ΕΓ, MS FR
Le dattier (phoenix dactylifera) a dû se répandre, dès la plus haute antiquité, dans la zone saharienne de l'Afrique septentrionale. Il figure sur les monnaies autonomes de Carthage, soit seul, comme symbole de l'origine phénicienne de la cité punique, soit accompagné du cheval libyen.
Les dattes africaines, très douces, passaient pour perdre
? C. de Vigneral, Ruines romaines de l'Algérie, Kabylie du Djurdjara, pl. XHT, fig. 1.
ἀωρ 205 jes— promptement leur saveur. Les feuilles de palmier servaient, comme aujourd'hui, à tisser des cordes, des nattes * et des éventails*.
Un passage de Pline“ prouve qu'on fabriquait avec les dattes une sorte de vin très capiteux, capui inimicum, auquel on donnait le nom de caryotis*, non pas, comme l'affirme Pline, parce que cette liqueur donnait de la pesanteur de tête, xdpos, mais parce qu'on employait à sa fabrication des dattes ressemblant par leur forme et leur grosseur à des noix, κάρυα, et appelées palmulae nucales ὃ. Aucun texte antique, à notre connaissance, ne parle de la liqueur que fournit le palmier même, et que les indigènes des oasis appellent lagmi. On l'obtient en coupant la cime de l'arbre et en creusant l'extrémité supérieure du tronc en forme de bassin. La sève ne tarde pas à remplir cette cavité, et l'alimente assez abondamment pendant douze ou quinze jours; la quantité diminue ensuite progressivement : au bout de six ou sept semaines l'arbre est épuisé et meurt. Aussi les Sahariens ne «tuent-ils » un palmier que dans les circonstances où leurs compatriotes du Tell égorgent un mouton, c'est-à-dire à la naissance d'un enfant, pour célébrer un mariage ou pour fêter un hôte de distinction. Le lagmi est sirupeux, très sucré et extrêmement agréable au goût. Il s'aigrit très vite.
L'antiquité avait placé en Libye, avec raison, les pommiers des Hespérides. L'oranger atteint dans toute l’Afrique septen-
! Pline, XIII, vi: « Ferunt in maritimis palmier : « Ex palmarum foliis flabellos
Hispaniae fructum, verum immitem : dulcem in Africa, sed statim evanescentem. »
? Pline, XII, var : « Nunc ad funes, vitiliumque nexus, et capitum levia umbracula finduntur. » Cf. XVI, xxxvur.
* L'auteur de la Vie de saint Fulgence nous le montre occupé, dans sa retraite, à tresser des flubella avec des feuilles de
saepissime contexebat. » (Ferrand, Vita Fulgentiü, XIV, xxix; Migne, Patrologie, t. LXV, p. 132.)
À Pline, XIE, 1x.
* Quelques manuscrits donnent la leçon cariota , qui n’est évidemment pas correcte, bien que les éditeurs l'aient adoptée.
5 Caelius, De morbis acutis, IL, ΧΧΧΥΤΙ,
L'oranger.
Le grenadier.
trionale des proportions inconnues ailleurs. Les jardins d’oransers de Blidah sont justement célèbres; ceux d’Aïn-ech-Chems, au Maroc, le sont plus encore dans le monde arabe; mais, quelle que soit leur réputation, ces beaux arbres ne donnent pas des fruits comparables à ceux des oasis tunisiennes : Nefta produit les oranges les plus grosses et les plus savoureuses qui soient au monde.
Le grenadier n'était pas un arbre indigène !, mais 1] s'était si bien acclimaté en Afrique que son fruit était considéré comme le «fruit punique» par excellence, puricum malum. L'arbre luimême était plus habituellement désigné par son surnom, arbor punica, que par son vrai nom, granatum *. Columelle reproduit la recette donnée par Magon pour conserver la grenade : on plongeait le fruit, enveloppé de lin ou de sparte, dans de l'eau de mer bouillante, jusqu'à ce qu'il se décolorât; on le laissait ensuite sécher pendant trois jours, puis on le suspendait dans un endroit frais. Vingt-quatre heures avant de le servir, on le faisait macérer dans de l’eau froide .
