RÉPARTITION GÉOGRAPHIQUE DES TRIBUS LIBYENNES
Nous ne possédons que fort peu de renseignements sur la situation géographique des différentes tribus indigènes à l'époque carthaginoïise. Les indications d'Hérodote ne nous font guère connaître que la zone du littoral, et s'arrêtent à la petite Syrte. Les historiens dela campagne d'Agathocle et des guerres puniques y ajoutent à peine quelques noms.
Hérodote nomme successivement, sur le littoral, à partir de l'Égypte : les Adyrmachides, ἀδυρμαχίδες, dont les terrains de parcours étaient bornés à l'Ouest par le port de Plynos (Mersa Soloum); les Giligammes, Γιλιγάμμαι', dont le territoire s’étendait jusqu à la hauteur de l'île d'Aphrodisias (116 de Bomba); les Asbytes, ἀσβύσται, qui habitaient l'intérieur au sud de Cyrène et possédaient une ville homonyme”; les Auschises, Αυσχῖσαι ὃ, cantonnés au sud de Barcé (Barca), mais qui atteignaïent la côte non loin d'Evhespérides (Benghazi). À peu près
! Les manuscrits donnent les variantes Γιλιγάμμαι et Γιγάμαι. Étienne de Byzance écrit Γιλιγάμαι.
de Byzance, Ethnicorum ἀσξύστα, πόλις Λιξύης, καὶ ὃ πολίτης ἀσβξύσήης " «Οἵ τε Τρίτωνος
2 Étienne p+ 130 :
3. Étienne de Byzance, d'après Apollo- dore, écrit Αὐσχῖται: Αὐσχῖται ἔθνος Λιξύης ὑπὲρ Βάρκης. ἀπολλόδωρος περὶ γῆς δευτέρῳ.
-οτεϑί, 138 ).ε:--au centre du territoire des Auschises habitent les Bakales, Βάκαλες, petite peuplade qui s'étend jusqu'à la mer, du côté de Tauchira. À l'ouest des Auschises se trouvent les Nasamons, Νασαμῶνες, une des plus nombreuses tribus de la Libye. Aux Nasamons confinent les Psylles, Ψύλλοι, dont le territoire, situé au fond de la Syrte, est dépourvu d'eau. C'était déjà la position que leur assignait Hécatée”. Hérodote rapporte une légende libyenne d'après laquelle les Psylles périrent ensevelis sous les sables dans une expédition qu'ils firent contre le vent du Midi. Les Nasamons occupèrent leurs terres abandonnées. Une partie de la tribu échappa pourtant au désastre, car les Psylles figurent encore, à l'époque romaine, sur la liste des peuplades de la région syrtique?. À l’ouest des Psylles habitent les Maces, Μάκαι, qui occupent le littoral jusqu'au Cinyps”. Viennent ensuite les Gindanes, Γινδᾶνες; les Lotophages , Λωτοφάγοι, habitant la partie du territoire des Gindanes qui fait saillie dans la mer, c'est-à-dire la pointe de continent qui fait face à l'île de Meninx, et Meninx elle-même, la Λωτοφαγῖτις γῆ par excellence“. Au delà sont les Machlyes, MéyAves, dont le territoire s'étend du littoral jusqu'au fleuve Triton; les Auses ou Auséens, Adoées”, qui habitent, au delà de ce fleuve, les bords du lac Tritonide ; les Maxyes, Μάξυες“, tribu sédentaire et agricole,
® Steph. Byzant. : Ψύλλοι καὶ Ψυλλιρὸς κόλπος, ἐν τῷ Λιβδυκῷ κόλπῳ. Ἑκαταῖος περιηγήσει Λιδύης " «ὁ Ψυλλικὸς κόλπος μέγας καὶ βαθὺς, τριῶν ἡμερῶν πλοῦς.»
* Pline, V, 1v, 27; VIL, 11, 14. — Strabon, XVII, πὶ.
* Les Νακκοῖοι où Νακκαῖοι dont parle Polybe (IIT, xxxtir) paraissent avoir habité beaucoup plus à l'Ouest. Mais la ressemblance des deux noms indique une communautt d'origine.
" Cf. Strabon, I, 1, p. 25; HE, 1v, p- 197; XVII, 1x, Ὁ: 834.
* Steph. Byzant. : Αὐσεῖς, ἔθνος .Λιδύης.
Steph. Byz. : Maèves, oi Λιβύης νομάdes. Éxaraños περιηγήσει" εἰσὶ δὲ καὶ ἔτεpor Μάξυες καὶ ἕτεροι Μάχλυες. Meineke suppose que cette dernière phrase est une citation d'Hécatée et la rétablit ainsi :
-ττερί 439 ).ε:-comme toutes celles qui sont établies à l'occident du même lac’; les Zauèces, Ζαύηκες, et enfin les Gyzantes, T'Ügavres”, dont le nom, ainsi que le fait remarquer Étienne de Byzance, doit être lu Buéanres*.
