‹ Explorations dans l'intérieur de l'Afrique australe et voyages à travers le continent de Saint-Paul de Loanda à l'embouchure du Zambèse de 1840 à 1856Chapitre 92 sur 130 · I. Egoccros ellii>siprimus · texte numérisé non relu

I. Egoccros ellii>siprimus

decin, je m’attendais à en rencontrer sur ma route ; je n’en ai pas vu un seul depuis que je traverse l’Afrique. J’en avais trouvé deux il y a quelques années : un homme dans la colonie du Cap et une femme à Kuruman ; leur épiderme était beaucoup plus tendre que celui des noirs, et tous les endroits de leur corps qui se trouvaient exposés au soleil étaient couverts d’ampoules. I.a femme habita Kolobeng pendant quelque temps; elle cherchait tous les' moyens de se noircir ; mais le nitrate d’argent, pris à l’intérieur, ne produisit même pas son effet ordinaire. Une fois, à Mabotsa, je reçus la visite d’une femme dont l’enfant était albinos ; il avait la pupille rose, la vue faible et indécise, les cheveux, ou plutôt la laine jaune, les mêmes traits que la plupart des Béchuanas, et une intelligence remarquable pour son âge. Le père avait ordonné à sa femme de se défaire du pauvre petit ; elle refusa d’y consentir pendant plusieurs années, mais on m’a dit qu’après mon départ elle s’était fatiguée de l’isolement où elle vivait , et que pour rentrer avec son mari elle avait fini par tuer son tils dans les environs de Mabotsa. Les autorités du pays n’ont pas considéré cette action comme un crime. L’absence d’albinos dans la province de Loanda me fait soupçonner que les habitants de cette région les tuent dès leur naissance, comme ils détruisent en général tous les nouveau-nés dont la conformation est vicieuse. Je n’ai rencontré qu’une naine chez les Makololos , et un nain parmi les Balondas : encore était-il esclave. Du reste, le genre de vie de ces peuplades est très-propre au développement du corps ; leur nourriture est généralement saine, et quant à leur nudité, si elle les expose à toutes les intempéries des saisons, elle a du moins l’avantage de ne pas accumuler tous les miasmes que renferment des habits ' malpropres ; dans les épidémies de petites véroles et de rougeoles qui sévissent près de la côte, on a observé que les mulâtres, qui tous ont des vêtements, fournissaient les cas les plus nombreux et les plus graves.

Dans plusieurs tribus, l’enfant qui est déclaré llolo, c’est-à-dire qui contrevient à la loi, est toujours mis à mort, et cette contravention est parfois assez curieuse ; ainsi le pauvre baby, dont les incisives paraissent à la mâchoire supérieure avant d’en avoir en bas, est impitoyablement détruit chez les Bakaas, et je crois aussi chez les llakouains; ailleurs, deux jumeaux éprouvent le même sort. Un animal peut également se rendre coupable de transgres-

sion et mériter le dernier supplice ; un bœuf qui, étant couché, bat la terre de sa queue, est tué immédiatement pour avoir appelé la mort dans la tribu. En revenant de Loanda, mes hommes rapportaient, comme je l'ai dit, une quantité de volailles de belle race, qu’ils voulaient introduire dans le pays des Makololos; si par hasard l’un de ces coqs précieux venait à chanter avant minuit, il se trouvait en contravention , et le lendemain matin il était égorgé ; ces volatiles étaient perchés sur le fusil de leur maître, et lorsque, en traversant la forêt, l’un deux entonnait son chant pour se désennuyer, il était immédiatement battu, pour lui apprendre à ne pas chanter hors de propos.

Ici les femmes ont l’habitude de se percer la lèvre supérieure et d’élargir graduellement l’ouverture qu'elles y ont pratiquée, de manière à pouvoir y introduire un coquillage ; cet ornement leur fait saillir la lèvre bien au delà du nez et les rend d’une laideur épouvantable; Sékouébou prétend qu'elles ont éprouvé le besoin d’avoir un bec de canard ; et en effet elles sont parvenues à réaliser cet idéal presque aussi bien que l’ornithorhynque. Cette coutume est générale dans toute la contrée des Maravis, et il faut avouer que la mode n’a jamais obtenu des femmes un trait de folie plus extravagant.