Un autre procédé, également recommandé par Magon, consistait à enduire soigneusement la grenade fraîchement cueillie d'une couche épaisse d'argile à potier, puis, lorsque l'argile était sèche, à suspendre le fruit dans un endroit frais.
Cf. Caton, De re rustica, vir; —Palladius,
* Candolle, Géogr. botan., p- 891.
? Pline, XIIT, xxxiv : « Sed circa Carthaginem Punicum malum cognomine sibi vindicat ; aliqui granatum appellant. Divisit et in genera, apyrenum vocando cui lignosus nucleus abest; sed candidior οἱ natura, et blandiores sunt acini, minusque amaris distincti membranis.» — Columelle, X, CCXLII :
Mox ubi sanguinéis se floribus induit arbos
ΕΝ x: —VWarron, Τ᾿ ἯΣ.
5. Columelle, XIT, ΧΗ, XLIV : « Poenus quidem Mago praecipil aquam marinam vehementer calelieri, et in ea mala granata lino spartove illigata paulum demitti, dum decolorentur, et exemta per triduum in sole siccari : postea loco frigido suspendi, et cum res exegerit, una nocte et postero die usque in eam horam qua fuerit utendum, aqua frigida dulci macerari. »
Au moment de le servir, on le plongeait dans l'eau pour le débarrasser de son enveloppe de terre. Par ce moyen, la grenade restait aussi fraîche qu'au moment où elle avait été cueillie !.
On conservait encore les grenades dans un vase de terre neuf; on disposait alternativement une couche de copeaux de peuplier ou d'yeuse, non tassée, et une couche de fruits. Le vase, une fois rempli, était soigneusement fermé et luté avec de l'argile ?.
Les figues d'Afrique jouissaient d'une réputation méritée. Elles figurent à deux reprises dans les menus de Martial *. Beaucoup de gastronomes les préféraient à toutes les autres : cependant, au dire de Pline, la question était fort débattue. Le passage de ce dernier auteur, du reste, est assez obscur ἢ: il s'agit sans doute, non pas des figues africaines proprement dites, mais d'une espèce étrangère récemment introduite dans la province d'Afrique et qui avait gardé le nom du pays dont elle était originaire.
La figue africaine était connue depuis longtemps à Rome. Caton, Varron et Columelle* l'indiquent comme une des varié-
! Columelle, ibid. : « Sed et idem auctor est creta figulari bene subacta recentia mala
operculum imponere et crasso luto diligenter oblinire. »
crasse illinere, et, cum argilla exaruit, * Martial, Epigr., VI, run : frigido loco suspendere ; mox, cum exege-
: ; ἵ Et Libycae fici pondere testa gravis.
rit usus, In aquam demittere et cretam re-
solvere. Haec ratio tanquam recentissimum pomum custodit. »
? Columelle, sbid. : «Idem jubet Mago in urceo novo fictili substernere scobem populneam vel iligneam, et ita disponere ut scobs inter se calcari possit : deinde facto primo tabulato, rursus scobem substernere , el similiter mala disponere , donec urceus impleatur : qui cum fuerit repletus,
Cf. IV, xzvi.
Ἢ Pline, XV, x1x : «Nam de Africanis, quas multi praeferunt cunctis, magna quaeslio est : quum id genus in Africam nuperrime transierit, patriae nomen obtinent. »
5 Columelle, V, x :
autem praecipue Livianae, Africanae.….
Libycae. » Cf. Cat., virr; — Varr., I, ΧΙ].
IMPRIMERIE NATIONALE
«Serendae sunt
Le figuier.
L'amandier.
Le poirier de Numidie, Procédés puniques pour la transplantation
des arbres fruitiers.
Tuberes.
—#+>( 298 ).:--tés les plus estimables. Nous n'avons pas besoin de rappeler le rôle que joua l'un de ces fruits dans la destinée de Carthage".
On conservait les figues dans des vaisseaux de terre. C'était du moins la méthode employée à Ruspina, une des villes de la côte orientale de la Proconsulaire*. Un vers de Martial semble faire allusion à ces figues pressées et confites dans leur propre suc comme les dattes fraîches ἧ.