Hécatée avait indiqué, avant Hérodote, la limite des Libyens nomades et des Libyens sédentaires. Il la fixait à Megasa”, ville que nous ne connaissons que par lui et dont l'emplacement n'a pas été déterminé. Nous supposons qu'elle se retrouve, sous son nom antique à peine altéré, à Mäguès se, un des principaux centres du Nefzäoua. Mäguës est située sur la rive méridionale du Chott el-Djerid, au pied du versant nord du Djebel Rsifa. C’est encore une oasis entourée de sables, mais elle n’est séparée des terres labourables du Tell que par la pointe du chott qui porte le nom particulier de Sebkhat el-Fedjedj. Hécatée a donc pu dire avec raison que la région du blé et des tribus agricoles commençait à partir de Megasa.
La position respective des Zauèces et des Gyzantes (Byzantes) paraît avoir été intervertie dans l’'énumération d'Hérodote. Les premiers, en effet, sont très vraisemblablement les Libyens de la Zeugitane ; les autres appartiennent à la Byzacène. M. Meltzer explique ingénieusement cette transposition par l'origine même des renseignements fournis à Hérodote. Jusqu'au lac Triton, ces renseignements sont puisés aux sources cyrénéennes. Les quelques détails qu'Hérodote a recueillis sur les tribus si-
Méèves* εἰσὶ δὲ καὶ ἕτεροι MéyAues. Nous pensons que les deux tribus sédentaires des Μάξυες et des Μάχλυες ne doivent pas être séparées, dans l’énumération d'Hécatée, par la tribu nomade des Νάξυες, et qu'il n'y a pas lieu de corriger le texte donné par Étienne de Byzance.
? Le nom de Maxitani, dans Justin,
n'est qu’une variante de celui de Μάξυες.
ἢ Steph. Byz.: Γύξαντες, ἔθνος Λιβυκὸν, ὡς Ἡρόδοτος ἐν τετάρτῃ καὶ Hpwdiavos.
* Steph. Βγα. : Βύζαντες,.. παρ᾽ Hpoδότῳ δὲ κακῶς διὰ του y Γύξαντες.
* Steph. Byz. : Méyaoa, ..... “πόλις Λιβύης. Éxaraïos περιηγήσει ἀσίας «ἐξ αὐτῆς Σιτοφάγοι καὶ ἀροτῆρες ».
tuées plus à l'Ouest lui ont été donnés par des Carthaginoiïs, et il est naturel que ceux-ci, prenant mentalement Carthage pour point de départ, aient nommé les Zauèces avant les Byzantes'.
Au sud de la zone du littoral habitée par les Nomades, Hérodote signale une seconde zone, peuplée d'animaux sauvages, quil désigne sous le nom de Λιδύη ϑηριώδης. Cette « Libye des bêtes fauves » est limitée elle-même, au midi, par une chaîne sablonneuse, ὀφρύη ψάμμον, qui s'étend de Thèbes d'Égypte jusqu'aux Colonnes d'Hercule, et offre de dix en dix journées de marche, ou à peu près, des collines de sel gemme ; de ces collines jaillissent des sources d'eau douce et fraîche, autour desquelles habitent les peuples les plus voisins du désert. En suivant cette chaîne, à partir de Thèbes, on parvient d'abord en dix jours à l’'oasis des Ammoniens, ἀμμώνιοι (Siouah). Dix autres journées conduisent à celle d'Augila, Αὔγιλα (Aoudjila), fréquentée en été par les Nasamons, qui viennent y faire provision de dattes. À dix journées plus à l'Ouest, en suivant le même ourlet sablonneux, on arrive aux oasis de la puissante tribu des Garamantes, Γαράμαντες, situées à trente jours de marche des Lotophages. A dix journées plus loin, dans la même direction, habitent les Atarantes, ἀτάραντες, qui donnent ce nom à l'ensemble de leur nation, mais chez lesquels les individus ne portent pas de noms particuliers”. Dix jours de marche conduisent enfin au pied de l'Atlas, montagne isolée qui souuent le ciel et qui a fait donner aux populations voisines le nom d'Atlantes, ἄτλαντες.
Là s'arrêtent les renseignements ethnographiques recueillis
‘ Meltzer, Geschichte der Karthager, pavres, οἱ ἀνώνυμοί εἰσι μοῦνοι ἀνθρώπων ΡΠ: τῶν ἡμεῖς ἴδμεν ἁλέσι μὲν γάρ σφί dl * Hérodote, IV, czxxx1v : Καὶ ἄνθρωποι ἀτάραντες οὔνομα, ἑνὶ δὲ éxdolw αὐτῶν οὔ-
πτεϑ( ALL 7.6 1:--ς
par Hérodote. Il sait seulement que l'é@pün ψάμμου se prolonge à l'occident de l'Atlas jusqu'aux Colonnes d'Hercule, et même au delà, et que, de dix journées en dix journées, on y trouve
es carrières de sel blanc et pourpre, et des centres habités dont les maisons sont construites en blocs de 561}. Au sud de la chaîne sablonneuse qu'il vient de décrire s'étend un désert sans eau el sans végétation, où l'on ne rencontre pas un être vivant.
