ- 125 du texte arabe publié par Dozy et de Goeje.
Le sinus NEAPOLITANUS (golfe
d’Hammamet |.
nom de Sebkhat el-Djeriba où Balurt el-Djeriba; ces lagunes représentent la partie ensablée de l’ancienne baïe, dont.les eaux atteignaient le pied des hauteurs parallèles au littoral.
Ces modifications dans la configuration de cette partie des côtes semblent en partie postérieures à l'époque romaine. Ptolémée, en effet, cite immédiatement au-dessous de Siagul (Καθ ez-Zit) une ville maritime, Aphrodisium, dont les ruines portent encore le nom, sous la forme à peine altérée de Fradiz : or Fradiz est aujourd'hui à une assez grande distance du littoral. La route indiquée par la Table de Peutinger longe évidemment la base des montagnes qui limitaient l'ancien golfe. L'Itinerarium pictum dessine d'ailleurs très nettement la saillie que présentait le littoral à la hauteur d'Horrea Caelia, et qui n'existe plus aujourd'hui. Il est probable cependant qu'une route plus directe conduisait de Pudput à Horrea Caelia, car la distance de 30 milles indiquée par l'Itinéraire d'Antonin entre ces deux points se retrouve exactement, en suivant le chemin de caravane qui longe constamment le rivage moderne, entre Henchirel-Abiad et Hergla, synonymies certaines des deux stations antiques. Cette différence entre le tracé de la Table et celui de l'Itinéraire peut s'expliquer par les changements qu'a subis le littoral dans l'intervalle qui sépare la première rédaction du premier de ces deux documents de la date du second. Il est possible aussi que l'isthme que suivait la route de lItinéraire ne fût pas complètement formé : une ou plusieurs coupures, qu'on pouvait aisément franchir en bac, mettaient en communication le golfe et la lagune qui servait de port à Aphrodisium. Aujourd'hui encore, sur un ou deux points, la route arabe forme chaussée entre la mer et la sebkha d'El- Djeriba.
Le golfe d'Hammamet se termine au sud par la pointe de
Monastir, l'antique Ruspina, dont le nom punique n35 vx, capui anguh, s'explique par l'angle très marqué que forme le littoral. Ni le Périple ni le Stadiasme ne citent Ruspina, qui n'est mentionnée que dans les textes de l'époque romaine.
À 18 kilomètres au large, à l’est de Monastir, il existe un groupe d'îles désigné par les indigènes sous le nom d'El-Kourtat. L'île principale, qui porte seule ce nom sur nos cartes, est très basse et de forme arrondie; son diamètre est d'environ deux milles; la seconde, appelée Conigliera, et également à fleur d'eau, offre l'aspect d’un triangle de deux milles de long sur un mille et un quart de largeur à la base. Elle est flanquée, au sud-ouest, d'une roche étroite et allongée. Le groupe des Kouriat se rattache au massif du cap Dimas par une série de hautsfonds, vestiges d'un ancien archipel qui représentait luimême les restes d'une terre basse, submergée par suite d’une de ces oscillations dont le littoral africain offre tant de traces. Les Kouriat sont probablement les Tarichiae indiquées par Strabon entre Hadrumète {Soussa) et Thapsus ! (cap Dimas), et les hauts-fonds représentent sans doute les «îles nombreuses et serrées », νησία πολλὰ καὶ συκνά, qui les entouraient.
L'ile Kouriat et la Conigliera paraissent également correspondre aux Λαρουνησίαι νῆσοι δύο" que Ptolémée indique immédiatement après l’île d'Égimure.
Les deux Kouriat ne formaient-elles primitivement qu'une seule île ? C'est ce qui semble résulter d’une indication du Stadiasme qui signale, au nord de Thapsus, une belle île, νῆσον
* XVII, τα, 16 : Εἰθ᾽ ai Ταριχεῖαι heyo- M. d’Avezac suppose qu'il faut lire Λαγοῦ
μέναι, νησία ππολλὰ καὶ πυκνά. νησία «les îlots du lièvre» , et rapproche ce ? Un manuscrit donne la variante Aa- nom de celui de Conigliera «l'ile des laρουνησία. Les éditions portent en deux mots pins», que porte l'une des Kouriat.