Pline nomme l'amandier “et une espèce de poire particulière à la Numidie, qui tirait son nom de sa provenance.
Le même auteur nous fait connaître la méthode employée en Afrique pour la transplantation des arbres fruitiers. Magon recommandait de creuser les fosses une année d'avance, afin qu'elles absorbassent le soleil et la pluie, ou, si les circonstances ne le permettaient pas, d'y allumer des feux deux mois avant la plantation; on ne devait procéder à cette dernière opération qu'après des pluies °. |
On suppose que les tuberes, mentionnés par Pline immédiatement après les zizypha, étaient une variété de jujubier. Ces deux espèces d'arbustes avaient été apportées d'Afrique en
! Pline, XV, xx : «Sed a Catone appellata jam tum Africana , admonet et Africae, ad ingens documentum uso eo pomo.
Namque perniciidli odio Carthaginis flagrans, nepotumque securitatis anxius, quum clamaret omni senatu Carthaginem delendam, attulit quodam die in curiam precocem ex ea provincia ficum : ostendensque Patribus : «Interrogo vos, inquit, «quando hanc pomum demtam putetis ex «arbore?» Quum inter omnes recentem esse constaret : « Atqui tertium, inquit, «ante diem scitote decerptam Carthagine :
«tam prope a muris habemus hostem. »
Statimque sumtum est Punicum tertium bellum. »
? Pline, XV, xx1 : «ἀξ ubi copia abundat, implentur orcae in Asia, cadi autem in Ruspina , Africae urbe. »
* Martial, Epigr., IV, xzvr :
Et ficus Lybica gelata testa.
* Pline, XVII, xxx : « Mago idem amygdalas ab occasu Arcturi ad brumam seri jubet, »
5 Pline, XV, xvr : « Patriae nomina habent... Numidiana. »
* Pline, XVII, xvr : « . . .nec nisi post
imbres... seri.»
Italie, vers la fin du règne d'Auguste, par Sext. Papinius, qui fut consul en 789 de Rome '. Martial parle de leurs fruits :
Non tibi de Libycis tuberes et apyrina ramis,
De Nomentanis sed damus arboribus 2.
Les artichauts d'Afrique, cardui, étaient fort estimés; des planches de ce légume, cultivées dans la banlieue de Carthage,
rapportaient jusqu'à six mille sesterces*. L'artichaut sauvage du Maroc est remarquable par sa délicatesse et sa saveur. Les truffes africaines (tubera) étaient également fort appré-
ciées !,
Parmi les légumes, le concombre d'Afrique (cucumis sativus)
tenait le premier rang au point de vue de la multiplication Ἢ
Les oignons africains étaient classés entre ceux de la Cher-
sonèse Taurique et ceux de l’Apulie δ C'était l'espèce la plus
âcre ?.
L'ulpicum d'Afrique était renommé *; plus volumineuse que
l'ail ordinaire, cette espèce fournissait, broyée avec de l'huile
* Pline, XV, χιν : « Aeque peregrina sunt zizypha, et tuberes , quae et ipsa non pridem venere in Italiam : haec ex Africa, illa ex Syria. Sext. Papinius, quem consulem vidimus, primus utraque attulit,
divi Augusti novissimis temporibus, in
castris lata, baccis similiora quam malis. »
= Epigr., XUT, χα. — Jbid., xum :
Lecta suburbanis mittuntur apyrina ramis Et vernae tuberes. Quid tibi cum Libycis?
* Pline, XIX ,xznir:« Certum est quippe carduos apud Carthaginem magnam, Cordubamque praecipue, sestertium sena millia ἃ parvis reddere areis. » :
Ἢ Pline, XIX, χε: «laudatissima Africae. » — Mart., Epigr., XII, x :
..…Tibi habe frumentum, Alledius inquit,
O Libye; disjunge boves, dum tubera mittas.