On s'est donné beaucoup de peine pour retrouver dans la topographie de la zone saharienne, telle que nous la connaissons, les indications recueillies par Hérodote sur la Libye intérieure. Il ne faut les prendre que pour ce quelles valent. Hérodote décrit évidemment, d'après des renseignements égypliens, une route de caravanes qui conduisait de Thèbes dans la Maurétanie, en passant par les oasis du désert de Libye et par le Fezzän. Les dix journées de marche qui séparaient l’oasis d'Ammon d'Augila, et Augila des oasis des Garamantes, se retrouvent assez exactement entre Siouah et Aoudjila, ainsi qu'entre Aoudjila et Ouâdan, la plus orientale des oasis du Fezzän. À partir de ce dernier point il est difficile de faire coïncider les indications de plus en plus vagues d'Hérodote avec les données de la géographie positive. L'Atlas, tel qu'il le décrit, ne parait pas être, comme on fa supposé, la grande chaîne atlantique du Maroc. Il le représente en eflet comme un cône d'une
* Le témoignage des explorateurs modernes est venu, en ce qui concerne ce détail, comme à tant d'autres égards, prouver l'exactitude des renseignements d'Hérodote :
« Dans la même plaine, dont la surface est composée d'un sable gris et dur, on trouve de gros blocs de sel, et, à peu de distance de l'endroit où l’on abreuve les
bestiaux, plusieurs maisons construites en briques faites de cette substance. Les Maures me dirent qu'il avait existé très anciennement à cette place un gros village de leur caste, dont les habitants exploitaient les mines de sel de Trazar, et en faisaient un commerce considérable avec le Soudan. » (Caillié, Voyage à Tombouctou, t. 11, P- 418.)
IMPAIMERIE NATIONALE.
médiocre circonférence à la base, mais d'une hauteur telle qu'on ne saurait en apercevoir le sommet, toujours couvert de nuages, en été comme en hiver!. Barth a cru retrouver les oasis des Atarantes dans celles d'Asben*. Il faudrait admettre alors que
1 Hérodote, IV, cuxxxiv, 3 : ἔστι δὲ σΊεινὸν καὶ κυκλοτερὲς σάντῃ, ὑψηλὸν δὲ οὕτω δή τι λέγεται ὡς τὰς κορυφὰς αὐτοῦ οὐκ οἷά τε εἶναι ἰδέσθαι" οὐδέκοτε γὰρ αὐτὰς ἀπολείπειν véPea, οὔτε Sépeos οὔτε χειμῶνος.
Le pic conique du Miltsin domine bien ja grande chaîne marocaine des Glaoui ; mais il est impossible de retrouver cette chaîne, dont la hauteur moyenne est de plus de deux mille cinq cents mètres, dans Τ᾿ ὀδρύη ψάμμου. Le pic de Ténériffe répond seul à la description d'Hérodote, mais cette synonymie n’est guère plus vraisemblable que celle du Milisin. Il faudrait supposer que le pic de Ténériffe était resté, dans 165 traditions libyennes, le type de l'Atlas et que, séparé de la grande chaine à laquelle il appartenait, par une catastrophe géologique postérieure à la naissance de l'homme, il lui avait été rendu en quelque sorte par ces traditions. Nous n'avons qu à un médiocre degré cette foi qui transporte si facilement les montagnes, et nous préférons accuser d'inexactitudeles renseignements indigènes recueillis par Hérodote.
* Rappelant ce que dit Hérodote du nom d'Ârépavres, appliqué à l'ensemble de la tribu, Barth voit dans ce nom le participe passé a-lara, «rassemblé», de la langue haoussa : «Der Herodot... setzl in seiner grossartigen Skizze des Nordens von Afrika, im 184 Kapitel des vierten Buches 10 Tage W. S. W. von den Sitzen der Garamanten mit den Salzlagern (von Bilma), einen Stamm, den er Atarantes nennt; das jedoch kein Nationalname war, erklärt er
selbst ausdrücklich, indem er sagt, dass dieser Name der Gesammtheit des Volkes (eigentlich «den Versammelten», ἁλέσε) zukomme. Nun heisst tära in der Hausasprache « versammeln », ina tära, «ich versammele», sun-tara «sie haben sich versammelt», und a-tara ist das Participium Passivi mit der Bedeutung « versammelt ».
