IMPLORATIONS
d’environ cent guinées'. Ses succès nous rendaient tiers, et non pas sans motif; les habitants eux-mêmes en conçurent la plus haute idée du courage des Anglais, et quand ils voulaient me flatter : * Si vous n’étiez pas missionnaire, me disaient-ils, vous feriez comme M. Oswell, vous chasseriez sans chiens. »
Lorsqu’en 1852 je revins au Cap, sans avoir à toucher le moindre salaire, et avec un habit qui datait de onze années, je trouvai, pour mes enfants à demi-nus, un trousseau complet du prix de deux cents guinées, qu’avait commandé M. Oswell, et que ce dernier nous offrit en disant que mistress Livingstone avait droit au gibier qu’il avait tué sur ses terres.
Trompés une seconde fois dans notre espoir d’arriver jusqu’à Sébitouané, nous rentrâmes de nouveau à Kolobeng, où nous >■ Mmes bientôt suivis par de nombreux émissaires que nous envoyait ce grand chef des Makololos. Dès qu’il avait appris les tentatives que nous avions faites pour aller le visiter, il avait envoyé treize vaches brunes à Léchulatébé, treize blanches à Sékomi, treize noires à Séchélé, requérant de chacun d'eux qu’ils voulussent bien prêter leur assistance à l’homme blanc, afin que ce dernier pùt arriver jusqu’à lui. Leur politique, néanmoins, s'y opposait formellement; c’est du reste une politique suivie dans toute l’Afrique; les peuplades qui occupent le centre de ce continent, que pas un bras de mer ne découpe et n’entame, ont été privées de relations avec les Européens, précisément par l’importance que ces relations ont prises chez les tribus des côtes.
Avant de partir une troisième fois pour aller chez Sébitouané, nous étions obligés d'aller à Kuruman. Sékomi fut pour nous d’une affabilité plus qu’ordinaire et nous donna même des guides; mais pas un de ceux qui nous accompagnaient ne connaissait, au delà de Nchokotsa, la route que nous avions l’intention de prendre: heureusement qu’arrivés à cette fontaine, nous y rencontrâmes un autre Bamangouato, dont la détente du fusil venait précisément de casser. Je n’ai jamais raccommodé de fusil avec plus d’ardeur que celui-là ; car, en échange de ce service, le propriétaire de l’arme brisée consentait à nous conduire, et cela nous permettait d’aller droit au nord, au lieu de nous écarter vers