‹ Explorations dans l'intérieur de l'Afrique australe et voyages à travers le continent de Saint-Paul de Loanda à l'embouchure du Zambèse de 1840 à 1856Chapitre 36 sur 130 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

La fièvre. — Ses symptômes. — Traitement des docteurs indigènes. — Hospitalité de Sékélétou et de son peuple. — L’une des raisons qu’ils donnent à l’appui de la polygamie. — Étendue de leur culture. — Les Makalakas ou les tribus soumises. — Politique de Sébitouané à leur égard. — Leur affection pour lui. — Produits du sol. — Instrument de culture. — Tribut. — Sa distribution. — Projets d'hostilités. — Provocation de Léchulatébé. — Les Makololos se décident à le punir. — Les Béchuanas. — Trois divisions de la grande famille des Africains du Sud.

Le 30 mai, je fus saisi de mon premier accès de fièvre. Nous étions arrivés à Linyanti le 23 ; comme je passai tout à coup d’un exercice violent à une inaction relative, et cela au commencement de l’hiver, la transpiration s’arrêta, et je m’imaginai tout d’abord qu’il s'agissait d’une courbature. Des bains et des boissons chaudes m’eurent bientôt rétabli ; et je croyais en être quitte, lorsque le 2 juin, une rechute prouva aux Makololos , qui connaissaient trop bien la nature du mal , que c’était la fièvre du pays; j’ai depuis lors fait amplement connaissance avec elle. C’est le vent d’est qui souffle à cette époque; il effleure en passant les grandes plaines inondées par le Chobé, ainsi que les bassins des étangs qui ailleurs se dessèchent, et il arrive à Linyanti, imprégné de vapeurs humides et chargé de la malaria. La lièvre en est la suite; on éprouve d’abord une violente courbature, un frisson qui vous glace, tandis qu’on a la peau brûlante. Chez moi, la chaleur était sous l’aisselle, sur la région du cœur et sur l’estomac, de 100° (37* centigrades 1/3); elle s’élévait à 103° (39° centigrades 1/3) sur la nuque et sur le trajet de l’épine dorsale. Toutes les fonctions des organes intérieurs sont suspendues, excepté celles des reins et du foie, qui, dans ses efforts pour dégager le sang des principes nuisibles, sécrète une énorme quantité de bile; de vives douleurs se font ressentir dans le front et dans la colonne vertébrale. Curieux de savoir si les

naturels possédaient quelque fébrifuge dont nous n’avons pas connaissance, je fis prier Sékélétou de m'envoyer l’un de ses docteurs. Mon confrère mit quelques racines dans un vase qu’il remplit d’eau, et qu’il plaça, lorsque l'eau fut bouillante, sous la couverture dont j’étais entouré; cette fumigation n’ayant produit aucun effet immédiat, il fit brûler, dans un fragment de pot cassé, un petit paquet de différents bois ayant certaines vertus médicinales, et dont la fumée devait, en s'ajoutant à la vapeur du vase caché sous ma couverture , provoquer une transpiration abondante. J’avais espéré faire connaissance avec un spécifique plus puissant que tous les nôtres; mais après avoir été mis à l’étuve, enfumé comme un hareng saur grillé sur du bois vert, et charmé secundum artem , il me fut démontré que je guérissais la fièvre beaucoup plus vite et beaucoup plus sûrement que les médecins du pays. Si nous ajoutons l’emploi d’une chemise mouillée , d'un léger apéritif et une certaine dose de quinine, au traitement des naturels, nous aiderons puissamment aux moyens indigènes. Les purgatifs, les saignées, tous les moyeus violents, doivent être mis à l’écart. L’apparition d’un herpès auprès de la bouche est considérée comme la preuve qu’aucun organe intérieur n’est sérieusement attaqué. L’état moral est d’une extrême importance; celui qui se laisse abattre ou qui s’effraye court infiniment plus de danger que l’homme d’un caractère énergique ou d’une nature insouciante.

