‹ Explorations du Zambèse et de ses affluents et découverte des lacs Chiroua et NyassaChapitre 4 sur 59 · gouverneur de Tilé · texte numérisé non relu

gouverneur de Tilé

• Ttl< «juillet It3<l.> I. Il est probable que la colonne £lail déjà détruite à la lia du siècle der-

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On ne trouve aucun Portugais à moins.de quatre-vingts milles des bouches du Zambèse. Les noms indigènes des bras du fleuve se rapportent moins à ces derniers qu'au territoire qu'ils arrosent; ainsi l'une des rives du Kongoné s'appeWe Nyamisenga, 'YsLulreNyangaloulé; et le mot Kongoné, qui est le nom d'un poisson, désigne l'un des côtés du bayou qui se rend au Couama ou Zambèse proprement dit, et fait la valeur du port. [Quand, pour la première fois, un natif de nos climats tempérés débarquesous les tropiques, il éprouve une émotion pareille à ce que dut ressentir le premier homme, lorsque celui-ci fut placé dans i'Éden. Il a mis le pied dans un nouveau monde; une autre existence est devant lui; tout ce qu'il voit, tout ce qu'il entend, a la fraîcheur et l'attrait de la nouveauté. Les arbres et les plantes lui sont inconnus, les fleurs et les fruits, les oiseaux, les insectes, les quadrupèdes ont des formes ou des couleurs étranges. Le ciel lui-même est tout différent ; il revêt des teintes éclatantes, ou scintille de constellations quî'n'ont jamais été vues dans les régions du nord, j

Revenons au Kongoné, situé à l'est du Mîlambé, qui est la plue occidentale des branches du Zambèse, il en est à cinq milles, et comme nous l'avons dit, à sept milles du Louabo qui, à son tour, esta cinq milles du Timboué.

Nous voyons peu d'indigènes. Ceux que nous rencontrons abandonnent leurs canots dès qu'ils nous aperçoivent, et se précipitent dans les fourrés de mangliers; preuve certaine qu'ils n'ont pas bonne opinion des blancs. Il est possible que ce soient des esclaves marrons ; dans tous les cas ils fuient la servitude.

Les buffles et les cochons à verrues' abondent dans les clai-

nier; la Harpe n'en parle pas dans son Biitoire des Foyagei, où nous trouvons cependant les lignes suivantes : •• Ils passèiant le Cap des Couraiits, à cin- (|uant« lieuiis au dclii de Sor^la.... Le 24 janvier ils remantËrent la rivière det Bont-Signei : les bords en sont charmants, les habilante iloui el ciTiligés, etc. » {Note du iroduelnir.) 1. Wart'hogi. Esl-ce le sanglier \ masque, ou le porc à large groin* O. nom de cochon à verrues leur convient à tous deux. Le premier a de chaque cSté du museau deuï protubi^rances aUoQgces, qui encadrent la face, el vont rejoindre deux loupes, situées au-dessus des yeux, ce qui lui donac l'air d'avoir un masque. Il ne quitte guËrcla forât, se trouve à Madagascar et dans l'Afrique orientale. Le parc àlarge groin est un habitant de la plaine, bien qu'il se reQCODtre également dans les bois. Il porte sous les yeui deui excruissances aplaties, qui l'ont fait nommer quelquefois cochon à quatre oreilles, et présente sur ta ligue du museau deux loupes saillantes qui lui êlargisseul le groin. C'est à

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rières herbeuses, ainsi que les Antilopes. Ces dernières sont de trois espèces différentes et d'un abord facile. HabituelleDient quelques heures de chasse nous procurent de la venaison pour plusieurs jours, et pour vingt hommes.

En remontant leKongooé, si vous avez soin de rester dans les courbes profondément creusées par le courant, il est facile d'éviter les hauts-fonds. Pendant les premiers vingt milles, le cours est direct et la rivière profonde. A cette hauteur un petit canal, légèrement tortueux, s'ouvre à droite, et nous conduit au grand Zambèse, oh nous arrivons après un trajet de cinq milles pendant lequel nous avons presque elïleuré de nos roues l'herbe flottante des rives. Quant au Kongoné, il sort du fleuve à une distance beaucoup plus grande de la mer, ainsi que la branche extérieure qu'on appelle Doto.

