‹ Exploration scientifique de la TunisieChapitre 28 sur 58 · Silius Italicus, III, v · texte numérisé non relu

Silius Italicus, III, v

Nulla domus, plaustris habitant. ..

Cf. De bello Africano, LXXY :

mercatorumque, qui plaustris merces portabant. » — Pline, Hist. nat., V, 11 : « Numidae vero Nomades ἃ permutandis pabulis , mapalia sua , hoc est domus, plaustris circumferentes. »

* Strabon, XVII, 111, 7 : Μίσγονται δὲ

« Lixarum

καὶ τοῖς Maupouoiois oi Φαρούσιοι διὰ τῆς ἐρήμου σπανίως, ὑπὸ ταῖς κοιλίαις τῶν ἕππων ὑπαρτῶντες τοὺς ἀσκοὺς τοῦ ὕδατος" ἔστι δ᾽ ὅτε καὶ εἰς Κίρταν ἀφικνοῦνται διά τινων τόπων ἑλωδῶν καὶ λιμνῶν.

Α Plutarque, Lucull., Χ 10 : Σαλουστίου δὲ Θαυμάξω τότε πρῶτον ὦφθαι Pwβαίοις καμήλους λέγοντος, εἰμήτε πρότερον τοὺς μετὰ Σκηπίωνος νικήσαντας ἀντίοχον ὥετο μήτε τοὺς ἔναγχος πρὸς Ορχομενῷ καὶ mepi Χαιρώνειαν ἀρχελάῳ μεμαχημέ:

VOUS ἐγνωκέναι κάμηλον.

Le chameau

—#2( 850 )..:.--lion soit inexacte, en ce sens que l'armée romaine, ainsi que le fait observer Plutarque, avait déjà fait connaissance avec ces animaux à la bataille de Magnésie, en 187, elle n’en établit pas moins ce fait que le chameau était inconnu en Afrique, non seulement à l'époque des guerres puniques, mais même au temps de Jugurtha.

Le premier texte qui Υ mentionne son existence est le passage où il est dit que, parmi le butin recueilli dans le coup de main de César sur Zeta, se trouvaient vingt-deux chameaux appartenant au roi Juba *.

Une monnaie de la Cyrénaïque représentant un dromadaire est le monument africain le plus ancien sur lequel figure cet animal (fig. 21). Attribuée par Eckhel au L. Lollius Palicanus

qui fut préfet de la Cyrénaïque sous Auguste 4 elle a été restituée par Borghesi et Müller au L. Lollius, lieutenant de Pompée, qui, d'après la conjecture du savant italien, aurait réduit la Cyrénaïque en province romaine pendant la guerre contre les

! Liv., XXXVII, χα : « Ante hunc equitatum falcatae quadrigae et cameli, quos appellant dromadas. His insidebant Arabes sagittarii. »

* De bello Africano, Lxvi : « Ilaque, capto (ὦ. Mucio Regino, equite romano, Scipionis familiarissimo, qui οἱ oppido

praeerat, et P. Atrio, equite romano de conventu Uticensi, et camelis duobus et viginti regis adductis, praesidio ibi cum Oppio legato relicto, ipse se recipere coepit ad castra. »

* Müller, t. I, p. 154, n° 391.

Δ Doctrina numorum veterum, V, p. 237.

sx 351 }es—

pirates (67-66 avant notre ère). Müller voit, dans cette représentation du dromadaire, «un type qui a rapport à la Libye ou qui désigne le commerce qui se faisait par des caravanes avec les pays intérieurs de l'Afrique.» Il est possible, en effet, que le chameau ait été introduit dans la Gyrénaïque par les Ptolémées!; mais il ne paraît pas qu'il ait été immédiatement transporté de cette contrée dans l'Afrique propre. Les textes sont muets, du moins jusqu'à la fin du 1v° siècle pour la Tripolitaine, jusqu’à l'époque de Justinien pour les régions situées plus à l'ouest.