Depuis que j’étais parti , les Makololos m’avaient fait un jardin où ils avaient planté du maïs, afin, disaient-ils, qu’à mon retour j’eusse à manger comme les autres. Le maïs était maintenant réduit en belle farine; ce sont les femmes qui l’écrasent; elles se servent pour cela de grands mortiers de bois , absolument pareils à ceux que nous voyons gravés sur les monuments égyptiens. Sékélétou joignit à cette farine une quantité de viande considérable, et dix ou douze jarres de miel, dont chacune pouvait contenir dix litres. Nous reçûmes, en outre, une provision de pistaches de terre (arachis hypogæa), toutes les foi3 que les peuplades soumises vinrent payer leur tribut aux Makololos ; et tous les huit ou quinze jours on nous donnait un bœuf de boucherie. Enfin, Sékélétou désigna deux vaches laitières, dont matin et soir le produit nous était apporté. L'usage du pays, en effet, impose au chef l'obligation de nourrir et de recevoir dans sa kotla

tous les étrangers qui ont spécialement affaire à lui ; on fait ordinairement un cadeau en échange de cette hospitalité; mais jamais personne ne vous le réclame, excepté dans les endroits où les coutumes africaines ont été modifiées. La conduite des Européens, très-louable en toute autre circonstance , détruit peu à peu cette conviction des tribus, que l’hospitalité est pour les chefs un devoir impérieux et sacré. La première chose qu’ils font en arrivant, c'est d’offrir de payer les vivres qu’ils dêmandent, de faire leur cuisine eux-mêmes, au lieu d’attendre le souper qu’on leur prépare, et souvent de refuser les aliments qui leur sont destinés; tout cela n’empêche pas qu’ils ne fassent le présent d'usage; et au bout de quelque temps, les indigènes réclament un cadeau

Mortier, pilou, tarais, vases et Jupon égyptietoi, identiquement pareils à ceux dont les Makolulos et Je» MakoUU* font usage actuellement (tiré de sir G. Wilkinson’» Ancrant Egyptiens).

de la part des voyageurs , sans avoir rien, fait qui puisse le mériter.

Les étrangers qui ont des connaissances parmi les sous-chefs, se rendent parfois chez ces derniers, qui les reçoivent de la même façon hospitalière que le chef de la tribu. C’est même l’un des motifs qu’ils font valoir en faveur de la polygamie; avec une seule femme, disent-ils, un homme honorable ne pourrait jamais traiter, comme il le doit, les étrangers qui viennent le voir. Ce raisonnement acquiert une certaine force dans un pays où les femmes sont chargées de la culture de la terre et de tout ce qui concerne les céréales comme, par exemple, à Kolobeng.

Les Makololos ont de vastes champs cultivés autour de leurs

villages; ceux qui, parmi cette peuplade, appartiennent véritablement à la race des Basoutos, vont avec leurs femmes travailler à la terre, chose qui n’arrive jamais à Rolobeng, non plus que chez les Cafresouchezles autres Béchuanas. Tous les ans, Moshesh, le grand chef des Basoutos, donne publiquement à son peuple l’exemple du travail agricole, et non pas en prenant une houe qu’il tient simplement à la main pendant quelques minutes, mais en piochant avec ardeur comme un véritable ouvrier. Malheureusement les Makololos, habitués depuis leur enfance à dominer les tribus conquises, n’ont pas hérité des goûts agricoles de leurs pères, et laissent aux Makalakasle soin de cultiver leurs champs; néanmoins leurs privilèges ont été fort restreints par Sébitouané lui-même.

On comprend sous le nom de Makalakas toutes les tribns que Sébitoaané a soumises dans la région centrale. Les Makololos sont en outre composés d’un grand nombre d’individus appartenant à des races différentes. Le noyau primitif se formait de Basoutos venus du Sud avec Sébitouané; à chaque victoire remportée sur les Béchuanas, les Bakouains, les Bangouaketzés, les Batouanas, les Bamangouatos, Sébitouané incorpora les jeunes gens de ces peuplades dans sa propre tribu; et la fièvre ayant plus tard décimé les vrais Makololos, il adopta le même système à l’égard des Makalakas. Nous avons trouvé auprès de lui les fils des chefs des Barotsés, qui avaient pour sa personne le plus vif attachement, et qui disent encore aujourd’hui que, si la mort n'avait pas enlevé Sébitouané, leur père, il n’est pas un d’eux qui n’eût donné sa vie pour le défendre. L’un des motifs de cette profonde affection est le décret par lequel Sébitouané les avait émancipés en déclarant que tous les membres de la tribu sont les enfants du chef.

Le sorgho ou doura est l’objet principal de la culture des Makalakas ; de plus ils font venir du mais, deux sortes de haricots, des arachides ou pistaches de terre, des citrouilles, des concombres et des melons d’eau. C'est de la pluie que dépendent tous leurs succès agricoles. Ceux qui habitent la vallée Barotsé cultivent en outre la canne à sucre, la patate douce, et le manioc ( jatropha Manihot). Le climat y est plus chaud qu’à Linyanti, et les Makalakas y augmentent la fertilité du sol par quelques essais d'irrigation.

