‹ Exploration scientifique de la TunisieChapitre 16 sur 58 · ἸΜΡΕΙΜΞΆΙΕ NATIONALE · texte numérisé non relu

ἸΜΡΕΙΜΞΆΙΕ NATIONALE

PALMARIA (le Galiton est)

Prracarts (le Galiton ouest.

VuLTURIA (l'Aiquille).

DraconrrA (El-Kelab ?).

Ponrra.

Cossura (Pantellaria , El-Kousra).

ποτεϑί 234 ).63--moros, ἃ étéidentifiée par Mannert et C. Müller aux deux îlots des Cani, Æl-Kelab, situés à cinq milles marins au nord-est du Ras ez-Zebib. Mais il est permis d'objecter à cette synonymie que deux îlots ne peuvent guère représenter une île. La correspondance proposée nous paraît donc au moins douteuse. :

Scylax indique deux îles dans le voisinage du promontoire de Mercure: Pontia et Gosyros ‘. La première ne figure sous ce nom dans aucun autre document antique. Aussi quelques commentateurs, Gaïl entre autres, ont-ils supposé que les deux mots ἄκρα et ποοντία qui se suivent dans le texte du Périple cachaient le nom de Δρακοντία, variante de la Δρακόντιος νῆσος de Ptolémée. L'indication de Scylax qui place Pontia près du promontoire de Mercure (cap Bon) ne permet pas d'accepter cette conjecture : on peut supposer avec C. Müller que la Pontia de Scylax est le nom grec de l'Aesimure punique, cette roche marine qui justifie si bien l'épithète de ποντία.

À quarante milles marins à l'est-sud-est du cap Bon, et sous le parallèle de Klibia, se trouve l'île que nos cartes appellent Pantellaria?, mais dont le nom primitif s'est conservé dans la dénomination arabe de Kousra. C'est la Κόσυρος de Scylax, la Kéooupos de Polybe, la Kécooupa de Strabon, la Κόσσυρα d'Appien et de Ptolémée; Mela écrit Cosura; Ovide et Pline, Cosyra; Martianus Capella, Consura; la forme Cossura, que

! Scylacis Peripl. : Émeioe δὲ νησία donné jusqu'ici une explication satisfaiἐν τῇ Épuaia ἄκρᾳ, Ποντία νῆσος καὶ K6- sante. Il n'est pas probable, en eflet, que συρος. | Pantanella vienne de pantano « marécage ».

* Cette dénomination, qui se trouve déjà Le nom de Pantellaria ou, plus exactedans le portulan de Jean d'Uzzano et dans ment, Pantelleria, paraîtvenir de Pantala carte catalane de 1375, n'est qu'une lena, nom que porte, dans le dialecte sicialtération du nom de Pantanella, qu'on lien, le coquillage appelé patella. Le nom trouve dans la Chronique de Ramon moderne de Cossura aurait donc la mème

Muntaner (1313), mais dont on n'a pas origine que le nom antique de Lopadusa.

donne l'Itinéraire maritime, est celle qui se retrouve sur les monnaies de l'île.

Pantellaria mesure environ douze milles du nord-ouest au sud-est, c'est-à-dire dans le sens de sa plus grande dimension. Sa largeur moyenne est de sept milles, et sa forme générale est celle d'une ellipse. Sa circonférence est évaluée à trente milles; Strabon lui donne un périmètre de cent cinquante stades (27,750 mètres). D'origine volcanique, comme la Galite, l'île est formée par un massif montagneux très élevé, très accidenté et ne présentant de tous côtés que des gorges, des ravins, des précipices et des excavations. Le point central, qui est aussi le point culminant, atteint une altitude de 673 mètres. Deux anciens cratères, aujourd'hui remplis d'eau, ont reçu des habitants les noms de Fossa et de Bagno. Les eaux de ce dernier bassin sont tièdes et attirent en hiver, par leur température, les oiseaux, qui s'y rassemblent par milliers. Le port principal s'ouvre au nord-ouest, entre les deux pointes Santa-Croce et San-Leonardo, et forme une baïe de cinq à six cents mètres d'ouverture, dont le fond est occupé par l'unique cité de l’île, Pantellaria, qui a évidemment succédé à la πόλις ὁμώνυμος mentionnée par Pline et Ptolémée”, D'après les renseignements qua bien voulu me fournir M. l'amiral Fincati, il existerait à Pantellaria des vestiges importants du port antique. Les deux môles qui les formaient, construits en pierres énormes soigneusement appareillées, sont encore visibles à une certaine profondeur au-dessous du niveau actuel des eaux.

