CLIMAT ET SOL
La contrée dont nous venons de décrire le relief et les côtes est comprise entre le trente-huitième et le trentième degré de latitude nord. Elle fait, par conséquent, partie de la zone tempérée arctique. Assez semblable, sur le littoral, à celui des côtes méridionales de l'Europe, le climat varie, dans l'inté-
de Kella Raphsat ou Rarsat (les manuscrits d'Étienne donnent les deux formes) a fort exercé l'esprit de conjecture des orientalistes du xvu° siècle. Gesenius, en reproduisant l'explication de Bochart, ajoute :
« Hanc explicationem vindicet qui possit, »
et propose, de son côté, une étymologie non moins inadmissible pour la seconde partie de ce composé. Nous pensons cependant qu'on pourrait expliquer kella par « voile», sens qu a également le mot io76s,
et rapprocher du nom phénicien le nom arabe de Koloua es-Soud la «voile noire», par lequel les indigènes, comme on l'a γα, désignent la pointe de la Vache noire, entre la baie d'El-Guelh et le cap de Garde (supra, p. 154-155).
1 Lucain, Phars., IX, v. 411:
Tertia pars rerum Libye, si credere famae Cuncta velis : at si ventos coelumque sequaris, Pars erit Europae.
—+2( 245 ).:--rieur, en raison de l'altitude; la moyenne annuelle de la température, qui atteint presque 22 degrés à Bône, s'abaisse à 17 et même à 14 degrés dans certaines parties du Tell. Par suite de cette même loi des compensations, la régence de Tunis, dont le sol est en général beaucoup moins élevé, offre de plus hautes températures : la moyenne de la saison chaude, à Soussa, est de 36°,5; celle de la saison des pluies, de 16 degrés, et la moyenne annuelle, de 24 degrés. Le thermomètre monte accidentellement à Tunis jusqu'à 48 degrés, sous l'influence du vent du sud qui souffle directement du Sahara sans rencontrer, comme au Maroc, la barrière naturelle de l'Atlas,
et apporte, avec les exhalaisons étouffantes du désert, ces nuées de sable impalpable qui arrivent parfois jusque sur les côtes de Sicile.
Les saisons se succèdent avec une remarquable régularité. L'hiver, qui nest autre chose que la saison des pluies ', commence généralement en janvier et ne dure guère que deux mois. Le printemps, Er-Rbua ge «la verdure, le pâturage », finit avant le mois de mai. L'été, Es-Sif «sx, se prolonge jusqu'en octobre. Les premières pluies annoncent l'automne, El-Khrif «522 «la saison de la récolte des fruits ». Les chaleurs de l'été, du reste, sont singulièrement modifiées en plus ou en moins par les vents qui dominent alternativement. Accablantes lorsque règnent les vents du sud-est et du sud, elles sont très supportables sous l'influence des vents de nord et de nord-est. Les vents de nord-est et d'est dominent de mai en
* Les indigènes n'ont qu'un seul mot pour désigner la pluie et l'hiver : Ech-Chta
Hül «la pluie ».
Moyennes annuelles de la
température
Saisons
Vents
dominants
septembre; les vents soufflent le plus souvent du nord-ouest et de l'est pendant le reste de l’année. Les vents de nord amènent souvent de fortes pluies. L'équinoxe est généralement annoncé par de violentes rafales du vent de sud-ouest, l'Africus?, si fécond en tempêtes”. Le milieu de septembre est presque toujours marqué, dans le golfe de Tunis, par un coup de vent furieux, dont les anciens avaient déjà remarqué la régularité : aussi l'appelait-on, à l'époque chrétienne, «la Cyprienne», l'ouragan se produisant presque toujours à l’anniversaire de la mort de saint Cyprien (xvrr des kalendes d'octobre — 14 septembre). Lorsque Archélaüs, amiral de la flotte de Bélisaire, voulut mouiller dans le golfe, à cent cinquante stades de Carthage, ses pilotes objectèrent les dangers de la côte et l'approche de cette tempête annuelle. La flotte byzantine alla chercher un abri dans le lac de Tunis”.
