I. Antilopes melampus. — 2. Antilopes sauteuse
ai»
EXPLUHATIOiNS
A Mashoué, où nous trouvâmes, dans un bassin formé de grès, une fontaine d'eau pure qui n'est jamais à sec, nous quittâmes la route qui conduit aux montagnes des Hamangouatos , et , continuant à marcher vers le nord, nous entrâmes dans le désert.
Après avoir abreuvé nos bœufs à une source nommée Lobotâni, située un peu au nord-ouest des llamangouatos, nous nous dirigeâmes vers une fontaine appelée Sérotli, et qui est bien réellement une fontaine du désert; le terrain qui l’environne est couvert de buissons et d'arbres à fleurs lilas qui appartiennent à la famille des légumineuses ; le sol est composé d’un sable fin et blanc, où nos roues enfonçaient jusqu’au-dessus des jantes, ce qui rendait le travail des bœufs excessivement pénible. Nous trouvâmes à Sérotli quelques-uns de ces trous que font les buffles et les rhinocéros en se roulant dans la vase; l'un de ces trous renfermait de l'eau, mais en si petite quantité que nos chiens l'auraient eu bientôt lappée si nous les avions laissé faire; c’était la seule que nous vissions autour de nous pour désaltérer quatre-vingts bœufs, vingt chevaux et autant d’hommes. Cependant Ramotobi, notre guide, dont la jeunesse s’était écoulée au désert, affirma qu’en dépit des apparences l’eau abondait dans le voisinage. Les bêches furent aussitôt produites, mais nos fiakouains, méprisant ces outils qui pour eux étaient de forme nouvelle, se mirent de tout leur cœur à gratter le sable avec leurs mains. Si l'eau que nous cherchions ne se trouvait pas en cet endroit, il nous fallait faire soixante-dix milles ’, c’est-à-dire voyager pendant trois jours, avant d’arriver à la première source. Nous eûmes bientôt nettoyé deux trous du sable qui les remplissait, de manière à leur donner environ deux mètres de large et autant de profondeur. Nos guides nous recommandaient surtout de ne pas percer la couche assez dure qui formait le fond du trou : car, une fois cette couche brisée, l’eau s’échapperait immédiatement. Un Anglais, dont l’jntelligence n’était pas des plus brillantes, avait donné la preuve du fait eu creusant, au mépris du conseil de ses guides, le fond des sources de Mohotluâni ; l’eau avait fui complètement par l’ouverture qu’il avait faite, et depuis lors elle n’avait jamais reparu. Lorsque nous arrivâmes à la couche résistante, que Ramotobi nous avait enjoint de respecter, l'eau arriva de tous les côtés de la fosse, et, quand nous lui eûmes donné