Λάρου νησία «les îlots de la mouette».
Les TaricHIAE de Strabon.
Les LARUNESHE de Ptolémée (El-Kouriat).
Hal Ἰἰϑ γξος--
καλήν, située à 80 stades en pleine mer’. Cette distance de 14 4oo mètres est précisément celle qui sépare, dans la direction du nord, la pointe de Thapsus de la plus grande des Kourat, Où peut donc aflirmer que l'affaissement auquel nous avons fait allusion s'est produit entre l'époque punique et le premier siècle de notre ère; il s'est continué au second : à la date des renseignements du Stadiasme, il n'existe qu'une grande et belle île : Strabon connaît tout un archipel; Ptolémée ne mentionne plus que les deux îles qui existent encore aujourd'hui.
Le Stadiasme signale à la même hauteur, entre Leptis et Therma, près d'un promontoire, deux îles qu'il ne nomme pas et qui étaient entourées de pieux et de palissades, ἐσκολοmiouéva”. Ce ne sont certainement pas les Kouriat : l'expression ἐπ᾽ αὐτῷ (τῷ ἀκρωτηρίῳ) prouve que ces deux iles étaient situées sur le littoral même. Le promontoire ne peut être d'ailleurs que le Ras Monastir, puisque le Stadiasme ajoute : « A partir du promontoire, tu verras Adrymète à la distance de 4o stades”*. » ILexiste deux groupes d'îlots sous les falaises du Ras Monastir : l'un, composé de deux îlots, est situé à la pointe occidentale et par conséquent la plus rapprochée d'Hadrumète ; l'autre, en face de la ville même de Monastir, en compte trois : l'ilot le plus septentrional, appelé Djezirat el-Hamam « 116 aux pigeons », n'est guère qu'un écueil dont la circonférence est à peine de quatre cents mètres. Au sud de ce rocher est une île plus considérable, nommée par les indigènes Djezira Sidi-Abou-
! $ 112 : ἀπὸ Kepxivys εἰς Θάψον σΊά- δίους μ', ὄψει ἀκρωτήριον ἐπ᾿ αὐτῷ ἔχον δύο διοι Ψ'- ἔχει δὲ νῆσον καλὴν, πελαγίαν, νησία ἐσκολοπισμένα" ÜBopuôs éd. κειμένην κατὰ Θάψον πρὸς βορρᾶν, ἀπέ- δ᾽ φ4ηθ; ἀπὸ τοῦ ἀκρωτηρίου ὄψει ἀδραχουσαν oladlous π΄. μύτην τῆν πόλιν ἀπὸ σήαδίων μ΄.
el-Fadel-el-Ghadamsi; elle peut avoir deux kilomètres de circuit et 1] y existe un établissement pour la pêche du thon, ce qui lui a fait donner par les Européens le nom de Tonnara. Le troisième flot, appelé Dyeztrat el-Onstania « Vîle du milieu ou île de la Quarantaine», mesure un kilomètre de circonférence. La Tonnara et l’île de la Quarantaine sont considérées en général comme les deux îles du Stadiasme, et cette synonymie nous paraît justifiée par l'existence de pêcheries là même où le por-
tulan grec semble indiquer un établissement du même genre, '
et surtout par la mention d’un mouillage, ὕφορμος, qui n'existe pas près des îlots du groupe occidental.
Le Stadiasme est le seul document antique qui parle, dans cette région, d'une localité du nom de Therma. Les distances indiquées de ce point à Leptis (11*100") et au promontoire que nous avons identifié au Ras Monastir (7 400") nous amènent à placer Therma près de la koubba de Sidi-ez-Zaghouâni, au fond du petit golfe qui s'étend entre Monastir et Lemta.
Entre Thapsus {cap Dimas) et Thenae, Strabon indique la pointe d’Ammon Balithon, ἄκρα ἔμμωνος Βαλίθωνος, et il ajoute que cette pointe était utilisée pour la pêche du thon, πρὸς ϑυννοσκοπίαν. Ptolémée nomme successivement, sur cette parue de la côte, Acholla, Ruspaëé, le promontoire Brachodes, Βραχώδης ἄκρα, Usilla et Taphrura. Le Stadiasme ne cite que Alipota (ἀλίποταὶ) et Acholla (ἄχολλα.) Nous laisserons provisoirement de côté l'étude des villes maritimes, qui trouvera sa
place dans l'analyse de la route du littoral, pour ne nous oc-
cuper que des deux promontoires. L'un et l'autre désignent, sous deux noms différents, la seule saillie remarquable que présente la côte, c'est-à-dire le Ras Kaboudia, dont le nom dérive d'une troisième dénomination antique, Caput Vada ou Caput
THERMA (Sidi-
ez-Zaghouâänt).