Depuislacôte jusqu'à vingt milles en amonl, le Kongoné' traverse un fourré inextricable de mangliers ; quelques-uns de ces arbres sont revêtus d'orseille, qui, probablement, n'a jamais été recueillie. D'énormes fougères, des buissons de palmiers, çà et là quelques dattiers sauvages apparaissent dans la forêt, dont les mangliers sont d'espèces) diverses. Les fruits de ces palétuviers, fruits à peine mangeables, sont d'un jaune vif, dont l'éclat forme un heureux contraste avec le vert lustrédes feuilles. En certains endroits le milola, un hibiscus, à feuillage ombreux etàgrandes fleurs jaunâtres, forme des massifs au bord de l'eau. Son écorce fournit la matière d'excellents cordages; elle est surtout fort estimée pour les lignes des harpons avec lesquels on

son nom sciealiSqac de phaeothiTB, littéralement cochoa k vcrrusï. Il diffère du précédent par des déreo^es beaucoup plus longues et plus Tories, une peau moias velue, une chair eicellenla, et surtout par l'absence d'iocisivss, absence qui r» fkit séparer des codions propremenls dits. Nous regrettons, puisqu'on en rdaait ua genre, qu'on n'ait pas désigné celui-ci par un nom tiré du caractère qui autorisait i le créer. Non-seulemeolt'appellïtioQdefiftacocfurui s'appliquerait tout aussi bien au sanglier  masqae, qui n'appartient pss à cette divbion; mais on pourra découvrir un cocbon sans loupes, ayant des dents qui le feront classer parmi les phacochères, et l'on aura ainsi ua cochon à verruei iant vernit, coname on a des becs-croisés à bec droit. Le porc à large groin du Cap Verl ne se rattache à celui qui précède que parce que le nombre de ses dents n'est pas te même que celui des autres cochons. Il a sii incisives en bas et deux en haut. Ce n'est donc pas l'absence dlncisivos qui caractirise le genre phaco^berus ; mais seulement l'anomalie que présente le syst^me dentaire , et il aurait été plus exact d'appeler les animaux de ce groupe cochom hétérodontei.

(flou du tradutieur.)

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la LE ZAUBËSE

prend l'hippopotame. Les Pandanus, dont les Teuilles sont employées dans rile Maurice à la confection des nasses qui servent à emballer le sucre, apparaissent également. Il y en a de si élevés, à l'endroit où le canal débouche dans le Zambèse, que vus de loin ils nous rappellent les clochers de la terre natale, et nous font comprendre cette remarque d'un vieux matelot : ■ Il n'y manque qu'une chose, le cabaret près de l'église. >

Nous apercevons un petit nombre de goyaviers, et quelques citronniers sauvages, dont les indigènes se réservent les fruits.

Perché sur l'une des branches les plus hautes, l'alcyon strié (kalcyon striolata).tail retentir les bois obscurs de son chant vif et joyeux.

Quand passe le Ma-Robert, un joli petit héron, ou bien un martin-pëcheur s'élance, tout alarmé, du bord de la rive; il fuit devant nous, va se poser tranquillement à peu de distance ; s'effraye de nouveau une minute après, et se sauve à notre approche.

Un aigle pécheur, Vhalietus voeifer, posé h la cime d'un manglier, digère le poisson, dont il a fait son repas du matin ; et parait bien résolu à ne pas quitter la place, à moins que l'imminence du péril ne le force & déployer ses ailes.

L'ibis au plumage lustré, à l'oreille d'ime finesse remarquable, entend de loin le bruit insolite de nos roues; il sort de la vase où il festinait avec sa famille, jette son cri de défi : un haï ha! ha! sonore et dur; et prend son vol longtemps avant que le danger soit à craindre.

(Ausmangliers, qui sont maintenant derrière nous, succèdent de vastes plaines, d'un sol riche et brun, couvertes d'une herbe géante, qui s'élève au-dessus de nos têtes, et rend la chasse impossible. Elle commence à pousser en juillet; dès qu'elle est sèche, elle est brûlée par les indigènes. Il en résulte que les arbres sont rares dans ces plaines herbues ; les essences les plus dures, telles que le borassus et le gaïac, pouvant seules résister & cette mer de feu qui passe- annuellement sur ces terrains in cendiés.

Plusieurs cases d'ind^ènes s'aperçoivent parmi les bananiers et les cocotiers de la rive droite. Elles sont bâties sur des piles, qui les élèvent à quelques pieds de la terre humide; on y entre au moyen d'une échelle.