Da nun Herodot's Angabe der Sitze dieses Stammes der Atarantes ihn genau dorthin verlegt, wo wir die früheren Sitze des Hausa-Volkes nach historischen Zeugnissen nachgewiesen haben, hege ich nicht den allergeringsten Zweïfel, dass die angegebene Verbalform der Hausasprache für «die Gesammtschaft, die Volksgemeinde »
der wirkliche Ursprung jenes von Herodot angegebenen Namens ist, indem der Grieche von jener Form a-tara mit Zufügung eines s einfach den Namen ataras für ein einzelnes Individuum bildete; da aun die natürliche Genitiv-Form hiervon ἀτάραντος lautet, so konnte er dem Plural nur die Form ἀτάραντες geben. So erlangen wir denn für die Hausanation, und zwar gerade für ibre Sitze im Berglande Asben, wo wir ihnen noch um die Mitte der verflossenen Jahrhunderts begegnen, und wo zwar keine natürlichen Salzlager sich befinden, aber wo durch natürliche Bedingungen die Haupt-Niederlage des Salzes von Bilma von Alters her sich finden musste, ein Alterthum von wenigstens 2,300 Jahren. » (Barth, Sammlung centralafrikanischer Vokabularien, 1** Abth. p.c, Gil.)
—4#%( 413 ).ε3-la route de caravanes décrite par Hérodote comme courant de l'Est à l'Ouest se serait considérablement infléchie vers le Sud. C'est ce que ferait supposer d'ailleurs la distance de trente journées de marche indiquée, au chapitre czxxxnr, entre les oasis des Garamantes et la région des Lotophages.
Le Périple de Scylax ne nomme que quatre peuplades libyennes : les Marmarides, de la frontière égyptienne à Hespérides; les Nasamons, de ce dernier point au fond de la grande Syrte; les Maces, qui habitent le littoral occidental du même golfe?, et les Lotophages, dont le territoire s'étend du promontoire Cephalae (Ras Mezrala) jusqu'à la pointe orientale du golfe de la petite Syrte*.
Diodore, dans son récit de l'expédition d'Agathocle et dans un fragment du ΧΧΥ]" livre, nous fait connaître trois tribus libyennes dont les noms ne se retrouvent pas à l'époque postérieure : les Micatani“, les Zuphones® et les Asphodelodes®. 11 est impossible de déterminer la situation géographique des deux premières. L'analogie qu'on a voulu établir entre les Zuphones et la localité que Shaw appelle Zowan ne repose que sur une
* Scylax, Périple, 108 : ἀπὸ δὲ ἄπιδος ἔθνος Λιδύων ἐσήὶν οἱ Μαρμαρίδαι μέχρις εἰς Écmepidas.
# Diodore, ΧΧΥΙ, xxr11: ὅτι Καρχηδόνιοι καταλύσαντες τὸν Λιβυκὸν σόλεμον, τὸ τῶν Μικατανῶν Νομάδων ἔθνος σὺν γυναιξὶ καὶ
τέκνοις τιμωρησάμενοι, πάντας τοὺς συλληφθέντας ἀνεσήαύρωσαν. Διόπερ οἱ τούτων ἀπόγονοι τῆς εἰς τοὺς ππατέρας ὠμότητος ἀναμιμνησκόμενοι χαλεπώτατοι τοῖς Kapχηδονίοις πσολέμιοι καθεσήήκεισαν.
" Diodore, XX, xxxvin : Οἱ δὲ Καρχηδόνιοι πσαραγενηθέντες εἰς τοὺς Νομάδας τοὺς καλουμένους Δούφωνας, πολλοὺς τῶν ἐγχωρίων προσηγάγοντο καὶ τῶν ἀφεσήηκότων ἐνίους εἰς τὴν σροὐπάρχουσαν ἀποκατέσήησαν συμμαχίαν.
5 Diodore, XX, Lvnr, 5 : ἠνάγκασε πειθapyxeiv τοὺς τὴν ἑξῆς χώραν νεμομένους τοὺς καλουμένους ἀσφοδελώδεις, ὄντας τῷ χρώματι παραπλησίους τοῖς Αἰθίοψι.
fausse orthographe de ce dernier nom, qui se prononce et s'écrit en réalité Zaghoudn, Ssë;. Le nom donné par Diodore à la troisième peuplade n'est qu'une traduction grecque de l'appellation hbyenne. Les Asphodelodes, d'après Diodore, se rapprochaïent des Ethiopiens par la couleur de leur peau. [15 habitaient, d'autre part, près d'une ville de Phelline'. Phelline elle-même, autant qu'on en peut juger par l'ordre dans lequel sont racontées les opérations militaires du lieutenant d'Agathocle, était voisine de Meschela, ville importante fondée par les Grecs à leur retour de la guerre de Troic?. Phelline devait donc appartenir à la zone du littoral, où se trouvait certainement Meschela, et être en même temps assez rapprochée du Sahara. Peut-être se retrouve-t-elle dans la Pallene que la Table de Peutinger indique entre Zitha et Praesidium, c'est-à-dire entre le Ras ech-Chemmakh, qui fait face à la pointe sud-est de Djerba, et le lac des Bibân. Les Asphodélodes auraient alors occupé les oasis méridionales du Nefzäoua, où habitent encore des populations à peau noire. Nous ne proposons cependant cette synonymie que sous toutes réserves : la position des Asphodélodes, en effet, comme celles qu'on peut assigner approximativement aux différentes villes libyennes énumérées dans le récit de la double campagne d'Eumaque, dépend de la direction générale des opérations de l'armée sicilienne. Or 1] est assez difficile de se prononcer à cet égard : les indications de Diodore, comme nous le verrons plus loin, sont non seulement vagues, mais parfois contradictoires.