* Pline, XIX, xx : « Placent copiosissimi Africae. »
$ Pline, XIX, xxx : « Post hos in Africa nati maxime laudantur, mox Apuli. »
7 Pline, ΧΙΧ, xxxir : « Genera ejus , austerilatis ordine, Africana, Gallica , » etc.
* Pline, XIX , xxx1v : « Ulpicum quoque in hoc genere Graeci appellavere allium Cyprium, ali antiscorodon, praecipue Africae celebratum inter pulmentaria ruris, grandius allio. Tritum in oleo et aceto, mirum quantum increscat spuma.» L'allium Punicum de Columelle est probablement l'ulpicum de Pline.
Artichauts.
Truffes.
Concombres,
Oignons.
Asperges.
Cardons.
Pois chiches.
RS Cumin.
Thapsia.
Câprier.
Arum.
et du vinaigre, une écume très abondante qui lui avait fait donner par les Grecs son nom d'éposxépodor.
Les grandes asperges d'Afrique étaient recherchées '. Pomponius parle d’une asperge sauvage, appelée Libyenne, qu'on préférait à l'asperge des jardins?. Pline dit de même : Silvestrem aliqui corrudam, aliqui Libycum vocant ὃ.
Théophraste cite une espèce de cardon, particulière à la Sicile, mais qu'on avail acclimatée à Carthage *.
Columelle parle d’une variété de pois chiche particulière à l'Afrique (Panicum cicer). Les Berbères donnent encore à ce légume son nom latin, modifié seulement par le préfixe qui représente dans leur langue l'article masculin : Zkiker.
Le cumin d'Afrique était fort estimé?.
Pline cite le thapsia africain (fhapsia qarganica L.) comme une des variétés les plus énergiques°. C'était par des emplâtres de thapsia, de cire et d'encens que Néron guérissait en quelques heures les meurtrissures qu'il rapportait de ses expéditions nocturnes ?.
Le câprier d'Afrique, capparis, passait pour nuisible aux gencives, et figure au nombre des espèces étrangères que Pline signale comme dangereuses ὃ.
Parmi les végétaux qui servaient à la nourriture des Libyens, Strabon cite l'arum ou dracontium, l'arum arisarum ou gouet
$ Pline, XIII, xzimn Africa vehementissima, »
7 Pline, 1bid. :
* Athénée, Deipnosoph., IL, p. 62. : « Thapsia est in ? «Duo genera asparagi, hortense et
silvestre, sed incultum gratius est. quod « Nero Caesar claritatem
corrudam , alii Libycum vocant.»
3 Hist. nat., XX, xzur.
Ἢ Hist. plant., VE, 1v, 10.
* Pline, XIX , xzvir: « In Carpetania nostri orbis maxime laudatur : alioqui Aethiopico Africoque palma est. Quidam huic Aegyptium praeferunt. »
ei dedit initio imperii, nocturnis grassationibus converberatam faciem illinens sibi cum ture, ceraque, et sequuto die, contra famam, cutem sinceram circumferens. »
* Pline, XII, xziv : « Cavenda ejus genera peregrina : siquidem Arabicum pestilens, Africum gengivis inimicum. »
colocase !. Desfontaines ἃ constaté que les indigènes mangent encore la racine de cette plante, après l'avoir exposée au soleil ou à la vapeur de l’eau bouillante, pour lui faire perdre son âcreté.
Strabon parle encore des dimensions colossales qu'atteionaient en Afrique le staphylinus et l'hippomarathon , dans lesquels on ἃ cru retrouver le panais et le fenouil, ainsi que le scolymus ?, chardon à racine comestible très commun dans les terres incultes et stériles du nord de l'Afrique, notamment dans les environs de la Calle.
L'auteur du livre sur la Guerre d'Afrique raconte qu'au moment où César se trouvait bloqué sous Ruspina par les forces réunies des Pompéiens et de Juba, ses vétérans parvinrent à nourrir tant bien que mal leurs chevaux et les bêtes de somme au moyen d'algues ramassées sur le rivage et lavées dans l’eau douce”. Cette algue, qu'on trouve en abondance sur la côte orientale de la Tunisie, est un fucus saccharinus, dont les tiges et les feuilles sont encore utilisées par les indigènes pour la nourriture du bétail. Les habitants de Kerkenna mangent eux-mêmes une sorte de galle que cette plante marine produit en abondance, et à laquelle ils donnent le nom d'olive de mer ».
