I. Voy. , pour la description de ta tsetsé, la page
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semblent au-dessus des montagnes, absolument comme la nappe sur le mont de la Table, auprès de la ville du Cap.
C’est la première fois que nous sommes mouillés depuis notre départ de Séshéké. Autrefois je bravais la pluie, et, comme je ne consentais pas à me laisser porter lorsqu’il fallait passer les rivières, ce qui arrivait continuellement, j'étais toujours trempé; mais j’ai acquis de l’expérience, et aujourd'hui, quand je vois venir une averse , je ne manque jamais de faire halte; mes hommes coupent de l’herbe qu’ils placent sur un buisson de manière à former une espèce de hangar où ils s’abritent, je m’installe sur mon pliant, un peu d’herbe sous les pieds, mon parapluie à la main, et nous restons parfaitement secs; l'averse linie, mes compagnons font un bon feu , se réchauffent complètement, et nous nous remettons en route dans les meilleures dispositions du monde. Il en résulte que j’ai beaucoup moins de malades que lors de mon voyage à Loanda, bien que mes compagnons actuels soient quatre fois plus nombreux. L’expérience m’a également fait améliorer mon régime; en partant pour l’Angola je n'avais pris qu’un peu de sucre et de café, dans la crainte de surcharger mes hommes, et je comptais sur la générosité des indigènes et sur ma chasse pour nous alimenter pendant le voyage; mais cette fois j’ai de la farine de froment dont une partie était restée dans mon chariot ; j’ai trouvé l’autre portion dans l’envoi qui m'a été fait par M. Moffat, et je cuis mon pain dans un four que j’improvise en renversant ma marmite; grâce à toutes ces précautions et à la salubrité de ce pays-ci, je me porte admirablement.
30 décembre. — Après avoir quitté le Chiponga, nous suivons une chaîne de montagnes qui est placée à notre gauche et qui est composée de mica et de schiste argileux. Je trouve au fond de la vallée une forêt de gros arbres silicifiés, dont le gisement paraîtrait annoncer que la chaîne de montagnes, en se soulevant, les a précipités de l’endroit qu’ils occupaient vers la rivière. J’ai mesuré l’un de ces arbres qui est encore debout; je lui ai trouvé un mètre soixante-cinq centimètres de circonférence et douze couches ligneuses dans vingt-cinq millimètres d’épaisseur. Ces couches sont très-faciles à compter, en raison d'une lamelle de silice pure, qui les sépare et que le temps a moins altérée que l’écorce elle-même; les zones concentriques sont dès lors très-
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distinctes. W. (Juekett, ayant bien voulu examiner quelques échantillons de ces arbres , a déclaré qu’ils appartenaient à la famille des araucarias; il ajoute que, de tous les échantillons de bois qu’il connaît, ceux qui se rapprochent le plus des spécimens que je lui ai soumis, ont été trouvés dans la Nouvelle-Galles du Sud, où ils se rencontraient de même à l'état fossile.
Je n’ai jamais vu d’éléphants aussi peu farouches que sur les rives du Chiponga; nous passons littéralement à côté d’eux, sans même qu'ils changent de position. Dans les endroits, au contraire, où les armes à feu ont pénétré, ils s’inquiètent et s’éloignent dès qu’ils vous apérçoivent , y aurait-il entre eux et vous plus d’un mille de distance, et la détonation d’un fusil leur fait immédiatement prendre la fuite. Mes hommes en ont tué un qu’ils ont partagé avec les riverains du Chiponga , en échange de la farine que ceux-ci leur avaient donnée.
Nous passons la nuit sous un baobab qui est creux , et dont l’intérieur peut contenir vingt hommes; il a servi de logement à un certain nombre de Babisas.
La terre se couvre de buissons à larges feuilles; ils sont déplus en plus épais à mesure que nous approchons du Zambèse, et plusieurs fois nous avons été obligés de pousser des cris pour éloigner les éléphants qui obstruaient le passage. Comme nous traversions une clairière, un troupeau de buffles s’est mis à courir vers nous pour regarder nos bœufs de plus près , et ce n’est qu’en tuant l’un des leurs que nous avons pu les renvoyer. Leur chair a infiniment de ressemblance avec le bœuf, et nous la trouvons excellente.
