V:V:ET.ÏI:ITAL
—#2( 152 ).ε1--.fixent la position des Mazices dans le massif montagneux qui séparait la Numidie de la Maurétanie Séufienne, et où la Table de Peutinger indique la station de Mons, distinguent cette tribu d'une autre fraction de la même gens placée par Ptolémée, sous le nom de Νάσικες, dans le nord de la Tingitane.
Viennent ensuite : les Banturaru, Βαντουράριοι, et au sud des monts Garaphi les Aquenses, ἀκουήνσιοι, les Mycent, Muxvor, et les Maccurae, Maxxoÿpæ; au-dessus du mont Cinnaba les Enabasi, Évé&acor. À l'est du Zalacus, sur le littoral, sont les Macchurebr, Mayovpñéor”', dont le nom a été rapproché de celui de Ja grande tribu berbère des Maghraoua.
Au sud des Macchurebi se trouvent: les T'ulenses, Τουλήνσιοι: ensuite les Baniurt, Bavioupor, qui habitent au nord des Machures, Mayodpes; puis les Salassi, Σαλάσσιοι, et les Malchubir, Μαλχούθιοι; ces derniers paraissent être les Marchubu, que Pline comptait parmi les peuplades de la province d'Afrique. Ces déplacements de tribus durent être aussi fréquents à l'époque romaine, et pour les mêmes raisons politiques, qu'ils le furent au moyen âge arabe et surtout sous la domination turque. À l'est des Tulenses sont les Mucun et les Chituae, Mouxodvor καὶ Χιτοῦαι, qui arrivent jusqu à l'Amsaga. Au sud sont les Coedamust, Κοιδαμούσιοι, et, près des sources de l’'Amsaga, les 70ducae, Τοδοῦκαι.
À cette liste des tribus maurétaniennes doivent s'ajouter les Succhaei de Dexippe”. Quant aux Ælbestit et aux Mastient d'Hécatée et de Philiste*, ils paraissent originaires de la péninsule Ibérique : Polybe nomme les Mastiani parmi les tribus espa-
? Les Macurebi et les Nabades, séparés ἔθνος Μαυρούσιον, ὡς Δέξιππος χρονικῶν par le fleuve Usar, sont les deux seules δεκάτῳ. tribus que Pline mentionne dans ia Césa- 3. Steph. Byz. : ÉXSéoZior, ἐθνος Λιξύης. q Pres rjenne. Φίλιστος ἦ «περὶ δὲ τοὺς AlËuas. . . » Exa-
* Stephanus Byzantinus : Xouxyañor, ταῖος Ἐὐρώπῃ « Ἐλβέστιοι καὶ Macot ».
—#>( 153 )e3— gnoles qui furent transportées en Afrique à l'époque de la seconde guerre punique”.
Dans la province d'Afrique Ptolémée distingue nettement les deux zones parallèles au littoral dont nous avons parlé. nomme successivement de l'Ouest à l'Est, dans la région septentrionale, les Ciriesu, Κιρτήσιοι, les Nabathrae, Ναδάθραι, et les Tontu, ἰόντιοι, qui habitent la Numidie ou Afrique nouvelle jusqu ἃ Thabraca; puis les Mideni, Μιδηνοί", les Liby-Phéniciens, A4u- Φοίνικες, du territoire propre de Carthage, ἡ Kapyndovia, les Machyni, Μάχυνοι, qui s'étendent jusqu à la petite Syrte, les Cinithi, Κινίθιοι, qui habitent les bords mêmes du golfe”; les IVrguimu, Νιγίτιμοι, qui s'étendent jusqu'au Cinyps, et les Lotophages, Λωτοφάγοι, qui occupent les rives de ce fleuve. Sur les bords de la grande Syrte sont les Samamycu, Σαωμαμύκιοι. dont le nom se retrouve peut-être dans celui de la tribu berbère des Semkän, et les Nycpu, Νύκπιοι; au sud de ces derniers habitent les Ælacones, ÉAauves.