Le comte Romanus, dont les habitants de Leptis avaient imploré l'appui contre les Maures en 370, leur fit demander quatre mille chameaux, afin d'être en mesure de marcher à leur secours?. Le chameau, au γ᾽ siècle, était déjà devenu le type de la bête de charge*. Les détails que donnent Procope" et Co-

? Strabon, XVII, 1, 45 : Λέγεται δ᾽ ὁ Φιλάδελφος πρῶτος σήρατοπέδῳ τεμεῖν τὴν ὁδὸν ταύτην, ἄνυδρον οὖσαν, καὶ κατασκευάσαι σήαθμοὺς, ὥσπερ τοῖς ἐυπορίοις ddetμασι καὶ διὰ τῶν καμήλων. ---- Un passage de Synesius (Epist. cxxx) prouve que les troupeaux de chameaux étaient une des principales richesses. des habitants de la Cyrénaïque : τοῖς σλείοσιν ἡμῶν τὸ σλουτεῖν ἐν βοσκήμασιν ἦν, ἐν ἀγελαίαις καμήos, ἐν ἵπποις Gopédot.

? Ammien Marcellin, XXVII, vr, 5 :

« Hac subita clade Leptitani perterriti, ante incrementa malorum , quae intentabat barbaricus tumor, praesidium imploravere Romani comitis per Africam recens provecti.

Qui cum venisset militares copias ducens, ferreque opem rebus rogaretur adflictis, non nisi abundanti commeatu adgeslo, et camelorum quattuor milibus apparatis , CAStra firmabat esse moturum. »

* Vict. Vit., De pers. Vand., 1: « Quantis sacerdotibus quantisque illustribus viris onera ingentia ut camelis vel aliis generibus jumentorum imposuerint. »

ao Procope, De bello Vand., 1, vux, 10 : ὃ δὲ (KaGdwv) ἀκούσας ἐΞ τὴν ξυμβδολὴν καῦίστατο ὧδς " κύκλον ἀπολαξὼν ἐν τῷ πεδίῳ, ἔνθα δὴ τὸ χαράκωμα “ποιεῖσθαι ἔμελλε, τὰς καμήλους ἔρυμα τῷ σήρατοπέδῳ ἐγκαρσίας ἐν κύκλῳ καθίσήη, κατὰ δώδεκα μάλισῆα καμήλους ποιησάμενος τὸ τοῦ μετώπου βάθος. Παῖδας μὲν οὖν καὶ γυναῖκας καὶ εἴ τι αὐτοῖς ἀπόμαχον ἦν, ὁμοῦ τοῖς χρήμασιν ἐς μέσον ἐτίθετο, τὸν δὲ τῶν μαχίμων λεὼν ἐς τῶν ζῴων ἐκείνων τοὺς πόδας ἐν μέσῳ φραξαμένους ταῖς ἀσπίσιν ἐκέλευεν ἰέναι. ---- Cf. II, χι: Κύκλον ἐκ τῶν καμήλων ταξάμενοι, ὅπερ καὶ τὸν Κα- ᾿ Édwva ἐν τοῖς ἔμπροσθε λόγοις εἰργάσθαι ἐρρήθη, κατὰ δύο καὶ δέκα μάλισΊγα τοῦ μετώπου βάθος ἐποίουν.

rippus’ sur la guerre des Maures prouvent que le chameau jouait, dès ce moment, le rôle de bête de transport et de combat. Un passage de la Johannide nous fait assister à un épisode qui semble emprunté à une ghâzia arabe : un chameau, dont les jarrets ont été coupés par le chef de l'armée de Justinien, s'abat en entraînant sa charge humaine : la Gétule qui le monte tombe, avec ses deux enfants, écrasée par le bât dont les cordes se sont rompues, et avec elles tombent le panier et la meule à blé :

Retro ruit revolutus humi stridore camelus

Horribili, geminosque impressit pondere Mauros.