La violence du vent du sud dans les régions sahariennes n’a été qu'à demi exagérée par Lucain, lorsqu il nous représente les soldats de Caton aux prises avec l'Auster :
Tum quoque Romanum solito violentior agmen Aggreditur, nullusque potest consistere miles Instabilis, raptis etiam, quas calcat, arenis... . δυλϑα Galeas οἱ scuta virorum
Pilaque contorsit violento spiritus actu Intentusque tulit magni per inania coeli. . .
‘ Lucain, Phars., IX, v. 422 : δὲ τοῦ πνεύματος σφίσιν ἐπιβόρου ὄντος ... Arctoos raris Aquilonibus imbres ἀπὸ oladlwv πεντήκοντα καὶ ἑκατὸν Καρ- Accipit et nostris reficit sua rura serenis. χηδόνος ἐγένοντο, ἀρχέλαος μὲν καὶ οἱ
? Sén., Nat. quaest., V,xvi : « Africus fu- σΊήρατιῶται αὐτοῦ ὁρμίσασθαι ἐκέλευον, τὴν
ribundus , ac ruens ab occidente hiberno. » τοῦ olparyyoù δεδιότες ππόρρησιν, οἱ δὲ
ἡ Virg., Aencid., 1, v. 85 : ναῦται οὐκ ἐπείθοντο" τήν τε γὰρ ἐκείνῃ Una Eurus Notusque ruunt creberque procellis ἀκτὴν ἀλίμενον ἔβασκον εἶναι καὶ χειμῶνα Africus. ἐπίσημον αὐτίκα μάλα γενήσεσθαι ἐπίδοξον
! Procop., De bell. Vand., 1, xx : Ἐπεὶ εἶναι, ὃν δὴ οἱ ἐπιχώριοι Κυπριανὰ καλοῦσι.
—#2( 247 )e3— Sic orbem torquente Noto Romana juventus Procubuit, metuensque rapi constrinxit amictus Inseruitque manus terrae : nec pondere solo, Sed nisu jacuit, vix sic immobilis Austro, Qui super ingentes cumulos involvit arenae, Atque operit tellure viros. Vix tollere miles Membra valet, multo congestu pulveris haerens. Adligat et stantes adfusae magnus arenae Agger, et immoti terra surgente tenentur.
Nous avons pu constater par nous-même l'incroyable violence de ces ouragans du Sahara ct l'énorme déplacement de sables qu'ils entraînent. Au mois de mars 1857, une colonne tunisienne chargée de lever l'impôt dans les oasis, et que nous accompagnions, fut assaillie entre Kafsa et Tôzeur par une tempête qui dura soixante-douze heures. Le matin du troisième jour, la force du vent était devenue telle que quelques-uns de nos cavaliers furent renversés. Les chevaux les plus vigoureux étaient obligés, par moments, de s'arc-bouter sur leurs jarrets pour résister à la rafale. D'épais tourbillons de sable, emportant des débris de palmes sèches et des ossements de chameaux, obscurcissaient le jour à tel point que j'avais peine à distinguer le guide qui me précédait. Notre infanterie, errant au hasard au milieu de ces demi-ténèbres, dut marcher ou plutôt piétiner sur place pendant vingt heures pour 'nèêtre point ensevelie. Plusieurs centaines de dattiers formant la lisière de l'oasis de Tôzeur furent enterrés jusqu'aux palmes.