La POINTE D'AMMON BALITHON, le PROMONTOIRE BrACHODES et le Capur VaDA (Ras Kaboudia).
La PETITE SYRTE
colle de Kabès).
Vadorum, que nous a conservée Procope’, et qui traduit exactement celle de Bpæywôns ἄκρα. C'est à partir de cette pointe, en effet, que commencent les hauts-fonds, vada, qui s’étendent jusqu'aux îles Kerkenna et qui marquent, en réalité, l’extrémité septentrionale de la petite Syrte. Ptolémée, toutefois, ne fait commencer la petite Syrte qu'au-dessous de Taphrura (Sfaks). Strabon donne la même indication, lorsqu'il place Thena (Henchir Tina, à huit milles au sud de Sfaks) σαρὰ τὴν ἄρχην τῆς μικρᾶς Σύρτεως.
Limitée au nord par le Ras Kaboudia, au sud par l'île de Djerba, la petite Syrte porte aujourd'hui le nom de golfe de Kabès. Les géographes grecs lui donnent tantôt celui de Σύρτις μικρά, traduit par l'appellation latine Syrtis minor, tantôt ceux de Syrte Cerciitique, Kepxwtris”?, ou de Syrte Lotophagitique, Λωτοφαγῖτις 3, du nom des deux îles qui en déterminent les extrémités. Sa plus grande profondeur, mesurée entre le méridien du cap Kaboudia et l'embouchure de l'Oued Akarit, est de 120 kilomètres. La distance qui sépare le même cap de Djerba est de 150 kilomètres environ; c'est celle qu'indique Mela : centum fere milia passuum qua mare accipit patens *. Le géographe latin est moins bien informé lorsqu'il lui donne 300 milles de circonférence, trecenta qua cingit : on ne compte que 360 kilomètres du Ras Kaboudia à la pointe la plus orientale de Djerba. L'évaluation de Scylax est d'une remarquable exactitude : ses deux mille stades représentent 370 kilomètres. La mesure donnée par Strabon, 1600 stades (296 ki-
! Procope, De Aedificüs, VI, vi: ἣν δέ Ἢ Mela, I, vu. — Agathémère (I, ν) τι καὶ ἄλλο ἐν τῇ τοῦ Buêaxiou παραλίᾳ donne 600 stades (111 kilomètres) à l'ouχώριον, ὅπερ ἐκάλουν Καπούδξαδα oi ἐπι. verture du golfe mesurée entre Cercina et χώριοι. Meninx : ἀπὸ Κερκίνης ἐπὶ νῆσον Μένιγγα
* Scylac. Peripl., IT. τὴν Λωτοφαγίτιδος, ὁ διάπλους σήάδια χ',
* Strabon, XVIT, tr. ὅσον τῆς μικρᾶς Σύρτιδος λέγεται τὸ στόμα.
—+#>( 183 ).ε:--lomètres), paraît s appliquer à la circonférence mesurée entre la pointe Brachodès et la saillie du continent qui fait face à l'extrémité sud-ouest de l'ile de Djerba.
La petite Syrte passait pour plus dangereuse encore que la grande : le Périple le constate en la qualifiant de πολὺ χαλεπωτέρα καὶ dvorhowrépa τῆς ἄλλης, et Mela l'explique non seulement par les périls qu'offraient ses bancs de sable, mais encore et surtout par la violence du flux et du reflux : «impor tuosus atque atrox, etob vadorum frequentium brevia,magisque etiam ob alternos motus pelagi affluentis ac refluentis infestus. » La marée monte effectivement à une hauteur de plus de deux mètres dans le fond du golfe de Kabès, et son action est d'autant plus violente que le flot ne rencontre aucun obstacle dans toute l'étendue de la large zone que forment les hauts-fonds. La première flotte romaine qui se hasarda à croiser sur ces rivages, dans le cours de la première guerre punique, fit connaissance, à ses dépens, avec ce phénomène, qu'elle ne soupçonnait pas, et bien qu'elle en eût été quitte pour la peur et pour la perte de tout ce dont elle avait fait le sacrifice afin de s'alléger, elle regagna immédiatement les côtes de Sicile !. Polybe ajoute, avec une nuance d'ironie : Quyÿ σαραπλήσιον ἐποιήσαντο τὸν ἀπόπλουν.