L’instrument dont on se sert dans tout le pays pour cultiver les champs est une houe, dont les Batokas et les Banyétis forgent la lame, qu'ils obtiennent en faisant fondre le minerai. On peut donner une idée de la quantité de fer que ces derniers produisent annuellement, en disant que la plupart des houes qui sont employées à Linyanti proviennent du tribut annuel imposé aux forgerons de ces deux peuplades.

Sékélétou reçoit des tributs considérables ; un grand nombre de peuplades soumises à son autorité lui apportent du sorgho, des arachides, des houes, des lances, du miel, des canots, des pagaies, des vases de bois, du tabac, du chanvre, des fruits secs de diverses espèces, des peaux préparées et de l’ivoire. Ces objets sont apportés dans la kotla, où Sékélétou les partage entre ceux qui les désirent;

il n’en garde pour lui qu'une très-faible portion. Le chef est également propriétaire nominal de tout l’ivoire ; mais ce n'est qu’un moyen d'assurer la distribution équitable des articles qu’on obtient en échange. Il le vend avec l’approbation de ses conseillers et procède en plein jour, comme pour le reste, au partage des valeurs qui lui ont été données en payement. Il peut choisir et garder tous les objets qui lui conviennent ; mais s’il n’est pas plus généreux pour les autres que pour lui-même, il perd sa popularité. J’ai vu, en pareil cas, les personnes qui prétendaient avoir à se plaindre , se séparer de la tribu et aller s'établir auprès d’un autre chef. L'un de ces mécontents se réfugia auprès de Léchulatébé, qui l’engagea non-seulement à se fixer dans un village Bapalleng situé sur la rivière Chô ou Tsô, mais encore à

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faire main basse sur le tribut d’ivoire destiné à Sékélétou ; les Makololos furent exaspérés de ce vol qui constituait pour chacun d’eux une véritable perte. Sur ces entrefaites, quelques sujets de Léchulatébé étant venus à Linyanti, cinq cents Makololos prirent les armes pour simuler un combat. Les principaux guerriers pointèrent leurs lances dans la direction du lac, où est la demeure de Léchulatébé, et le cri unanime de houou! répondit à chacune de leurs menaces, tandis que celui de heuzz! accueillit les coups de lance qu’ils donnaient à la terre. Après une semblable déclaration, tous ceux qui dans la tribu sont capables de porter les armes doivent répondre à l’appel de leur chef. Sous le règne de Sébitouané, quiconque restait chez lui en pareille circonstance était tué sans merci.

Léchulatébé ne se contenta pas d’aggraver ses torts par la récidive , il fît composer des chants et faire des danses pour témoigner sa joie de la mort de Sébitouané. Celui-ci avait recommandé à son peuple de vivre en paix avec les habitants des bords du lac, et son fils ne demandait pas mieux que d’obéir à ce conseil ; mais Léchulatébé avait maintenant des armes à feu et se croyait sûr de vaincre les Makololos. Sébitouané avait enlevé à son père une grande quantité de bétail, et le pardon n’étant pas considéré comme une vertu parmi les idolâtres , il avait, pensait-il, le droit d’user de représailles. J’employai toute mon influence sur les Makololos pour leur persuader que le véritable . moyen d’avoir la paix, dont ils ressentaient le plus vif désir, était l’oubli des injures et des anciennes querelles. Il est très-difficile de leur faire comprendre que l'on commet un crime en répandant le sang des hommes ; ils sont tellement habitués à le voir prodiguer depuis qu’ils sont au monde, qu’ils n’ont pas conscience de l'énormité du forfait dont ils se rendent coupables en détruisant la vie humaine.

Je donnai en môme temps le conseil à Léchulatébé d'abandonner la voie où il était entré, surtout de faire cesser les chants et les danses : car, bien que Sébitouané fût mort, les guerriers qu’il avait dressés au combat étaient toujours pleins de vigueur.

Sékélétou, afin de se conformer aux volontés de son père, essaya de maintenir la paix, en envoyant dix vaches à Léchulatébé pour les lui échanger contre une certaine quantité de moutons.