Nous avons de la pluie tous les jours et, quand elle cesse, le temps n’en est pas moins couvert ; le soleil parait alors entre les nuages et nous brûle au point que mes compagnons le maudissent en invoquant la pluie. Jamais sur les hautes terres ils ne se plaignaient de la chaleur, non plus que mes Zaïnbésiens sur la crête du Golungo; mais, en descendant au fond de la vallée d’Angola, ces derniers commencèrent à trouver le soleil insupportable, comme nou3 le faisons de ce côté-ci ; j'éprouve en effet, au milieu de cette atmosphère étouffante, un malaise que je ne ressentais pas sur les hauteurs.

Nous sommes nombreux, le gibier abonde : aussi la chasse occupe-t-elle une partie de mes journées. Nos rapports sont toujours excellents avec les chefs des villages que nous trouvons sur notre chemin, et c’est à qui nous offrira de la farine et d’autres aliments. Aujourd’hui on m'apporte une corbeille de riz : c’est le premier que je vois dans cette région ; il n’en existe pas dans les provinces du centre ; celui qui m’en fait cadeau l’appelle le blé des hommes blancs ; je le prie de m'en donner davantage

en lui promettant de le lui payer , il me demande un esclave en échange. Nous voilà revenus au pays de la traite des nègres ; plus de ces bons chefs qui nous ont si bien reçus ; en disant adieu à Mobala, nous n’avons plus rien à espérer des autres. Quelques heures après l’avoir quitté, nous arrivons chez Chilolé ou Sélolé, qui, nous considérant comme ennemis, vient d’envoyer un exprès à Mbourouma pour l’engager à nous déclarer la guerre. Toutes les femmes de Sélolé ont fui, et les quelques habitants que nous rencontrons manifestent la plus vive terreur. Mbourouma, en réponse au message de Sélolé, envoie une partie de ses guerriers sous la conduite de son frère; mais celui-ci, voulant savoir à quoi s'en tenir, vient me trouver tout d’abord, et me met au courant de l’aventure ; je lui explique mes intentions, il les comprend à merveille, et il m’assure que Mbourouma nous recevra parfaitement. J’ai su plus tard ce qui avait motivé la panique de Sélolé; un Italien appelé Simocns, et que les naturels avaient surnommé Siriatomba, c'est-à-dire qui ne mange pas de tabac, s'était marié avec la fille d’un chef dont la résidence est au nord de Télé; il remonta le Zambèse jusqu'au delà de Méya Makaba, et, secondé par cinquante esclaves armés de mousquets, il attaqua les habitants de plusieurs (les, fit un grand nombre de prisonniers et s’empara de beaucoup d’ivoire. A son retour, les chefs des bords du fleuve se réunirent contre lui, à l’instigation de Sékokolé son beau-père, détruisirent sa petite armée, et le tuèrent au moment où il prenait la fuite. Sélolé s'était figuré que j'étais un autre Italien. * Siriatomba est revenu de chez les morts, » fit-il immédiatement savoir à Mbourouma, ajoutant que nous avions tout détruit sur notre passage et que Mobala n'existait plus; mais l’apparition de Mobala, qui vient précisément d’arriver pour juger de la manière dont nous sommes accueillis, fait comprendre au frère de Mbourouma que c'est une mystification, et tout s’arrange. Néanmoins ce diable de Sélolé a failli nous mettre dans une cruelle position.

Le frère de Mbourouma possède un fusil, le premier que nous ayons vu depuis que nous avons quitté le pays des Makololos.