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ET SBS AFFLUENTS. 19

Le sol est' d'une fécoadité merveilleuse; les jardins ont une végétation admirable. Nous y voyons des patates, des citrouilles, des tomates, des choux, des échalotes, du riz en grande quantité, un peu de coton, et même la canne à sucre.

On dit que les pommes de terre anglaises, plantées à Quilimané dans un terrain pareil à celui-ci, ressemblent, au bout de deux ans, à celles qui chez nous ont été gelées^ et qu'alors elles prennent le goût de la patate douce.

Cette région fertile, qui s'étend du canal du Kongoné jusqu'au delà de Hazaro, et dont la longueur est d'environ quatre-vingts milles, sur cinquante de large, convient admirablement, dans son entier, à la culture de la canne. Elle approvisionnerait de sucre toute l'Europe, si elle était possédée par les colons du Cap.

Les habitants, dont le petit nombre est remarquable, paraissent assez bien nourris ; mais il y a chez eux une pénurie de vêtements qui fait trembler. Ils ont la peau noire, et sont presque tous eolonos, c'est-à-dire serEs portugais. Notre présence ne leur inspire aucune frayeur; loin de prendre la fuite, ils se groupent sur la rive et regardent les steamers avec étonnement, surtout ta Perle, dont nous sommes toujours accompagnés. Un vieillard, qui monte à bord de ce vaisseau, n'a jamais vu d'embarcation pareille. ■ C'est, dit-il, comme un village; ■ et il demande si cet énorme canot est tiré d'un seul arbre.

Tous ces indigènes sont passionnés pour le commerce; ils se rendent immédiatement auprès de nous dans leurs pirogues légères , et nous offrent toutes les denrées qu'ils possèdent. Quelques-uns apportent de la cire et du miel, qui abondent dans les forêts de mangliers. Au moment où nous nous éloignons beaucoup de ces vendeurs intrépides courent sur la rive, et nous tendentdes volailles, des corbeilles de riz et de farine, en criant : * Malonda, mabmda t > (choses à vendre ,) tandis que les autres nous suivent dans leurs canots qu'ils font nager avec une extrême vitesse, au moyen de courtes pagaies à lai^e pelle. J

Le quouété du Zambèse, ainsi que les canotiers du pays nomment le chenal de ce grand fleuve, est sinueux et fort étroit, comparativçment à l'étendue de la nappe d'eau. Le fond parait être composé d'immenses bancs de sable,, recouverts seulement d'un à quatre pieds d'eau, quand la rivière est basse. Pendant quelque temps le chenal côtoie la berge avec une rapidité d'en-

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fiO LE ZIMBËSE

viroa deux nœuds, et une profondeur, qui, dans la saison sèche, varie d'un mètre et demi à quatre mètres cinquanle. Il se détourne ensuite, longe le bord inférieur du banc de sable, décrit une diagonale, traverse le lit du fleuve, se détourne de nouveau; et allant d'une rive à l'autre, en change plusieurs fois pendant l'espace d'un jour de inarche,ce qui déconcerte les marins les plus habiles. C'est dans la traversée que fait le chenal pour gagner l'autre bord, que nous lui trouvons le moins de profondeur. Il est presque toujours assez visible. En temps calme, ses eaux présentent un bouillonnement particulier, dâ à une action inférieure quelconque. Par une légère brise il olTre des rides caractéristiques. Si le vent frdlchit et remonte le courant, comme il arrive en général depuis le mois de mai jusqu'en novembre, les vagues y sont plus fortes que dans les autres parties du fleuve, et une ligne de petits brisants y marque le bord des hauts-fonds.

Arrivée près de l'Ile de Simbo, où le Zambëse projette à sa droite une branche qu'on appelle Dolo, et qui va rejoindre le Kongoné, tandis que le Ghindë part de la gauche du fleuve pour se rendre au canal secret dont il a élé question, la P^le, ne trouvant plus une quantité d'eau suffisante, a débarqué les objets qu'elle remontait pour nous, et les a déposés dans l'une des lies couvertes d'herbe qui se trouvent à peu près à quarante milles de la barre. 11 fallut alors nous séparer de nos amis Duncan et Skead, et leur faire nos adieux. Le premier nous quittait pour se rendre à Ceylan; le second pour retourner au Cap.