Dans la seconde zone, au sud des Cirtésiens et du mont Audus, habitent les Misulani, Μισουλανοί, au-dessus desquels se trouvent les Nattabutes, Nariafoÿres, et les Misibes, Niouées, déjà nommés par Pline, aussi bien que les Misulani*.
Au sud des Mideni sont les Miaedu, Μιαίδιοι, placés eux-mêmes au nord des Musuni, Μούσουνοι, identiques aux Massint de Pline. Ce sont les Musuni que la Table de Peutinger place au-
* Polybe, IT, xxxtrr, Ὁ: ἦσαν δ᾽ οἱ δια.
? Ce nom de Mideni rappelle celui des Myndones d'Éphore, cité par Étienne de Byzance : Μύνδωνες, ἔθνος Λιβύης. ÉGopos εἰκοσήῷ ὀγδόῳ «ύνδωνες οἵπερ εὐγνω-
* acite (Aan., Il, 111} nomme la tribu des Cinithüi, haud spernndam nalionem.
* Wilberg préfère à tort la leçon Νατ-:
ταξοῦται à la forme correcte NarraSoÿres, que donnent plusieurs manuscrits et qui
se retrouve dans les inscriptions.
πττερί 154 ).63--dessous de la route qui conduisait de Sitifis à la station d’Ad Oculum Marinum.
Au sud du mont Thamme habitent les Saburbures, Za6oÿp- Éoupes; au sud de ces derniers, les Haliardi, ἁλιάρδοι.
Au midi de la région byzacitide habitent les Ozutae, ὐξοῦται, les Cerophaer, Κεροφαῖοι, et les Mampsari, Μάμψαροι, cantonnés au nord de la montagne du même nom et séparés par ce massif des Motuturit, Morouroÿpior. Au midi des Machyni sont les Machryes, Méypues, les Machlyes d'Hérodote, puis des Gephes, Tn@eïs, et les Mimaces, Miuœues, déjà mentionnés par Philiste !.
Au sud du mont Usalaetus habitent les Uzalae, Οὐξάλαι, et commence la Libye déserte. Au-dessous des Cinithii se trouvent les Sigiplosi, Σιγιπλώσιοι, les Achaemenes, ἀχαιμενεῖς, et les Muturqures, Mouroÿpyoupes; au midi de ces derniers sont les Muchthusiu, Μουχθούσιοι.
Au-dessous des Nigitimi sont les Astacures, ἀσήάκουρες: audessous des Lotophages, les Eropaer, Ἐροπαῖοι, puis les Dolopes, Δόλοπες; au sud de ceux-c1, les Erebidae, Ἐρεξεῖδαι. Au midi des Samamycii habitent les Edamenses, Ηδαμήνσιοι, puisles Nygbent, Nuyénvoi; au sud de ces derniers sont les Nycpu, Νύκπιοι. Enfin au sud des Nycpii et des Elaeones habitent les Macue Syrtitae, oi Méxou οἱ Συρτῖται, qui touchent au désert de Libye.
Les Nycpu et les Elaeones figurent, comme on le voit, dans les deux zones. Ces deux tribus s’étaient-elles dédoublées? Y a-t-il simplement erreur dans le texte de Ptolémée? Nous posons la question, sans essayer de la résoudre.
Nous ne nous prononcerons pas davantage en ce qui concerne l'identité, généralement admise, des Misulani de Ptolémée
σεν 155. es et de Pline, et des Musulamu de Tacite!, dont le nom se retrouve dans les deux inscriptions de Ksar Gouraï et d'Henchir el-Begueur?. D'après ces deux derniers documents, le territoire des Musulamii s'étendait des environs de Théveste (Tebessa) jusqu'à ceux de Sufes (Sbiba). Les Musulamii de Tacite, au contraire, habitaient évidemment l’ouest de la Numidie : c'est ce que prouve la phrase dans laquelle l'historien dit que lés Musulamii entrainérent dans leur prise d'armes les Maures du voisinage, Mauros accolas. C'est également la position que la Table de Peutinger assigne aux Musulamu, entre la route de Cuicul à Mileu et la grande voie qui conduisait directement de Sitifis à Carthage par Sigus, Vatari et Siguese. Or c'est précisément dans le voisinage de la Césarienne que Ptolémée place les Misulani. Il ÿ a donc là, nous le reconnaissons, un indice en faveur de l'identité des Misulani et des Musulamii, indice que n'affaiblit pas la situation différente assignée aux Musulami par les textes épigraphiques, puisqu'on sait jusqu'à quel
! Tacite, Ann., Il, Lit : « Eodem anno coeptum in Africa bellum, duce hostium Tacfarinate. Is natione Numidaä, in castris romanis auxiliaria stipendia meritus, mox desertor, ..... postremo non inconditae turbae sed Muüsgulamiorum dux haberi.
