‹ Exploration scientifique de la TunisieChapitre 20 sur 58 · IMP ANTONINI AVG PI · texte numérisé non relu

IMP ANTONINI AVG PI

N EXXCIX OF REGIA

CONDIANO € MAXIMO Cos ΠΕΡ

IMP ANTONINI AVG PII NLX OF # AVRELIO VERO Cos III E COMMODO PIC

N CCCV OF GENII MONTIS ἐξ IMP COMMODO AVG [ΠῚ ET VICTORINO Il CAESVRA MAXIMI PROC

Fragment communiqué par M. Dumartin :

NRCCCARIPERT:

officina Regia, probablement la plus ancienne partie de la carrière, celle qu'on exploitait déjà au temps des rois numides; une officina Gen montis; une officina Agripp(ae). D'autres portent les noms des fonctionnaires préposés à l'exploitation. Le bloc daté de l'année 107 semble indiquer que les carrières de Simittu étaient placées, à cette époque, sous la surveillance d'un ésclave de l'empereur. Celui qui porte la date de 183 prouve qu'elles étaient dirigées par un procurateur. Une inscription ornée du monogramme du Christ autorise à supposer que les carrières de Chemtou étaient encore exploitées à l'époque chrétienne”.

«Le tuf, dit Pline, ne convient pas aux constructions, parce qu'il est mou et peu durable. Certaines localités cependant n'ont pas d’antres matériaux, par exemple Carthage en Afrique. L'air de la mer les ronge, le vent les effrite, la pluie les dégrade; mais on réussit à les protéger avec de la poix, car un enduit de chaux les corroderait. On a donc pu dire avec raison des Carthaginois qu'ils se servent de la poix pour leurs maisons et de la chaux pour leurs vins ?.»

Il existe en effet aux environs de Tunis et de Carthage un tuf calcaire de formation récente dont les couches constituent, dans la Zeugitane comme dans la Byzacène, la plus grande partie des terrains du littoral. On voit que ce banc a été exploité et même épuisé aux environs de toutes les villes antiques, mais

! Delattre et Héron de Villefossse, Re- - * XXXVI, xzvur : «Εἰ reliqua multituvue archeol., 1881 : dine lapidum , tofus aedificiis inutilis est | morlalitate mollitiae. Quaedam tamen loca (Ὁ non alium habent, sicut Carthago in Africa. OFF I... Exestur halitu maris, fricatur vento et te- TA À DIO rebratur imbre. Sed cura luentur picando TIMO parieles , quoniam et tectorii calce roditur : aVG PNT sciteque dictum, ad tecta eos pice, ad vina

INRI calce uti, quoniam sic musta condiunt. »

Pierres à bâttr.

Tuf de Carthage.

Calcaire à grain fin des environs

de Tunis.

Grès coquillier.

il existe encore presque partout ailleurs. Son épaisseur varie de o”,40 jusqu'à 1",50; son grain, fin, serré et brun à la surface supérieure, augmente de grosseur et diminue de densité à mesure que l’on se rapproche de la couche inférieure, qui est d'un blanc mat. C'est évidemment ce tuf calcaire que Pline ἃ voulu désigner, et il le représente avec raison comme très sensible à l’action des agents atmosphériques. Cette pierre ; toutefois, loin d'être attaquée par la chaux, se conserve fort bien lorsqu'elle est employée en moellons et recouverte de mortier. I est donc probable que Pline aura confondu ce tuf calcaire avec un calcaire à grain fin, d'une texture analogue à celle de la pierre lithographique, que les environs de Tunis produisent également en abondance et qui se délite avec plus de rapidité encore sous l'influence des vents de mer succédant aux températures élevées. C'est ce calcaire fin, selon toute apparence, que les Carthaginois enduisaient d’un enduit protecteur depoix ou de bitume, recouvert très certainement, bien que Pline n'en dise rien, d’une couche de chaux blanche éteinte, destinée à réfracter les rayons solaires. On l’a employé en outre en larges dalles plates pour le pavage des rues, et utilisé pour les degrés des escaliers et les gradins servant de sièges dans les amphithéâtres.

