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TI GENTI NVMIDA RVM PER C: PET ro NIVM CELEREM
PROC AVG PROLanc sic MAVRETANIAE CAEsa RESIS :
ΕΘΝ TIA IMP CAES HAD RIANI AVG FINES ADSIGNATI GEN TI NVMIDARVM PÉRMEMNPIE RO’N'I VoMi GE Es EVRSE:M PROG: AN Gun P RO
m'cAESariensis
! Cagnat, Explorations épigraphiques 2 CAINL M ΨΠ n°484: et archéologiques en Tunisie, fascicule 1, SCT. Lt. MI n48820: p. 195. 4 C. I. L.,t. VIII, n° 8813 et 8814.
Un fragment inédit découvert à Ellès, et dont nous ne possédons qu'une copie faite par une main peu expérimentée, paraît avoir appartenu à un monument dédié à Dioclétien, Maximien, Constance Chlore et Galère, par un chef numide!. Uné autre inscription, également inédite, trouvée à Zouarin, nomme des Chellenses Numidue :
CHELLENSES NVMIDAE PCECCXLIT
Ces derniers avaient une désignation particulière, empruntée sans doute au pagus sur le territoire duquel ils vivaient. Quant aux gentes Numidarum qui ne portaient que ce nom générique, nous y voyons des fractions de tribus transplantées, ayant perdu le souvenir de la gens particulière à laquelle elles appartenaient primitivement, mais conservant celui de leur race vis à vis des populations romaines ou romanisées au sein desquelles elles s'étaient établies. C'est la condition actuelle des nombreuses fractions tripolitaines qu'on rencontre dans le nord de la Tunisie, et qui ne se désignent plus elles-mêmes que sous le nom générique de Trabelsia, « Tripolitains ».
Deux monuments épigraphiques du mm° siècle nous font connaître les noms de quatre tribus nouvelles. L'une de ces inscriptions, trouvée à Lambaesis?, rappelle les défaites inflioées en 259 ou 260 par G. Macrinius Decianus, légat propréteur de Numidie, aux Bauares, aux Quinquegentanet gentiles de la Maurétanie Césarienne et aux Fraxinenses, qui avaient, à plu-
: D DDD NNNN DIOC.. * Corpus inscriptionum latinarum , t. VII, CLE CCWVASDLQOLX ἢ. n° 2615, Ὶ Ε GNVMID...
—#>( 159 ).:-..sieurs reprises, envahi et dévasté la province placée sous son commandement :
EAN EE TON MI £ CETERISQ DIIS DEABVSQ IMMORT ALIB C MACRINIVS DECIANVS V:C:LEG AVGG PR PR PROV NVMIDIAE ET NO RICI BAVARIBVS QVI ADVNATIS 1Π| REGIBVS IN PROV NVMIDIAM IN RVPERANT PRIMVM IN REGIONE MILLEVITANA ITERATO IN CONFI NIO MAVRETANIAE ET NVMIDI AE TER MO TOMINOQVEGENTANEIS GENTILIBVS. MAVRETANIAE CAE SARIENSIS ITEM GENTILIBVS FRA XINENSIBWS OVI PROVINCIAM NVMIDIAM VASTABANT CAP TO FAMOSISSIMO DVCE EORVM CAESIS FVGATISQVE
Nous ne connaissons pas la position exacte des Fraxinenses. On suppose que les Quinquégentiens habitaient le massif du Djerdjera.
Quant aux Bauares, on les place dans les montagnes du Babor, dont le nom rappelle elfectivement celui de la tribu vaincue par Macrinius Decianus.
La seconde inscription date du règne de Dioclétien et de Maximien. Comme la première, elle est consacrée à « Jupiter Très Bon, Très Grand, et aux autres Dieux immortels » !, en reconnaissance de la victoire complète remportée par Aurelius
! C.I. L., t. VIII, n° g3a4.