Le sparte d'Afrique était trop court pour être utilisé“. Le jonc palustre (scirpus palustris L.) servait, comme dans le bassin
XVI, mr, 4 : Βοτάνη τε ὑψηλὴ mioa καὶ λάχανον νεαρὸν καὶ δρακόντιον.
? XVI, τα, 4 : Où δὲ τῶν σήαφυλίνων καυλοὶ καὶ ἱππομαράθου καὶ σκολύμων δωδεκαπήχεις, τὸ δὲ σάχος ππαλαισήῶν τεττάρων.
* De Bello afr., χχιν : « Qua necessitate coacti veterani milites equitesque, qui
multa terra marique bella confecissent et periculis inopiaque tali saepe essent conflictati, alga e litore collecta et aqua dulci eluta et ita jumentis esurientibus data, vitam eorum producebant. »
® Pline, XIX, vu : «In Africa exiguum etinutile gignilur. »
Staphylinus, Hippomarathon.
Scolymus.
Olive de mer.
Sparte.
Jones et roseaux.
Vigne.
—#2( 302 ).ε:---du Pô, à fabriquer des voiles, que les pêcheurs indigènes, «par un usage bizarre, dit Pline, attachaïent aux mâts du côté qui regarde la poupe ‘.» Les Maures se servaient de ce même Jonc pour couvrir leurs mapalia ?, équivalent du qourbi berbère. La petite ville africaine d'Abarita fournissait les roseaux les plus estimés pour les lignes à pêcher”.
La culture de la vigne, en Afrique, comme celle de l'olivier, date vraisemblablement des premières migrations orientales. Pline, en parlant des anciennes colonies phéniciennes de la côte occidentale de la Maurétanie, constate qu'elles n'avaient laissé d’autres vestiges que des restes de plantations de vignes et de palmiers“. Le terrain se prêtait merveilleusement à cette culture. Le cap Spartel s'appelait dans l'antiquité Ampelusra ", «le promontoire des vignes », traduction grecque du mot libyen Cotes, que nous ἃ conservé Strabon ‘. Les monnaies de Lix, une des plus anciennes colonies phéniciennes de la côte occidentale d'Afrique, portent pour emblème une grappe de raisin ?, et, d'après une tradition conservée par Pausanias, la vigne, en Maurétanie, produisait sans culture. Les ceps ainsi que les grappes y atteignaient des dimensions extraordinaires”. Les vignes formaient la moitié de la richesse des vergers du territoire de Carthage "; elles étaient également cultivées dans la partie du littoral syrtique voisine de la Cyrénaïque, particu-
1 Pline, XVI, xx : « Verum et in mari piscator Africus, praepostero more vela intra malos suspendens. »
* Pline, tbid. : « Et mapalia sua Mauri tecunt. »
$ Pline, XVI, zxvi :
arundo ἃ Panhormo laudatissima ; pisca-
« Aucupatoria
toria Abaritana ex Africa. »
EAPline, τα, 19:
* Mela, V : « Caput atque exordium est
promontorium quod Graeci Ampelusiam , Afri aliter sed idem significante vocabulo, appelant. »
$ Strabon, XVE, xt, 2.
7 Müller, Numism. de l'anc. Afrique, I, p: 155.
8 Pausanias, [, ΧΧΧΠΙ.
% Strabon, XVII, πὶ, 4.
1 Diodore, XX, vur : ἡ δὲ χώρα ἡ μὲν ἦν ἀμπελόφυτος, ἡ δὲ ἐλαιοφόρος.
lièrement à Tacape, où elles donnaient une double récolte’, et à Tripoli, dont les crus étaient fort estimés. Ces vins de la région syrtique étaient en partie échangés contre le silphium que les contrebandiers cyrénéens apportaient à Charax?. Le raisin de Numidie, d'après Columelle, était renommé pour son rendement considérable. Aucune autre variété n’était plus agréable par sa fermeté : elle en avait tiré son surnom de duracina*. Nous savons par Pline que les raisins de cette espèce, séchés à la fumée des forges d'Afrique“, étaient fort appréciés à Rome, où l'empereur Tibère les avait mis à la mode. Séchés au soleil, ils donnent un vin liquoreux, passum, qui avait une certaine réputation : on le plaçait au second rang, immédiatement après celui que fournissait la Crète”. Palladius nous en a conservé la recette. Les raisins desséchés au soleil étaient placés dans une corbeille de jonc tressée lâche. On les battait vigoureusement avec des baguettes, et lorsque les grains étaient rompus, on soumettait la corbeille à l'action du pressoir. La liqueur recueillie était conservée dans un vase, comme du miel.
