Sergents de ville de Londres
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envoie d’Europe reçoivent une certaine paye sous forme de ca* licot. Ils se marient dans le pays, et, grâce à la fécondité du sol, leurs femmes peuvent les nourrir sans trop de difficulté. Il n’y a pas de commerce direct avec le Portugal. Tous les ans un nombre considérable d’indiens apportent de Bombay des marchandises provenant d’Angleterre et des Indes. On a essayé dernièrement à Lisbonne de ranimer le commerce de la côte de Mozambique, au moyen de compagnies commerciales. L’une d’elles avait offert de s'organiser sur la même base que la compagnie des Indes; les forts, les forteresses lui auraient été concédés, avec retour au gouvernement après la lin du bail , à condition par elle de dévevelopper les ressources que présente le pays, de construire des écoles, de faire des routes, d’améliorer les ports , etc.
Le cabinet de Lisbonne, d’autre part, avait tenté de rendre un peu de vie à cette région , en concédant à toutes les compagnies qui l’auraient désiré, le privilège d'exploiter les mines que possède le pays ; mais le gouvernement colonial est trop faible pour donner aux spéculateurs les garanties de protection nécessaires à une pareille entreprise ; d’ailleurs la condition, qui avait été imposée aux compagnies, de transporter sur les lieux et à leurs frais des habitants de Madère et des Açores, afin d’augmenter le nombre des Portugais ert Afrique, n’était guère acceptable. Les minéraux exportés auraient payé des droits , et tout cela s'est réuni pour mettre obstacle au projet du gouvernement. Il est à remarquer que toutes les compagnies qui ont essayé de se former à cet égard ont eu soin de déclarer qu'elles se constituaient pour telle et telle chose, et pour l'abolition du commerce inhumain des esclaves. Ceci prouve que les hommes d’Etat portugais sont à la fois éclairés et philantropes , ou bien qu’on a cherché à séduire les capitalistes anglais. Je suis porté à croire que c’est à la première de ces deux raisons qu’il faut attribuer cette déclaration honorable. Mais si les Portugais veulent sincèrement développer les ressources que renferment les provinces dont ils occupent la lisière , ils doivent engager tous les peuples civilisés à prendre part à cette œuvre , et accorder aux étrangers les mêmes droits qu’à leurs nationaux. Que le chemin qui conduit au centre de l’Afrique soit ouvert à tout le monde, et qu’au lieu de misérables forts entourés tout au plus de quelques acres de terre , on fonde des colonies réelles ; que les casernes soient remplacées par des
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établissements civils , qu’il vienne ici des producteurs avec leurs femmes , leurs charrues et leurs semences, au lieu de convicts militaires, n’apportant d’Europe que leurs tambours et leurs trompettes, et la prospérité renaîtra dans cette région féconde.
Le village de Senna est situé sur la rive droite du Zambèse. Le fleuve à cette hauteur contient des lies nombreuses où abondent les roseaux , et les terrains environnants sont couverts de broussailles. Le sol est fertile; mais les mares d’eau stagnante que renferme le village rendent cette localité fort insalubre. La roche qui constitue l’assise fondamentale est formée de l’arkose de Brongniart , et traversée par plusieurs montagnes coniques de trapp , d'ont l’une est située à quatre cents pas à l’ouest du village et s’appelle Baramouana, ce qui veut dire porter un enfant sur son dos ; elle a été nommée ainsi, parce qu’elle a derrière elle une montagne plus petite et du même genre. Sa hauteur est d’environ cent mètres ; elle est armée, à son sommet, de deux pièces de canon démontées, dont la mission est d’effrayer les Landines, qui dans une seule affaire ont tué cent cinquante habitants de Senna. Le paysage que l’on découvre de l’endroit où ces canons sont placés est d’une beauté remarquable ; à vos pieds se déploie le Zambèse , et la vue s’étend du côté de l’ouest jusqu'à vingt ou trente milles de distance où l’on aperçoit le Morumbala, qui doit avoir de mille à douze cents mètres de hauteur; cette montagne est oblongue, et il est évident qu’elle est d'origine volcanique; le sommet en est couvert d'un sol fertile, cultivé par de nombreux habitants ; on y trouve de l’eau courante et une source chaude et sulfureuse, à l’extrémité septentrionale; mais je n’ai pas pu l’examiner, parce que les Portugais sont en hostilité avec la population qui l'entoure. Au nord du Morumbala s’étendent les montagnes des Maganjas, qui viennent toucher le fleuve à la hauteur de Senna; beaucoup d’entre elles sont coniques. D'après ce qui m’a été rapporté , le Shiré les traverserait pour aller ensuite arroser la base du Morumbala, sur le versant occidental , avant de rejoindre le Zambèse.