À l'époque des guerres puniques apparaît le nom d’A/ri, donné
! Dicdore, XX, Lvir, ὃ : Eid' ἑτέραν ἐκ- ? Diodore, tbid. : Τρίτην δ᾽ εἰλς Μεσχέπολιορκήσας τὴν ὀνομαζομένην Φελλίνην, λαν, μεγίσήην οὖσαν, ὠκισμένην δὲ τὸ maἠνάγκασε πειθαρχεῖν τοὺς... ἀσφοδελώ- λαιὸν ὑπὸ τῶν ἐκ Τροίας ἀνακομιξομένων
par les Romains aux Libyens du territoire de Carthage. Ce territoire lui-même est appelé Africa’. Les indigènes de l'Ouest sont désignés sous le nom de Vumidae, reproduction du mot grec Νομάδες, Les contrées situées à l'occident de la Numidie reçoivent des Manri, qui en habitent le nord, le nom de Mauretaniae*. Les Mauri sont appelés aussi Maurusu", Μαυρούσιοι, forme toujours employée par les écrivains grecs*, et qui exclut l'étymologie qui fait dériver le nom des Maures de la prétendue couleur de leur peau : cette modification du nom indigène semble précisément avoir pour but de prévenir une confusion entre l’ethnique libyen et l'adjectif grec de même forme.
Nous ne connaissons que par Appien une tribu des Aréacides, qui habitait les environs d'Hadrumète®.
En même temps se dessinent deux grandes divisions territoriales plutôt qu'ethnographiques. Les pays numides compris entre le territoire propre de Carthage et l'embouchure de la Mulucha (Mlouia)’ sont partagés en deux zones perpendiculaires an littoral et séparées par le cours de l’'Amsaga (Oued el- Kebir). Celle de ces deux zones qui confine au territoire punique est habitée par les Massyliens, Massyli où Maesuliif, Macou-
! Mela, 1, τν : « Proxima Nilo provincia quam Cyrenas vocant; dein, cui totius regionis vocabulo cognomen inditum est, Africa. »
* Salluste, Jugurtha, xix. — Mela, LRQ A
* Pline, V, 1, 2 : « Gentes in ea, quondam praecipua Maurorum, unde nomen. »
* Pline, tbid. : « Maurorum.... quos plerique Maurusios vocant. »— Cf. Steph. B yz. :
Μαυρούσιοι καὶ Maÿpor, ἔθνος μέγα Λιβύης, ὡς Κουάδρατος ἐν πρώτῳ Παρθικῶν.
* Strabon, XVII, πὶ, 2 : Οἰκοῦσι δ᾽ ἐνταῦθα Μαυρούσιοι μὲν ὑπὸ τῶν É]) vor
λεγόμενοι, Μαῦροι δ᾽ ὑπὸ τῶν Ῥωμαίων καὶ τῶν ἐπιχωρίων, Λιδυκὸν ἔθνος μέγα καὶ sbδαιμον, ἀντίπορθμον τῇ ἰδηρία.
δ Appien, ΠΠΙ, xxxrr : ὁ ἀννίξας...
7. Salluste, Jug., ΧΙχ : « Cetera loca usque ad Mauretaniam Numidae tenent. »
δ Liv., XXIV, xzvur : « Quod ubi Carthaginienses acceperunt, extemplo ad Galam in parte altera Numidiae — Maesulii ea gens vocatur — regnantem legatos nuttunt.» Cf. XXIX, xx1x, xxx1 et xxXII.
—+>( 116 ).ς.--λεῖς', Νασσύλοι", Μασυλιεῖς", Μασυλῆες", Μασσύλιοιδ. La zone occidentale appartient aux Massésyliens, Masaesului, Massuesyh7, Μασαισύλιοιδ, Macæiouot” Aitau "9
, Μασαισυλεῖς ou Νασαισυ- . Au temps de la seconde guerre punique la première de ces régions forme le royaume de Gala et de Massinissa; l'autre, celui de Syphax. Les Massyliens et les Massésyliens ne sont que deux grandes fractions de la race numide. Le mot mas ou mes ἃ encore, dans les dialectes berbères du Maghreb, le sens de «fils, descendant ». Les WMassyli sont donc les « Fils de Soul», les Massaesyli, les « Fils de Sissoul». Le nom de Soul se retrouve comme nom propre dans les inscriptions libyennes !”. Celui de Sis s'y retrouve également ?. Le composé Sissoul est formé par le procédé qui a produit Sismal® et Sismat”*, dont les derniers éléments, Mal et Mat, «pins comme noms propres isolés dans l'épigraphie indigène *.