Si les environs immédiats de Carthage ne produisaient que ces deux calcaires de qualité médiocre, la presqu'île du cap Bon fournissait des pierres plus solides. Il existe au nord de Sidi-Daoud-en-Noubi (Missua) d'immenses carrières souterraines de grès coquillier, dont il est déjà question dans le récit que Diodore nous ἃ laissé de l'expédition d'Agathocle, et d'où la Carthage punique a dû tirer les matériaux de ses principaux

! Daux, Recherches sur les Emporia, p. 273-274.

édifices. Quant à ses remparts, bâtis, au témoignage d'Orose, ex saxo quadrato, ils paraissent avoir été construits en blocs énormes de ce tuf calcaire que produisent les environs mêmes; c'est ce qu'on peut affirmer tout au moins des murailles puniques de l'enceinte de Byrsa. La phrase d'Orose, omnt murali lapide in pulverem comminuto', contient une exagération évidente en tant qu'elle s'applique à la destruction de ces remparts au lendemain de la prise de Carthage; elle n'est que l’expression de la vérité si on l'entend de la disparition des blocs, lentement broyés par le temps et réduits à cette couche de menus débris et de poussière sous laquelle Beulé ἃ retrouvé la base des murs puniques de Byrsa ?.

C'est ce même tuf calcaire qui a fourni les matériaux des murs bâtis +par l'ordre de Théodose IT. Sciée à une épaisseur de quatre à cinq centimètres, dans le sens des couches, la pierre a été débitée en morceaux semblables à des briques et employés, comme dans l'appareil en briques, par lits alternant avec des lits de mortier. |

Les carrières de Roudjich, près de Mehedia, ainsi que plusieurs autres localités de la Régence, donnent un excellent calcaire coquillier à grain assez fort, qui a servi à de nombreuses constructions antiques, notamment à l'amphithéâtre de Thysdrus. Très tendre et très facile à débiter en blocs dans les strates de la carrière, il acquiert avec le temps une grande dureté et ne se délite sous aucune influence °.

Les montagnes qui limitent la vallée de la Medjerda, en particulier le Djebel Gorräat-Azrou, fournissent un calcaire métamorphique d'une grande dureté, que les indigènes désignent aujourd'hui sous le nom de kaddahl. Blanc et rosé,

! Orose, IV, xxur. * Daux, Recherches sur les Emporia,

* Beulé, Fouilles à Carthage, p. 53. Ρ. 174.

IMPRIMERIE RATIONALE

Grès coquillier

de Roudjich.

Calcaire meétamorphique du Gorräat-Azrou.

Chaux et plâtre.

frès jaunâtre de Rusicade-, carrières du Diebel Sidi-Msid, du Djchel Toumiat et du Djebel Meguesba.

Procédés

d'extraction.

—#2>( 266 )..--et d'apparence graniteuse, il a été souvent utilisé dans les constructions antiques : j'en ai trouvé de nombreux échantillons dans la plupart des ruines de la vallée du Bagrada.

La chaux carbonatée est très répandue dans la régence de Tunis, ainsi que la chaux sulfatée, qui forme, surtout dans le Sud, des bancs d'une grande puissance. Une des stations antiques de la route de Tacape à Leptis portait le nom d'Ad Gypsaria. J'ai trouvé également des vestiges de plâtreries antiques entre les ruines de Teglata et celles de Vicus Augusti, sur la route de Carthage à Hippo Regius par la rive gauche du Bagrada.

Nous ne connaissons pas de carrières antiques de granite dans la province d'Afrique, ce qui ne veut nullement dire qu'il n’en existe pas. Les vestiges d'exploitations de grès sont au contraire assez nombreux. Fournel a retrouvé, à six kHomètres de Philippeville, les carrières de grès jaunâtre qui ont fourni les matériaux employés à la construction de Rusicade. Le Djebel Sidi-Msid, aux environs de Constantine, le Djebel Toumiat, entre Constantine et Philippeville, le Djebel Meguesba, près d'El-Hammam (Aquæ Herculis), offrent également les vestiges de grandes latomies antiques.

