I. 22* centigrades 2/9. — 2. 27* centigrades
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Comme dernière preuve d'affection, Shinté vint me faire une visite, et s’introduisit dans ma tente , bien qu’elle fût à peine assez grande pour contenir deux personnes; il examina avec le plus vif intérêt toutes les curiosités qu’il put y découvrir: le thermomètre, les livres, le miroir, le peigne, les brosses à cheveux, la montre, etc. ; puis fermant bien la tente afin que pas une des
Joyau de Shinlé et coquillage d’où il provient
personnes de sa suite ne pût voir le trait de folie dont il allait se rendre coupable, il tira de son vêtement un collier auquel était suspendue l’extrémité d’un coquillage conique, ayant, aux yeux de ces peuplades éloignées de l’Océan, une valeur aussi grande que les insignes du lord-maire peuvent en avoir à Londres; et me le passant au cou : «Maintenant, me dit-il, vous avez une preuve de ma sincère amitié. >
Les hommes de mon escorte m’apprirent que ces coquillages sont tellement estimés dans le pays, comme étant la marque distinctive d’une position élevée, qu’avec deux de ces coquilles on peut acheter un esclave, et qu’il suffit d'en donner cinq pour payer largement une défense d’éléphant d’une valeur de dix livres sterling.
A notre dernière entrevue, Shinté, en me désignant notre principal guide, un homme de cinquante ans environ, nommé Intémésé, me dit qu’il lui avait donné l’ordre de rester avec nous jusqu'à ce que nouseussions gagné la mer ; il ajouta que maintenant j’étais fort loin de Sékélétou, et que c’était désormais à lui seul que je devais m’adresser pour trouver un appui, qu’il serait toujours heureux de m'accorder. C’était simplement une façon polie de m’exprimer ses vœux pour le succès de mon voyage ; La recommandation de mes guides était la seule chose qui devait me servir de passe-port depuis le village de Kaléma jusqu'à la province d’Angola. Shinté nous remit une bonne provision de farine pour notre voyage, et après avoir motivé l’assentiment qu’il donnait à notre départ, en disant que personne ne pourrait dire que l’on nous avait chassés de la ville, puisque nous avions passé plusieurs jours avec lui, il nous fit un salut des plus affectueux, et je le quittai en appelant sur lui la bénédiction de la Providence.
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