Le sol est généralement fertile, surtout dans les parties basses des vallées et dans les plaines d'alluvion. Le sable même, ainsi que l'avait remarqué Columelle, est fécond lorsqu'il est arrosé : «...Quibusdam (sicut in Africa Numidia) putres arenae fe-
Fertilité du sol,
—+2( 248 }»ε2--cunditate vel -robustissimum solum vincunt'.» Les sables qui entourent Sfaks et la plupart des localités situées sur le golfe de Kabès ne demandent qu'un peu d’eau pour donner des légumes et des fruits comparables à ceux qu'on cultive dans les meilleures terres. Aucun sol au monde, du reste, n'égale en fertilité celui des oasis sahariennes : dans leurs sables féconds, largement abreuvés par des sources d’eau chaude, naît et se développe une végétation merveilleuse; la voûte gigantesque que forment les éventails de palmes des dattiers couvre une forêt de pistachiers, de grenadiers, d'orangers et de citronniers, qui protège elle-même un fourré d'arbrisseaux dont les fruits müûrissent encore sous ce double abri. Pline nous a laissé de l'oasis de Tacape, qu'il avait certainement visitée dans l’une de ses deux excursions en Afrique, une description qui est encore la plus exacte qu'on en puisse donner : « On rencontre au milieu des sables, quand on se rend aux Syrtes et à Leptis la Grande, une ville d'Afrique du nom de Tacape. Le sol, qui y est arrosé, est d’une fertilité plus que merveilleuse sur une étendue de trois mille pas en lous sens; une source y jaillit, abondante, il est vrai, mais dont les eaux ne se distribuent aux habitants que pendant un nombre fixé d'heures. Là, sous un palmier très élevé, croit un olivier, sous l'olivier un figuier, sous le figuier un grenadier, sous le grenadier la vigne; sous la vigne on sème du blé, puis des légumes, puis des herbes potagères, tous dans la même année, tous s’élevant à l'ombre les uns des autres ?.»
® De re rustica, praef. horarum spatis dispensatur inter incolas.
? Plin., Hist. nat., XVIII, τὰ : « Civitas
Palmae ibi praegrandi subditur olea, huic
Africae in medus arenis, petentibus Syrtes Leptinque magnam, vocatur Tacape, felici super omne miraculum riguo solo, ternis ferme millibus passuum in omnem partem.
Fons abundat, largus quidem, sed certis
ficus, fico punica, 11 vitis : sub vite seritur frumentum , mox legumen , demdeolus , omnia eodem anno, omniaque aliena umbra aluntur. » Pline ajoute que, dans cette mème oasis de Tacape , quatre coudées car-
Ce tableau est celui de toutes les oasis tunisiennes : Kafsa, Oudian, Tôzeur, Nefta, Telemin, Kbilli, Djerba
Une seule partie de l'ancienne province d'Afrique contraste aujourd'hui, par sa stérilité relative, avec la fertilité des régions voisines : nous voulons parler des plateaux qui s'étendent du nord-ouest au sud-est entre Sbeïtla et le littoral de la petite Syrte.
Toute cette partie de l'ancienne Byzacène n'offre guère que des steppes arides, presque entièrement dépourvus d'eau. La plaine sablonneuse d'Aâmra, qui s'étend au nord-est de Kafsa, est le type de cette région désolée : valtéré comme le chacal d'Aâmra, » dit un proverbe saharien. Plus loin encore, entre Aâmra et le littoral, le tuf se montre par larges plaques : l'humus ἃ disparu.
Tous les voyageurs qui ont parcouru cette partie de la régence de Tunis ont été frappés de la stérilité d’un sol qui avait été si longtemps et si justement renommé pour sa fécondité. Léon l'Africain, qui l'a constatée le premier, ne se l'explique que par une hypothèse inadmissible : « La mer Méditerranée se Jette sur le Midy, tellement que les lieux qui devroient être gras el fertiles sont tous baignés en eau; et disent les habitants de ce pays qu'anciennement il y avoit une grande étendue de terres qui s'avançoyent bien fort envers la tramontane, mais que, par le laps de temps et cours d'années, elles furent couvertes par le heurt des flots continuels, lesquels minoient toujours, comme il se void aux plages de Monestier, Mahdia, Affaces, Capes, l'isle de Gerbo et d'autres cités qui sont devers Levant.» La tradition locale sur laquelle s'appuie Jean Léon
rées de terrain, mesurées « à poing fermé » ejus soli in quadratum, nec ut ἃ porrecet non pas avec les doigts étendus, se ven- tis metiantur digitis, sed in pugnum condaicnt quatre deniers : « Quaterna cubita tractis, quaternis denariis venumdantur. »
IMPAIMENIE NATIONALE.
n'est vraie queen tant quelle se rapporte à l'époque antéhistorique où la mer n'avait pas encore envahi les terres dont les bas-fonds et les îles de la petite Syrte représentent les derniers témoins. Cette modification du littoral s'était déjà accomplie à l'époque punique, c'est-à-dire au temps où les textes anciens attestent la fécondité du Byzacium. L'appauvrissement de la Byzacène ne s'explique pas davantage, comme l'ont supposé d'autres auteurs, par l’action stérilisante des vents marins. Cette action, nulle en ce qui concerne la culture de l'orge et du blé, ne s'étend guère au delà d'une zone de quelques centaines de mètres, et c'est précisément le littoral qui est aujourd'hui la partie la moins stérile du sud de la Régence. La fécondité de l’île de Djerba prouve bien, d'ailleurs, que le voisinage de la mer est absolument sans influence sur la prospérité des cultures.