-τεϑί AGO ).ε:---
Litua, personnage perfectissime, praeses de la province de Maurétanie Césarienne, sur les Babari transtagnenses :
IOVI OPTIMO MAXIMO CETERISQVE DIS IMMORTALIBVS
GRATVM:REFERENS QVOD:ERASIS FVNDITVS BABARIS : TRANSTAGNEN SIBVS : SECVNDA -PRAEDA
FACTA:SALVVS:ET:INCOLVMIS CVM:OMNIBVS: MILITIBVS DD:NN:DIOCLETIANI:ET MAXIMIANI-: AVGG REGRESSVS AVR-LITVA:V:P-P-P-M-C VOTVM:LIBENS :POSVI
Cette curieuse dédicace est, comme on le voit, un véritable bulletin lapidaire : l'ennemi a été «rasé à fond», erasis funditus; les prises ont été considérables, secunda praeda, et les pertes nulles, salvus et incolumis cum omnibus militibus. Le surnom de transtagnenses donné par le texte aux Babari prouve que cette tribu habitait au delà de la sebkha du Hodna, et distinguait sans doute cette fraction méridionale de celle qui occupait le massif du Babor. Il est vraisemblable, en effet, que les deux noms de Babari et de Bauares désignent une seule et même peuplade.
Les Bauares sont également nommés dans une inscription d'Auzia, datée du 26 mars 260’, et gravée par conséquent à
CE L,, t. VIII, n° 9047,
-ττεϑί 40] ).6..-.la même époque que la dédicace de Macrinius Decianus, probablement à l’occasion des mêmes événements :
q-yARGILIO -Q:F-Q: MARTIALI-EQ:R:
pr'AEF : COH:1: ASTYRVM : PR: BRITTA nlAE : TRIB - COHSP : PR : MAVR : CAE aMIL : PRAEF : COH : SING : ET : VEX eQQ : MAVROR : IN TERRITORO aVZIENSI:PRAETENDENTIM DEC : DVARVM : COLL:AVZIEN SIS : ET : RVSGVNIENSIS ET PAT PROV:OBINSIGNEM IN CI VES AMOREM ET SINGVLA REM : ERGA PATRIAM ADFEC MONÉMeETLOVOD EIVS VIR IMIVURÉ ΑΘ ν GT LEA NT D À ETF A πο ΘΟΕ RE BÉLLTS CV MS A EE DIM RE VS SVT S! EVER] T ® CAPTV:S CET2INTERFECTVS ORDOMCOL!6:AVZIENSIS 6% ΓΝ 5.1 DIS IOBLA ΘΟ ΓΦ... DE CEPTO P:P-F DD VIIL:kKAL® a PR ᾧ P R Θυ "Xi Xe]
[Q. Glargilio Q. f. Q{uirina) Martiali, eqluiti) R(omano), [prlaeflecto) Coh(ortis) 1 Astyrum pr(ovinciae) Britta(niae), trib{uno) co(hortis) Hisp{anorum) pr(ovinciae) Maur(etaniae) Caes(ariensis), [a] mal(itüs), praeplosito) coh(orti) sing(ularium) et vea{illationi) [ejq(uitum) Mauror(um) in territorio [A Juziensi praetendentium, dec{uriont) duarum col(oniarum) Auziensis et Rusquniensis et pat(rono) prov(inciae), ob insignem in cives amorem et singularem erqga patriom adfectionem, et quod ejus virtute ac vigilantia Faraxen rebellis cum satellitibus suis fuerit captus et interfectus, ordo col(oniae) Auziensis insidüs Bavarum decepto p(ecunia) p{ublica) f{ecit). D(ejd(icatum) VILT Καὶ. [Alprfa{nno)] pr'ovinciae) CCXXI.