Lorsque , plus tard , je suis arrivé à l’embouchure de cette rivière , située près d’une chaîne de montagnes peu élevées , que l’on trouve à l'est du Morumbala, j’ai douté du rapport qui m’avait été fait; il faudrait, pour qu’il fût exact, que le Shiré coulât parallèlement au Zambèse, dont le Morumbala n’est pas à
plus de trente milles. Tout le pays qui s’étend au sud-est est plat et couvert de forêts; mais dans le voisinage de Senna, une quantité de petites montagnes coniques, aux flancs abrupts , diversifient le tableau. A l'ouest et au nord, la plaine, également boisée, forme un sombre tapis ; et au sud-ouest s'élèvent, au milieu des vapeurs de l’horizon , les hautes montagnes de Nyamonga. Lorsque le ciel est pur, on aperçoit derrière celles-ci une autre chaîne, où les jésuites avaient jadis un établissement; c’est le Gorongozo, renommé pour la fraîcheur de ses sources limpides et pour son climat salubre. 11 existe au sommet de la montagne des inscriptions gravées sur de grandes dalles , et qui sont probablement dues aux jésuites. Comme elles se trouvent dans la direction du district où l’on a placé l’Ophir de Salomon , l’idée me vint un instant qu’elles pouvaient être d'une origine bien antérieure à la domination portugaise; mais plusieurs personnes, qui les ont vues, m'ont dit qu’elles étaient tout bonnement en caractères romains , et dès lors elles ne méritaient pas que je fisse un voyage de six jours pour aller les examiner.
Manica, le gîte aurifère le plus riche de toute l’Afrique orientale, est situé à trois journées de marche à l'ouest du Gorongozo. On a trouvé à Sofala, qui est le port le plus voisin de ce district, des morceaux d’or travaillé, dont la date a paru fort ancienne; et c'est là ce qui a fait supposer aux Portugais que la province de Manica était l’Ophir de la tradition hébraïque. On dit également qu'il existe de grandes pierres taillées dans le voisinage de Sofala; mais elles ne doivent pas être très-nombreuses : car les pierres dont le port est construit viennent, dit-on, du Portugal. Des habitants de Manica ou Manoa, que j’ai rencontrés chez les Makololos, n’ont dit qu’il y avait dans leur pays plusieurs caves, ainsi que des murailles, dont les pierres sont taillées; ils en attribuaient la construction à leurs ancêtres. D’après les Portugais, quelques arabes se seraient établis dans cette province et n’offriraient plus aucune différence avec les naturels. Le territoire de Manica est arrosé par le Motirikoué et la Sabia ou Sabé, qui vont se jeter dans la mer. Les Portugais ont été chassés du pays par les Landmes, mais ils parlent de l’occuper de nouveau.
Ce qui m’a été le plus agréable à Senna , ce fut de voir les nègres du seùor Isodore construire des bateaux d’après un modèle européen, sans que personne dirigeât leur travail ; ils ont
fait leur apprentissage sous un constructeur portugais, et, maintenant qu’ils sont livrés à leurs propres lumières, ils vont dans la forêt , choisissent les motondos qui leur conviennent, et construisent des chaloupes et des barques très-proprement faites , qui valent de cinq cents à deux mille cinq cents francs.
