‹ Explorations du Zambèse et de ses affluents et découverte des lacs Chiroua et NyassaChapitre 3 sur 59 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Arrivée à la côte. -- Le Louawé. — Bouches du Zambèse- — Le Kongonë. Fertilité du Delta. — Colonos. — Chenal profond. — ÉUt de guerre.

— Libres émîgrants. — Atrocités de Mariano- — Rencontre des rebelles. — Combat entre les Portugais et les indigènes. — Animaux rencontrés sur la rivière. — Mazaro. — Choupanga. — Landines. — Tribut payé par les Portugais. — Sonna et le aenhor Perrâo, — Présent.

— Chasseurs d'hippopotames. -~ Baobab. — Gorge de Lupata.

, L'expédition partit d'Angleterre le I" mars 1858, sur le steamer colonial, Ihe Pearl, vaisseau de l'État, comniandéparle capitaine Dtincan.

Après avoir reçu au Cap l'hospitalité la plus généreuse, été l'objet des attentions bienveillantes de sir Georges Grey,etpris à bord, M. Skead, oiTicierde la marine royale, nous arrivâmes au mois de mai suivant sur la côte de Mozambique.

La première chose à faire était d'explorer le Zambèse, ses embouchures et ses affluents, destinés à servir de grandes routes aux missionnaires et au commerce pour pénétrer dans l'intérieur de l'Afrique.

A cinq ou six milles de la plage le vert -jaunâtre delà mer fut remplacé tout à coup par une eau bourbeuse, cliargée de débris végétaux, comme celle d'une rivière débordée. Les deux couleurs ne se mêlaient pas ; et la ligne qui les séparait n'était pas moins tranchée qu'à l'endroit où l'Océan rencontre la terre.

Sous les débris charriés par cette onde limoneuse, feuillage, rosPEUx, bâtons, — même sous les os de seiches flottants, et les physalies, — nombre de petits poissons cherchaient un refuge contre l'œil des oiseaux de proie, et les rayons ardents du soleil.

La côte est marécageuse et couverte de mangliers, parmi lesquels sont des terrains sableux, tapissés d'herbe, où l'on voit des plantes grimpantes et des palmiers rabougris. Elle se dirige à peu près de l'est à l'ouest, et ne présente aucun trait notablequi puisse guider le navigateur. Il est très-difBcile de découvrir l'em-

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bouchure de la rivière ; mais la profondeur de l'eau diminue graduellement, et chaque brasse de moins, indique environ un mille.

C'est dans le Louawê que nous nous engageons d'abord; l'entrée en est si calme et si profonde que la Périt, dont le tirant d'eau est de neuf pieds sept pouces, s'y introduit sans être précédée d'un bateau de sondage. Un petit vapeur que nous avons apporté d'Angleterre, divisé en trois parties, est débarqué à l'endroit où l'on jette l'ancre ; on le remonte, et l'exploration commence. Notre navire s'appelle le Ma-Robert, en l'honneur de mistress Livingstone, queles indigènes, dont c'est l'usage, ont baptisée ainsi, du nom de son Sis aîné. '\

Le havre est profond; mais enfermé dans des marécages couverts de mangliers ; et bien que l'eau eu soit douce k quelques milles de la côte, le Louawé n'est qu'une lidal river' ; car après l'avoir remonté sur un espace d'environ soixante-dix milles, nous avons abouti à un marais encombré de roseaux et d'autres plantes aquatiques.

Le Louawé, ayant reçu le nom de Louabo occidental, nous avions supposé que c'était un bras du Zambëse, dont la branche la plus importante s'appelle Louabo oriental, ou simplement Louabo.

En sortant du Louawé, U Ma -Robert et la Perle se rendirent à une embouchure, qui est bien réellement l'une des issues du fleuve.

Le Zambèse se jette dans l'Océan par quatre bouches différentes, à savoir : le Milambé, qui en est le bras le plus occidental, le Kongoné, le Louabo, et le Timboué ou Mousélo.

A l'époque où le fleuve déborde, un canal, de formation natu-

Xous ne comprenons pas la cléduciioD de l'auteur, et le c l'accompagne. Qu'une rivière sorte d'un marais , et s'alimeale du drainage de ces terrsiat détrempés, rien de plus simple ; mais comment cela praurerait-il gu'eUe ilépend de la maréef II est possible que ce soit tout bonnement uu de ces cauaui ijâs'égoultenttes terres inondées par le» pluies, ou parle débordement du Zambèse; en pareil cas le Louawé serait soumis à l'innuence des saisons, ce qui eiplii|ucrait la qualification de tidal; mais alors il serait naturel que '.'eau n'en fÙI pas sau- . mSire; et pourquoi cetla remarque : >■ Bien qut l'eau en toit doua à qutlquei millet de {a côte.... « ce qui éTidemment a rapport au flux maritimeT Nous soumettons celte dinicutlé ï qui pourra la résoudie.

(Aote du traducteur.)

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relle,courtparaIlèlementau rivage, décrit de nombreux détours dans les marais, et fournit une voie secrète dont profitent les négriers pour transporter les esclaves de Quilimané aux baies de Massangano et de Naméara, ou même au Zambèse.