οὐδ ne .........Gecidit resupina duobus

Cum genitis Gaetula jacens, supraque cadentes

Sarcina laxa γα]. Cecidit calathusque lapisque Quo Cererem frangit?.

᾿ Corippus, Johannide, 11, 91 : Corippus, Johannide, IV, 1133 :

14800 Nam belliger Austur, Ille camelorum gaudet dirumpere vincla,

Diripit ille boves, ovibus redit ille reductis.

Ibid., V, 83 :

43x54 Captivas cernere Mauras

Sollicitus dubias campis committere pugnas, Collocat astrictis muros fossasque camelis, Atque pecus varium densa vallante corona Ponit, ut obicibus pugnantes implicet hostes Ambiguosque premat. Ire juvat celsis inscripta ut fronte camelis

Impavidae sedeant.

Tbid., IV, 597 :

Maurorum at princeps nocturno tempore lerna, Sollicitus curis, muros per castra camelis Construit, octono circumdans ordine campum.

Inde boves junpit, bis terno cornua gyro Cornibus arte ligans. ....

Tbid., IV, 995 :

Miles et in medüis Mauros truncare camelis Coeperat...

Ibid. , IV, 1021 :

Currit et in mediis intrantes castra camelis Observat. ....

Ibid., IV, 1065 :

Sr sic fatus et ipse Castra petens, primus magnum ferit ense camelum.

Tbid., V, 191 :

Excurrunt celeres calidis a Syrtibus alae, Invitantque feras regni sub imagine gentes.

Barbara turba coit; aumeris augetur et armis; Tunc equiles pedites quacrunt, altisque camelis Maurorum qui more sedent.

Ibid., VI, 236 :

Plaustra gemunt onerata vis, altisque camelis Fervet iter.

Ibid., VI, 341 :

Hate Non frena retardant

Cornipedes domitos; non, quae super ora, camelos Vincula rara tenent.

ἢ Corippus, Johannide, IV, 1070.

Nous avons déjà parlé des bas-reliefs du musée de Tchinli Kiochk, à Constantinople; la notice turque les donne comme provenant du Darfour, mais la tradition les fait venir de l'intéricur de la Tripolitaine. L'un de ces fragments (fig. 22) re-

présente une chamelle allaitant son petit et indique, comme

les sculptures rupestres de Teliz-Zaghen, un réel sentiment

de la nature et une certaine science des formes et des allures

IMPRIMERIL NATIONALE.

Le cheval.

—#2( 354 )e3— du modèle. La chamelle semble porter des montants de tente disposés de chaque côté du bât, comme ils le sont encore au-

jourd'hui. Le curieux fragment dont nous parlons fait parte J 8 P

d'une série de douze plaques représentant des scènes de la vie d'un chef libyen, et qui formaient sans doute la frise d'un mausolée.

Parmi les figures d'animaux tracées sur les parois extérieures du Madghasen, on a cru reconnaître celle d'un chameau !. Mais comme 1] est certain que ces figures, indiquées par un simple trait, ne faisaient pas partie de la décoration primitive du mausolée des rois de Numidie, on ne peut tirer aucune induction de ce fait quant à l'époque de l'introduction du chameau dans l'ouest de l'Afrique septentrionale.

On sait que l'élément arabe ne s'est définitivement établi dans l'Afrique septentrionale qu'au χα" siècle de notre ère, à l'époque de la grande invasion hilalienne. Bien que cette émigration en masse des tribus orientales ait eu pour résultat d'introduire dans le Maghreb un très grand nombre d’étalons et de juments arabes, elle ne paraît pas avoir sensiblement modifié le cheval berbère. Le barbe, tel que nous le voyons aujourd'hui, reproduit fidèlement le cheval libyen tel que le représentent les monuments antiques, et tout particulièrement les monnaies de Cyrène et de Carthage”. Maigre, musculeux, large d'encolure, vigoureux dans sa petite taille, un peu bas sur Jambes et légèrement ensellé, l'étalon libyen diffère assez sensiblement du cheval arabe. On retrouve d’ailleurs chez lui