Une inscripuon d'Igilgilis", datée du consulat de Torquatus et de Libo (128 de notre ère), précise la limite occidentale des terrains de parcours des Zimuzes, dont la Table de Peutinger inscrit le nom au-dessous de la grande voie du littoral entre Chullu et Paccianis Matidiae :
TERMINI:POSITI:INTER IGILGILITANOS:IN QVORVM:FINIBVS "ΚΑΘ TELLVM:VICTORIAE POSITVM : EST -ET : ZIMIz VT SCIANT:ZIMIZES NON:‘PLVS:IN VSVM SE:HABER-:EX AVCTO RITATE-M:VETTI-LA TRONIS-:PROC:AVG QVA IN:CIRCVITV À 3M Y Br 1 K BUS Ἐν ἢ Dr PRETXXKIXOTOR QVATO ET LIBONE COS:
Ternüini positi inter Iqilgilitanos, in quorum finibus kastellum Victoriae posttum est, et Zimiz(es), ut sciant Zimüizes non plus in usum se haber(e) ex ἡ auctoritate M. Vetti Latronis proc(uratoris) Auglusti) quafm) in cüreuitu a muro kast(elli) p(assus) quingentos. (Anno) pr(ovinciae) LXXXIX, Torquato
et Libone cos.
L'inscription du col de Fdoulès”, dans la Kabylie, mentionne un rex gentis Vcutaman... ou Veutuman. .. Le nom de cette peuplade se retrouve peut-être dans celui de la tribu berbère des Ketama.
' C.I. L., t. VII, n° 3869. — * C. I. L., t. VIIL, n° 8370.
-- ἐμ 463 }er—
Une inscription de Ténès (Cartennae) nomme des Ba-
quates :
C-FVLCINIO M F QVIR OPTATO FLAM AVG IIVIR QQ PONTIF IVIR AVGVR AED QVae STORI QUI INRVPHiONE BAQVA TIVM COIONIAM ἘΝῚ TVS EST tes TIMONIO DECRETI ORDINIS ET POPVLI CARTENNITANI ET INCOLAE PRIMO IPSI NEO PAIN UT ENV LL I AERE CONLATO
Les Baquates devaient former une tribu considérable, ou tout au moins très fractionnée, car l'Itinéraire d'Antonin les place dans le nord de la Tingitane, avec les Macenrtes”, et Ptolémée compte les Βάκατες parmi les tribus de la Marmarique *. L'auteur du Liber generations cite également des Baccuates, et les Massennas dont le nom est accolé au leur sont certainement les Macenites que l'tinéraire mentionne à côté des Bacuates.
Outre les Musunn, les Nacmusn, les Musulamu et les 21mizes, déjà nommés dans les textes que nous venons de reproduire, la Table de Peutinger indique trois peuplades que nous ne connaissons que par elle : les Mababes, placés au sud du mont Ferratus, entre ce massif et la route qui conduisait de Saldae à Rusuccuru, et probablement identiques aux Natabudes de Pline, dont le copiste de la Table aura défiguré le nom;
NC Ὁ ΠῚ n° 9663. — ? Itin. d'Antonin, Ρ- 1: «Α Tingi Mauretania id est
ubi Bacuates et Macenites barbari morantur, » — * Ptolémée, IV, v, 22.
—#>( 464 )ex-—
les Gevaluses, cantonnés entre Saldae, Cuicul et Choba; les Seli, dont le territoire s'étendait de la rive droite du fleuve Be (Oued Baï) jusqu'aux Autels des Philènes, et qui avaient donné leur nom à deux villes de la côte, Macomades Selorum et Vigdida, que la Table qualifie de Municipium Selorum. La Table de Peutinger mentionne en outre un groupe de Numides dans le nord-ouest de la province d'Afrique : le mot NVMIDARVM est inscrit au-dessous de la voie du littoral entre Tucca et Paccianis Matidiae.
Ammien Marcellin, dans son récit de la campagne de Théodose contre Firmus, nomme un certain nombre de tribus appartenant aux Maurétanies Sitifienne et Césarienne : les Abanni, les Auastomates ?, les Baturae *, les Cafaues “, les Cantauriant *, les Dauares *, les Lesalenses”, les Isaflenses*, les Tubalen:*, les Mastnissenses °, les Mazices ”, les Musones ”, les Tyndenses ‘. À l'exception des Baurae, qui sont peut-être les Baniuri de la liste ptoléméenne; des Abanni, cités par Julius Honorius sous le nom d'Abenna ou Avennet; des Mazices, que nous connaissons par Ptolémée et par l'inscription de Lambaesis; des Musones, qui sont cerlainement les Musun de l'époque antérieure et les Musunei de Julius Honorius, aucune de ces peuplades n'est mentionnée dans d'autres textes. Autant qu'on en peut juger par la série des opérations de Théodose, telle que l'expose Ammien, les Tyndenses et les Masinissenses devaient être cantonnés dans les environs de Tubusuctu, probablement sur la
* Amm. Marcell., XXIX, v, 37. $ Amm. Marcell., XXIX, v, 40. τα. ἵν 9: 9 Jbid., x, A4.