Procope nous a laissé une intéressante description de la
* Polybe, 1, xxxix : Μετὰ δὲ ταῦτα, τῆς Θερςίας ἐπιγενομένης, οἱ κατασήαθέντες ἄρχοντες, Γνάϊος Σερουΐλιος καὶ Γάϊος
μακρὰν δ᾽ ἀπέχει τῆς pexpäs Σύρτεως. Év ἢ mpoomeobvres εἴς τινα βράχεα διὰ τὴν ἀπειρίαν, ἐπιγενομένης ἀμπώτεως, καὶ κα-
Σεμπρώνιος, ἀνέπλευσαν “παντὶ τῷ σήόλῳ" καὶ διάραντες εἰς τὴν Σικελίαν, ἀρώρμησαν ἐντεῦθεν εἰς τὴν Λιδύην. Κομιζόμενοι δὲ παρὰ τὴν χώραν, ἐποιοῦντο καὶ mAelolas ἀποδάσεις. ἂν αἷς οὐδὲν ἀξιόλογον mpérτοντες, ὡαρεγίγνοντο πρὸς τὴν τῶν Λωτοφάγων νῆσον, ἣ καλεῖται μὲν Μῆνιγξ, οὐ
θισάντων τῶν πλοίων, εἰς πᾶσαν ἦλθον ἀπορίαν. Οὐ μὴν ἀλλὰ “πάλιν ἀνελπίσήγως μετά τινα χρόνον ἐπενεχθείσης τῆς aldrτης, ἐκρίψαντες ἐκ τῶν mAolwy σάντα τὰ βάρη, μόλις ἐκούφισαν τὰς ναῦς. Οὗ γενομένου, βυγῇ παραπλήσιον ἐποίησαντο τὸν ἀπόπλουν.
CERGINNA ou CERCGINA Kerkenna).
—#( 184 ).6..--petite Syrte et des moyens qu'employaient les pêcheurs du littoral pour mettre leurs frêles embarcations à l'abri de ces dangers si redoutés des navigateurs :
«Là se produit chaque jour, dit l'historiographe de Justinien, un spectacle étonnant. Resserrée dans un golfe étroit et semi-circulaire comme celui de l'autre Syrte, la mer pénètre dans l’intérieur des terres sur une étendue au moins égale à celle que peut parcourir en un jour un bon marcheur. Vers le soir, elle se retire, laissant cette plage aussi à sec que le reste du rivage. Les marins profitent des heures du jour où se produit le flot pour naviguer aussi loin que possible; lorsque la nuit s'approche, ils se préparent à la passer en quelque sorte dans les terres, à l'aide de longues gaffes dont ils ont soin de se munir. Dès qu'ils s’'aperçoivent que le reflux commence, ils saisissent leurs gafles, s'élancent hors de leurs barques, et nageant d'abord, puis prenant pied lorsque l'eau n'est plus assez profonde pour baigner leur visage, ils enfoncent leurs crocs dans le sable que la mer a déjà découvert ou va découvrir, et les dressent de façon à en faire autant d'étais qui empêchent l'embarcation de s’incliner à droite ou à gauche et la tiennent en quelque sorte suspendue. Le lendemain, dès l'aube, la mer envahit de nouveau la plage, la couvre de ses flots écumants et soulève les barques : les pé-
. cheurs dégagent leurs gafles et reprennent leurs opérations.