! Annuaire de la Société archéol. de Con- heureux croient y avoir distingué un bœuf stantine, 1857-1858, p. 68.— Les figures harnaché et muselé (probablement un gravées au trait sur le Madghasen ne sont zébu), un éléphant, un chameau, une guère visibles que sous un certain jour, ce hyène, un lion, des lévriers, des lièvres qui en a fait contester l'existence par quel- et une tortue.

ques observateurs. Ceux qui ont été plus ? Voir ci-après, p. 356 et 357.

toutes les qualités que l'antiquité reconnaissait au cheval numide : la sobriété, la résistance, une vitesse sans égale et une remarquable docilité". On le dirigeait avec une baguette, et 1] suivait son maître comme un chien”?.

En constatant ces admirables qualités, Élien remarquait le peu de soin que les Libyens donnaient à leurs montures”, et cette indifférence du Numide pour le bien-être de son compagnon de courses et de périls est encore un des traits caractéristiques du cavalier arabe ou berbère. La course achevée, on ne bouchonne pas le cheval : comme au temps d'Élien, on l'envoie au pâturage, νέμεσθαι ἱᾶσι, et c'est peut-être, au fond, la meilleure hygiène : le poil seul en souffre, mais la beauté de la robe est la moindre des qualités que le cavalier africain recherche dans sa monture. Chevaux et cavaliers, du reste, ne payaient pas de mine. «Au premier aspect, dit Tite-Live, rien de plus misérable; hommes et chevaux sont également chétifs d'apparence : le cavalier est à peine couvert d'un vêtement flottant, et n’a d'autres armes que ses javelots; le cheval na point de bride et paraît disgracieux, même dans l'action, avec son encolure raidie et sa tête au vent ".»

* Appien, VII, c: Καὶ ἵπποις χρώμενος μικροῖς καὶ ταχέσι, καὶ πτοηφαγοῦσιν, ὅτε μηδὲν εἴη, καὶ φέρουσι δίψος, εἰ δεήσξις, καὶ λιμόν. fs

* Strabon, XVII, nr, 7: Μικροῖς ἵπποις χρώμενοι, ὀξέσι δὲ καὶ εὐπειθέσιν, ὡστ᾽ ἀπὸ ῥαδδίου οἰακίξεσθαι" περιτραχήλια δὲ ξύλινα ἡ τρίχινα, ἀφ᾽ ὧν ὁ ῥυτὴρ ἀπήρτηται" ἔνιοι δὲ καὶ χωρὶς ὁλκῆς ἕπονται ὡς κύνες. — Claudien, De bello Gild., ν. 4hoἀδλι:

Caetera nudus eques : sonipes ignarus habenae ;

Virga regit.

3 Élien, ΠῚ, 11: ἵππου δὲ τῆς Λιξύσ-

σης περὶ Λιδύων λεγόντων ἀκούω τοιαῦτα" ὠκισῆοι μέν εἰσιν ἵππων, καμάτου δὲ δή τι αἴσθονται οὐδέν" λεπτοὶ δὲ καὶ οὐκ eboapκοι, ἐπιτήδειοίγε μὴν καὶ βέρειν ὀλιγωρίαν δεσπότου εἰσίν" οὔτε γ᾽ οὖν αὐτοῖς κομιδὴν προσφέρουσιν oi δεσπόται, οὐ καταψῶντες καμόντας, οὐ καλινδήθραν ἐργασάμενοι, οὐχ ὁπλὰς ἐκκαθαίροντες, οὐ κόμας κτενίζοντες, οὐ χαίτας ὑποπλέκοντες, οὗ λούοντες καμνόνταΞφ' ἀλλ᾽ ἅμα τε διήνυσαν τὸν προκείμενον δρόμον, καὶ ἀποβάντες νέμεσθαι ἱᾶσι. Kai λεπΊοὶ μὲν καὶ αὐχμώδεις οἱ Aves, ἐπὶ τοιούτων δὲ καὶ ἵππων ὀχοῦνται.

