‹ Exploration scientifique de la TunisieChapitre 26 sur 58 · CARS PANNE · texte numérisé non relu

CARS PANNE

* Pline, Hist. nat., X, 1 : « Conosque bellicos et galeas adornantes pennae. » — Cf. Théophraste, Historia plantarum , AV,

& Hist.nat., X, 1 : « Praemia ex ns ova, propter amplitudinem , pro quibusdam habita vasis. »

° W. Helbig, Ann. dell Inst. di corresp.

arch., τ. XLVIIT.

5 Hérodote, IV, czxxv.

7 Hist. nat., IX, vin : «Alius intra hos

—#>( 339 ).ς.:--et plus longuement par Pline le Jeune dans sa lettre à Caniaius !. ,

Parmi les ruminants, la chèvre, l'antilope et la gazelle jouent un rôle important dans la faune africaine.

Les chèvres des bords du Cinyps étaient particulièrement renoimmées pour la longueur de leurs poils, qui servaient à fabriquer de grossiers mais utiles vêtements était le costume des Maces :

ἦν La peau de bique

ἜΜ 90 RE A AE .squalentia barba Ora viris, humerosque tegunt velamine capri Saetigero ?.

L'égide, qui n'est autre chose qu'une peau de chèvre, était et est restée un vêtement essentiellement libyen : le tabandya, tablier de peau de chèvre qui couvre la poitrine et le ventre, est encore le complément nécessaire du costume de chasse ou de combat des Berbères. Les poils de l'animal qui dépassent les bords de la peau représentent les franges, ϑύσανοι, de l'égide

de Pallas“,

annos in Africo litore Hipponis Diarrhyti, simili modo ex hominum manu vescens, praebensque se tractandum, et alludens natantibus, impositosque portans, unguento perunctus a Flaviano, proconsule Africae, et sopitus (ut apparuit) odoris novitate, fluctuatusque similis exanimi, caruit hominum conversatione, ut injuria fugatus, per aliquot menses : mox reversus in eodem miraculo fuit. Injuriae potestatum inhospitales, ad visendum venientium, Hipponenses in necem ejus compulerunt. »

© Epist., IX, xxx. — Cf. Martial, VII, xCIV, 13; VIII, τι; XIII, vurr, cr. — Mela, Ι, vir.

* Virgile, Géorgiques, I, v. 312.

Silius Italicus, II, v. 267. — Cf.

Diodore, IT, xzix, 3 : Πάντες δ᾽ οἱ Δίδυες οὐ δοραῖς αἰγῶν σκεπάξζουσι τὰ σώματα.

Ἢ Élien, XIV, xvi :

Aîyes ἄγριοι τὰς

τριξὶ δασυτάταις, καὶ σὺν τούτοις καὶ τὴν γένυν τὰ μέτωπα μὲν ἀγκύλοι καὶ σεριφερεῖς, καὶ τὰ ὄμματα χαροποὶ, σκέλη δὲ αὐτοῖς ἐσῆι κολοδά * κέρατα μετὰ τὴν τορώτην συμφύην ἀλλήλων ἀπηρτημένα καὶ πλάγια" οὐ γάρ τοί mou κατὰ τοὺς ὀρειδάτας αἴγαςΞ τοὺς ἄλλους ὀρθά So, κάτεισι δὲ ἐγκάρσια, καὶ εἰΞ τοὺς ὥμους προήκοντα, οὕτως ἄρα μήκιστά ou.

La chèvre, l’antilope,

la vazelle.

Le mouflon d'Afrique

(arou).

Antilopes.

—4»( 340 jes—

La chèvre sauvage de Libye dont Élien nous a laissé une longue description est évidemment un mouflon de la grande espèce. « Elles sautent facilement, dit le naturaliste grec, d’un rocher à l'autre, et résistent aux plus terribles chutes. Leur dureté égale celle des rochers. » Leurs cornes servaient de vases à boire, et l'on fabriquait avec leur peau des vêtements qui protégeaient des froids les plus rigoureux”.

Le mouflon d'Afrique, ou mouflon à manchettes, qui a disparu des hautes cimes du Djerdjera, est encore assez commun dans les montagnes du sud de la régence de Tunis, particulièrement dans le Djebel Atra. Les indigènes lui donnent le nom d'arou.

L'antilope et la gazelle {antilope dorcas) figurent sur les monnaies autonomes de la Cyrénaïque ?, en tant que représentant, avec la gerboise, la faune caractéristique de cette contrée.

L'antilope, en effet, habite presque exclusivement l'Afrique et surtout la chaîne atlantique. Sur une trentaine d'espèces connues, deux seulement appartiennent à l'Europe : le chamois (antilope rupicapra) et le saïga (antilope saiga), remarquable par le prolongement extraordinaire du nez, quon trouve en immenses troupeaux dans la Russie méridionale. Presque toutes les autres espèces sont originaires de l'Afrique ; celles qui habitent le nord ont les cornes annelées, tandis que celles du midi ont les cornes lisses. Parmi les premières nous citerons :

1° La gazelle {antilope dorcas) : c’est celle que décrit Élien *. Grosse comme un chevreuil, elle est remarquable par ses

1 Élien, x1v, xvi : ἣν δὲ ἄρα ἀγαθὸν καὶ * Müller, t. 1, p. 11,n° 26; p.27, n° 80. δορά τε καὶ κέρατα" ἡ μὲν δορὰ ἐν χειμῶσι Cf. n° 244. τοῖς oPodporérois τὸν κρυμὸν οὐ πελάξει 5 XIV, χιν : Περὶ τῶν ἐν Λιβύῃ δορκάκαὶ νομευτικοὶς ἄρα καὶ ὑλουργοῖς ἀνδράσι. dwv.

formes élégantes, la finesse de ses membres, ses yeux noirs, vifs et d’une douceur proverbiale chez les Arabes; ses cornes, disposées en lyre, sont annelées, sans arêtes, et existent chez les deux sexes. Son pelage est foncé sur le dos, blanc sous le ventre, avec une bande brun foncé qui s'étend sur les flancs. Une partie de la joue est blanchâtre. Les oreilles sont grandes, la queue courte et terminée par une touffe de poils noirs. Les gazelles vivent en immenses troupeaux dans les plaines des hauts plateaux et sur la lisière du Sahara.

