CIO
labours in lhe south Africa , s’occupait très-activement de la publication de la Bible qu’il avait traduite en sichuana 1 et qu’il faisait imprimer par les presses dont sa station est pourvue. 11 lui avait fallu travailler énormément pour accomplir cette œuvre, que plus que personne il était capable de conduire à bonne fin, car depuis trente ans il étudiait le langage des Béchuanas qu’il a été le premier à écrire. On peut se faire une idée de la richesse de cette langue parce fait, que M. Moffat ne passait pas une semaine sans découvrir quelques mots nouveaux, et qu’il a pu traduire le Pentateuque en sichuana d’une façon plus concise qu’il n’est rendu en grec, et infiniment plus brève que dans la version anglaise. Toutefois, la construction de la phrase est tellement simple dans cette langue, que l’abondance des mots qu’elle renferme ne prouve nullement que les peuples qui la parlent soient déchus d’une civilisation supérieure à l’état social où ils vivent aujourd’hui. La parole est un attribut de l’esprit humain , et la variété des inflexions qui composent les langues les plus barbares, comme celle des Bushmen par exemple, prouve seulement que la race dont elles forment le langage est humaine et douée de la faculté de penser. Il est heureux qu’on ait pu traduire la Bible avant que des expressions étrangères aient corrompu le sichuana et pendant que vivent encore les personnes qui ont assisté aux assemblées délibératives et qui ont pu juger de l’éloquence des indigènes: car les enfants élevés dans nos écoles possèdent moins bien leur langue maternelle que les missionnaires eux-mémes; et les Européens nés dans le pays, bien qu’ils parlent le sichuana avec facilité , ne pourraient pas définir les mots d’un usage peu fréquent. L’interprète de sir Georges Calhcart disait un jour à celuici que la langue des Basoutos ne permettait pas d'exprimer la substance d’une pièce diplomatique; et il n’est pas une personne au contraire, parmi celles qui ont connu Moshesh, celui qui précisément envoyait la pièce en question, qui ne sût émerveille qu’il pouvait de prime abord en donner trois ou quatre versions différentes dans son propre langage, ce que l’interprète n’aurait peut-être pas été capable de faire en bon anglais.
Les riches et les pauvres parlent également bien leur langue ; il n’y a pas chez eux de style vulgaire; les enfants ont bien un