Quatre-vingt-seize et <juatre-vingt-dix-$ept centigrades
Zouga n’est qu’une prolongation du Tamunak’le ; un bras du lac Ngami vient aboutir à l’endroit où l’un (init et où l’autre commence; il est étroit et contient peu d'eau, tandis que la Zouga est large et profonde. Ce canal, que sur la carte on prendrait pour la continuation de la Zouga, n’a pas le moindre courant; l’eau y est aussi stagnante que celle du lac elle-même.
Le Tamunak’le et le Téoughé, étant essentiellement la même rivière et s’alimentant à la même source (l’Embarrach),ne peuvent avoir qu’une vitesse égale dans leur cours. S’il en était autrement, ou si le Téoughé pouvait remplir le lac, chose qui n’est jamais arrivée dans les temps modernes, ce canal servirait de déversoir et préviendrait l’inondation. Si jamais le niveau du lac descend au-dessous du lit de la Zouga, une partie des eaux du Tamunak’le s’y verseront au lieu de tomber dans la Zouga, et le Tamunak’le présentera le phénomène d’une rivière coulant à la fois dans deux directions opposées; mais il est douteux que ce fait, non encore observé dans ce district, puisse jamais s’y produire. Au moment où elle quitte le Tamunak’le, la Zouga est large et profonde, puis elle se rétrécit graduellement pendant un cours d’environ deux cents milles' et va tomber dans le Kumadau, petit lac de trois à quatre milles de large sur douze de longueur. L’inondation qui, beaucoup plus haut, commence au mois d’avril, produit peu d’effet sur ce petit lac jusqu’il la fin de juin ; au mois de septembre la rivière cesse de couler. Quand il arrive plus d’eau qu’à l’ordinaire, une petite partie s’échappe du Kumadau et va tomber dans le canal que nous vîmes pour la première fois le 4 juillet. S'il y en a plus encore, elle se déverse plus loin dans le lit rocailleux et desséché de la Zouga, que nous trouvâmes par la suite en allant plus à l’est. Toutes les rivières de cette région prennent leur cours entre des rives destinées à contenir un volume d’eau bien plus considérable que celui qu’elles présentent; on se croirait en Orient, dans un jardin abandonné, où tous les canaux d’irrigation existent encore, mais où les écluses ne laissent plus arriver qu’un filet d'eau. Le lit de la Zouga est parfaitement conservé, seulement il ne contient jamais assez d’eau pour qu’elle puisse arriver jusqu’à l’embouchure de la rivière; elle cesse de couler à peu de distance au delà du Kumadau, et le reste s’éva-