Pline et Columelle font connaître les procédés employés pour la culture de la vigne en Afrique. On évitait, avant tout,
! Pline, XVII, μὰ : « Super omnia est, ὁ Pallad., XI, x1x :
ante vindemiam, quod Africa suevit uni-
« Passum nunc fist biferam vitem bis anno vindemiare. »
? Strabon, XVII, ut, 20.
* Pline, XIV, πὶ : « Uva non aliubi gratior callo, ut inde possit invenisse nomen duracina. »
* Pline, ibid. : « Alis gratiam , qui et vi-
nis, fumus affert fabrilis; iisque gloriam praecipuam in fornacibus Africae, Tiberii Caesaris auctoritas fecit. »
ἢ Pline, XIV, xt : « Passum a Cretico Ciicium probatur et Africum , et in Italia, finitimisque provinciis. »
versa conficere pingue atque jucundum, et quo ad conditum, si utaris mellis vice, ab inflatione te vindices. Leguntur ergo uvae passae quam plurimae, et in fiscellis clausae juncto factis aliquatenus raricre contextu, virgis primo fortiter verberantur. Deinde ubi uvarum corpus vis contusionis exsolverit, cochleae supposita sporta comprimitur, Hinc passum est, quidquid effluxerit, et conditum vasculo, mellis more servatur. »
—+#>( 304 ).::--d'exposer les ceps au midi”. Magon recommandait de les planter du côté du nord°. Les vignes, en général, n'étaient pas maintenues debout, comme dans d'autres contrées; la violence du vent avait fait adopter la méthode qu'on emploie encore aujourd'hui au Maroc : on laissait les vignes «ramper sur le sol comme des herbes », pour nous servir de l'expression de Pline, et c'est à ce procédé qu'on attribuait le développement extraordinaire que prenaient les grappes *. | Dans la méthode punique, adoptée par les Romains, les fosses des vignobles étaient protégées par des pierres d'une grosseur moyenne, disposées contre les parois et destinées à défendre les racines de la vigne contre les eaux de la saison des pluies et contre les chaleurs de l'été". Magon recommandait également, comme engrais, le marc mélangé au fumier”. Il conseillait enfin de ne combler qu'à moitié, dès la fin de la première année, la fosse qui avait reçu les plants : ce n'était
! Pline, XVII, τα : «In Africa meridiem vineas spectare, viti inutile, colono insalubre est, quoniam ipsa meridianae subjacet plagae. »
? Columelle, IIT, x11 : « Democrito et Magone laudantibus coeli plagam septentrionalem , quia existiment ei subjectas feracissimas fieri vineas , quae tamen bonitate vini superentur. »
? XIV, ui: « Vetant hoc aliubi venti :
utin Africa. Excrescere ultra suos pollices probibitae, semperque pastinatis similes, herbarum modo vagantur per arva, ac succum terrae passim uvis bibunt, quae ob id magnitudinem infantium puerorum in interiore Africae parte exsuperant. »
ὁ Columelle, II, xv : «Id enim vitare facile est per imum solum juxta diversa latera fossarum dispositis paucis lapidibus,
qui singuli non excedant quinquelibrale pondus. Hi videntur, ut Mago prodit, et aquas hiemis, et vapores aestatis propulsare radicibus : quem secutus Virgilius
tutari semina et muniri sic praecipit :
Aut lapidem bibulum aut squallentes infode conchas. Et paulo post :
Jamque reperti ?
Qui saxo super, atque ingentis pondere testae Urgerent ; hoc effusos munimen ad imbres; Hoc ubi hiulca siti findit canis aestifer arva.»