$ Jbid., v, 33. AN L'OTAN EE GE
bide Le Jbid., v, 17, 21, 25, 26, 51.
δε ιν 99). # Ibid, v, 27.
εἶχα πῶ: ἴδε 14. NL
rive droite de l'Oued Sahel. On ἃ cru retrouver le nom des Mastnissenses dans celui des Msisna, tribu berbère qui habite précisément dans l'angle formé par le confluent de ce fleuve et de lOued Akbou. Les Zubaleni, les Lesalenses et les Isaflenses habitaient plus à l'Occident, au sud-ouest ou au sud de Césarée. Quelques archéologues voient dans les Flissa ou Iflissen de la Kabylie occidentale les descendants des Jsaflenses. Les Oulad- Djebara des environs de Bougie rceprésenteraient les Jubalenr. Quant aux Abannt, dont le nom s'est perpétué dans celui des Aït-Abenn, ils habitaient, selon toute apparence, le massif montagneux qui s'étend au nord-ouest de Msila. Un passage d'Ammicn prouve qu'ils étaient voisins des Éthiopiens, dont ils reçurent des renforts’. Or Msila n'est séparée du bassin de l'Oued Djedi, limite des Gétules et des Éthiopiens, que par les plaines du Hodna et la chaîne d'El-Kantara. Cette position s’accorde d’ailleurs avec les indications d’un autre texte ancien qui place les Abenni au pied des monts Capraru, les Caprarienses montes d'Ammien, dans le voisinage des Quinquegentiani, des Masices, des Bauares et des Massy”. La position encore 1nconnue de Tipata, où Théodose séjourna pendant une partie de l'hiver de l'année 373, pourrait seule nous donner celle des tribus voisines des Baiurae, des Cantauriani, des Auastomates, des Cafaues et des Dauares*. Peut-être faut-il hre, dans ce dernier nom, Bavares au lieu de Dauares.
* Amm. Marcell., XXIX , v, 37: « Theodosius, Caprariensibus Abannisque, eorum vicinis, praelio levi sublatis, ad municipium properavit... ense; verisque nuntiis doctus barbaros occupasse jam tumulos, per anfracta undique spatia in sublime porrectos, nullique pervios nisi indigenis locorum perquam gnaris, repedando dedit hostibus facultatem per indutias licet breves
Aeihiopum juxta agentium adminiculis augeri vel maximis. » ᾽
* Jul. Orat. ap. Cassiodor., De divin.
lit. xxv.
$ Amm. Marcell., XXIX, v, 32-33 :
«Exinde Theodosius...
februario venit. Ubi diutius agens, ut an-
Tipatam mense
tiquus ille cunctator, pro negotio consultabat.… Mittebat tamen adsidue suadendi
IMPRIMERIE NATIONALE
Les géographes de la basse époque ajoutent quelques noms, trop souvent défigurés, à la liste des tribus indigènes. Ethicus cite des Arzuges, qui habitaient les environs de Leptis Magna et, en général, les frontières méridionales de la province d'Afrique; des Natavri, qui appartenaient au sud de la Tripolitaine”. Julius Honorius nomme des Gurbisenses, habitant la presqu'île que termine le promontoire de Mercure, des Theriodes*, des Begquenses*, des Feratenses*, des Fluminenses, des Beitani, des Barzufulitani où Bardubitant, des Bures ou Burenses”, des Artennites, des Barbares ou Barbaricenses, des Salamaggenites où Alamaggqet; Vibius Sequester, des Magemburi Libyae; le Liber generationts, des Magartae et des Macrones. Enfin la Chronographie de l’année 354 nomme des T'autamei, appelés Tantameos par le Liber generationis.