Quelques-uns d’entre eux , qui ont appris l’état de charpentier à Rio-Janeiro , ont fait au commandant la plus jolie maison de Quilimané, avec certains bois du pays susceptibles d'acquérir un poli très-remarquable, et qui, dit-on, ne pourrissent jamais.
Le commandant m'ayant consulté à propos de l’emplacement à choisir pour y transférer le village , dont la situation actuelle est des plus insalubres , j’ai conseillé d'imiter les jésuites , qui avaient fixé leur demeure dans les montagnes du Gorongozo, et d'aller s’établir sur le Morumbala; on y serait en bon air, l’eau y est pure , abondante, et le Shiré , qui serpente à sa base , est d’une profondeur qui peut suffire à la navigation. Enfin, j’ai proposé, comme établissement immédiat, le havre de Mitilone, situé à l’une des bouches du Zambèse, qui convient beaucoup mieux que le port de Quilimané, et où les Portugais seraient plus en position d'être utiles au pays. Quand on pense qu’il n’y a pas même un village à l'entrée de ce fleuve admirable, pas un être qui puisse vous en indiquer le chemin !
Le 9 mai, seize de mes hommes repartaient pour Tèté , où ils conduisaient en canot les marchandises du gouvernement ; ils étaient ravis d’avoir trouvé de l’ouvrage. Le 11, tous les habitants de Senna, y compris le senor Isidore, nous accompagnaient jusqu’aux bateaux et assistaient à mon départ ; les gens de Kisaka étaient alors dans le village, où ils se conduisaient de la manière la plus insolente.
Nous étions munis de provisions de toute espèce que nous avaient données le commandant et le senor Ferrao, et nous descendions le Zambèse par le plus beau temps du monde.
Environ à trente milles de Senna, nous avons trouvé, sur la rive droite, l’embouchure du Zangoué, qui, plus près de sa source, porte le nom de Poungoué ; à cinq milles du confluent de cette rivière, le Shiré vient tomber dans le Zambèse, qu’il rejoint sur la rive gauche : il m’a paru avoir deux cents mètres de large. Non loin du confluent du Shiré, un peu dans les terres, est une estacade dont s’est emparé l’enseignellebeiro, à la tête de trois soldats
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européens; les vaincus furent désarmés et leurs fusils jetés dans le fleuve. Cet enseigne et le lieutenant Miranda avaient offert de disperser les hommes de Kisaka, dont les habitants de Senna ont tant à souffrir ; mais les Portugais n’ont pas accepté cette proposition , dans la crainte de se voir trahis par les mulâtres.
Ici l'immoralité et l'esclavage ont accompli leur œuvre; nulle part le nom européen n'est tombé aussi bas : mais que pouvaiton espérer? Peu de femmes portugaises viennent dans les colonies, et je n’ai pas retrouvé ici, à l’égard des enfants, l’affection et les soins paternels que j’avais remarqués dans la province d’Angola ; le Qls de l'un des derniers commandants de Tèté est réduit à la condition d’esclave et en a toutes les habitudes. Il n’y a ni prêtre ni école à Senna, bien qu’on y trouve des ruines de couvents et d’églises.
Nous avons vu , ainsi que je l’ai dit plus haut , une énorme quantité d'alfacinya flotter sur le Zambèse, au confluent du Shiré. Cette lentille d’eau gigantesque est probablement la pisiia stratiotes; elle était accompagnée d’une autre plante aquatique appelée njéfou par les Barotsés, et dont les pétioles renferment une amande d’un goût très-agréable. Sébitouané l’estimait tellement qu’il avait imposé aux peuplades conquises de joindre une certaine quantité de ces amandes au tribut qu'elles devaient lui payer. Le docteur Hooker me dit que « le njéfou est sans doute une espèce de trapa dont on mange les fruits dans le midi de l’Europe et dans l’Inde. Ces noix constituent pour le gouvernement de Kashmir un revenu de 128 000 charges d’ânes, qui représentent une valeur de 3 millions de francs; les anciens Thraces mangeaient, dit-on, une grande quantité de ces amandes qui , dans le midi de la France, portent le nom de châtaignes d’eau. »
Nous avons trouvé le njéfou et l’alfacinya dans toutes les parties dormantes du Liambye, où se trouve également Yazolla nilotica, jolie petite plante flottante que l’on rencontre dans les eaux du Nil supérieur1.