La population entière de l’île peut être évaluée à 5,000 âmes. Fort laborieuse, elle tire tout le parti possible du peu de terres cultivables dont elle dispose; et exporte du vin, de l'huile, du

Ὁ Plin., V, vis : « Cosyra cum oppido. » — Ptol., IV : Κόσσυρα νῆσος καὶ “σόλις.

—#3( 236 )..:---coton, des raisins excellents, de l'alun et une assez grande quantité d'orseille.

Malgré leurs rapports constants avec la Sicile, les habitants de Pantellaria, comme ceux de Malte, parlent encore un dialecte arabe, et l'on a supposé avec quelque vraisemblance que, si cet idiome n'est pas un dérivé immédiat de la langue punique, il est tout au moins un mélange de l'arabe greffé sur une langue antérieure, d'origine également sémitique, c'est-àdire sur le phénicien. Il est impossible , en effet, comme l'a fait remarquer d'Avezac, que les trois siècles de domination arabe qu'a subis l'ile, entre neuf siècles de domination romaine et sept siècles de domination sicilienne, aient pu faire oublier la langue primitive et faire obstacle à l'introduction de l'italien. L'idiome primitif, antérieur à la conquête arabe, devait être analogue à celui qui se parle encore aujourd'hui.

On ne sait rien des origines de Cossura. Il est probable, bien qu'aucun texte ne permette de l'affirmer, qu'elle fut directement colonisée par les Phéniciens: elle formait un point de relâche trop important pour navoir pas été comprise dans le réseau de stations maritimes dont Tyr et Sidon avaient couvert la Méditerranée. Il est certain du moins quelle fit partie des possessions de Carthage, car on a recueilli des monnaies puniques frappées dans l'île et identiques, comme types, aux monnaies romaines qui portent son nom .

L'histoire proprement dite ne commence pour Cossura qu'à la première guerre punique. Ravagée en 255 par les consuls Servius Fulvius Nobilior et M. Aemilius Paullus, à qui cette expédition valut les honneurs du triomphe?, réoccupée pres-

1 Voir Gesenius, Monum., pl. XXXIX. monstrative de la langue phénicienne, p 178. — Saulcy, Mém. Acad. des inscr. et belles- — Schrôder, Die phôniz. Sprache, P- 279. lettres, 1845. 1. XV. — Judas, Etude dé- ? Zonar., VIII, xrv.

que aussitôt par les Carthaginois, elle fut de nouveau prise en 217 par Cneius Servilius, qui ÿ mit une garnison. Cossura n'en figure pas moins, en 213, parmi les contrées qui envoyèrent des renforts à l'armée carthaginoïise de Sicile”.

Son nom apparaît à diverses reprises pendant l’époque romaine. Cn. Papirius Carbo, au temps des guerres civiles, essaya vainement d'en faire un centre de réaction contre la fortune de Sylla et ne réussit qu'à 50 faire prendre par Pompée. Ovide nous parle de sa stérilité?, et Sénèque, s'il a réellement voulu parler de Cossura dans le passage qu'il consacre aux îles les plus sauvages de la Méditerranée, en a fait le tableau le moins flatteur*.

. Cossura ne fut occupée par les Arabes qu'au 1x° siècle. Nous savons par Ibn Khaldoun que Ziadet Allah, sultan de Kaïrouan, dirigea contre l'île de Kousra, en 835, une flotte qui battit l'escadre byzantine. Enlevée aux Arabes en 1148 par le roi Roger, l'île na pas cessé depuis d'appartenir à la Sicile.