L'invasion des Vandales en Afrique est le signal d'un grand mouvement des populations indigènes : de l'Ouest à l'Est et du Sud au Nord, elles remplissent le vide que les envahisseurs, trop peu nombreux pour occuper le pays tout entier, laissent derrière eux à mesure qu'ils se rapprochent de Carthage. Procope fait allusion aux nombreuses défaites qu'elles avaient in- Îigées plus lard aux Vandales et constate que, maîtresses de
quosdam perilos ad gentes circumsitas, Baiuras, Cantaurianos, Auastomates, Cafaues Dauaresque et finitimos alios. »
ΚΠ Aethici Cosmographia, 11, xziv : «Regio Arzugum, ubi Leptis Magna civitas est, quanquam Arzuges per Africae limitem generaliter vocantur. » Orose (1, 11) donne à la Tripolitaine le nom de regio Arzuqum.
* Ce sont les Natabres, qu'Orose (1, 11) place entre les Gétules et les Garamantes.
* Ce nom grec est probablement un souvenir de la Libye Θηριώδης d'Hérodote et n'a aucune valeur ethnographique.
‘ Les Begquenses paraissent être une fraction des Musulamii, dont le territoire, ainsi que le prouve l'inscription précitée d'Henchir Begueur, comprenait la regio Bequensis.
5 Les Feralenses sont sans doute les habitants du mons lerratus.
5 Ce nom de Bures entre peut-être dans la composition de celui de Thibursicum Bure (Teboursouk), et se retrouve certainement dans le dernier élément de l'ethnique Magemburi mentionné par Vibius Sequester.
toute la Maurétanie jusqu'à Césarée, elles s'étaient en outre emparées de la plus grande partie du reste de l'Afrique ”. C'est par ce déplacement des tribus maurétaniennes vers l'Est que s'explique l'extension donnée, à cetle époque, au nom de Maurasti. Cette forme grecque du nom que les textes de l'époque impériale écrivent correctement Mauri se retrouve jusque dans les documents officiels du règne de Justinien : l'inscription de Théveste constate la « destruction de la nation maurusienne » : post abscisos ex Africa Vandalos, ectinctamque unwersam Maurusiam gentem?. L'Anonyme de Ravenne va jusqu'à qualifier la Cyrénaïque de Mauritania Cyrenensis.
Procope, en véritable Grec, ne se sert que du mot Mæupoÿσιοι pour désigner Maures, Numides et Gétules, quand il ne les appelle pas, plus helléniquement encore, des « Barbares ». Il ne désigne par son nom particulier qu'une seule tribu de la Tripolitaine, les Λευαθαί δ. Il est impossible, ainsi que nous l'avons déjà fait observer, de ne pas reconnaître dans ces Levathae les Leouata où Louata qui joueront un si grand rôle à l'époque arabe, et ce nom s'ajoute à ceux que nous avons déjà signalés et que nous signalerons encore comme formant la chaîne ininterrompue qui rattache les Berbères à leurs ancêtres libyens.
La Johannide de Flavius Cresconius Corippus, composée dans la dernière moitié du vi‘ siècle “ et si riche en indications sur l'onomastique libyenne, ajoute une vingtaine de noms aux
* Procope, De bello Vand., IT, x : Yosρον δὲ oi Μαυρούσιοι πολλὰς κατὰ Bavdiλων νίκας ἀνελόμενοι Μαυριτανίαν τε τὴν νῦν καλουμένην, ἐκ Γαδείρων μέχρι τῶν Καισαρείας ὁρίων τείνουσαν, καὶ Λιβύης τῆς ἄλλης τὰ meicla ἔσχον. Procope ajoute, au chapitre xx1, que, bien que Césarée eût été occupée par les troupes de Béli-
saire, on ne pouvait s'y rendre que par mer, toutes les contrées environnantes étant au pouvoir des Maures.
* Corpus inscriptionum latinarum , t. VU, n° 1863.
Ὁ Procope, De bello Vand., 11, χχι.