Il faut donc chercher ailleurs l'explication du contraste qu'on ἃ constaté entre l'état actuel des choses et les témoignages du passé. Nous pensons, en premier lieu, que la Byzacène, même à l'époque romaine, était loin de présenter partout la fertilité que lui attribuent les textes antiques; l'eau y a toujours été rare à la surface du sol : le récit que nous fait Salluste des expéditions de Metellus et de Marius ne laisse aucun doute à cet égard. Polybe assignait déjà à la Byzacitis une étendue assez restreinte par rapport à celle de la contrée qui reçut depuis le nom de Byzacène. Certaines parties de cette contrée ont donc toujours été stériles, et nous en trouvons la preuve dans un document législatif du commencement du γ᾽ siècle de notre ère. Une loi d'Honorius, datée du 20 février 422, et ayant pour but de déterminer, dans la Proconsulaire et dans la Byzacène, les terres qui doivent rester soumises à l'impôt et celles qui en doivent être dispensées comme deve-
nues improductives, donne le tableau suivant pour les deux
provinces k:
Proconsulaire :
Terres fertiles : 9,002 centuries 141 jugera;
Terres improductives : 5,700 centuries 144,5 jugera.
Byzacène :
Terres fertiles : 7,460 centuries 180 jugera;
Terres improductives : 7,615 centuries 3,5 Jugera?.
La superficie totale de la Proconsulaire peut être évaluée à 208 myriamètres carrés (b,680 hectares), soit, en attribuant 200 jugera à la centurie, à 41,251 centuries ?, ou 8,250,316,5 Jugera. Celle de la Byzacène représente 479 myriamètres carrés (4,848 hectares), soit 94,834 centuries ;, ou 18,966,962
Jugera.
! Cod. Theod., lib. XI, tit. xxvurr, 1. 13:
Imp. Honor. et Theod. AA. Venantio, Com.
R. P. «Breves quos spectabiles ac probatissimi nobis viri ad palatinorum sacrarium, vel ad praetoriana scrinia detulerunt, et professionis modum eum qui brevibus sedit, seribi volumus: eum vero qui recisus est de chartis publicis, jubemus auferri.
Unde secundum fidem polypticorum, per provinciam Proconsularem, novem milia duas centuries, jugera centum quadraginta unum in solvendo : et quinque milia septingentas centurias, jugera centum quadraginta quatuor semis in removendis. Per provinciam vero Byzacenam, in praestanda functione septem milia quadringentas sexaginta centurias, jugera centum octoginta :
septem milia sexcentas quindecim vero centurias, jugera tria semis in auferenda constat adscripta : ut circa eos, quibus conlocata ac relevata süunt ‘praedia, ad securitatem
perpetuae proprietatis intermina possent aetate servari. De his vero quae edictis prudentibus nondum sint certis adsignata personis, rectores provinciarum decernimus providere, ut, manentibus remediis quae fides supradicta adtribuit, idoneis colocentur, Dat. x Καὶ. Mart. Rav. Honor. XIII et Theod. X. AA. Coss. »
* On sait que le pied romain équivaut à 0°,2965. Le passus était de 5 pieds. L'actus minimus- mesurait D pieds sur 120. L'actus quadratus était un carré de 120 pieds. Le Jjugerum était le double de l'actus quadratus. La centuria contenait 200 jugera; primitivement, comme son nom l'indique, elle n'en représentait que 100 : « Centuriam nunc dicimus, ut idem Varro ait, ducentorum jugerum modum: Olim autem ab centum jugeribus vocabatur centuria; sed mox duplicata nomen retinuit.» (Colum., De re rustica, V, 1.)