Ων. XXXV, xr : eNihil primo ad-

en lé es

Les juments de Libye, au dire d'Élien!, étaient sensibles à la flûte. Il est certain que le barbe s'habitue très facilement à régler ses mouvements sur le son de la flûte berbère ou de la darbouka arabe. Souvent, dans les fêtes que célèbrent les tribus -du sud de la Tunisie, un cavalier plante le fer de sa lance dans le sol et, continuant à la tenir par l'autre extrémité, fait galoper son cheval dans le cercle dont son bras étendu forme le rayon. L'animal n'accomplit pas seulement ce travail à force de souplesse, mais en mesurant son galop au rythme des instruments.

Le cheval figure, comme emblème, sur les monnaies des différentes contrées de l'Afrique septentrionale. Assez rare sur celles de la Cyrénaïque”, il caractérise presque exclusivement les médailles de Carthage, où il représente la Libye, à côté du palmier phénicien* (fig. 23-26). On le retrouve, soit avec ce

spectu contemptius : equi hominesque pau- gida cervice et extento capite currentium. » luli et graciles , discinctus et inermis eques ! Elien, XII, xciv.

praeterquam quod jacula secum portat, ? Müller, t. I, n° 19, 95, 285:

equi sine frenis, deformis ipse cursus ri- * Ibid. , τ. 1, passim.

—##( 307 ).63--même palmier, soit seul, sur les monnaies de la dynastie numide!. Π figure enfin, bien que plus rarement, sur celles des rois de Maurétanie : Bocchus [*?, Bocchus IT* οἱ Ptolémée”.

Le dressage du cheval, en Libye, remonte aux temps les plus reculés. Des chevaux de selle et d'attelage figurent, dans l'inscription triomphale de Karnak, parmi les prises faites par l'armée égyptienne sur le chef libyen Marmaïou.

Le harnachement du cheval maurétanien était des plus simples : une corde de jonc passée dans la bouche servait tout à la fois de mors et de rênes. C'est ce qu'indique la phrase de Strabon : σχοινοχ αλίνοις χρώμενοι τοῖς ἵπποις καὶ γυμνοῖς, el cest ce que montrent deux médailles de Ptolémée : le cheval, complètement nu, n'a qu'une corde sans muserolle passée sur

* Müller, t TT, p. 202, n° 148; p.13, * Müller, τ. HE, p. 91. n° 2, 3. MMM, ntyfpr17 n°8, 112, ! Ibid, p. 126, n° 123, et 124. 193 p.148, n° 118. δ Strabon, XVII, πὶ, 7.

* Ibid., p.106 ,n° 81; p. 88, n° 1.

-τεϑί 358 )..--les barres ! (fig. 27 et 28). 1] est moins facile de se rendre compte de ce qu'a voulu dire Strabon lors-

Fig. 26. ᾿Ξ ἘΔ .

qu'il ajoute un peu plus loin, en parlant du

harnachement du cheval numide ou libyen :

περιτραχήλια δὲ ξύλινα ἢ τρίχινα, ἀφ᾽ ὧν ὁ ῥυτὴρ ἀπήρτηται. Müller voit dans le σεριτραχήλιον le collier placé à la base de l'encolure du cheval, quon remarque sur un certain nombre de monnaies afri-

caines”® (fig. 29 et 30), et il traduit les mots ἀφ᾽ ὧν ὁ ῥυτὴρ

Fig. 20.