Les choses se passent ainsi régulièrement; chaque espace de vingt-quatre heures ramène, dans le même ordre, les mêmes incidents !. » | Les deux îles de Kerkenna occupent, comme nous l'avons dit, la partie septentrionale du golfe de Gabès. C'est, en effet, au commencement de la petite Syrte que Strabon, dont les * Procope, De Aedificüs, VI, 1v.
indications vont de l'ouest à l'est, place Cercina ', grande île allongée qui possède une ville du même nom, et une île plus petite appelée Cercinitis’. Scylax ne mentionne qu'une île, Cercinitis, avec une ville (homonyme) : Κεῤκινῖτις νῆσος καὶ σόλις. Ce détail indiquant la Cercina de Strabon, l'auteur du Périple a-t-il passé sous silence, comme le suppose Gail*, la plus petite des deux îles? Faut-il admettre qu à l'époque du Périple les deux îles n'en faisaient qu'une? Sans recourir à cette hypothèse, d’ailleurs très acceptable puisque les deux Kerkenna ne sont séparées que par un chenal étroit, 1] est plus simple d'admettre que le nom de Gercinitis ἃ été appliqué par Scylax comme adjectif plutôt que comme nom propre“ au groupe formé par les deux îles, et que plus tard, à l'époque romaine, alors que le nom libyen de Kerkenna était adopté, celui de Cercinitis a été spécialement réservé à l'ilot.
Pline décrit assez longuement les deux îles et établit la même distinction que Strabon entre Cercina et Cercinitis :
«Ab ea (Meninge) centum mil. pass. contra laevum, Cercina, cum urbe ejusdem nominis libera, longa xxv mil. passuum, lata dimidium ejus, ubi plurimum non plus quinque mil. passuum. Huic perparva, Carthaginem
: et in extremo
* Les deux orthographes Κέρκινα et Κέρκιννα, Cercina et Cercinna, se rencontrent également dans les textes grecs et latins.
? Strab., XVII, πὶ:
ἀρχῇ τῆς Σύρτεως νῆσος παραμήκης ἡ Kép-
κιννα, εὐμεγέθης, ἔχουσα ὁμώνυμον “πόλιν, καὶ ἄλλη ἐλάττων Κερκινῖτις.. Diodore (V, x) constate que l'île possédait plusieurs excellents ports , accessibles non seulement aux navires de commerce, mais aux bâtiments de guerre : ÉËÿs δ᾽ ἐστὶ Κέρκινα, πρὸς τὴν Λιδύην νενευκυῖα, πόλιν ἔχουσα
ὅς Verisimile est hanc Strabonis distinctionem hic minime fieri, et Scylacis Circinitem pro Cercinna Strabonis habendam esse; minorem vero insulam, quam Gerciniten Strabo vocat, apud nostrum nomine carere. »
1 Onsaitavec quelle persistance les Hellènes ont, de tout temps, écarté les noms étrangers et les ont défigurés sous une forme grecque.
versus, Gercinitis ponte jungitur .» Agathémère donne les mêmes détails, empruntés à la même source, probablement à Artémidore?. Hérodote attribue de même à l'île de Cyraunis, qui est évidemment Cercina, cette même longueur de deux cents stades {25 milles romains ou 37 kilomètres). Il n’en parle, du reste, que d'après les récits des Carthaginoïs.
Les mesures données par les textes antiques ne sont plus vraies aujourd'hui. La plus grande des deux îles, Kerkenna, ou Dyeztrat ech-Cherkia «Vile orientale», n'a pas plus de 30 kilomètres (20 milles romains) dans sa plus grande longueur. Sa largeur moyenne est difficilement appréciable en raison de l'extrême irrégularité de ses contours. Kerkenna, pour la forme générale, peut être comparée à une écrevisse : l'articulation de la patte gauche, à demi repliée, est représentée par le Ras el-Barrania, la pointe la plus septentrionale; lextrémité de la pince par le Ras Daza; au-dessus de cette pince sont deux ilots, dont le plus considérable est appelé Djezira Koucha «1116 du four à chaux ». La pince droite est figurée par la pointe nord-est et par les six îlots, désignés sous le nom collectif de Chraga, qui la prolongent; le thorax et la queue, par la partie sud-ouest de l'île. La distance qui sépare le Ras Barrania de la pointe des Chraga représente la plus grande largeur de Kerkenna et n'est pas de plus de 14 kilomètres. On en compte à peine de cinq à six dans tout le reste de l'île, et deux seulement au point où ce que nous appelons la queue se rattache au thorax et aux pinces. {οἱ de Cercinitis, que les indigènes nomment Dyezirat el-Gharbia, forme une ellipse allongée dont les deux diamètres mesurent
V Hüst. nat., V, vit. δὲ Κερκίνῃ mapaxeirar νῆσος Κερκινῖτις ΨΥ, χχι: Κερκίνα νῆσος μῆκος σ΄], &Àd- γεφύρᾳ ζευχθεῖσα, μῆκος στάδια μ', σλάτος τος ο΄, ὅπου δὲ σ]ενοτάτη σήάδια μ'... τῇ δὲ σήάδια κς΄.