Ces animaux prospèrent dans les landes couvertes de broussailles que l’on trouve aux bords du lac, mais ils dépérissent et vivent à peine dans les prairies marécageuses que l'on rencontre au nord du Chobé. Les Makololos qui furent chargés du message prirent une certaine quantité de houes, avec l'intention d’en acheter quelques chèvres. Léchulatébé accepta les vaches de Sékélétou et lui renvoya un nombre égal de moutons ; d’après la différence de valeur qui existe dans le pays entre ceux-ci et les vaches, il en redevait encore au moins cinquante ou soixante; de plus , l'un des Makololos essaya d’échanger ses houes dans un village avant d'en avoir obtenu la permission formelle de Léchulatébé, qui, pour le punir, le fit asseoir pendant plusieurs heures sur le sable brûlant (130 degrés au moins, 54° centigrades 4/9). Cette dernière offense combla la mesure et brisa toute relation amicale entre les deux tribus. Ainsi une peuplade infime, commandée par un chef déraisonnable, puisait dans la possession des armes à feu la conscience de pouvoir attaquer une race nombreuse et aguerrie. Toutefois, en Afrique de même qu’en Europe, la puissance de nouveaux engins de destruction a rendu la guerre moins sanglante et les combats moins fréquents ; il est extrêmement rare que deux tribus ayant chacune des fusils se déclarent la guerre l’une à l’autre ; en général, au moins dans le Sud, presque toutes les hostilités naissent de l’enlèvement du bétail , et la crainte d’être atteint par les balles des possesseurs de troupeaux empêche les maraudeurs de tenter l’expédition qu’ils auraient faite sans cela.

Tant que je restai chez les Makololos, j'eus assez d’influence pour que la paix fût maintenue ; mais il était facile de voir que l’opinion publique était en faveur de la guerre. « Léchulatébé garde nos vaches, disaient tout haut les jeunes gens ; allons en chercher le payement, que nous saurons bien prélever sur ses troupeaux de moutons. »

Les Makololos sont les derniers Béehuanas que l’on rencontre en allant vers le nord ; jetons un coup d'œil sur cette famille d’Africains, avant d’entrer sur le territoire de cette branche de la race nègre qu’ils appellent Makalakas. Le nom de Béchuana est formé du mot chuana, qui veut dire pareils , auquel est ajouté le pronom ba (ils), ce qui fait que Béehuanas signifie : Egaux ou camarades . On a dit qu’un voyageur ayant demandé à certains

individus de cette peuplade quelques renseignements sur les hordes voisines, il lui avait été répondu: Bachuanas, c'est-àdire, elles sont pareilles à nous ; et que ce voyageur, dont on ignore le nom, avait réussi à faire accepter cette réponse , qu’il n’avait pas comprise, comme étant le nom générique d’une nation qui habite depuis la rivière d’Orange jusqu’au 18° degré de latitude sud Mais, avant d’avoir entendu parler de cette méprise du voyageur inconnu, j’avais trouvé le nom de Béchuanas employé chez des peuplades qui n’avaient jamais eu de relations avec des Européens; et la manière dont ils s’en servent ne permet pas qu’on puisse se tromper sur le sens qu’ils y attachent : • Nous sommes Bachuanas, et nous valons autant que pas un des membres de la nation, répondent-ils à celui qui les insulte ; absolument comme les Irlandais ou les Écossais répondent en pareil cas: «Nous sommes Anglais,» ou bien : «Nous sommes Bretons. »

Li plupart des autres peuplades ne sont connues que par les noms qu’elles tiennent des étrangers, tels que les Cafres, les Hottentots et les Bushmen. Les Béchuanas , seuls, ont une désignation commuhe, qui s’applique à toutes les tribus de la môme famille. Ils ont également donné aux blancs un nom générique, celui de Makoa, dont ils ignorent l’étymologie; on pourrait supposer qu’ils ont voulu faire allusion à la beauté des blancs, car ils se servent du mot Makoa pour exprimer qu’une chose est belle; mais l’expression qui chez eux veut dire faible ou infirme s’en rapproche tellement, qu’il est probable queBurchell a raison lorsqu’il attribue l’origine de cette dénomination à l’habitude où étaient les indigènes de distinguer les différentes tribus des Cafres par des noms auxquels ils ajoutaient la terminaison koua, c’est-àdire homme; les Béchuanas l’auront fait précéder de la particule Ma, qui désigne une nation, d’où est résulté Makoa; ils furent d’abord connus eux-mêmes sous le nom de Brikouas, qui veut dire hommes-chèvres. Leur langage s’appelle sichuana; celui des blancs, sékoa.