ἀπήρτηται par «auquel pendait le frein». Il y a dans cette explication, ce me semble, une double erreur. Le ῥυτήρ, en premier lieu, n’est pas le frein, c'est la bride. 1] est impossible d'admettre, d'auire part, que le περιτραχήλιον, «auquel sont suspendues les rênes », car tel est le véritable sens de la phrase ἀφ᾽ ὧν ὁ ῥυτὴρ ἀπήρτηται, soit placé aussi bas que le suppose

᾿ Muller, & 1Π| p. 126, n° 123 et 124. p-99,n* 231,238, 244, 246,249; t. HI, * Müller, t. If, p.79 ,n° 5; p.98, n° 220; p.18, n° 23; p. 19, n° 29; Ὁ. 32, n° 42.

Müller : l'action des rênes aurait été nulle si le σεριτραχήλιον avait été réellement l’ornement dans lequel il ἃ cru le reconnaître, et que l'on retrouve d'ailleurs dans le harnachement purement romain. Nous ferons observer enfin que, dans les médailles où figure ce même ornement, on ne voit pas trace de rênes. Nous pensons donc que le σεριτραχήλιον est un simple licou, attaché à la partie supérieure de lencolure du cheval, et dont l'extrémité, servant de bride, purip, permettait d'exercer sur l’encolure de l'animal une traction suffisante pour le diriger à droite ou à gauche. C'est le rôle que joue encore le recen arabe ou berbère, corde à nœud coulant, en poils de chèvre, fort différente du licou européen, qui porte le nom de chekuma.

Le Numide ne se servait même pas toujours de la corde où du licou que nous venons de décrire : quelques médailles représentent le cavalier montant un cheval complètement nu, et le dirigeant de la main gauche avec une baguette, tandis que de la main droite 1l brandit an javelot ou une courte lance ! (fig. 31 et 32). Nous avons vu des cavaliers appartenant aux

Fig. 31.

tribus amazigh de l'Atlas marocain monter des chevaux sans bride et les diriger, comme les Vumidae infreni, dont ils descendent en droite ligne, soit au moyen du recen, soit à l'aide d'une simple baguette et de l’action des jambes.

* Monnaies de Bocchus 11, Müller, t. HT, p-91,n*2,3, 4.

Les monuments de l'époque impériale prouvent que le harnachement romain avait fini par être adopté, au moins par les chefs, jusque dans les parties les plus reculées des provinces africaines. On y reconnaît le frenum, avec ses trois éléments constitutifs, têtière, mors et bride, le frontale, le monile, l'ephippium, Vantilena, Ve postilena et le scordiscum. Le monile, ou collier, est orné le plus souvent d’un croissant (monile lunatum), formé sans doute, comme il l'est encore aujourd'hui; de deux dents de sanglier réunies à leur base.

L'Afrique romaine envoyait aux jeux du cirque, comme jadis Cyrène à ceux de la Grèce, ses meilleurs attelages et ses plus habiles conducteurs. Une inscription récemment découverte à Rome constate les lucratifs succès d’un cocher africain.

«Le cocher Crescens, de la faction des bleus, Maure d'orioine, âgé de vingt-deux ans, a remporté sa première victoire dans la course des chars sous le consulat de Vipstanus Messala, le jour de la fête anniversaire du divin Nerva, au quatrième départ, avec les chevaux Crwrcius, Acceptor, Delicatus et Cotynus. Dans l'intervalle compris entre le consulat de Messala et celui de Glabrio, le jour de la fête anniversaire du divin Claude, il est entré en lice 686 fois et a remporté le prix 47 fois, à savoir : 19 fois dans les luttes où les chars couraïent un à un, 23 fois dans les luttes où 115 couraient deux à deux, et 5 fois dans les luttes où ils couraient trois à trois. Une seule fois il a reçu de l'avance, 8 fois 1] a pris la corde et l'a gardée, 38 fois il l'a conquise. Il ἃ remporté 130 seconds prix et 111 troisièmes prix. I] a gagné 1,558,346 sesterces. »

Il est plus que probable que les courses de chevaux montés existaient, en Afrique, à côté des courses de chars. Au-dessus d'un des chevaux représentés dans la mosaïque de l'Oued Atmenia, on lit cette légende : Vincas, non vincas, te amamus,

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