Valida ça gens et solitudinibus Africae propinqua , nullo etiam tum urbium cultu, cepit arma Maurosque accolas in bellum traxit, »
* Inscription de Ksar Gourai (C. 1. L., t. VIT, n° 10667) :
EX AVCTORITATE IMP : CAES:TRAIANI AVG:GER : DACICI MVNATIVS GALLVS LEG:PRO:PR FINIBVS MVSVLAMIOR .. . LEGIT VETVSTATIS ... TAM ABOLEVIT
Inscription d'Henchir el-Begueur (C. 1. L., n° 270) : «.. .Ut ei permittetur in provincia Afric(a) regione Beguensi, territorio Musulamiorum, ad Casas. .. nundinas insti-
tuere... habere. ..»
point, de tout temps, les tribus africaines ont été fractionnées. Nous hésitons, toutefois, à ne voir dans le nom des Misulani qu'une variante de celui des Musulamiïi. Sinous ne connaissions les Misulani que par Pline, nous pourrions admettre plus facilement une erreur dans la transcription de leur nom : mais ce nom se retrouve sous la forme identique dans Ptolémée, dont l'autorité est si grande en matière d'onomastique africaine. Nous ajouterons qu'à ce dernier point de vue, le composé W1s-ilan ou Vis-ulan n'a rien que de très correct”. De l’analogie des deux noms, enfin, il serait imprudent de conclure à leur identité. La toponymie et l'ethnographie africaines offrent une quantité de noms qui diffèrent à peine les uns des autres, et il est possible qu'en identifiant, sous prétexte de ressemblance, ceux des Misulani et des Musulamii, on s'expose à une erreur semblable à celle que l'on commettrait en confondant Tucca et Thugga, Tuniza et Thinissa, les Machlyes et les Maxyes d'Hérodote, ou les Maccurae et les Macchurebi de Ptolémée. Nous n’admettrons donc pas sans réserves l'identité des Misulani et des Musulamii.
Une inscription de Cirta nous a fait connaître une tribu africaine, les Saboides, dont le nom ne figure dans aucune des listes ethnographiques que nous a laissées l'antiquité?. D'autres
‘ Le nom propre Il se lit dans les inscriptions libyennes; en y ajoutant le suffixe
berbere et libyen en, an, on reconstitue le mot musilan. © Corpus inscriptionum latinarum, t. VITE, n° 7041 :
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δ γον δ᾽ ὡὐ᾽ οὐδικλολογίδ ον, ον eee sie nue ie τὰκ Ἀϊον το ste; pirate
—#2( 457. )..3.--textes épigraphiques mentionnent, sur plusieurs points de la province d'Afrique, des gentes Numidarum, qu'elles ne désignent pas sous un nom particulier. Une dédicace d'Henchir Guergour (Masculula), qui remonte aux premiers temps du règne de Tibère, fait allusion à un conventus de Numides et de citoyens romains !. Une épitaphe de Khmissa ( Thibursicum Numidarum) nomme un princeps gentis Numidarum?. Nous retrouvons cette même qualification dans une inscription de Kherbet Guidra (Sertei) datant de l'année 247°. Deux bornes trouvées à Gherria ἡ, à cinq kilomètres à l’ouest de Bordj Medjana, rappellent le cantonnement d'une tribu numide effectué sous le règne d'Hadrien par un procurateur de la Maurétanie Césarienne :
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