A quelques milles du Shiré, nous sortons des montagnes et
1. L’atistence rie ces plantes, que l’on ne voit jamais dans l'eau vive, et qui abondent dans le Shiré, prouvent que celte rivière découle d’un grand amas d’eau dormante.
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nous glissons entre des plaines immenses; on aperçoit, dans le lointain, les bords du fleuve qui sont couverts d'arbres élevés.
Après avoir couché dans une grande lie habitée, nous arrivons à l’entrée du Moutou, dont le point de départ, appelé Mazaro, est situé sous Je 18" 3' 37" latitude sud, et le 35° 46' longitude est. Les habitants qui vivent au nord de cette branche du Zambèse se nomment Baroros, et leur pays Bororo. Toute la rive droite est sous la domination des Landines; nous pensions qu’ils nous imposeraient la taxe qu’ils prélèvent ordinairement sur tous les étrangers , mais ils n’en ont rien fait ; j’ai regretté de ne pas les rencontrer; j’aurais voulu faire connaissance avec eux, savoir s’ils appartiennent à la famille des Zoulous ou à celle des Mashonas, et leur entendre exprimer leur opinion sur les blancs; d’après Sékouébou et quelques autres, ils en feraient très-peu de cas et les envisageraient comme une tribu conquise.
Le Zambèse, à Mazaro, est toujours un fleuve magnifique; il a, en cet endroit, plus de huit cents mètres de large, et ne renferme pas une fie ; la rive gauche est couverte d’arbres fournissant un excellent bois de construction ; mais le delta qui commence à l’entrée du Moutou est un immense bas-fond, couvert d’herbes grossières et de roseaux , où l’on ne voit çà et là qu’un petit nombre de cocotiers et de mangoustans. J’avais le plus vif désir de suivre le Zambèse et de m’assurer de l’endroit où cet énorme cours d’eau va se jeter dans l’Océan ; mais les Portugais m’ayant dit que le capitaine Parker, mort si malheureusement à l’embouchure de la Sulina, avait remonté le fleuve jusqu’à Mazaro, je ne doutais pas qu’il n’eût consigné son opinion dans un rapport officiel. Effectivement, dès mon arrivée en Angleterre, je m’adressai au capitaine Washington, hydrographe de l’amirauté, qui me procura , peu de temps après, le document que je désirais connaître. Le lecteur pourra donc juger du Zambèse depuis Mazaro jusqu'à la mer, d’après le témoignage d’un homme beaucoup plus compétent que je ne puis l’étre en pareille matière.
Extrait du journal du capitaine Hyde Parker, commandant le brick Pantaloon de la marine royale.
« Le Louabo est la principale issue du grand Zambèse. Dans la saison des pluies, surtout en janvier et en février, tout le pays est
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inondé et l’eau s'écoule par différentes rivières jusqu'à la hauteur de Quilimané ; mais, pendant la saison sèche , ni Quilimané ni Olînda ne sont en communication avec le Louabo.
« La position du Zambèse est incorrecte sur la carte de l’amirauté ; il y est indiqué à six milles au sud de l'endroit où il devrait être placé, et beaucoup trop à l'ouest; toute la côte elle-même, depuis le Louabo jusqu'à Tongamiara, est placée, sur cette carte, à l’ouest de la situation qu'elle occupe.
* L’entrée du Louabo est d’une largeur d’environ deux milles, et se reconnaît facilement, lorsqu’on est en face d’elle, à une espèce de morne, si je puis m'exprimer ainsi, formé par de grands arbres qui s’élèvent sur la rive orientale.
« La barre est formée de deux séries de bancs de sable ; celle qui part de la pointe de l’est décrit une diagonale de manière à traverser presque entièrement l’entrée ; son extrémité occidentale dépasse d’environ deux milles la pointe du côté de l'ouest.