Pendant longtemps on a représenté le Kouakoua, ou rivière de Quilimané, comme étant la branche principale du Zambése, dont il se trouve à quelque soixante milles. Ceci avait pour but de tromper la vigilance des croiseurs, de leur faire surveiller cette fausse embouchure; et pendant ce temps-là d'embarquer les noirs que l'on expédiait tranquillement par la véritable issue du fleuve. Les Portugais le recofltiaissent; ils le disent, le maintiennent; et chose étrange, cette erreur n'en a pas moins été propagée dernièrement par une carte émanée de leur ministère des colonies'.

1. Fait plus itraage encore, un jonroal otticiel : Ànnaei do Conietha ntln marittho (1864) , iffinne séaa ver^gns quB h pour ivitar lu psrs£ciitioDS des croi- »»an anglais, beaucoup de navires chargés d'asclares. sa toDt ritugiéa dans le KoDgoné, ce havre que le docteur Livingstone dit avoir dicouverl. » Le tait esl connu du gouvernemeot Portugais. Esl-il an Europe un bomme d'honneur qui vouldt Établir une carte pareille i celle dont il est question plus haut, et la donner comme représentant la Téritabla embouchnre du Zambiseî Sans celte bravade du journal officiel de Lisbonne, nous noua lertous abstenu de publier la lettre f uivante du gouverneur de TSté au chevalier Doprat, lettre qui a ité imprimée dans un journal du Cap.

" Moniieur,

« A l'époque où, dans la cuurant de l'année dernière, je reçus par le docteur LiviDgslone les lettres que votre Excellence m'avait Tait l'honneur de m'écrire au mois d'aviil précédent, j'étais en train de guerroyer contre tes Carres du district de Senna. Plus tard, d'autres opérations, des afTsires nombreuses, et ma santé devenue mauvaise, m'ont empécbé de remercier Votre Eicellence des paroles bienveillantes qu'elle m'avait adressées. Votre EiceUence me recommande l'illustre docteur Livingstone ; mes relations avec ce gentleman ïont tellement sympathiques que je ne puis manquer de lui rendre tous les services qui seront en mon pouvoir. Je n'ignore pas combien les (ravaui du docteur sont profitables i la science, et de quel avantage ils peuvent être pour cette région à la fois si riche et si négligée. Malheureusement la puissance dont Je dispose esl bien inférieure au désir que j'ai de lui être utile, J'assure néanmoins votre Kicellence que jB ferai i cet égard tout ce qui dépendra de moi.

i< On dit que le gouvernement portugais veut fonder un poste i l'entrée du Louabo, et qu'un service de navigation direct sera établi de cet endroit i la ville de Tété. Si le tait se réalise, d'énormes avantages en résulteront pour le pays, à ta grande gloire du docleur Livingstone, puisque c'tst lui qui, U premier, a iMi'i» celle route, pour .venir de la cflte et pénétrer dans l'intérieur.

" )a remarcie Votre Eicellence des journaux qu'elle a bien voulu m'envoyer, et que j'apprécie d'autant plus qu'il est très-rare d'en voir i T#lé. J'ai semé les graines que Votre Excellence m'a fait parvenir ; malheureusement j'étais i Mo-

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ET SSS AFFLUENTS. 15

Après l'examen des trpis braaches du Zambèse par M. Fran-cis Skuad, l'habile offîcier de marine chaîné de celte mission, il fut décidé que le Kongoné était la meilleure entrée du fleuve.

L'immense quantité de sable charrié par le Zambèse a fini par former une sorte de promontoire, qui, battu et repoussé par les va^es de l'Océan Indien, a constitué des barres. Celles-ci, à leur tour, s'opposant à la sortie des eaux du Delta, les ont forcées de déboucher ialéralemenl. Le Kongoné est l'une de ces branches latérales, et celle dont l'accès est le plus sur, attendu que la barre y est couverte d'environ deux brasses d'eau à la marée basse; dans les grandes marées le flot s'y élève de douze à quatorze pieds. La barre est étroite, le passage presque droit; et si OD y mettait des balises, si on plaçait un phare sur l'Ile de la Perle, un steamer n'y aurait jamais rien à craindre.

Lorsque le vent souffle du nord, ou vient de l'est, la barre est unie ; lorsqu'il est du sud-est ou du sud, il s'y forme un brisant impétueux qui ne permet pas aux bateaux de la franchir. Un courant, qui porte vers l'est, à la marée montante, et à l'ouest quand elle descend, peut entratner une barque ou un navire au milieu des écueiis.

Si le navigateur n'est pas certain de sa longitude, et qu'il se dirige à l'est, il verra bientôt la rive du Timboué s'enfuir vers le nord ; puis revenant à l'ouest, il reconnaîtra facilement le Louabo oriental à sa vaste embouchure, il trouvera ensuite le Kongoné k sept milles de cette dernière en allant au couchant,

La barre du Louabo oriental est bonne, mais longue, et ne peut être affrontée que par le vent d'est ou de nord-est. On appelle quelquefois cette rivière Barra- Calrina; et c'est elle qu'on employait au transport des esclaves. Il est possible que ce soit le Rio de Buenos'Sinays de Vasco de Gama, l'embouchure en étant plus visible de la mer que celle des autres branches du fleuve; mais l'absence de la colonne dédiée à saint Baphaël par ce navigateur ne permet pas de l'affirmer ' .

lanibtque lorsqu'elles soni arrivâss ; je D*ai pu tea plaoter que celle aanée ; ut j'en «i obtenu peu de résullaU; je crains de les avoir laissées trop vieillir. • J'ai l'honneur d'Être, etc.

.■TilO A. (t'A. BiCARD,

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