À cinquante milles environ de Cercina, Pline indique une île de Lopadusa, longue de six milles“. Strabon compte Λοπάδουσα ou Λοπάδουσσα " parmi les îles pélagiennes et la

? Siius Ital., Pun., XIV, v. 251 :

immansuetius ? Quid ad ipsum loci situm

Et bellare Tabas docilis, Cossyraque parva. horribilius ? Quid ad coeli naturam intem-

Ἐ Παρ: Il ve: 56771

Fertlis est Melite sterili vicina Cosyrae.

perantius ? Plures tamen hic peregrini quam cives consistunt.» — Corsicam est la vieille leçon, à laquelle Muret a substitué

* Sénèque, Consol. ad Helv., vi : « Deserta loca et asperrimas insulas, Sciathum et Seriphum, Gyarum et Corsicam pete :

nullum invenies exsilium, in quo non aliquis animi causa moretur. Quid tam nudum inveniri potest, quid tam abruptum undique, quam hoc saxum ? Quid ad copias respicienti jejunius ? Quid ad homines

par conjecture Cosuram. Il est probable qu'il s’agit plutôt de la Corse, que Sénèque avait des raisons toutes personnelles de représenter sous de pareils traits.

EV, vu:

passuum. »

δ Les manuscrits donnent les deux variantes.

«Lopadusa, longa vr millia

LoPaDusa (Lampédouse).

place en face de Thapsus *. Cette double indication, rapprochée de celle de Pline, désigne la Lampédouse de nos cartes, située effectivement sous le parallèle du cap Dimas et longue de six milles romains.

Ptolémée nomme également Λοπάδουσα,, et la place parmi les îles voisines de la côte d'Afrique; mais on sait que sa division en îles côtières et îles pélagiennes est assez arbitraire : Calatha, par exemple, figure parmi les premières, alors que Cossura, qui n'est pas plus éloignée du littoral, est comptée parmi les secondes.

Lopadusa est très probablement la Lampas que Scylax indique après Melite et Gaulos”, et dont le nom, peut-être emprunté au phare que portait l'une des deux ou trois tours dont parle le Périple, a été considéré comme l'origine de la dénomination actuelle de Lampédouse. La variante Lampadusa que donnent deux manuscrits de Martianus Capelia aurait été la forme intermédiaire. Cette forme n'apparaît cependant dans aucun autre document antique : tous les textes donnent les variantes très voisines Lopadusa, Λοπάδουσα, Λοπαδοῦσα, Λοπάδουσσα, Λοπαδοῦσσα, Aomadodooæu”, et Athénée, qui adopte cette dernière forme, explique le nom de Lopadusa par le mot λοπάς, synonyme de λεπάς « coquillage » *. L'’érudition

! Strab., XVII, 708, 17 : Εἶτα Θάψος πόλις, καὶ μετὰ ταύτην νῆσος πελαγία Aoπαδοῦσσα.

? Scylacis Peripl. : ἀπὸ Épuaias ἄκρας πρὸς ἥλιον ἀνίσχοντά εἶσι νῆσοι τρεῖς μικραὶ κατὰ τοῦτο, ὑπὸ Καρχηδονίων oixouμέναι: Μελίτη πόλις καὶ λιμὴν, Γαῦλος πόλις, Aaumés: αὕτη πύργους ἔχει δύο ἢ τρεῖς. j

* C'est celle que donne Étienne de

Byzance : Λοπάδουσσα, νῆσος κατὰ Θά-

Vov τῆς Λιδύης, ὡς ἀρτεμίδωρος ἐξδόμῳ γεωγραφουμένων. Τὸ ἐθνικὸν Λοπαδουσσαῖος.

* Athen., Deipnosoph., Y, p.30 : Καὶ Λαγοῦσσαι νῆσοι, ἀπὸ τῶν ἐν αὐταῖς λαγῶν᾽ καὶ ἕτεραι Φυκοῦσσαι, καὶ Λοπαδοῦσσαι, ἀπὸ τῶν παραπλησίων. L'édition de Venise porte Λεπαδοῦσαι; celles de Bäle et de Casaubon Λαπαδοῦσαι, forme que donnent également les manuscrits

antique répudiait donc l'étymologie qui rattache Lampédouse à Lampas”.