1 La Johannide a été composée sous le règne de Justin II (565-578).
—+#>( 168 )»3---listes ethnographiques de l'époque romaine. L'auteur était
Africain : familiarisé avec les «aboïements» de la langue libyenne,
Nam fera barbaricae latrant sua nomina linguae
il conserve à ces noms leur forme indigène, trop souvent adoucie et par conséquent dénaturée par les écrivains des siècles antérieurs. Presque toutes les tribus qu'il énumère appartiennent à la Zeugitane, à la Byzacène et à la Tripolitaine; mais il est souvent impossible d'en préciser la position. Les T[laquas ou Ilasquas”, les Lanquentan, Laquantan, Laquanta ou Tlaquaten?, les Mazaces ὃ, les Mecales ", les Naffur”, les Leucada”, les Macares nomades ?, les Silcadenit, les Silvacae”°, les Silvaizan”, sont nommés, sans qu'aucun détail significatif indique leur
! Johann., 1, v. 478: Cf. IV, 724, 1020; V, 167, 450, 460; ... Non quantus Ilasguas VIT, 305.
Notus Marté tibi, quem tantum fama perennis 1 Johann., II, 410 :
Prisca canit ?
... Sed gentiles durosque Mecales
Ibid., 11. 345 : Secum ad bella trahens fessis non viribus ibat. ... Saevae seu gentis Ilaguas. 5. Johann., IL, 52: = Johann., L, 144 : Silvacaeque truces et saevis Naffur in armis. Languentanque acies armis prosterne rebelles. ὙΠ ΣΕ IE 29 be Ibid., À, 467 : Ε Spectavit Leucada pugnas ...Laguantan gentis acerbae. Virtutemque tuam. Ibid., IV, 48 : 7 Johann., II, 62 :
Laguantanque cohors... Silvaizan Macaresque vagi... Ibid., 797, manuscrit T : $ Johann., II, 53 : Ferro Iaguaten impellit Martius hostem. Silcadenitque ferus, celsis qui vivida silvis
Bella dolis metuenda parat.
% Johann., Il, 52 :
Sivacaeque truces...
* Johann., 1, 549:
His agit in bellis fingens certamina Mazax.
Les Mazaces sont déjà nommés par ‘ Lucain (Phars., IV, 681) et par Claudien τ Johann., I, 62 : (Carm. :V,350 L Silvaizan Macaresque vagi...
situation géographique. Les trois dernières tribus sont peutêtre des fractions des Seli de la Table de Peutinger. M. Partsch ne voit dans les Leucada, les Ilaguas et les Languantan qu'une seule et même tribu, qu'il identifie aux Λευάθαι de Procope”. Les VWutuniani ou Macturiani? habitaient les montagnes situées au sud de Tripoli. Les Anacutasur, les Celiant, les Imaclas, qui sont sans doute identiques aux Mecales, et la puissante tribu des Astrices Ÿ paraissent appartenir aux régions les plus orientales de la Tripolitaine. Les Gadabitani® étaient voisins de Leptis, nous le savons par Procope*. Les ‘Arzugites sont les Arzuges, que nous connaissons déjà °. Quant aux Austures”, le doute n'est pas possible : ce sont les Austuriant qu Ammien Marcellin place dans le voisinage d'Oea et de Leptis Magna *. Les Caunes et les Silzactae, séparés par le Vadara (Bagrada)
* Partsch, Corippi African libri qui 5 Johann., IT, 148 :
supersunt, P. XII. ... Nutrit quos horrida tellus
? Johann. EL 210: Arzugis infandae.
εν ν Indomitis ardens quae fertur in armis
7 Johann., 11. 89:
Mutuniana manus.
: ᾿ Cornipedum saevus laxatis Austur habenis Ibid., IT, 116 : me à a ἵ Viribus hunc sequitur fidens, et fortis in armis Muctuiana manus calidis descendit ab oris Et numero superante modum; nam belliger Austur, Quae Tripoli deserta colit.. Sollicitus dubias campis committere pugnas, Collo à .