La plupart de ceux qui restaient ave; nous envisageaient l'entreprise d'une manière sérieuse. Quelques-uns séjournèrent dans l'Ile de l'expédition depuis le 18 juinjnsqu'au 13 août; tandis que le Ma-Robert et le canot remontaient le Zambèse pour transporter la cargaison à Choupanga et à Senna. La guerre était dans le pays, ce qui faisait courir plus d'un danger à nos bagages; et l'air insalubre du Delta, joint à l'inaction, menaçait de maladie ceux de nos camarades qui s'y trouvaient exposés. Ils devaient à la fois faire connaissance avec la manière de vivre au désert, et ^vec la fièvre africaine. Ceux, au contraire, qui remontaient le fleuve et qui avaient un travail actif, étalent à l'abri du mal. Préoccupés de la position périlleuse où ils

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avaient laissé leurs compagnons, ils firent tout ce qui était en leur pouvoir pour accomplir leur tâche le plus vite possible, et revenir promptement chercher ceux qui les attendaient. 11-y eut pourtant des esprits faibles qui n'en demandèrent pas moins h garder le repos dominical, et à prendre leurs repas à loisir. Nos hommes d'équipage, des indigènes qu'ils avaient cependant voulu mettre de leur parti, firent preuve de plus de raison et de cœur. C'est une pitié que certaines gens ne puissent pas comprendre que l'honnête et fidèle accomplissement d'un devoir tient lieu de prières et d'ofBces.

A part quelques averses, quelques matinées froides et brumeuses, le temps Ait délicieux. Nos compagnons restés dans l'Ile employèrent la plus grande partie de leurs loisirs à faire des observations météorologiques et magnétiques. Enfin, ils herborisèrent autantque le permettait la saison; car les plantes étaient alors desséchées.

Pas un des nôtres ne parut croire au rapport oi^ciel de deux gros bonnets de la marine, qui, après avoir passé environ quinze jours sur le Zambèse, ont déclaré que celui-ci était moins un fleuve qu'une mer intérieure; et que le climat dont on y jouissait, pareil à celui de l'Italie, était infiniment plussalubre qu'en aucun endroit de la cOte occidentale. D'après le conseil qui fut donné h tous, chacun se mit à examiner par ses propres yeux, à consigner ses observations, et à ne regarder aucun témoignage comme infaiUible, pas même celui du chef, malgré son ancienne expérience.

D'immenses colonnes de fumée s'élevaient tous les jours des difTérents points de l'horizon, annonçant que les indigènes mettaient le feu h cette masse énorme de grandes herbes qui aurait tant de valeur en d'autres lieux, et qui n'est ici qu'un inconvénient.

Souvent une nuée blanche surmontait le panache de fumée, comme si un courant d'air chaud et humide se fût élevé du foyer de l'incendie, et que la vapeur se fût condensée au faite de la colonne. En dépit des théoriciens, qui ont imaginé que la pluie devait s'en suivre, il n'en tombait pas une goutte'.

1. Ce lait pourrait s'expliquer par las dernières rechercbes sur la décomposiliûD de l'oxygcne en OEone et en anlozoae. D'aprfes Heissncr (de UtElllDgiie) l'entoioue (oiygine positif) lormerait iet nuages bntnt, au contact de l'air humide.

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La grosse bêle, les buines, les zèbres étaient nombreux en face de l'tle ; mais pas un homme dans le voisinage. Sur la rive droite du fleuve, des bandes de petits oiseaux granivores nous amusaient par leurs évolutions excentriques. Ils s'élevaient, tournaient, descendaient, manœuvraient en un mot avec une telle précision, qu'il fallait bien que leurs épaisses phalanges fussent guidées par un chef, et qu'un même signal dirigeât leurs mouvements.

Beaucoup d'autres petits oiseaux formaient également des troupes nombreuses. Parmi eux se faisait remarquer la grande hirondelle du Sénégal; évidemment elle passait. La présence de cet oiseau venant du nord, tandis que l'hirondelle commune de ce pays-ci, et le miian brun, se dirigent vers l'équateur, qu'ils franchissent, font supposer qu'il y a un double courant dans ces migrations : de la zone torride vers les climats tempérés; et des champs de neige vers des régions plus douces; mais pour le vériûer il ne faut pas être soi-même un oiseau de passage'.

