‹ Explorations dans l'intérieur de l'Afrique australe et voyages à travers le continent de Saint-Paul de Loanda à l'embouchure du Zambèse de 1840 à 1856Chapitre 99 sur 130 · IH · texte numérisé non relu

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rivière; le cours en est obstrué par une plante aquatique1 qui n'a pas besoin de terre pour végéter, et que les Portugais ont nommée alfacinya, à cause de sa ressemblance avec la laitue. En descendant le Zambèse , j’y ai moi-même trouvé, au confluent du Shiré , une énorme quantité de ces plantes que la rivière y charrie, et que le fleuve rejette sur ses rives, où elles gisent desséchées.

Le senor Candido m’apprend que de légers tremblements de terre ont eu lieu plusieurs fois dans la contrée des Maravis , à peu de distance de l’endroit où nous sommes ; l’ébranlement paraissait venir de l’est , et n’a jamais duré plus de quelques secondes. La même chose est arrivée sur la côte de Mozambique*. A Senna, également, une secousse isolée s’est fait ressentir à différentes reprises; les portes, les fenêtres et les glaces en ont vibré d’une manière sensible. On trouve des eaux chaudes dans le voisinage de Senna et de Tèté , mais elles paraissent étrangères aux secousses dont il est question ; celles-ci venaient de l’est, et il est probable qu’elles se rattachaient aux volcans de l’île Bourbon , qui sont toujours en activité.

La croyance à un Être suprême , créateur de l’univers , est profondément enracinée chez tous les habitants de cette région. Le sefior Candido, qui remplit ici l'office de juge et qui connaît parfaitement l’idiome des naturels , me donne ce fait comme avéré. Ils nomment l’Être suprême Morimo , Réza, Molungo , Mpambé, suivant le dialecte qu’ils parlent; les Barotsés l’appellent Nyampi, et les Balondas Zambi ; toutes ces peuplades le considèrent comme le souverain ordonnateur de toutes choses. Ces nègres croient également à l’existence de l’âme une fois séparée du corps, et visitent les tombes de leurs parents, où ils déposent comme offrande de la bière et des vivres. Au moment de subir l’épreuve du poison , ils étendent les mains vers le ciel, comme pour supplier le maître de l’univers d’attester leur innocence. S’ils échappent à un danger quelconque, ils offrent une volaille ou un mouton en sacrifice à quelque parent décédé. Ils ont foi dans la transmigration des âmes, et s’imaginent qu’un individu

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