# Johann: ; IV: 7 : ollocat adstrictis muros fossasque camelis,
Atque pecus varium densa vallante corona
- Et accitus longis convenit ab oris Ponit, ut obicibus pugnantes implicet hostes
Astrices, Anacutasur, Celianus, Imaclas.
lbid., V, 391 :
Astrices illis 1ongo jam tempore terris
Ambiguosque premat.
Ibid., VI, 283 :
' ... Campis Mammensibus Austur Errantes habuere domos, gens aspera bellis : : Ρ -
a à Rustica funereis sternebat corpora telis, Et numerosa viris, multos illaesa per annos.
Ibid., V, 4o4 :
Astricum gens clara virum.
Byzacii partem rapiens praedamque secundam.
5 Amm. Marcell., XXVIIL, vr, 1 et 2 :
«Hinc tanquam in orbem migrantes alium , ὁ Johann, IL, 1 ΤΗΣ ad Tripoleos Africanae provinciae venia- Gadabisque maligna mus aerumnas... Ausluriani his conter-
Mittit ab arce viros. mini partibus barbari, in discursus semper
* Procope, De Aedif., VI, 1v. expediti... »
au point où ce fleuve quitte les montagnes pour serpenter dans la plaine’, occupaient peut-être le massif des Beni- Mazen, au sortir duquel la Medjerda sillonne de ses méandres les grandes plaines de Djendouba. L'ethnique Silzactae , se décompose en deux noms propres qu'on retrouve dans lépioraphie africaine : Sil-Saktout. Le nom des Frexes* se retrouve, dans la nomenclature berbère de la Tunisie, sous celui des Frechich, puissante tribu dont les terrains de parcours s'étendent de Thala jusqu'à Feriana. Les Urceliam sont les Urciliant où Ursiiant de Végèce". Les Ifuraces, qui combattent à pied et se servent habilement du sabre’, sont évidemment des montagnards. On sait avec quelle adresse les Berbères manient la flussa, longue lame droite, dont le tranchant seul dessine une double courbe, concave près de la poignée, convexe vers la pointe. On a voulu retrouver le nom des Ifuraces dans celui des Foughal ou Lfour'al, tribu kabyle du massif du Babour.
Nous avons tenu à donner une analyse complète de tous
τ Johann., 11, 66 : formés d'après les règles de la déctinaiἐν .quos flumen fortes interserit undis son grecque. Silzactae Caunesque leves, qua montis ab alto 5 Johann., VI, 390 :
Dirigit incurvis amnem per gramina ripis Σ : » Vadara, quem planos ses fundit in agros. Urceliana manus Romanis addita fatis.
" Végèce, IIT, xxx : « Camelos aliquantae nationes apud veteres in aciem produxerunt, ut Ursiliani in Africa, Macetes
hodieque producunt. » Le nom de Macetes,
? Johann., IL, 43:
Hunc consanguineos sequitur densissima turmis Frexes, et tumida laudat cervice regentem, Fortis gens et dura viris bellique tumultu Ἢ é Effera, seu pedes it campis praesumpta per hosles, comme ceux de Maces Φ Macenites, n'est Sive frementis equi, pulsat calcaribus armos. qu'une variante de l'ethnique Muzigh.
Peut-être faut-il rapprocher des Frexes Johann., I, 115 :
de Corippus les Dpÿres d'Hérodien, cité Ifurac infestis venit consultus in armis, APE y ic pedes insignis clipeo teli esultat par Étienne de Byzance : Φρής, Φρητός, Hic pedes insignis clipeo telisque res Et mucrone potens...
Φρῆτες, ἔθνος Λιβυκὸν, los Ἡρῳδιανὸς ιδ΄.
Le nominatif Φρής a seul une valeur Ibid., IV, 641 : ethnographique : les cas indirects sont Ifuraces in bella movens….
les documents antiques qui se rapportent à l'ethnographie de l'Afrique septentrionale. Si aride, en effet, et si fastidieuse que soit au premier abord cette longue liste des tribus indigènes, elle présente, au fond, un très grand intérêt pour quiconque s'occupe sérieusement des études africaines, en ce sens qu'elle rattache le présent au passé et nous fait retrouver dans les peuplades libyennes l'origine des différentes fractions de la grande famille berbère.