L'Afrique libyenne est partagée, en outre, en deux régions
* Polybe, IT, xxxr1, 15 : Νομάδων δὲ, Μασσυλέων καὶ Μασσαισυλίων. ..
* Stephanus Byzantinus : Μασσύλοι, Λιβυκὸν ἔθνος" Πολύβιος ἐν ἑξδόμῳ Macσυλεῖς αὐτούς φησι.
ὁ Strabon, II, v, 33 : ΣυνάπΊγουσι δ᾽ οἱ Νομάδες αὐτῇ (τῇ Καρχηδονίᾳ)" τούτων δὲ τοὺς γνωριμωτάτους τοὺς μὲν Μασυλιεῖξς, τοὺς δὲ Μασαισυλίους προσαγορεύουσιν. — Cf. Appien, ΝΠ], x : Νασσυλέων δ᾽ αὖ, γένους ἀλκίμου.
ὁ Dionys., Periegesis, ν. 187 :
5 Appien, Punic., X, xxvir.
Liv., XXVIIL, xvir : « Masaesulii, gens adfinis Mauris, in regionem Hispaniae maxime qua sita nova Carthago est spectant. »
7 Pline, V,1, 17 : « Proxima illi Massaesylorum fuerat. »— V, 1,19 : « Amnis Mulucha, Bocchi Massaesylorumque finis.»
— X,1x, 8: «In insula Africae Cerne in Oceano accipitres totius Massaesyliae humi fetificant. »
δ Polybe, XVI, xxur, 6 : Kai γὰρ ὃ Σύφαξ, ὃ τῶν Μασαισυλίων βασιλεύς. ---- Strabon, ἰ. ἰ. --- Dionys., Periegesis, ἰ. L.
" Ptolémée, IV, τι, 17
"Steph. Byz : Μασαισυλία, χώρα Λιβύης προσεχὴς τῇ τῶν Μαυρουσίων " τὸ ἐθνικὸν Μασαισύλιοι καὶ Μασησυλεῖς καὶ Νασησυλῖται.
ἢ Halévy, Études berbères, n° 5.
Halévy, n° 70, 104, etc.
15 Halévy, n° 223.
ὁ Halévy, n° τοῦ.
" Halévy, n° 166 et 48.
—#3( 417 ).ε:--parallèles à la Méditerranée. Les Afri, les Numides et les Maures peuplent de l'Est à l'Ouest la région du littoral. Au sud de cette grande zone s'étend, des bords de l'Océan jusqu à la Cyrénaïque, la région des Gétules, Gaetuli, Γαίτουλοι". Descendants directs de ces aborigènes doni les silex taillés du Sahara nous ont révélé l'existence aux époques préhistoriques les plus reculées, les Gétules forment une catégorie distincte dans l'ethnographie africaine. Tandis que les Libyens de la zone maritime sont plus ou moins pénétrés par les éléments étrangers, ibères, indo-européens ou sémiliques, qui s’établissent successivement en Afrique, les Gétules, par leur position géographique, échappent à ces influences extérieures et ne se croisent guère qu'avec les races sahariennes”. Aussi voyonsnous se produire entre ces deux branches issues d'une même souche, dès les premières pages de leur histoire, une opposition qui s'accentue de siècle en siècle, à mesure que le développement de l'une contraste davantage avec limmobilité de l'autre, et qui ne s'effacera en partie que lorsque, séparée, par
᾿ Salluste, Jug., xix : « Cetera loca usque ad Mauretaniam Numidae tenent ; proxumi Hispaniae Mauri sunt. Super Numidiam Gaetulos accepimus, partim in tugurüis, alios incultius vagos agitare, post eos Aethiopas esse. » — Mela, 1, τν : «Αἱ super ea quae Libyco mari adluuntur, Libyes Aegypti sunt, et Leucaethiopes, et natio frequens multiplexque Gaetuli. Deinde late vacat regio, perpetuo tractu inbabitabilis. »
* Les Melanogactuli, Μελανογαιτοῦλοι de Ptolémée (IV, vr, 16), comme ses Asuxαἰθιόπες (IV, vr, 17), sont issus d'un mélange des Nigritue ou Aethiopes sahariens avec les tribus gétules du Sahara. Les Nigritae ou Nigrites, d'après Étienne de By-
zance, devaient leur nom au fleuve Nigir :
Νίγρητες, ἔθνος Λιβύης, ἀπὸ ποταμοῦ NiγρητοΞ. Διονύσιος «Kai ἀγχέμαχοι Νίγρητες.» — Cf. Strabon, IL, v, 33 : Νέμεται δ᾽ ἔθνη τὴν Λιδύην τὰ meiola ἄγνωστα...