l’un quatorze, l'autre six kilomèttes. Il est donc évident que les descriptions antiques s'appliquent à un état de choses que le cours des siècles ἃ profondément modifié. Mais ces changements sexpliquent sans quil soit besoin de recourir à l'hypothèse d'un affaissement; la lame, dans cette mer perpétuellement agitée, mord facilement sur ces plages basses et sans consistance et disperse sur les bas-fonds avoisinants les sables qu'elle en arrache. Le centre et la partie nord de l'île ont été tout particulièrement entamés : les deux anses profondes qui s'ouvrent, l’une au nord-est, l'autre en face du continent, ont évidemment été creusées par l'action des vagues. Quant à la partie méridionale, elle n'a pas changé: les vestiges du pont antique qui la réunissait à Cercinitis existent encore; jeté sur le chenal profond qui sépare les deux îles, ce pont avait plus de mille mètres de longueur; il n'en reste plus aujourd'hui que les piles.
La ville «homonyme » dont parlent Scylax et Strabon était située du côté du continent; des ruines étendues, mais fort effacées, quelques fragments de mosaïque, un columbarium à double étage et d'innombrables débris de poteries marquent, autour du bord] d'El-Mersa , l'emplacement de la cité antique : là était, comme aujourd'hui, le principal port de File.
Les Kerkenna, habitées par une population agricole et par conséquent très dispersée, n'ont plus aujourd'hui de centre principal : les trois ou quatre mille Berbères qui ÿ résident occupent les dix villages d'Ech-Chergui, El-Ataïa, El-Abbas, El-Kellebin, El-Oulad-bou-Ali, El-Oulad-Yanek, El-Oulad- Kassem, Er-Ramla et Melita; 1] existe deux hameaux de ce nom, l'un dans l’île principale, l'autre dans οἱ.
Fertiles et très bien cultivées, bien qu'elles n'aient que de l'eau de puits, les deux îles produisent de l'orge, des fruits,
des olives et d'excellents raisins. Hérodote parle déjà des oliviers et des vignes de Cyraunis. Il ajoute, d'après les récits des Carthaginoïs, qu'il existait dans l'île un étang où les jeunes [1165 du pays cherchaïent des paillettes d'or, qu'elles retiraient de la vase au moyen de plumes enduites de poix. Cette industrie n'occupe plus, que je sache, la population féminine de Kerkenna; mais l'étang existe encore : c’est la grande sebkha qu'on rencontre en se rendant d'El-Marsa dans le nord de l’île et que traversait une longue chaussée antique dont les vestiges sont très reconnaissables.
Les nombreux palmiers de Kerkenna ne donnent que des dattes médiocres, mais fournissent des bois de construction. La principale ressource des habitants est la pêche, très abondante et très facile sur les bas-fonds de la Syrte : elle se fait au moyen de madragues toutes primitives, formées de branches de palmiers dessinant des avenues et des chambres, dans lesquelles le poisson s'engage en suivant le mouvement de la marée, et dont il ne lui est plus possible de sortir. Ce procédé est celui que laissent entrevoir les textes antiques lorsqu'ils nous parlent des îles «entourées de pieux» du littoral libyen. La plus grande partie du poisson pêché est salée et expédiée dans tout le sud tunisien. Les poulpes, desséchés au soleil, sont dirigés de préférence sur la Grèce, qui en fait une très grande consommation !. La pêche des éponges est également très productive : les indigènes les détachent des roches auxquelles elles adhèrent, au moyen de longues perches armées d'un crochet. ù
La richesse relative des îles Kerkenna était déjà constatée
© On pèche surtout le poulpe à l'embouchure de la passe qui sépare Kerkenna de la terre ferme, sur un haut-fond auquel les indigènes donnent le nom de Garmantès
par les textes anciens romaine, en 217, les habitants purent se racheter à prix d'ar-
menacés du pillage par une flotte
gent.