Les Makololos ou Basoutosont porté plus loin encore cet esprit de généralisation ; ils divisent la grande famille des Africains du Sud en trois parties : 1° les Matébélés ou Makonkobis, c’est-à-dire

1. Les Makololos ont étendu leurs conquêtes jusqu’au IV; mais le pays n'en est pas moins resté peuplé par les Makalakas.

les Cafres qui habitent la zone orientale; 2" les Basoutos ou Bakonis; et 3° les Bakalaharis ou Béchuanas, qui occupent la région centrale et qui comprennent toutes les tribus qui vivent dans l’intérieur ou sur les confins du Kalahari.

Les Cafres se divisent, d'après eux-mêmes, en diverses peuplades, telles que les Amakosas, les Amapandas et quelques autres dont les noms sont bien connus; celui de Cafres est considéré par eux comme une insulte.

Les Zoulous de Natal appartiennent à la même famille; ils sont aussi renommés pour leur probité que leurs frères , voisins de la colonie, sont connus par leurs vols de bestiaux. Suivant les rapports qui ont été faits par les magistrats de Natal, jamais la vie et les biens des Européens n’ont été plus en sûrelé que chez les Zoulous pendant toute la période de l’occupation anglaise , alors que dix mille colons se trouvaient à la merci de plus de cent mille indigènes.

Cette famille renferme encore les Matébélés de Mosilikatsé, qui demeurent à peu de distance de la rive méridionale du Zambèse, et quelques tribus ignorées des peuplades qui vivent au nord de ce grand fleuve, et qui sont fixées au midi de Tété et de Senna. Cette région était également la limite septentrionale des Béchuanas, avant que Sébitouané eût poussé plus loin ses conquêtes.

Les Bakonis et les Basoutos comprennent toutes les tribus qui reconnaissent l'autorité suprême de Moshesh; nous trouvons parmi elles les Bataous, les Bapoutis, les Makolokoués, etc. ; et quelques montagnards qui habitent la chaîne des Maloutis, et que des personnes dignes de foi accusentde s’être livrés naguère à l’anthropophagie. Cette assertion a été mise en doute ; mais euxmêmes reconnaissent le fait dans leurs chants nationaux, et attribuent l'abandon de cette pratique odieuse à la possession du bétail que Moshesha introduit chez eux. Ilssont appelés Marimos etMayabathous, ou mangeurs d’h nmes, parles autres Basoutos, qui, à leur tour, se subdiviscn i vukatlas, en Bamakakanas, en Matlapatlapas, etc.

Les Bakonis, qui s’étendi... an nord que les Basoutos, comptent parmi eux les Batlu ' 'péris, les Bapos, une

tribu de Bakouénas, les Bamosctla i isélas ou Balakas,

les Babiris, les Bapiris, les Bahoukt Batlokouas, les

Baakhahélas, etc., etc., populations éun. agricoles et

qui, favorisées par des pluies abondantes, font venir une grande quantité de grain. C’est leur travail qui permet aux Boérs de vivre dans la paresse et dans l’abondance et de se livrer à la chasse aux esclaves et à l’enlèvement des bestiaux dans les régions éloignées où la justice anglaise ne peut plus les atteindre. Les Basoutos aiment également l'agriculture; ce sont, chez eux, les femmes qui travaillent la terre à la houe , qui chassent les oiseaux, qui font la moisson et qui vannent les grains; mais les hommes, ainsi que nous l’avons dit plus haut, vont toujours travailler avec elles, et beaucoup d’entre eux ont suivi le conseil des missionnaires et ont substitué la charrue attelée de bœufs à la houe du pays.

Les Bakalaharis, qui forment la branche occidentale de la famille des Béchuanas, se composent des Barolongs, des Bahouroutsés, des Bakouénas, des Bangouaketsés, des Bakaas, des Bamangouatos, des Bakouroutsés , des Batouanas, des Bamatlaros, et des Batlapis , chez lesquels les missionnaires ont obtenu les plus grands succès.

A l’époque où ils furent découverts, les Batlapis formaient une horde insignifiante et corrompue; mais habitant le voisinage immédiat de la colonie , ils eurent bientôt l’occasion d'établir avec le Cap des relations commerciales , et, grâce à la paix qui leur fut assurée et à l’influence de l’enseignement religieux , ils ont changé d'habitudes et ils possèdent aujourd’hui une grande quantité de bestiaux. Toutefois, les jeunes gens, qui ne peuvent pas s’imaginer l'état de dégradation dans lequel vivaient leurs pères, attribuent leur supériorité actuelle sur les peuplades moins favorisées du centre à leur sagesse native et aui heureuses qualités qu’ils ont reçues de la nature.

dans l’afrique australe.

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