Au milieu de tous ces animaux , dont la quantité prodigieuse est toujours pour moi un nouveau sujet d’étonnement, le seul danger que nous ayons couru a été de la part d’une femelle d’éléphant suivie de trois jeunes de différente taille, et qui s’est précipitée au centre de mon escorte ; en la voyant approcher, mes hommes jetèrent immédiatement leurs fardeaux, et son audace fut punie d’un coup de lance. Je n’avais jamais vu plus d’un jeune suivre la femelle de l’éléphant.
La quantité d’oiseaux d’eau que nous rencontrons nous annonce que nous ne sommes pas loin du Zambèse. Je viens de tuer quatre belles oies sauvages de mes deux coups de fusil, et rien ne serait plus facile que d’en fournir un souper copieux à mes cent
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quatorze hommes. Je ne crois pas qu’il existe de rivière où les animaux soient aussi nombreux, et, comme disent les ltarotsés: « Le poisson et les oiseaux du Zambèse sont toujours des plus gras. »
Le lleuve réjouit enfin mes yeux et sa largeur m’étonne ; elle est beaucoup plus grande ici qu’en amont des chutes de Victoria, et le courant, plus rapide en cet endroit qu’aux environs de Séshéké, donne une vitesse de quatre milles et demi à l’heure. Je suis frappé de la coloration de l’eau, qui est ici d’un rouge tymnâtre, phénomène qui ne se produit jamais dans la vallée barotsé. Nous avons déjà dit comment il se fait qu’à l’époque même de leur débordement, la transparence du Liambye et des rivières de l’intérieur n’est jamais altérée ; l’herbe épaisse qui couvre leurs bords, depuis l’endroit où ils prennent leur source, empêche la dégradation des terrains qu'ils traversent, et leurs eaux conservent leur limpidité ; mais ici l’herbe est courte, la pente beaucoup plus forte, et le lleuve entraîne une portion des terres qui l’avoisinent; il charrie actuellement une quantité considérable de branchages, de débris de roseaux, jusqu’à des arbres même. J’ai observé pareille chose dans la province d’Angola ; une fois qu’on est arrivé sur .le versant occidental, on remarque l’altération des eaux du Quango qui deviennent limoneuses , absolument comme celles du Liambye à l’endroit où nous sommes.
Nous gagnons les bords du fleuve à peu près à huit milles audessous de l’embouchure du Kafoué ; je regrette de n'avoir pas vu le confluent de ces deux magnifiques rivières. Le ciel est tellement nuageux, qu’il ne m’est pas possible d'établir notre latitude; nous poursuivons donc notre voyage, et côtoyant la rive gauche du lleuve, nous arrivons en face de l’ile de Ményé Makaba ; les lies que renferme le Zambèse sont nombreuses et parfois d’une assez grande étendue; celle-ci a environ deux milles de longueur (un peu plus de trois kilomètres; et plus d’un quart de mille de largeur. Outre les hommes qui l’habitent, elle possède un troupeau de buffles qui ne s'en éloigne jamais ; bêtes et gens paraissent se comprendre à merveille ; lorsque les uns se préparent à venger les licences que les buffles së sont permises dans leurs jardins, ceux-ci, d’ordinaire très-paisibles, n’attendent pas qu’on les chasse, et vont fièrement proposer la bataille. La seule époque où les habitants parviennent à décimer le troupeau est celle de
l'inondation, alors qu'une partie de Ményé Makaba est submergée, et c’est en canot qu’ils attaquent leur redoutable ennemi. La permanence du séjour de ces animaux sur ce territoire peu étendu , comparativement à leur nombre qui m’a paru excéder soixante têtes, prouve combien cette île est féconde ; si les pâturages n’y suffisaient pas amplement aux besoins du troupeau, comme les buffles savent très-bien nager et qu’ils n’auraient pas plus de deux cents mètres à franchir pour gagner la rive du fleuve, ils ne manqueraient pas d’émigrer toutes les fois que le moment arriverait où l’herbe deviendrait rare.