Le nom de Cercina se rattache à quelques épisodes historiques. Ce fut là que se réfugia d'abord Hannibal, là que Marius trouva pendant quelque temps l'asile que lui refusait Carthage. À l’époque des guerres civiles, Cercina livra à Salluste, envoyé par César, les approvisionnements de blé que Caïus Decius y avait réunis pour l'armée pompéienne, et les détails que donne l’auteur du livre sur la Guerre d'Afrique prouvent que son port était très fréquenté. Exilé à Cercina par Auguste, Sempronius Gracchus y fut mis à mort à l'avènement de Tibère.
Les documents de l’époque chrétienne nous ont conservé le nom d'un des ilots de Cercina, Chilmi, où saint Fulgence, évêque de Ruspae, fonda un couvent en 532 ?.
L'auteur de la Vie de saint Fulgence parle d’un autre îlot de la petite Syrte où cet évêque fonda également un monastère : « Est in medio vadosi maris sinu monasterium Iuncensi [ΠΟΤῚ proximum, Bennefensi autem maxima ex parte contiguum, ubi neque hortos colere parvissimi scopuli limes sinit angustus, neque ligni vel potabilis aquae consolatio saltem ministratur exigua, sed rei utriusque per brevissimas naviculas quotidie sufficientia praeparatur *. » Cet îlot rocheux était situé, comme
! Polybe, III, xcvr : Μετὰ δὲ ταῦτα καταπλεύσας τῆς Λιβύης ὡς ἐπὶ τὴν τῶν Κερκινητῶν νῆσον, καὶ λαδὼν παρ᾽ αὐτῶν χρήματα τοῦ μὴ πορθῆσαι τὴν χώραν, ἀπηλλάγη.
? Morcelli, t. ΠΙ, p. 273 : « Hoc anno Fulgentius, quum supremum sibi diem instare videret, in insulam Circinam ; paucis
e Ruspensi monasterio socïis delectis, se recepit, ubi, inquit ejus vitae scriptor, in quodam brevi scopulo, cui nomen est Chilmi, ubi jam monasterium fabricari mandaverat lectioni et orationi ac jejunis vacans,...
eæ toto corde suo poenitentiam gessit. »
* Ferrand., Vita Fulgenti, XIV, χχιχ (Migne, Patrologie, t. LXV, v. 132).
Cuir.
Meninx SIVE GinBaA { Djerba).
τανε 190 es
on le voit, non loin de la partie du littoral où se trouvait la ville de lunca et dans le voisinage immédiat d'une autre petite cité de la côte, Benefese. Nous ne connaissons pas la position de cette dernière localité, mais Iunca est certainement représentée par les ruines d'Ounga. Or, à dix-sept kilomètres au sud-ouest d'Ounga, nos cartes indiquent, sous le nom de Surlents, un groupe de rochers qui portent en réalité celui d'Et- Keneis, et sur l'un desquels on a signalé quelques vestiges de constructions antiques. M. Partsch reconnaît dans ce rocher l'ilot de saint Fulgence’, et cette synonymie paraît assez vraisemblable. La question toutefois ne peut être définitivement tranchée que lorsqu'on aura fixé la position de Benefese.
Située à l'extrémité méridionale du golfe de Gabès, Djerba n'est séparée du continent que par un canal très resserré à l'ouest et à l’est, 1à où les deux pointes méridionales de l'île correspondent à celles que projette la terre ferme. En dehors de ces deux pointes, le littoral de l’île forme une courbe en sens inverse de celle que dessine la côte opposée, et le chenal prend ainsi l'aspect d’un bassin elliptique, dont la profondeur contraste avec les ensablements que présentent les deux canaux par lesquels il communique avec la Méditer- FAN ee? HU |
Large de 2500 mètres, en moyenne, le canal occidental est bordé, au sud, par une série d’escarpements assez élevés qui ont fait donner à la pointe continentale le nom de Ras el-Djeur/ ou Terf el-Djeurf «le cap ou l'extrémité des falaises ». Au milieu des bas-fonds qui forment le prolongement sous-marin des deux rivages, et que recouvrent à peine 40 à 50 centimètres d'eau, les courants ont creusé et entretiennent un chenal se-
! Monum. German. hist. , τ. TT, pars posterior, p. XXXIV.