Le nom actuel se rencontre pour la première fois dans Édrisi, qui écrit Lanbedousa. Le portulan de Jean d'Uzzano et Livio Sanuto donnent la forme Lampedosu?. L'Arioste semble revenir à la leçon antique en écrivant Lipadosa.

Située à quatre-vingts milles au sud-sud-est de Pantellaria, Lampédouse affecte la forme d'un plateau étroit, allongé de l'est à l’ouest, haut d’une centaine de mètres, οἱ se terminant de toutes parts à la mer par des falaises escarpées, sauf du côté du sud-est, où il s'abaisse graduellement jusqu'à une plage basse, découpée en un certain nombre d'anses ou de baies, dont la principale forme le mouillage de l'ile.

La seule donnée historique que nous possédions sur Lampedusa remonte à l'époque punique: Scylax, ainsi que nous l'avons vu, dit qu'il y existait deux ou trois tours, servant sans doute de phares et de signaux et occupées par les Carthaginoïs. Ce petit centre punique dut se développer assez rapidement et acquérir une certaine importance, car il existe à Lampedusa des catacombes fort étendues et composées d’une série de couloirs taillés dans le roc, dont les paroïs offrent une suite de niches et de fours à cercueils. Exactement semblables à celles de Medinatel-Kdima, dans l'île de Malte, et du Djebel Khaouï, près de Carthage, ces catacombes remontent évidemment à l'époque carthaginoise. Elles sont creusées dans le massif rocheux qui fait face à l'Afrique, et la légende locale prétend qu'elles se prolongent par une galerie sous-marine jusqu'au cap Bon. On sait qu'une tradition analogue affirme l'existence d’une communi-

1# , ! « On trouve Lopas employé pour Lepas de Lampedusa du mot lampo « éclair ». Lamdans Plaute. pedusa est pour eux l'ile aux orages, aux ? Les marins siciliens font venir le nom éclairs ».

cation souterraine entre le rocher de Gibraltar et la montagne qui domine l'autre côté du détroit. L'île était-elle encore habitée à l'époque romaine? Nous l'ignorons; elle paraît avoir été complètement déserte au χα" siècle : Édrisi affirme qu'on n'ytrouvait aucune espèce de fruits ni d'animaux. Il n'y existe aujourd’hui que quelques familles maltaises et siciliennes, groupées autour d'un château fondé au milieu du xv° siècle. Le reste de l’île est abandonné aux chèvres sauvages et aux lapins, qui y pullulent à un tel point que les habitants de la pointe orientale ont dû protéger leurs champs par un mur de clôture.

À sept ou huit milles de la pointe occidentale de Lampédouse s'élève un ilot en forme de table, mesurant 700 mètres du nord au sud, 180 de l’est à l’ouest; taillé à pic sur trois de ses faces, 1] s’'abaisse du côté de l’est par une série de gradins jusqu'à une pointe basse qui se prolonge elle-même en écueil sur un espace de 200 mètres. Nos cartes l'appellent le Lampion. Livio Sanuto lui donne le nom de Schola (de scogho, «écueil») ', qui figure déjà sous la forme Scola dans la carte catalane de la Bibliothèque de Charles V, et suppose à tort que cette petite île a été appelée par les anciens Misinua et Demonesos. Le premier de ces deux noms ne peut représenter, ainsi que l'a fait observer M. d'Avezac, que la Misynos de Ptolémée, située dans la grande Syrte, et Demonesos est une île de la côte d'Asie Mineure qu'une mauvaise leçon des Memorabilia a transportée près de Carthage, περὶ Καρχηδόνα, alors que le texte devait porter περὶ Χαλκηδόνα.

M. d’Avezac s'est trompé à son tour en retrouvant dans Île Lampion l'antique Aethusa?. Le rapprochement qu'il établit

! L'ilot de Délos portait au moyen àge * Îles d'Afrique, p. 118 : «Nous ne le nom de Scholio, qui s'explique de même. croyons pas qu'une autre synonymie ait (Lebègue, Recherches sur Délos, p. 20.) été proposée parmi les noms que nous

πιτεϑί 201 )..3--entre le nom grec de cette dernière île et celui que porte l'îlot voisin de Lampédouse n'est pas sérieux : le mot αἴθουσα ne signifie pas cresplendissante», comme il l'affirme, mais «brü- . Le nom de Lampion, d'autre part, ne peut raisonnablement faire allusion qu'à la forme de l'ilot. Les Tables de Ptolémée indiquent d’ailleurs Aethusa à l'est de Lopadusa, tandis que le Lampion est à l'ouest de Lampé-

lante, brülée par le soleil ! »

douse. Nous croyons donc que la synonymie réelle d’ Aethusa est celle qu'on a adoptée jusqu'ici.