La chaîne de montagnes que l’on voit courir parallèlement au Zambèse doit être environ à quinze milles de la rive; celle qui se trouve au nord du fleuve s’en éloigne beaucoup moins. Les Batongas habitent la rive gauche, et les Banyaïs la rive opposée. Les buffles abondent dans la montagne, les éléphants y sont nombreux et les indigènes en tuent beaucoup sur les deux rives ; pour cela ils dressent un échafaudage sur des arbres élevés dont les branches se déploient au-dessus du chemin que parcourent les éléphants; ils s’arment d’une lance dont le fer a cinquante centimètres de long sur cinq de large, et la hampe un mètre cinquante centimètres de longueur ; quand l’animal vient à passer au-dessous d'eux, ils lui jettent cette lance entre les côtes ; la force du coup, les mouvements imprimés à la hampe par les arbres auxquels se heurte l’éléphant dans sa fuite, occasionnent d’affreuses blessures qui ne tardent pas à causer la mort de l’animal. Ils se servent également d’une lance insérée dans une poutre qu’ils suspendent à une branche au moyen d’une corde fixée i une espèce de trébuchet placé sur la voie de l'éléphant ; le pied de l’animal, en touchant le piège, fait tomber la poutre, dont le fer empoisonné cause une blessure qui est toujours mortelle.
La pluie nous retient pendant plusieurs jours à l’île de Ményé Makaba ; les nuages, poussés par le vent d’est, s’accumulent à la cime des montagnes, où ils s’arrêtent, et fondent en averses diluviennes sur la vallée où nous sommes. Aussitôt que nous pouvons partir, le chef de l’île. Tomba Nyama, nous prête un canot pour traverser une petite rivière, nommée le Chongoué, qui peut avoir de cinquante à soixante mètres de large et qui est actuellement débordée. Toute cette région est familière à Sékouébou, qui l’a traversée lorsqu’il était enfant; à cette époque, me dit-il, les habi-
tants possédaient de nombreux troupeaux et la tsetsé était inconnue dans le pays. La présence de cet insecte prouve qu’il peut être apporté d’un lieu à un autre par les animaux sauvages.
La rive est couverte d’une végétation tellement luxuriante que la marche y est très-difficile ; les animaux seuls y ont ouvert des sentiers, heureusement qu’ils abondent : partout des zèbres, des pallahs, des buffles, des waterbocks ', des sangliers, des koudous et des antilopes noires. Je viens de tuer un buffle qui se roulait dans un étang vaseux ; il avait au flanc une énorme blessure qui lui avait été probablement faite par un alligator.
Chose assez remarquable, depuis que nous sommes placés entre les montagnes et la rive gauche du Zambèse , la pluie semble augmenter la chaleur; au lever du soleil, nous avons de 82 à 86° (de 27 à 30° centigrades;. A midi, sous ma tente, qui est elle-même à l'ombre la plus épaisse que nous puissions trouver, le thermomètre s’élève à 98“ (36° centigrades 6/9), et le soir il est encore à 86“. Dans la région du centre, le mercure est toujours descendu en pareille circonstance à 72 et parfois même à 68" (20* centigrades). Nous avons ici un petit scarabée noir qui fait une piqûre analogue à celle des moustiques, mais un peu moins cuisante ; cela me rappelle qu'il n’y a pas de moustiques sur les hautes terres que nous laissons derrière nous.
6 janvier 1856. — Dans chaque village on nous donne une couple d’hommes pour nous conduire à la bourgade prochaine; ces guides nous sont fort utiles au milieu des jongles, dont ils nous font éviter les endroits impraticables. Aux environs de tous les hameaux, nous trouvons les hommes, les femmes et les enfants occupés à esherber leurs jardins ; les hommes sont vigoureux, biën musclés, et ont de grandes mains excellentes pour conduire la charrue. Leur couleur varie du brun foncé à l’olivâtre, ainsi que chez les llalondas ; ils se font, en relief, une cicatrice linéaire, qui va de la pointe du nez à la racine des cheveux; bien qu’ils aient les lèvres épaisses et le nez épaté, la physionomie nègre ne se rencontre parmi eux que chez les êtres les plus dégradés. D’après ce que m’avaient dit les Portugais de la faveur dont les albinos jouissent auprès de certains chefs, en qualité de mé-