L'étendue des terres imposées avant l'année 422 était donc, pour la Proconsulaire, d'un peu plus du tiers de la superficie totale (35 p. 0/0); pour la Byzacène, cette même proportion se réduisait au sixième (16.75 p. o/o). Il est, par suite, évident que la Byzacène, dès l'époque romaine, offrait deux fois plus de terres improductives que la Proconsulaire.
La loi du 20 février 422 prouve, en outre, que le nombre des terres «abandonnées » était proportionnellement plus considérable dans la Byzacène que dans ia Proconsulaire. Or c'est l'abandon de la terre que l'on peut considérer comme l'origine de l'appauvrissement actuel du sol partout où il avait pu être riche autrefois. Les puits d'arrosage se sont taris ou comblés; le déboisement, résultat des incendies qui signalaient les incursions des Maures ou simplement de ceux qu'allumaient périodiquement les nomades arabes, a livré les terres que ne défendait plus la main de l'homme au lavage des pluies hivernales et fait disparaître jusqu'à l’humus.
La pauvreté relative de la partie de la Régence qui correspond à la Byzacène s'explique, en résumé, par deux causes, sans recourir, comme on l'a fait, à l'hypothèse d'une « stérilisation» particulière de cette province :
1° L'existence de terres naturellement stériles dès l'époque romaine, dans une proportion que les textes habituellement cités ne font pas soupçonner, mais que nous révèlent les documents législatifs du v° siècle;
2° La stérilisation des terres fertiles par suite de leur abandon, du déboisement et de la modification du régime des eaux, qui est la conséquence inévitable de celle du régime forestier.
La différence que nous venons de signaler entre la fertilité générale de la Proconsulaire et celle de la Byzacène peut expliquer le partage qui s'opéra à l'époque vandale : on sait que les
terres de la première de ces deux provinces furent assignées à l'armée conquérante, tandis que les quelques districts fertiles de la seconde formaient le domaine particulier du souverain.
L’appauvrissement de la Byzacène ne fit sans doute que s'accroître pendant la période vandale. Les documents de l'époque byzantine représentent l'intérieur de cette malheureuse province comme une vaste solitude, servant de champ de bataille aux armées qu'elle ne peut plus nourrir. L'auteur de la Johannide nous montre l'armée romaine campée dans la Byzacène sur le littoral et obligée de demander à la mer tous ses approvisionnements :
At nos aequor alit, venalia, tempore certo, Cuncta ferens, Cereremque simul Bacchumque ministrat.
Les Maures, de leur côté, manquent de bié :
EEE DLL CUP PARIS RERRERRRUES . Pecuaria tantum
CCC CC δ. ἐν; οὐ 5 α΄ νὸν οὐφὋν δ᾽ .δ'. οὐ δ. .δ' οἷο: Ὁ .ο᾽ 6 ὁ. 9. ὁ CRC
NM tn. Btsnevarfames jam comprimit omnes,
Nam pecudum spes sola epulis....................
La terre est évidemment abandonnnée; elle se couvre encore de pâturages, elle ne donne plus de moissons. La nature, elle aussi, a ses ruines en Afrique, et ce ne sont pas celles qui impressionnent le moins vivement. Mais ces ruines ne sont qu'apparentes. Partout où le sol a pu garder la couche végétale, il conserve aussi sa force productrice : la fécondité n'est qu'une question d'eau.
À part l'exception que nous venons de signaler dans la Byzacène, et qui s étend à quelques districts du sud de la Numidie placés dans les mêmes conditions, la fertilité de la province d'Afrique était devenue proverbiale dans l'antiquité, et l'on
ne connaissait aucune autre contrée qui püût lui être comparée à cet égard. Les témoignages abondent, et nous aurons l'occasion de les citer en passant en revue les produits agricoles de cette terre privilégiée. Mais avant d'étudier sa flore et sa faune, nous devons tout d'abord interroger les profondeurs de son sol et parler de ses richesses minérales. Nous n'avons pas besoin d'ajouter que notre but n'est pas de présenter un tableau complet des productions naturelles de l'Afrique septentrionale : elles comporteraient un livre spécial; nous nous renfermerons dans les limites assignées à notre travail, en nous bornant-à comparer le présent au passé.