Les traces de l'exploitation par gradins sont assez bien conservées dans les carrières du Djebel Msid pour que lon puisse se rendre compte du mode d'extraction. On pratiquait d'abord dans le banc supérieur, à la hauteur correspondant à celle qu'on voulait donner à l’assise, une échancrure au fond de laquelle on perçait une série de trous destinés à recevoir des coins. Une entaille verticale, dont la forme était calculée de façon à faciliter l'action d'un coin, était pratiquée sur la face antérieure, et l'on procédait de même sur la face horizontale, pour achever de séparer le bloc du gradin !.

? Fournel, p. 213.

Les pierres meulières sont assez abondantes en Afrique. Le Pierres meutières. Djebel Ktar, que longeait la voie romaine de Capsa à Tacape, en fournissait et en fournit encore d'excellentes. Les collines qui s'étendent au sud-est de Kafsa contiennent une énorme quantité de silex pyromaque. Medjana, dans les environs de Tebessa (Theveste), fabriquait encore au moyen äge des meules d'une qualité exceptionnelle. « Le Djebel Medjana, dit Edrisi, est très élevé, et on en extrait des meules d’une telle qualité que leur durée égale quelquefois celle de la vie d'un homme, sans qu'il soit besoin de les repiquer ni de les travailler en aucune manière, à cause de la dureté de leur grain et de la cohésion des molécules qui les composent. » C'est probablement de ces carrières, auxquelles fait allusion le nom d'Ad Molas donné à l'une des stations de la route de Carthage à Hippo Regius par Naraggara et Tipasa, que proviennent les . innombrables meules de pressoirs à huïle trouvées dans les ruines des grandes exploitations agricoles qui couvrent la partie orientale de da province de Constantine, et‘tout particulièrement le Bahirt el Arneb, au sud de Tébessa.

L'hydrochlorate de soude (sel marin) devait être exploité, Hydrochlorate comme il l'est encore, dans la plupart des sebkhas qui le four- re missent en abondance. On sait que le sel manque absolument dans le Soudan, et qu'il constitue un des principaux articles d'échange du commerce de caravanes. Le sel gemme est éga- Set semme. lement très abondant dans le nord de l'Afrique. Le Djebel Hadifa, point culminant de l'extrémité orientale de la chaîne du Chereb, au nord du Chott el Djerid, en fournit des quantités considérables. |

L'argile à poterie est très commune, La plus estimée est Argile. celle de Nebel (Neapolis). Celle de Houmt Kellal, dans l’île de Djerba, est également très appréciée.

Cicerculum.

Rubrique.

Purpurissum.

Pierres précieuses.

Androdamas.

Anthracite.

Aétile.

Pline nomme encore, parmi les produits minéraux de l'Afrique : la sinopis, qui se vendait huit as la livre et était par conséquent fort inférieure à la première qualité, dont le prix était de trois deniers; cette variété africaine portait le nom de cicerculum ; la rubrique, très utile dans la peinture indusirielle ?; enfin le purpurissum de Gétulie, inférieur, aussi bien que celui de Tyr, à la variété que fournissait Pouzzoles *.

Dans sa longue énumération des pierres précieuses, Pline en cite un certain nombre comme appartenant à l'Afrique, au moins par leurs variétés.

Parmi les cinq espèces d'hématites que distinguait Sotacus, cité par lui, il nomme au second rang, et comme se trouvant particulièrement en Afrique, l'aridrodamas, de couleur noire, remarquable par sa pesanteur et sa dureté, qui lui avait valu le nom qu'elle porte ἡ.

L'anthracite, d'après le même Sotacus, se trouvait également en Afrique : usée par la pierre à aiguiser mouillée, elle rendait, par le côté qui tenait à la terre, une excrétion noire, par l'autre une excrétion safranée. Elle passait pour souveraine contre les ophtalmies, comme l'androdamas contre les affections du foie. :

«L'aëtite africaine, continue Pline, est petite, molle, ren-

? XXXV, χα : « Sinopis inventa est pri- taria .. Puteolanum potius laudatur quam

mum in Ponto : nomen a Sinope urbe. Nas- Tyrium aut Gaetulicum. »

citur in Aegypto, Balearibus, Africa...

Ejus quae ex Africa venit, octoni asses : cicerculum appellant. »

Page 1