« Le banc qui vient de la pointe occidentale se projette vers le sud, à trois milles et demi , et croise le précédent à une distance d’un quart de mille; cet espace de quatre cents mètres forme le passage de la barre. Quand les eaux sont basses, les bancs sont découverts en grande partie et s’élèvent en différents endroits à deux mètres quarante centimètres au-dessus de l'eau.
« Ces bancs offrent un passage en toute saison; lorsque la marée est haute et que le temps est beau , on peut les franchir en barque auprès de la pointe orientale ; mais il s'y trouve peu d'eau, et, par endroits, un lit de marée bourbeux et bouillonnant, qui exige de grandes précautions. D'après l'expérience que j'ai acquise, le meilleur moyen à prendre, pour entrer dans la passe, est de gouverner à l'est du passage, afin d’éviter la partie avancée des bas-fonds de l'ouest , où la mer est généralement mauvaise. Quand on arrive auprès de l'endroit où se croisent les bancs qui forment la barre , il faut longer la croisée jusqu’au moment où vous avez au nord-ouest le morne d'arbres situé à l’ouest de l’entrée du Louabo; gouvernez droit sur le morne, vous arriverez à l'extrémité de la croisée de la barre et vous entrerez immédiatement; l'eau est calme, la mer la plus mauvaise est généralement en dehors de la passe.
« La rivière s’élargit d’abord entre les deux caps et se rétrécit de nouveau ; à peu près à trois milles du morne d’arbres se trouve
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une ile; le passage est à droite, et le chenal est profond. Le plan rendra tout ceci plus facile à comprendre. La hauteur des grandes marées , à l’entrée de la rivière, étant de six mètres , tout navire peut y pénétrer à cette époque ; mais en dépit de tous les avantages que cette voie présente au commerce, jusqu’à présent elle ne profite à personne.
« L’eau est douce jusqu’à la barre, au moment du reflux; dans la saison des pluies elle est douce à la surface jusqu’au delà des bancs de sable. Quand, à cette époque, la lune est pleine ou qu’elle vient à changer, il arrive souvent que le Zambèse inonde ses bords, et forme un lac immense où l’on n’aperçoit que de loin en loin de petits mamelons à la surface de l'eau. Les cases qui l’avoisinent sont construites sur des piles, et l’on communique de l'une à l'autre en canot pendant l’inondation, qui ne dure pas plus de trois ou quatre jours de suite.
i Le premier village que l’on rencontre est situé sur la rive occidentale, à huit milles de l’entrée du Louabo, en face d'une autre branche du fleuve qui s’appelle Mouselo, et qui va se jeter dans la mer à cinq milles directement à l’est.
* Ce village est très-étendu, et le territoire qui l’entoure est cultivé sur un très-grand espace ; on y récolte principalement des calavances ou haricots de plusieurs espèces, du riz et des citrouilles. J’ai trouvé dans les environs du coton sauvage, qui m’a paru de très-bonne qualité ; mais je n’en ai pas vu de cultivé. Le sol est tellement fertile qu’il produit toutes choses, sans exiger beaucoup de travail.
« Il existe dans ce village une très-grande maison bâtie en pisé, et précédée d’une cour ; je suppose qu’elle est employée au baraquement des esclaves , plusieurs cargaisons de nègres ayant été exportées de cette rivière.
* J’ai remonté le Louàbo jusqu’à sa jonction avec leQuilimané, appelé aussi Boca da Rio, jonction qui , d’après mes calculs, serait à soixante-dix ou quatre-vingts milles 1 de la barre. L’influence des marées se fait sentir à vingt-cinq ou trente milles 1 de l’embouchure; en amont de ce point, la vitesse du courant, pendant les eaux basses, est d’un mille et demi à deux milles et demi 1 par heure ; elle est beaucoup plus grande dans la saison des pluies.
!. De 1 1 2 à 159 kilomètres. — 2. De 40 à 48 kilomètres.