Linosa, située à vingt-cinq milles marins au nord-est de Lampédouse, ne mesure guère que dix-huit kilomètres de circonférence. Elle offre l'aspect d'une masse arrondie, du sol de laquelle surgissent plusieurs cônes, dont le plus élevé atteint une altitude d'environ 160 mètres. La mer présente de grandes profondeurs autour de l'ile : le moindre brassiage accuse au rivage même une vingtaine de mètres, un peu plus loin une centaine, et trois cents mètres à moins d'un demi-mille de la côte. Linosa peut donc être considérée comme le cône terminal d'une montagne sous-marine complètement isolée.

Le caractère essentiellement volcanique de l'île est attesté par l'existence de cônes d'éruption et de plusieurs cratères éteints, ainsi que par les vitrifications qu'on y rencontre parmi les ponces et les laves. ἃ l'extrémité occidentale de l’île s'ouvre une petite anse, formée par l'affaissement d'une partie de cra-

offre la géographie classique ancienne; et cependant il en est une qui nous paraît fournie très naturellement par les Tables de Ptolémée, dont malheureusement il n’a eté fait sur ce point qu'une application fautive : nous voulons parler de son nom d’Aethousa ou « resplendissante », dont la dénomination cadre si bien avec celle de

Lampion, qui la remplace aujourd'hui. »

* I est mème probable que le nom phénicien dont les Grecs ont fait Αἴθουσα n'a rien de commun avec le sens en question. La première syllabe, Αἰ, paraît bien être l'équivalent du %K phénicien «insula ».

(Voir Corpus inscr. semit., 2° fasc., p. 183;

‘ note de M. Renan.)

IMPRIMERIE NATIONALE

ÂAETHUSA (Linosa).

He de GLaucow.

—#2( 212 ...--ière, qui offre un débarcadère commode sur une plage de sable fin.

La correspondance de Linosa et d’Aethusa résulte de la po-

sition que Ptolémée assigne à celle-ci par rapport à Lopadusa. Pline et Martianus Capella, qui nomment Aethusa immédiatement après Lopadusa; constatent qu'elle était aussi appelée Aequsa”, «l'ile aux Chèvres», et nous savons par Étienne de Byzance, qui donne seulement cette dernière forme, que les Libyens la désignaient sous le nom de Katria?. Édrisi, qui la place exactement à trente nulles au nord-est de l'îlot d'£TEKitab (le Lampion) , lui donne le nom de Nemousa, qui semble s'être transformé, deux siècles plus tard, sur la carte catalane, en celui de Linosa. M: d’Avezac voit dans ce nom de NMemousa l'altération de la dénomination primitive d'Âvéuovoa, qui désigne, dans certaines éditions de Ptolémée, une île située à quarante-cinq minutes à l'est de Lopadusa. Cette conjecture ne repose malheureusement que sur une interpolation des éditeurs : aucun manuscrit de Ptolémée ne mentionne cette île d'Anemusa. L'ethnique Αἰγουσαῖος, que donne Étienne de Byzance, semble indiquer que l'île d'Aegusa était habitée dans l'antiquité. Linosa est absolument déserte aujourd'hui.

L'ile pélagienne de Glaucon, que Ptolémée indique, avec une ville homonyme, à vingt minutes au nord de Cossura et sous le même méridien, ne se retrouve pas sur nos cartes. A-t-elle disparu? Y a-t-il simplement erreur dans les coordonnées de Ptolémée? Il est d'autant plus difficile de se prononcer à cet

? Plin., Il}, xiv : «Lopadusa, Aethusa, ? Steph. Byz. : Afyouoz, νῆσος Λιβύης, quan ali Aegusam scripserunt. » — Mart. κατὰ Λιβδύας λεγομένη Karpia. Τὸ ἐθνικὸν Capel., VE: « Lopadusa, Aethusa, quam ali Αἰγουσαῖος, ὡς Σκοτουσαῖος.