En arrivant à Mazaro, situé à l'embouchure d'une crique étroite, qui, pendant l'inondation, communique avec la rivière de Quilimané, nous trouvâmes que les Portugais étaient en guerre avec un certain Mariano, métis presque toujours en révolte; et qui possédait tout le pays à partir de JJazaro, jusqu'à l'embouchure du Chiré, où il avait construit une estacade.

Plus connu sous le nom de ilalakénya que lui donnaient les indigènes et qui signiûe tremblant, ou frémissant comme font les arbres pendant l'orage, Mariano était un chasseur d'esclaves, et entretenait un corps nombreux de mousquetaires.

C'est une grave erreur de supposer que le trafic des hommes consiste simplement , comme tous les autres, dans l'achat et dans la vente; ou de croire qu'en Afrique on peut engager des

et serait détruit par une combustioD A haute température. La grande sécheresse do l'air, ou la grande clialeur de l'inceodie, a pu ici détruire l'aulaione, ou l'eaipteber de se manifester. La couleur blanche du sjmmiil du paiiactie indiquerait son absence. Il est probable que dans les cas de pluie le lourbïllou est coiffé de bruD, ce qui alun confirmerait la ibèorie de Heissoer. (f/ole du Iraducleur.)

1. Il y a dans ce cbangenieul d'hémisphère ua fait curi>:ui, en ce sens qu'il indique un besuia d'une qualité d'air diSéTente, plutAt que d'un changement de température. Car, ne vuulaiil qu'évite r l'eiccs de chaleur, il serait plus simple de remonter vers le pi}le que de traverser la llig-oe. (fiole àa iradaclcur.)

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travailleurs, ainsi que cela se fait dans l'Inde. Mariano, comme tous les Portugais de cette région, n'avait pas de bras à céder aux Français. Il envoyait donc ses bandes armées faire des razzias d'esclaves chez les tribus pacifiques du nord-est; puis conduisait les malheureuses victimes à Quilimané, où elles étaient vendues parCruz Coimbra, son beau-lrëre, et embarquées pour l'Ile Bourbon en qualité d'émigrants.

Tant que ses rapines et ses meurtres ne frappèrent que les natifs des provinces lointaines, les autorités portugaises ne s'en mêlèrent pas. Mais accoutumés au pillage et à l'odeur du sang, les chasseurs d'esclaves commencèrent à s'emparer des gens qu'ils avaient sous la main, bien que ces gens-là fussent aux Portugais, et finirent par attaquer les habitants de Senna, jusque sous les canons du fort. Un gentleman du plus haut rang nous disait qu'il lui était souvent arrivé, pendant qu'il dînait avec sa famille, de voir se précipiter dans la salle un malheureux esclave, poursuivi l'épée dans les reins par l'un des hommes de Mariano.

Les atrocités de ce scélérat, qualiflé ajuste titre de bandit et d'assassin parle gouverneur de Quilimané, étaient devenues intolérables; et chacun parlait de Mariano comme d'un monstre d'inhumanité. D'où vient que les métis sont beaucoup plus cruels que les Portugais? c'est inexplicable; mais le fait est certain.

On afQrme que Hariano se plaisait à frapper lui-même ses captifs à coups de lance aQn de répandre la terreur dans le pays, et de rendre son nom redoutable. D'après ce que l'on raconte, il aurait tué de cette manière, en un seul jour, quarante malheureux, qu'il avait fait placer devant lui. Nous avons refusé de croire d'abord à ce qui nous était rapporté, sachant combien lés Portugais en voulaient à ce rebelle de ce qu'il entravait leur commerce, et accueillait les esclaves fugitifs. Mais plus tard nous avons appris de la bouché des indigènes que les récits des Portugais n'avaient rien d'exagéré ; et que Mariano était bien l'afb'eux scélérat qu'ils nous avaient décrit.

Il est tout simple de penser que le propriétaire d'esclaves a pour son cheptel humain les soins que partout ailleurs on accorde au bétail; mais ce traûc odieux semble engendrer, sinon la soif du sang, toiyours une férocité aveugle qui ne connaît même plus l'intérôt.