2° L’antilope commune (antilope cervicapra), qui tient par sa forme, comme son nom l'indique, le milieu entre la chèvre et le cerf.

3° L'antilope mohor, remarquable par ses cornes recourbées en avant et par la blancheur de son pelage. On la trouve dans les dunes de l'Erg, et elle est très commune dans le pays d'Air. Les Touâreg la chassent pour sa viande et pour sa peau, dont ils font des boucliers résistants, capables de parer utilement les coups de flèche, de sabre et de lance, et même d'amortir la balle!.

4° L'antilope oryæ, qui se rapproche le plus de la chevre. Ses cornes, longues et droites, s'infléchissent en arrière à l'extrémité supérieure.

5° L’antilope bubalus, qui rappelle le bœuf, ce qui lui a valu les surnoms peu scientifiques de taureau-cerf, vache-biche ou bœuf d'Afrique. Les cornes sont recourbées en arrière.

6° L'antilope qnu, qui tient, par son extérieur, tout à la fois du cheval et du bœuf. Plus grand que les autres antilopes, le gnu est remarquable par son aspect farouche et les poils épais qui recouvrent sa face. Son pelage est fauve ou brun; la queue est garnie de longs poils blancs. Avec le mufle et les cornes

* Duveyrier, p. 231.

Le mouton,

Le bœuf.

du bœuf, il a les jambes du ccrf, lencolure, la crinière et la croupe du cheval. Une seconde crinière, toute noire, pend de la face inférieure du cou. La queue est longue et terminée par une toulle de longs poils.

L'antilope et la gazelle jouent un grand rôle dans les scènes de chasse qui forment le sujet ordinaire des bas-reliefs rupestres ou funéraires d'origine libyenne. Un fragment des frises libyennes de Tchinli Kiochk représente une antilope (fig. 16, p. 338).

L'Odyssée vante déjà les troupeaux de brebis de la Libye’, que Pindare* et loracle cité par Hérodote ἦ qualifient de πολύμηλος et de μηλοτρόφος. L'Afrique septentrionale est toujours, par excellence, la région des pâturages. Le mouton à grosse queue de la régence de Tunis donne une laine très recherchée; la qualité la plus estimée est fournie par les immenses troupeaux des Hamema, des Metelit, des Beni-Zid et des Frechich, tribus nomades qui parcourent et se partagent tout le sud de l'ancienne Byzacène.

La race bovine n'est pas moins largement représentée. Mais le bœuf d'Afrique, de petite taille et insuffisamment nourri pendant une partie de l'année, ne donne qu'une viande médiocre. Employé comme moyens de transport avant que le chameau eût été introduit en Afrique, le bœuf est encore aujourd'hui le principal instrument de labour.

Le bœuf joue un grand rôle dans les sculptures rupestres

? Homère, Odyssée, IV, ν, 85 et 89.

? Pindare, Pythiques, IX, v:

... Διωξίππου σ͵εφάνωμα Kupavas,.

Ῥίζαν ἀπείρου τρίταν eÜnpaloy Θάλλοισαν οἰκεῖν, 5 Hérodote, IV, czv :

Barr’ ἐπὶ φωνὴν ἦλθες" ἄναξ δέ σε Φοῖξος ἀπόλλων Ês Λιβύην πέμπει μηλοτρόφον οἰκισήῆρα.

qu'on a découvertes dans l'intérieur du Fezzan comme dans la région du littoral, et qui sont certainement l'œuvre d'artistes libyens. Le bas-relief de Teliz-Zarhen, copié par Barth, représente, avec un remarquable sentiment de la nature et une habileté demain fort rare dans les monuments de ce genre, un troupeau de bœufs se dirigeant sans doute vers l'abreuvoir |.

a mr CHU,

Elien ἃ consacré un chapitre aux bœufs sauvages de ἰὰ Libye”, mais il n'est pas facile de reconnaître l'animal dont il a voulu parler. Les indigènes donnent aujourd'hui le nom de bequeur-el-ouahach, « bœuf sauvage », à une espèce de buffle rouge, à grandés cornes, de la taille d’un bœuf ordinaire. Lent dans tous ses mouvements, il ne représente certainement pas le bœuf sauvage d'Élien, qui était très rapide à la course. H est probable que le naturaliste grec a décrit, soit le buffle blanc, qui est extrêmement agile et se laisse difficilement atteindre, soit le ouadan, troisième espèce de buffle sauvage, de la taille d'un âne, ayant de très longues cornes, la tête très grosse, le poil rougeûtre et de grandes toufles de poils de 18 à

! Barth, Reisen und Entdeckungen in Nord- und Central-Afrika, τ. 1, p.214. ---- Élien, XIV x

Le bœuf sauvage.

Le buflle.

Le buffle

ordinaire.

πο SA νο;.-.

20 pouces de longueur qui tombent des épaules”. Le ouadan passe pour être féroce. C'est sans doute l'animal, ressemblant à un bœuf, qu'on voit figurer dans les chasses représentées sur

les bas-reliefs libyens de Tiout (fig. 18).

Fig. 18.

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