Nous manquons de viande et mes hommes sont allés attaquer des éléphants. Au moment où ceux-ci ont commencé à fuir, l’un d’eux est tombé dans une fosse où il a reçu plusieurs javelots de chacun des soixante-dix hommes qui étaient à sa poursuite ;

quand il est sorti de cette fosse , il ressemblait à un immense porc-épic, et mes hommes, n’ayant plus de javelines, m’ont fait prier de venir achever leur éléphant. Dans l’intention de mettre fin d'un seul coup aux tortures du pauvre animal, je me suis placé à vingt pas de lui , sur une éminence qu’il lui aurait été difficile de gravir, et, appuyant sur une fourmilière le canon de mon fusil afin de viser plus juste, je lui ai tiré douze balles de deux onces qui n’ont pas réussi à le tuer. Comme il faisait presque nuit, j’ai engagé mes hommes à revenir au camp, bien persuadé qu’il serait mort le lendemain sans avoir pu s’éloigner; mais, quoi que nous l’ayons cherché partout et que nous ayons fait plus de dix milles, nous n’avons jamais pu le retrouver. Je signale ce fait aux jeunes chasseurs qui croient pouvoir chasser l’éléphant à pied, et le tuer d'une balle dans le cerveau, d’après la méthode des habitants de Ceylan ; je suis persuadé qu’en Afrique, celui qui se placerait en face d’un éléphant avec l’espoir de le tuer du premier coup, irait à une mort certaine. J’ajouterai qu’il est impossible d’avoir des chevaux sur les bords du Zambèse, où la tsetsé infeste les deux rives, et que la chasse est tellement fatigante dans ce pays-ci, que le sportman le plus intrépide ne tarderait pas à s’en lasser. J’étais enchanté pour ma part d’avoir épuisé mes dernières balles afin d’abandonner la partie à mes hommes, qui eux-mêmes ne se décident à chasser que lorsqu’ils y sont obligés parla faim. Quelques-uns d’entre eux m’ont demandé si mon assiette n'était pas en plomb; c’était m’insinuer que je pourrais bien la fondre ; j’en avais deux en étain ; j’ai profité de leur conseil et je viens d'en faire des balles. J’ai aussi dépensé tout le reste de mes mouchoirs pour leur acheter des lances. Ils s’approchent des troupeaux de buffles et en tuent beaucoup de jeunes ; quant à moi, avec mon mauvais bras qui m'oblige à tirer de la main gauche, je suis un pauvre chasseur; la légèreté de mes balles, jointe à ma maladresse, me fait revenir souvent tel que j’étais parti; et plus nous manquons de vivres, plus la chasse est mauvaise.

Que l’on me permette de raconter ici une aventure de chasse arrivée à un homme qui a couru plus de dangers que personne au monde, et qui est trop modeste pour jamais rien publier de ce qui a rapport à lui. En 1850, à l’époque où nous étions sur les rives de la Zouga, M. Oswell poursuivait un éléphant au milieu

du fourré impénétrable qui borde cette rivière, et où les animaux que l'on pourchasse vont chercher un asile ; relevant les branches et se frayant un passage à travers le hallier, en faisant plier les buissons épineux sous le poids de sa monture, il se trouva tout à coup dans un endroit moins épais et vit l’éléphant, dont jusqu’alors il n’avait entrevu que la queue, se précipiter vers lui. Obligé de fuir sans prendre le temps d’écarter les branches, il lui devint impossible de revenir sur ses pas ; il lui fallut mettre pied à terre, mais, en descendant de cheval, sa jambe fut accrochée par les broussailles et l’éperon laboura les flancs de sa monture ; l’animal bondit, et le cavalier tomba par terre, le visage tourné vers l’éléphant qui approchait. M . Oswell vit l’énorme pied de la bête gigantesque près de se poser sur ses jambes, il les écarta et s’attendit à être écrasé par les pieds de derrière qui allaient retomber sur son corps; il retint son haleine et vit passer au-dessus de lui toute la masse du géant. Il n’est arrivé à ma connaissance qu’un autre exemple d’un éléphant qui, pourchassé, ait franchi le corps d’un homme sans lui faire aucun mal. Celui qui connaît les lieux se sent pâlir en songeant à la rencontre d'un ennemi aussi formidable en un pareil endroit ; les épines que l’on trouve dans ce hallier, tranchantes comme une lame de poignard, sont distribuées par couples opposées, demanière à se tourner toujours vers l’intrus qui se presse contre le buisson qu’elles défendent. Il est peu de chevaux qui osent affronter ces broussailles effroyables.