La guerre fut déclarée à Mariano ; et des troupes fureut envoyées contre lui avec ordre de' s'emparer de sa personne. 11 résista d'abord ; puis craignant une défaite qui était probable, sachant d'autre part que les autorités portugaises sont peu rétribuées, il pensa qu'elles seraient disposées à entendre raison, et partit pour Quilimané, « afin, disait-il, de s'arranger avec le gouverneur. ■ Mais le colonel da Silva le fit saisir, et l'envoya à Mozambique pour y être jugé,

A notre arrivée au Zambèse, les gens de Mariano étaient commandés par le frère de celui-ci, un nommé Bonga ; et les hostilités continuaient. Cette guerre, qui durait depuis six mois, avait suspendu toute espèce de commerce. Ce fut le 1 5 juin que nous nous trouvâmes pour la première fois en contact avec les rebelles. Ils formaient une troupe bien armée, vêtue de la manière la plus fantastique; et pour le moment, étaient groupés sous les arbres de Mazaro.

Nous leur expliquâmes que nous étions anglais. Sur ce, quelques-uns vinrent à bord, en criant à leurs camarades de déposer les armes. Débarqués parmi eux, nous vîmes sur la poitrine d'un grand nombre l'empreinte du fer qui les avait marqués comme esclaves. Ils connaissaient l'opinion du peuple anglais relativement à l'esclavage, et approuvèrent chaudement le but de notre expédition. Des cris joyeux, bien difiérents des questions soupçonneuses qu'on nous avait adressées d'abord, saluèrent notre départ; et désormais nous fûmes tenus pour amis dans les deux camps.

Il y eut une aftaire quelque -temps après. Nous abattions du bois à un mille à peine de la scène du combat ; mais un épais brouillard nous empêcha d'entendre le bruit de la fusillade. Arrivés sur le théâtre de l'action, nous vîmes une foule d'indigènes et beaucoup de Portugais. Le docteur Livingstone aborda pour saluer d'anciens amis qu'il apercevait parmi ces derniers; l'odeur du sang le frappa tout à coup, et il se trouva au milieu des moris. On lui demanda de prendre avec lui le gouverneur, qui avait une forte fièvre, et de l'emmener à Choupanga. Au moment où il s'empressait de répondre d'une manière affirmative, les indigènes rouvrirent le feu, et les balles sifilèrent de toutes parts. Ne trouvant personne qui pût l'aider à transporter le malade, et ne voyant pas revenir l'ofCicier qu'il avait dépéché

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ET SES AFFLUBNT8. 25

aa Ma-Roberf poar y demander du secours, le docteur Livingstone entra dans la case où était le gouverneur, et l'emporta jusqu'au bateau. C'était un homme de grande taille, il penchait tantôt à droite, tantAt à gauche, la faiblesse l'empêchant de se soutenir; et le docteur, plianlsous le faix, devait avoir l'air d'un ivrogne qui en traînait un autre.

Du cété des Portugais, quelques soldats, appartenant à la race blanche, se battirent avec une grande bravoure. Plusieurs d'entre eux se retournèrent pour tuer froidement leurs propres esclaves qui, placés à l'arrière-garde, se jetaient dans le Zambëse alin de prendre la fuite. Bientôt les rebelles se retirèrent; les Portugais se réunirent dans le fleuve sur un banc de sable ; et de là, gagnèrent une lie située en face de Ghoupanga, où ils passèrent plusieurs semaines à épier les rebelles, qui étaient sur la riveopposée.

Impossible aux Portugais d'agir; ils avaient épuisé leurs munitions, et attendaient avec anxiété qu'on leur en envoyât d'autres, espérant toujours que l'ennemi ne se douterait pas qu'ils manquaient de poudre. Leur espoir très-heureusement ne fut pas déçu. Bonga temporisait de son côté; et les munitions arrivèrent avant qu'il eût repris l'offensive. Le combat s'engagea aussitôt, dura trois heures et demie avec scharnement, et se termina par le départ des rebelles. Deux mois après, la bande prit la fuile sous l'influence d'une panique ; l'estacade fut brûlée; et Bonga, ayant déclaré qu'il n'avait pas le désir de se battre, la paix fut rétablie.

Pendant ce temps-là le gouverneur avait été transporté à Choupanga, où il était arrivé dans un état d'afl'aissement complet. Disciple de Raspail, il n'avait combattu sa fièvre qu'au moyen d'un peu de camphre, et n'avait pu s'en délivrer. On le soumit à des remèdes plus actifs; bref il guérit bientôt, en dépit de lui-même. Le colonel, qui était près de lui, encourageait le traitement, ce que l'autre ne lui pardonna jamais. ■ Faites-lui prendre ce qui est nécessaire; ne l'écoutez pas; il n'y entend rien. > Et toute la nuit le colonel lui fourra de la quinine dans chaque verre. Il en résulta que le lendemain notre homme cinchonisé était déjà beaucoup mieux.