* Columelle, ibid. : «Idemque Poenus auctor probat vinacea permixla stercori depositis seminibus in scrobem vires movere, quod illa provocent et eliciant novas radiculas :
humidam scrobibus inferre calorem tem-
hoc per hiemem frigentem et
pestivum, ac per aestatem virentibus alimentum et humorem praebere, »
que dans le cours des deux années suivantes qu'on la remplissait graduellement. Le printemps était l'époque préférée pour la taille?. On adoucissait l'âpreté des vins avec du plâtre et, dans certains cantons, avec de la chaux *.
Les céréales formaient la principale production de l'Afrique. D'après une tradition conserveé par Polémon d'Iium, c'était de la Libye que le froment avait été importé à Argos”. L'abondance des moissons africaines était proverbiale®. Comme qualité, les blés d'Afrique étaient classés après ceux d'Italie; au point de vue de la pesanteur spécifique du grain, ils occupaient le premier rang et donnaient 21 livres 3/4 par boisseau, tandis que ceux de Sardaigne, d'Alexandrie, de Sicile et des Gaules pesaient de 20 livres 1/2 à 20 livres. Leur rendement n'était pas moins considérable. Tandis que les blés de la Sicile, de l'Égypte et de la Bétique donnaient 100 pour un, ceux de la Byzacène rendaient jusqu'à 150 dans les bons terrains, et Pline cite deux cas, exceptionnels il est vrai, où cette proportion avait élé plus que doublée’. Varron, toutefois,
? Columelle, V, v: « Unum tamen huic ἐπὶ τῶν ἀργείων εἰσήγαγεν, ἐπειδὴ καὶ
consitioni Mago carthaginiensis adjicit, ut ἀργείους οἷδε [μέγα] φρονοῦντας, ὡς ἐν τῇ
sermina ita deponantur ne protinus totus scrobs terra compleatur, sed dimidia fere pars ejus sequente biennio paulalim ad aequetur. Sic enim putat vitem cogi deorsum agere radices. »
? Columelle, IV, x : « Putandi autem duo sunt tempora : melius autem, ut ait Mago, vernum, antequam surculus progerminet :
quoniam humoris plenus facilem plagam, et laevem, et aequalem accipit, nec falci repugnat. »
δ Pline, XIV, χχιν : « Africa gypso mitigat asperitatem, nec non aliquibus sui partibus calce. »
1 Polemonis Hiensis fragm., XII : Τοῦτο
ἢ Columelle, IL, vu : « Mysiam Libyamque largis aiunt abundare frumentis. »
Cf. Pindare, Isthm., u1, 72. — Salluste, Jug., xvir. — Horace, Carm., 1,1; 1Π, xvi; Sat., Il, 111, v. 87. — Sénèque, Epist. οχιν; Thyeste, v. 366. —- Juvénal, Sat vur. — Stace, ΠΙ, 111. — Sid. Apoll., V, 42-45.
$ Pline, XVIII, χα.
7 Pline, XVIII, χχι : « Tritico nihil est
IMPAIMERIE NATIONALE.
Céréales.
réduit à cent pour un le rendement moyen des blés de la Byzacène'. C'est celui qu'indiquent Solin? et Silius*. Desfontaines constatait, à la fin du siècle dernier, que, dans les années abondantes, les bonnes terres, en Tunisie, rendaient encore quatrevingts et cent fois autant qu'on avait semé“.