Aegusam dixere. »

=+3( 243 )....-égard qu'aucun autre texte antique ne parle de: Pile de Glaucon.

La plus orientale et la dernière des îles pélagiennes énumérées par Ptolémée est Malte, Μελίτη. Bien qu'à plusieurs égards on puisse la considérer comme une île africaine, elle n'a Jamais appartenu à la province romaine d'Afrique et ne saurait, dès lors, figurer dans cette étude.

Étienne de Byzance nomme un certain nombre d'îles libyennes dont la position n’a pas été fixée jusqu'ici. Celles qui ne paraissent pas appartenir au littoral de la Cyrénaïque ou de la Marmarique sont : l'le d'Apollon', Eudeipné?, Hiéraphé”, Hisios où Oudénoé", l'ile des Chiens’, Salars°, Prosopon’, Térapsé ὃ et les Phoenicusae”.

Les cinq premières sont inconnues, aussi bien que Salars. Étienne de Byzance faisant seulement suivre leur nom de la mention très vague : νῆσος Λιδύης ou νήσος ἐν Λιδύῃ, et cette expression de Libye ayant, dans ses listes, le sens le plus étendu, rien ne nous dit quelles ne doivent pas être cherchées sur le Httoral des trois Maurétanies. Histos, seule, pourrait être retrouvée, grâce à la configuration spéciale qui Ini avait fait donner son nom.

* Stephanus Byz. : ἀπόλλωνος νῆσος ἐν Λιβύῃ. pET:4f ? Ibid. : Εὐδείπνη, νῆσος Νιδυφοινῥιων.

ὁ Jbid. : Zdhaps,...

7 Ibid. :

5 Ibid. : ἱεράφη,.. νῆσος Λιβύης. ἕκαταῖος σεριηγήσει.

1 Ibid. : ἱστὸς, νῆσος Λιβύης, Οὐδενόῃ λεγομένη ὑπὸ Λιβύων, ὑπὸ δὲ Φοινίκων Κέλλα Ραφσὰθ, ὃ ἑρμηνεύεται io ds νεώς" νηὶ γάρ ἐσῆι παραπλήσιος.

ἢ Ibid. : Κυνῶν νῆσος, Λιβύης. ἀλέξανὃρος τρίτῳ Λιξυκῶν.

* Ibid. : Ῥεράψη, νῆσος πσρὸς Καρχηδόνα οὐ μεγάλη.

ἡ Ibid. : Φοινικοῦσσαι, δύο νῆσοι ἐν τῷ Λιβυκῷ κόλπῳ πρὸς τῇ Καρχηδόνι, ὡς ἕκαταῖος περιηγήσει Λιβύης.

Son nom phénicien Kella Raphsat se traduisait par «mât de vaisseau», au dire d'Étienne de Byzance, qui ajoute : «elle ressemble en effet à un navire.» Ce nom

iles dont la position est inconnue

ou douteuse.

Prosopon (ile Pilau ?).

TERAPSÉ (ile Plane ?).

Les PHOENIGUSAE

(Zembra et Zembretta ?).

Climat.

Prosopon et Térapsé sont indiquées comme voisines de Carthage. La première est peut-être identique à l’île Pilau, située tout près du littoral, au nord-ouest du cap Sidi-Ah-el-Mekki. L'ile Plane, plus petite et située à moins de quatre kilomètres à l'est du même cap, dans le golfe même de Carthage, pourrait être l’ilot de Térapsé, νῆσος πρὸς Καρχηδόνα où μεγάλη.

Quant aux deux Phoenicusae, placées par Hécatée « dans le golle libyen, près de Carthage», nous ne voyons qu'une correspondance possible. Il n'existe qu'un seul groupe de deux îles dans le golfe de Carthage : celui de Zembra et de Zembretta. On peut supposer que Hécatée a donné le nom grec de Dom-

κοῦσσαι aux Egimures.

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