ὅμως δ᾽ οὖν τὰ λεγόμενα τοιαῦτά ἐσῆι" τοὺς μὲν μεσημδρινωτάτους Αἰθίοπας προσαγορεύουσι, τοὺς δ᾽ ὑπὸ τούτοιΞ τοὺς ““λείσήους Γαράμαντας καὶ Φαρουσίους καὶ Νιγρίτας, τοὺς δ᾽ ἔτι ὑπὸ τούτοις Γαιτούλους-, τοὺς δὲ τῆς Θαλάτήγης ἐγγὺς ἢ καὶ ἁπήομένους αὐτῆς πρὸς Αἰγύπήῳ μὲν Μαρμαρίδας μέχρι τῆς Κυρηναίας, ὑπὲρ δὲ ταύτης καὶ τῶν Σύρτεων ψύλλους καὶ Νασαμῶνας καὶ τῶν Γαιτούλων τινὰς, εἶτ᾽ ÂoGuolas καὶ Βυξακίους μέχρι τῆς Καρχηδονίας.
l'invasion arabe et surtout par l'islamisme, du monde européen auquel elle devait sa civilisation relative, la région du littoral retombera dans la barbarie, d'où l'autre n'est jamais sortie. Cette distinction entre Libyens et Gétules apparaît, ainsi que nous l'avons déjà fait remarquer, à la première ligne du récit du roi Hiempsal tel que nous l’a transmis Salluste, et cette légende indigène l'explique précisément par les conditions gcographiques et ethnographiques fort différentes dans lesquelles se trouvent les deux groupes !. Ce sont les Gétules qui prendront les armes contre Juba Il, le dernier des rois vassaux que Rome donnera à la Numidie; ce sont eux dont l'Afrique assimilée du littoral aura sans cesse à repousser les incursions, pendant toute la durée de l'occupation romaine; ce sont eux qui feront aux Byzantins ces guerres sanglantes que racontent Procope et Corippus; ce sont eux qui anéantiront les premières armées arabes; ce sont eux enfin que nous avons encore à combattre dans le sud de nos provinces africaines.
Les limites de ces deux régions, que nous comparerions volontiers à nos territoires civil et militaire, sont assez difficiles à préciser. On peut affirmer en termes généraux que la zone septentrionale correspond à notre Sahel algérien et à la plus grande partie du beylik de Tunis. Les hauts plateaux et les massifs montagneux de la chaîne atlantique saharienne représentent l'immense territoire des Gétules. Du côté du Sud, nous avons une indication précise : la Gétulie de Pline sé-
! Salluste, Jug., xvux : « Africam initio propius mare Africum agitabant) ; Gaetuli habuere Gaetuli et Libues, asperi inculti- sub sole magis, haud procul ab ardoribus..…. que ,quis cibus erat caro ferina ,atque humi hique mature oppida habuere : nam freto pabulum , uti pecoribus. Hi neque... im. divisi ab Hispania mutare res inter se perio cujusquam regebantur... Medis au- instiluerant. ..... Quia Libues quam Gac-
tem et Armeniis adcessere Libues (nam hi tuli minus bellicosi...»
tend jusqu'au fleuve Nigris (Oued Djedi), limite de l'Afrique et des Éthiopiens'. La Table de Peutinger indique des Gétules nomades, Bagigetuli, au sud de Sabrata, sur la rive droite de l'Ausere. Du côté du Nord, le même document nous fournit peut-être un indice : la grande voie de Carthage à Sitifis par Siguese et Vatari semble représenter, avec ses stations et ses postes militaires si rapprochés, la route stratégique qui séparait,au moins à l’origine, les territoires numides des terrains de parcours des Gétules. Madaure était situé à peu de distance au nord de cette ligne, et Apulée, qui y était né, se représente lui-même comme à demi Gétule et à demi Numide?.
Pline est le premier géographe de l'époque impériale qui sorte de ces généralités ethnographiques et donne quelques renseignements sur les différentes tribus indigènes de la province d'Afrique. Parmi les vingt-six peuples qui, de l'Amsaga jusqu à la Cyrénaïque, sont soumis à la domination romaine, Pline cite les Natabudes, les Capsitani, les Misulani, les Sabarbares, les Massyli, les Nisives, les Vacamures, les Ethini, les Mussuu et les Marchubu$. Quelques-uns de ces noms 56 retrouvent dans les inscriptions africaines, quinous permettent d'en rétablir la forme exacte en même temps qu'elles indiquent la position des tribus. Une dédicace à Septime Sévère, découverte à Oumm-
* Après avoir énuméré les principales tribus indigènes de la province d'Afrique, Pline ajoute : « Et tota Gaetulia usque ad flumen Nigrin, qui Africam ab Aethiopia dirimit. » (V, αν, 4.) Le même auteur nous montre, en Maurétanie, les puissantes tribus gétules des Autololes et des Baniurae remontant vers le Nord et s'emparant des territoires abandonnés par les Maures et les Massésyliens, tandis qu'une fraction des Autololes, les Vesuni, va s'établir au Sud,
dans le voisinage des Éthiopiens. « Gaetulae nunc tenent gentes, Baniurae, multoque validissimi Autololes et... Vesuni. »
* Apulée, Apolog., χχιν : «Sitam [patriam ] Numidiae et Gaetuliae in ipso confinio meis scriplis ostendis, scilicet quibus memet professus sum, cum Lolliano Avito c. v. praesente publice dissererem, Seminumidam et Semigaetulum. »
ÉMÉISTANAE NS IV te
IMPRIMENIE NATIONALE
Guerriguech, fixe la situation des Nattabutes'. Celle des Suburbures est précisée par un autre document épigraphique, trouvé entre Constantine et Séuf”. Les Capsitani sont certainement les tribus qui occupaient le territoire de Capsa (Kafsa). L'ethnique Capsenses, qu'ont fourni plusieurs inscriptions découvertes dans cette localité, désigne spécialement les habitants mêmes du municipe. Celui que donne Pline s'applique à la gens tout entière.