Les labours, impraticables tant que la terre était durcie par les chaleurs de l'été, devenaient faciles plus que partout ailleurs après les pluies. La scène de labour africain que Pline décrit en témoin oculaire” se reproduit encore chaque année dans ce pays, où l'homme ne change pas plus que la terre: pas plusque le Libyen d'alors, l'indigène d'aujourd'hui ne se fait scrupule d'atteler au même joug son âne et sa femme, surtout lorsque la femme n'est plus jeune. La charrue (fig. 9) est encore celle dont on se servait du temps de Magon Elle se compose de deux pièces de bois assemblées : l'une forme tout à la fois le soc dans sa partie inférieure et le manche à l'extrémité opposée; l'autre est l'age. Le soc en bois reçoit, au moment du travail, un sabot de fer terminé en pointe, et dont le plat est tourné vers le haut: le laboureur indigène l'emporte toujours lorsqu'il quitte le champ. De chaque côté sont des oreilles en bois, destinées à élargir le sillon. Le soc pénètre en terre peu profondément et,
fertilius... utpote quum e modio, si sit ila praepinguis, ut jacta 1bi semina cum incremento centesimae frugis renascantur. »
3 Punic., IX, v. 204-205 :
. seu sunt Byzacia cordi
aptum solum, quale in Byzacio Africae campo, centeni quinquageni modii reddantur. Misit ex eo loco divo Augusto procu-
rator ejus ex-uno grano (vix credibile dictu) Rura magis, centum Cereri fruticantia culmis.
quadringenta paucis minus germina, exstantque de ea re epistolae. Misit et Neroni similiter cccrx stipulas ex uno grano.»
C£. XVII, τὰ:
! Varron, De re rustica, |, xeiv : τ [ἢ Syria ,adCarada , et in Africa , ad Byzacium, item ex modio nasci centum. »
? CG. xxvir : «in agro Byzaceno. . glebis
Ἢ Voyage dans les Régences de Tunis et d'Alger, t. IL, p. 48.
5 Pline, XVIE, πὶ : «In Byzacio Africae illum centena quinquagena fruge fertilem campum, nullis, quum siccus est, arabilem tauris, post imbres vili asello, et a parte altera jugi anu vomerem trahente, vidimus scindi, »
—+#2( 307 ).ε:--procédant par arrachement, ne fait que déplacer la terre, sans la retourner, sur une largeur de 10 à 12 centimètres. En outre, il n'offre point une base sur laquelle la charrue puisse se maintenir naturellement, ce qui entraîne pour le laboureur la fatigue de la ramener sans cesse dans la direction voulue. Le manche est unique et s'élève presque verticalement; 1] n'est plus, dès lors, un levier destiné à abaisser ou à relever la pointe du soc; il ne transmet que la pression qui force le soc à pénétrer dans le sol. L'age, très court, est percé de plusieurs
Fig. 9.
trous, qui reçoivent les chevilles en bois destinées à rattacher le joug à la charrue. Le joug est une pièce de bois d’un peu plus de deux mètres : deux chevilles verticales, plantées au milieu, servent à le fixer au-dessus de l'extrémité de l'age, au moyen d'une longue bande de cuir qui s'enroule autour de ces chevilles et de celles de l'age. Les deux extrémités du joug présentent chacune deux tiges en bois, assez écartées pour qu'elles puissent venir s appuyer sur les épaules des bœufs, le joug reposant sur le cou et en avant du garrot. Un coussinet adoucit le frottement. Ce mode d’attelage donne plus de liberté aux animaux et assure une grande régularité dans le tirage. Par contre, le joug étant trop long, les bœufs sont moins unis, et leur effort, par suite, moins simultané.
Lorsque la charrue est tirée par des bêtes de somme, le mode d’attelage est différent : le joug est placé sous le ventre des animaux, au passage des sangles. Il ÿ est maintenu par un certain nombre de cordes qui passent sur le cou et le poitrail : des sacs remplis de paille font l'office de coussins et empêchent les frottements. Le laboureur tient d’une main le manche de la charrue, de l’autre l’aiguillon dont il se sert pour pousser et diriger les bêtes.
En:sommielacharrucafiicainé adendéiblssiont μδαθ νος ne pas retourner la terre et de fatiguer beaucoup, sans donner de résultats suffisants, le laboureur et l'attelage !
Columelle et Pline affirment que le hersage, le binage et le sarclage n'étaient pas pratiqués en Afrique : la clémence du ciel rendait ces opérations inutiles, et le laboureur, après les
1 Guin, La charrue arabe; Revue afri- comme on le verra par le tableau οἱ - 465caine, b° année, n° 30. — Les noms ber- sous, avec les termes équivalents de la bères des différentes pièces qui composent langue arabe :
la charrue africaine n'ont aucun rapport,