—#3( 191 )..--condaire fort étroit dont la profondeur varie de 3 à 17 mètres. Elle atteint 22 mètres au point où commence le bassin elliptique dont nous avons parlé.
Le canal oriental est beaucoup moins profond. Large de cinq kilomètres à son ouverture extérieure, comprise entre le Ras ech-Chemmakh et la plus orientale des deux pointes que projette la côte sud de Djerba ’, il se rétrécit en forme d'entonnoir, et ne mesure plus que 2700 mètres à son extrémité intérieure. Deux lignes de roches sous-marines ou d’ilots le barrent dans presque toute sa largeur: la plus orientale se compose de trois petites îles plates désignées sous le nom collectif d'El- Kaliat. Le barrage occidental est formé par une ligne de sept ilots rocheux. La profondeur du chenal sous-marin, entre ces deux barrières naturelles, est de 4 mètres du côté de l'est: du côté opposé elle est moindre de moitié, et n'atteint même pas un mètre à l'entrée du bassin intérieur. Les bas-fonds que sillonne le chenal étant, d'ailleurs, à peine recouverts de deux pieds d’eau, le passage est facilement guéable à marée basse. Les indigènes l'appellent Trik el-Djemel «le chemin des chameaux » : c'est celui que suivent effectivement les caravanes. C'est sur ce point, le plus resserré du canal oriental, qu'avait été construit le pont ou plutôt la chaussée dont les Itinéraires antiques nous ont conservé le nom, pons Zitha, comme la tradition locale en garde le souvenir, en donnant à ce passage le nom d'El-Kantara. Quelques masses de blocage en marquent encore l'emplacement entre Bordj el-Kantara et Bord) el-Bab.
La forme générale de l'île de Djerba est celle d’un quadrilatère dont le côté sud présente une large échancrure. Le
" Elle porte le nom de Ras Bougal.
—#+2( 192 }..1--côté nord est le plus long : de Bordj Djilidj au Ras Taghermassa (le cap Trigamas des vieilles cartes italiennes) on compte près de trente kilomètres. La côte occidentale, de Bordj Djilidj au Ras Adjin, présente un développement de vingt-deux kilomètres un quart. C'est à peu près la longueur du côté oriental, entre la pointe de Bougal et le cap Taghermassa, et du côté sud entre ce dernier point et le Ras Adjin. Les dimensions attribuées à Meninx par les géographes anciens sont beaucoup plus fortes : Scylax lui donne une longueur de trois cents stades sur une largeur un peu moindre”. Pline lui donne vingt-cinq milles de longueur sur vingt-deux milles de largeur?. S'il n’y a pas d'erreurs dans ces mesures, elles devaient s'appliquer à la ceinture des bas-fonds qui entourent les côtes actuelles, dont ils reproduisent fidèlement les contours et qui représenteraient dès lors les dimensions primitives de l’île, progressivement amoindries depuis, soit par un affaissement du sol, soit par l’action des eaux. Cette hypothèse est d'autant plus vraisemblable que Pline n'évalue qu'à deux cents pas la largeur du canal qui sépare Meninx du littoral *. I} est certain, d'ailleurs, que la constitution de la partie orientale du détroit qui sépare l’île du continent s’est singulièrement modifiée depuis les temps historiques. Navigable à l’époque punique, ainsi que le prouve l'itinéraire indiqué par le Stadiasme entre Gergis, Meninx, Githis et Cidiphtha, le chenal
la forme allongée qui caractérise Kerkenna.
Ces chiffres sont évidemment altérés.
ὁ Hist. nat., V, 1v : « Ipsa a dextro Syrtis Minoris promontorio passibus cc sita est. »
! Scyl. Peripl. : ἔστι δὲ ἡ νῆσος αὕτη σΊαδίων τ', πλάτος δὲ μικρῷ ἐλάτήων.
? V, 1v : « Clarissima est Meninx, longitudine xxv millia passuum, latitudine