Beaucoup plus détaillée que celle de Pline, la liste de Ptolémée énumère trente-neuf peuplades indigènes dans la province d'Afrique et vingt-cinq dans la Maurétanie Césarienne. L'histoire de cette dernière province, au point de vue des rapports des tribus avec les populations complètement assimilées par Rome, se lie trop intimement à celle de l'Afrique propre et de la Nu-
* Corpus inscriptionum latinarum , τ, VI, ? C.I.L., t. VI, n° 10335 (inscription n° 4826 : trouvée près de Bordj Maâmra) :
imp: Caes* M: Aurelio Antonino DIVO : COM modo div pro felice aug: pONT M:ANTONINI:PII: German M : TRIB : POT : XVIII + IMP - III
COS.IHII - P:P:PROCOS-:RESPVB
ARMAT : : :
SARMAT : FILIO -ΕΚ αὐτὶ GENT . SVBVRBVR : VIAS - ΕΧ
IMP :CAES:L:SEPT imi Seve AVSTAS :RESTITVIT : ΔΟ ΝΟ RI-PI-PERTINACI s: aug : aru VIS MVN itio NIB : DILATAVIT BIC: ADIAB-PARTH:M «x pont XXI MAX: TRIB-POT : XV ii imp αἱ L'inscription n° 8270 nomme un defensor
gentis (Suburburum) ; décurion de la colonie des Tutcenses , qui formaient sans doute une fraction de la tribu :
COS:HI:PROCOS: PROP aga TOR:IMP :FORTISSIMI :fel
CISS imiq : princIPIS patruo M:AVR:HONO IMP : CAES: M: AVRELI An RATIANO CON TONINI-PII-FE licis aug: PON 4 ed MAX: TRIB:POT ΧΙ CO six TVTCENSIVM DEFEN PROCOS : FORTISSIM i fe SORI GENTIS VIRO LICISSIMIQII PRIN cipis FORTI AC FIDELISSI
ET. : D: MO AVR:MAXIMVS ET : SVPER:OMNES :Prin FR'A-UR LIN COM
CIPES : NOBISSIM:Caiv (PARABILI NATTABVTVM VIX.. A:LII
-οτῶι 451 jes— midie pour que nous ne croyions pas utile de reproduire les indications ethnographiques de Ptolémée à partir des frontières de la Tingitane.
Ptolémée nomme successivement de l'Ouest à l'Est :
Les Herpeditant, ἕρπεδιτανοί, qui habitent au sud des « mines de cuivre »; au sud des Herpeditani, des Taladusu, Ταλαδούσιοι; à l'est des Herpeditani, les Sorae, Σῶραι, au sud desquels se trouvent les Massésyliens, Νασαίσυλοι, placés eux-mêmes au nord des Dryitae, Δρυΐται. On voit que cette dénomination de « Massésyliens », comme celle de « Massyliens » que nous retrouverons plus loin, n'a plus la portée que lui attribuaïent les documents antérieurs : elle se localise et ne désigne plus que la tribu dont le nom s'était imposé aux tribus voisines.
À l'est du mont Durdus et jusqu'aux monts Garaphi habitent les lulu, Πλούλιοι, les Tolotae, Τολῶται, et les Nacmustii, Naxμούσιοι; ce dernier nom s’est conservé dans la nomenclature géographique de la Kabylie : le massif de la rive droite de l'Oued Akbou est encore appelé aujourd'hui Djebel Nakmous. La Table de Peutinger inscrit le mot NAGMVS entre Cuicul et Tucca, au-dessus de la route qui relie ces deux localités. À l’est des Taladusii et jusqu'à l'embouchure du Chinalaph, se trouvent les Machusu, Μαχούσιοι, situés au nord du mont Zalacus, qui les sépare des Mazices, άξικες. Une épitaphe de Lambaesis rappelle une défaite infligée par un centurion de la légion III Augusta aux Masices regionis Montensis'. Ces derniers mots, qui