La gravure ci-jointe représente le théâlre du combat; elle offre un certain intérêt, en ce sens que la baie où l'on voit un

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36 LE Z.UIBÈ3B

vieux canot, jeté sur le flanc, est l'embouchure du Moutou qui, ea 1861, fut donnée sur une carte portugaise publiée par le ministère de la marine, comme étant la voie que prenait le cours principal du Zambëse pour se rendre h Ouilimané. Or le Zambèse a ici une largeur d'un mille (plus de seize cent mètres), et le Moutou n'a guère que vingt-cinq ou trente pieds de large. C'est en réalité une crique, dont le lit est plein d'herbe, et qui se trouve à six pieds, peut-être davantage, au-dessus du niveau du fleuve.

Le bord de cette crique , dont la pente va rejoindre l'un des cadavres, peut indiquer les points successifs qu'atteint le Zambèse depuis le mois de mars jusqu'en juin, oii l'inondation esta sa hauteur moyenne.

La partir de la forêt de mangliers jusqu'à Mazaro, sur une étendue de soixante à soixante-dix milles, le paysage n'offre aucun inUrét. Des deux côtés, & perte de vue, se déroulent ces grandes plaines couvertes d'herbe, dont nous avons parlé. Une solitude afl'reuse ; pas d'habitations, quelques arbres seulement pour nous soulager de cette monotonie accablante. La cime verte et ronde du palmier, qu'on aperçoit au loin, sans distinguer la colonne grise qui la supporte, parait être suspendue entre ciel et terre.

De nombreuses sociétés d'hirondelles de rivage, qui résident toute l'année dans cette partie de l'Afrique, oii elles sont sédentaires jusqu'à la rivière d'Orange, ont percé les berges à deux ou trois pieds de profondeur, afin d'y placer leurs nids. Toujours au vol, elles chassent les myriades d'insectes que fait éclore la chaleur tropicale.

Le fleuve est parsemé d'une quantité d'Iles basses, où nous voyons desoiseaux d'eau de différentes espèces, tels que des oies, des spatules, des hérons et des flamants. Des crocodiles immondes, cbueliésà la rive de ces terrains bas, où, la gueule béante, ils dorment ausoleilj sont frappés do bruitde nos roues et glissent paisiblement dans l'eau.

L'hippopotame, qui a choisi quelque endroit profond de la rivière pour y passer la journée, apparaît à la surface de la fosse, obilse reposait des fatigues de la nuit; il fait jaillir deux panaches liquides de ses narines, secoue les oreilles pour en chasser l'eau qui s'y trouve; puis, il dresse son muflle énorme, bAillb

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largement et avertilles autres par uq cri d'alarme qui ressemble aux notes d'un basson monstrueux. J

En approchant de Mazaro, le paysage s'améliore ; on aperçoit à gauche la crête boisée de Choupanga, et des montagnes se des> sinent vaguement k l'horizon.

Jusqu'ici, pas de navigation sur le Zambèse ; toutes les marchandises de Sennaetde Tâtéarriventà Mazaro dans de grandes pirogues. Elles sont ensuite portées à travers champs sur la tête des hommes, à une distance de six milles; puis réembarquées sur un petit cours d'eau qui se jette dans le Kouakoua, ou rivière de Quilimané, tout à fait distincte du fleuve. Ce n'est que bien rarement, lors des plus grandes inondations, que les canots peuvent aller du Zambèse au Rouakoua, par le Moutou.

Les habitants de Marourou , c'est-à-dire de la contrée qui entoure Mazaro , ont un mauvais renom parmi les Portugais. Ils passent pour habiles voleurs ; et les trafiquants ont parfois à se plaindre de leur adresse pendant le trajet d'une rivière à l'autre. Presque tous mariniers, ce sont eux qui conduisent la plupart des canots qui se rendent de Mazaro' à Senna et à Tété.Ils ne" reçoivent pour cela qu'un très-maigre salaire; et ne se fiant pas à ceux qui les emploient, ils ne partent jamais sans se fjiré payer d'avance. Les Africains étant disposés, du reste comme les blancs, à motiver.leur conduite par des raisons plausibles, il est probable que ceux de Marourou justiûent cette exigence par'ces mots de la barcarolle qu'ils chantent en ramant : ■ Ouachingere, Ouachingcre Kale. Il y a longtemps que vous me trompez; ou bien, tu es peu sûr, peu sûr en vérité. >

