‹ Explorations dans l'intérieur de l'Afrique australe et voyages à travers le continent de Saint-Paul de Loanda à l'embouchure du Zambèse de 1840 à 1856Chapitre 93 sur 130 · CHAPITRE XXIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIX

Embouchure de la Loangoua. — Hostilités apparentes. — Ruines d’une église.

— Traversée de la rivière. — Séparation amicale. — Ruines de maisons construites en pierre. — Situation de Zumbo. — Jardins. — Visite du docteur La corda à Cazembé. — Tentative infructueuse de relations commerciales avec les sujets de Cazembé. — L’un de mes compagnons est jeté en l’air par un buffle. — Rencontre d’un homme ayant une jaquette et un chapeau. — Marécages et terrasses sur les bords du Zambèse. — Succès de la danse de mes compagnons. — Pays d’une admirable beauté. — Hostilité de Mpendé. — Sortilèges. — Perspective de combat.

— Visite de deux vieux conseillers de Mpendé. — Leur opinion sur les Anglais. — Mpendé renonce à nous attaquer. — Il nous accorde son affection. — Paysage. — Patates douces. — Confirmation de la théorie pluviale des Bakouains. — Tonnerre sans nuages. — Désertion de l’un de nos hommes. — Opinion des indigènes sur les Anglais. — Dalama. — Haine des habitants pour les marchands d’esclaves. — Rencontre do trafiquants indigènes colporteurs de calicot américain. — Lois sur la chasse. — Sel extrait du sable. — Fertilité du sol. — Hyène tachetée.— Politesse et libéralité des habitants. — Avarice d’un marchand de race blanche. — Observations des indigènes à cet égard. — Changement de direction du vent et de la pluie. — Rareté du bois à brûler.

— Bois de construction. — Boroma. — Inondations. — Chicova. — Configuration géologique. — Rapides aux environs do Télé. — Guide loquace.

— Nyampungo , docteur ès pluie. — Un vieillard. — Lavage de l'or.

— Absence de bétail.

14 janvier. — Nous atteignons l’embouchure de la Loangoua, et je remercie Dieu d’avoir permis que nous pussions y arriver sans coup férir. Les sujets de Mbourouma nous ont témoigné tant de défiance, que nous devions craindre à chaque instant d’être attaqués; nous les voyions, çà et là, réunis en grand nombre, à distance de notre camp; et, malgré leurs protestations .affectueuses, nous n’avons jamais pu en obtenir plus de deux canots, bien qu’ils en aient beaucoup. D’après eux, les Bazungas auraient autrefois habité ce pays-ci ; quant , au motif qui les aurait éloignés , les naturels conservent à cet égard un silence absolu.

J’ai découvert, en me promenant, les ruines d'un édifice en pierre; ce sont les restes d'une église. J'y ai trouvé dans l’herbe une cloche avec les initiales J. N. S., accompagnées d’une croix, mais n’ayant aucune date; pas d’inscriptions nulle part, et les habitants n’ont jamais pu me dire quel nom les Bazungas donnaient à leur résidence. J’ai su plus tard que ces ruines étaient celles de Zumbo.

Vers le soir, je me suis senti profondément troublé en pensant que tous mes eflorts séraient perdus si le lendemain, comme je devais m'y attendre, l’un de ces malheureux sauvages venait à me briser le crâne. Ce serait bien le cas de dire qu'ils ne savent ce qu’ils font, car je n'ai pas d’autre pensée que leur salut et leur bien-être. Et cette immense région qu’ils habitent ! Ne serait-il pas bien dommage que ces deux plateaux, à la fois salubres et fertiles, qüe\j’ai découverts, fussent longtemps encore ignorés de la chrétienté ? Mais en prenant ma Bible, je suis tombé sur ces paroles : « Toute puissance vous est donnée en mon nom dans le ciel et sur la terre ; allez et enseignez les nations.... je serai toujours avec vous jusqu’à la fin des siècles. » Confiant en cette promesse, je suis sorti pour aller prendre la situation des ruines de l’église et j’ai tout lieu de croire à l’exactitude de mes calculs.

15 janvier. — Ce matin, tous les hommes du voisinage se sont « réunis autour de nous ; ils étaient armés et renvoyaient les femmes et les enfants qui cherchaient à nous voir. L’une des épouses de Mbourouma, qui demeure dans les environs, et qui était venue tout exprès pour me faire une visite, n’eut pas même la permission d’approcher. Les habitants ne voulurent nous prêter qu’un seul de leurs canots, bien qu’il y en eût deux autres amarrés au même endroit. C'est à un mille à peu près de son embouchure que nous avons traversé la rivière ; elle m'a paru avoir plus de huit cents mètres de large, mais elle est débordée. Nous avons déposé d’abord nos bagages dans une île située au milieu de la Loangoua; j’ai fait ensuite passer le bétail, puis les hommes de mon escorte, et je suis resté le dernier sur la rive, ainsi que je le fais toujours.

Un certain nombre d’individus assistaient à notre passage,

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