‹ Explorations dans l'intérieur de l'Afrique australe et voyages à travers le continent de Saint-Paul de Loanda à l'embouchure du Zambèse de 1840 à 1856Chapitre 28 sur 130 · Langue des Béchuanas · texte numérisé non relu

Langue des Béchuanas

patois qu’ils ont créé à leur usage, mais que les hommes ne voudraient pas employer. Les Bamapélas ont introduit dans leur dialecte un claquement particulier qui, joint à la répétition fréquente du son gn, parait avoir pour but d’empêcher les autres peuplades de les comprendre.

On se demande naturellement à propos de cette traduction de la Bible, imprimée dans l’intérieur des terres à sept cent milles 1 au nord du Cap, si l’utilité d’un pareil travail est bien réel, et si le christianisme, tel que les missions modernes l’ont introduit en Afrique , pourra s’y maintenir sans le concours permanent des missionnaires. Il n’y aurait certainement pas lieu de se féliciter de l’œuvre de M.Moffat.si la Bible béchuana devait avoir le même sort que la traduction choctaw de M. Elliot, dont on voit un exemplaire dans la bibliothèque de l’un des collèges de l'Amérique du Nord, et qui est écrite dans une langue que personne aujourd’hui ne peut parler ni comprendre ; mais la bible africaine aura probablement une meilleure destinée; on parle maintenant le sichuana dans toute la contrée qui est au nord du lac Ngami ; c’est le langage de la cour ; et, sur un territoire qui est plus vaste que la France, il n’est pas un individu qui tout au moins ne le comprenne; les Béchuanas, d’ailleurs, sont doués de cette vitalité qui forme l’un des traits les plus remarquables de toute la race africaine.

Il devient intéressant d'examiner si la foi des nouveaux convertis possède les éléments nécessaires pour se maintenir et se propager, ou si elle n’est qu’un produit exotique destiné à s’éteindre lorsqu’on lui aura retiré les soins qui l’ont fait naître. Si l’on ne développe pas chez les néophytes le sentiment de la responsabilité humaine, si on ne leur fournit pas l’occasion de pratiquer cette vertu , ceux même qui donnent le plus d’espérances les tromperont comme tous les enfants gdtés. Mais on a laissé à Madagascar un petit nombre de chrétiens sans autre appui que la Bible; et malgré les persécutions, malgré la mort dont ils étaient menacés comme adhérents à la foi nouvelle, ils se sont décuplés, et leur croyance est plus ferme qu’elle ne l’était à l’époque où la reine malgache a forcé les missionnaires d’interrompre leur enseignement.

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