Comme nous approchions du village de Mbourouma, nous avons trouvé le frère de celui-ci qui venait à notre rencontre ; il m’a dit que nous inspirions des craintes assez vives à la population, qui tremble toujours au nom de Siriatomba.» Ce dernier, ajoute-t-il, s’était présenté comme vous en prononçant des paroles de paix ; il n’en a pas moins capturé les enfants, pris tout l’ivoire, et l’on est persuadé que vous allez faire la même chose. — Ai-je un seul esclave parmi les hommes qui m’accompagnent et voyez-vous des enfants au milieu d’eux? » lui demandai-je. Il m’a paru de nouveau convaincu de la pureté de nos intentions, et l’entretien s’est prolongé sur différents sujets, entre autres sur la déception que j’avais éprouvée la veille à propos de notre éléphant. « Les habitants du village où vous étiez ont été bien coupables à votre égard, m’a répondu mon interlocuteur ; ils n’avaient qu’à venir ici, Mbourouma leur aurait donné un peu de farine, et l’ayant

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semée sur la terre en offrande aux esprits, vous auriez retrouvé tout de suite votre éléphant. » Les chefs de cette région se sont revêtus d’une espèce de sacerdoce, et le peuple s’imagine que, par leur entremise, on peut se rendre la divinité favorable. Lorsque j’étais au village de Sémalemboué, plusieurs individus, ayant appris que j’avais donné quelques médicaments à des malades, vinrent me trouver en me demandant une drogue qui les fit réussir dans leur métier; l’un était chasseur d’éléphants, l’autre d'hippopotames, celui-ci creuseur de trappes , etc. Tous les Africains ont une foi sans bornes dans l’efficacité des préparations magiques, et pour eux tous les médicaments sont des charmes. Je leur réponds que c’est à Dieu, et non à moi, qu’ils doivent adresser leurs prières et demander protection; mais il est probable qu’ils n’en sont pas convaincus. Mbourouma n’est pas venu me voir, et les habitants de son village nous témoignent une défiance excessive ; ils nous ont pourtant donné du mais , de la farine et du sorgho , mais ils ne s’approchent de nous que par bandes nombreuses et armés jusqu’aux dents. Toutefois je ne m’inquiète pas beaucoup des embarras que nous avons aujourd’hui ; si, comme je l’espère , nous parvenons au but de notre voyage sans être obligés de nous défendre , la confiance se rétablira bien vite, et nous ne rencontrerons plus à notre retour ces regards voilés et soupçonneux. Le sol, partout brillanté de mica, est très-fertile; et dans les vallées, qui sont toutes mises en culture, le maïs est maintenant en épis et le grain en est mangeable.

Les montagnes se rapprochent du Zambèse sur les deux rives, et forment une gorge étroite qui porte le nom de Mpata, comme toutes celles du même genre. Il y a bien, tout au bord du fleuve, un sentier que nous pourrions suivre ; mais je lui préfère un chemin beaucoup plus large qui traverse la chaîne du côté de l’est, et qu’on trouve dans un défilé qui s’appelle Mohango. Les montagnes y sont couvertes d'arbres, et leur élévation est d’environ deux cent trente à trois cents mètres. Les roches se composent de -micaschiste de nuances diverses; une large bande de gneiss, renfermant des grenats et traversée par plusieurs coulées de basalte, mêlé de dolérite, suit une direction parallèle au Zambèse.

Mbourouma nous envoie deux guides pour nous conduire h

la Loangoua. Lorsque nous sommes à peu près à six milles du village, ces hommes nous désignent un arbre et nous disent que leur chef désire que nous nous arrêtions là pour y passer la nuit; je ne tiens pas compte de cette espèce d'injonction, et nous poursuivons notre route. Aux environs de la prochaine bourgade, on nous annonce que l’on doit nous apporter des provisions et que nous devons les attendre; mais personne ne vient, et, au bout d’une heure, je fais continuer la marche. Cette détermination parait contrarier nos guides; bientôt l’un d’eux nous quitte et s’enfuit dans la direction de Mbourouma. Ils avaient d'abord essayé de nous diviser, en insistant pour nous faire descendre le Zambèse , nous offrant, à Sékouébou et à moi, de nous prêter un canot, tandis que mes hommes continueraient à suivre le chemin de la montagne. Je ne sais pas s’ils ont vraiment des intentions hostiles; mais je sais qu’une caravane de Babisas, qui venait de Mozambique, a été pillée dans ces parages; et, sans manifester le moindre soupçon à mes guides, je refuse poliment d’accepter leur canot et de faire halte aux endroits qu’ils me désignent.

Les éléphants abondent toujours; mais ils sont plus farouches et s’éloignent rapidement dès qu’ils nous aperçoivent.

Notre marche est très-pénible ; c’est tout au plus si nous faisons dix milles par jour (seize kilomètres). Au village de Ma Mbourouma1, nous sommes rejoints par celui de nos guides qui nous avait abandonnés, et, tous les deux ayant fourni de bons renseignements sur notre compte, les femmes et les enfants nous regardent sans effroi. Les habitants m’ont pris tout d'abord pour l’un des marchands qui ont l’habitude de venir ici et qu’ils appellent bazungas. Je suppose que ces négociants, qui pénètrent dans cette région par le Zambèse, et qui, d’après les naturels, ont la peau et les cheveux différents des miens, sont des mulâtres portugais.

Ma Mbourouma nous offre des canots pour traverser la Loangoua ; ses sujets viennent sans défiance regarder ma montre, mes livres, mon miroir, mes revolvers, etc., etc. Ils sont forts et musculeux, et les hommes cultivent la terre ainsi que les femmes. Le sol renferme une si grande proportion de talc et

t. La mère de Mbourouma.

de mica pulvérisés , provenant des montagnes voisines , qu’il semble avoir été mêlé avec du blanc de baleine.

Il est d’un usage à peu près général dans ce pays-ci de ne manger le sorgho ou le maïs qu’après l’avoir fait germer en le faisant tremper dans l’eau. Toutes les femmes ont une coquille dans la lèvre, ce qui les rend affreuses; et jamais je ne les ai vues sourire. Les habitants de cette région comprennent trèsvite ce qu’on leur dit au sujet de Dieu ; ils écoutent mes paroles avec une grande attention et m’exposent en échange leurs idées sur l’immortalité de l’âme et sur l’existence des esprits.

Le village de la mère de Mbourouma, entouré de hautes montagnes entrecoupées de vallons cultivés où la végétation est luxuriante, est dans une situation admirable. Nous passons le plus vite possible au milieu de ces vallées fécondes, cherchant à fuir la tsetsé qui infeste aujourd’hui les pâturages où Mpakané et tant d’autres maraudeurs ont capturé naguère des troupeaux si nombreux. Sékouébou se le rappelle encore ; il me raconte ces razzias dévastatrices, auxquelles il a pris part, et baisse la voix pour que nos guides n’entendent pas qu’il était avec leurs ennemis. Toutefois, malgré cette précaution, il est très-évident qu’ils ne sont pas rassurés à notre égard. « Ils ont à la bouche des paroles de paix, disent-ils en parlant de nous aux gens près desquels nous passons. Beau langage ! mais grands menteurs, comme tous les Bazungas. >

Ils croient que nous ne comprenons pas ce qu’ils disent; mais Sékouébou n’en perd pas une syllabe ; et, sans paraître avoir entendu leurs observations peu flatteuses, nous avons grand soin d’expliquer tout d’abord que je suis un Makoa, c’est-à-dire un Anglais, et que je n’ai rien de commun avec les Bazungas.

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