Les Landines (Cafres-Zoulous) se regardent comme les seigneurs de la rive droite du fleuve ; et les Portugais, en payant • à ce peuple guerrier un tribut assez lourd, confirment le fait. Chaque année régulièrement, les Landines arrivent en force à Choupanga et à Senna pour touclier la rente habituelle. Les riches traflquants de Senna, dont le nombre est peu considérable, gémissent de ce fardeau qui retombe principalement sur eux; et n'en donnent pas moins à ces Zoulous deux cents pièces d'étoffe de soixante yards chacune, sans parler du ûl de laiton

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S8 LE ZAUBË8E

et de la verroterie ; sachant bien que la guerre sortirait de leur refus, et qu'ils y perdraieot davantage, sinon tout leur avoir.

Les Landines paraissent avoir l'œil sur les habitants de Senna et de Choupanga; et les surveillent d'aussi près que jamais seigneur inspecta ses tenanciers; plus les cultures s'étendent, et plus le tribut augmente. Lorsque nous demandions aux propriétaires pourquoi ils ne faisaient pas venir tel ou tel produit, qui eût été d'un grand rapport, ils nous répondaient: f A quoi bon? Cela ne servirait qu'aux Landines qui nous exploiteraient davantage. •

Le Moltoundou-Koundou abonde dans les forêts de Choupanga. Son bois, d'un jaune brillant, fait de bons m&ts poilr les bateaux, et renferme un principe amer qui est fébrifuge. Le Gounda, un arbre des mêmes forêts, atteint des proportions énormes. Il est d'un bois très-dur, a les fibres irrégulières, entrecroisées, et contient des amas de silice dans le tissu ligneux; on en fait de grands canots du port de trois ou quatre tonnes. En 1858, l'autorisation de couper ces arbres était payée annuellement aux Zoulous deux cents dollars par un négociant de Quilimané ; son successeur en donne aujourd'hui trois cents.

Il existe à Choupanga une maison de pierre, à un étage; elle donne sur le fleuve, et la situation en est admirable. Devant la façade, un gazon en pente douce, ayant au midi un beau veiner de manguiers, vous conduit au Zambëse, dont les Iles d'émeraude reposent sur les eaux tranquilles, et inondées de soleil. Au nord, sont de vastes cultures; puis des forêts de palmiers et d'autres arbres des tropiques. Enfin la montagne massive de Morambala, qui s'élève au milieu des nuages blancs; et tout au loin d'autres montagnes qui se découpent dans l'horizon bleu. De tristes souvenirs s'attachent à cette demeure, si admirablement située. C'est là que le compagnon du capitaine Owen, le pauvre Kirkpatrick, mourut de la fièvre en 1826; et que la femme bien-aimèe du docteur Livingstone expira en 1862, emportée par la même maladie. Ils sont enterrés tous les deux sous un grand baobab , à cent pas de la maison, du côté du levant, bien loin du pays qui les a vus nattre.

Pendant la guerre contre Mariano, le gouverneur y avait son quartier général. D'après ce qu'il nous a dit, la province de Mozambique exige de la métropole une dépense annuelle de

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QUMS du LindÎM» ou CafreB-Zoulou», à Shoup»nga. — Deuin de Ëmil« Eijïnl, d'ipri» le c Uïii/ptum,

Diatizea-byGoOt^Ie

cinq à six mille livres, et ne lui donne rien en échange. Nous avons rencontré là d'autres Portugais influents. Tous paraissaient bien disposés en notre faveur, et protestaient de leur désir de seconder l'expédition autant qu'ils en auraient le pouvoir. Le .colonel Nunes, et le major Sicard, firent mieux que de nous assurer de leur bonne volonté; ils nous en donnèrent la preuve , en nous faisant couper du bois pour chauffer le Ma- Robert; et en nous envoyant des hommes pour décharger la cai^aison.

Chose remarquable , pas un de ces messieurs ne connaissait le Kongoné'. Ils supposaient tous que nous étions venus par le Barra Catrina, ou Louabo oriental.

Pendant le séjour qu'il fit à Choupanga , séjour qui dura plusieurs semaines, le docteur Kirk non-seulement explora un petit lac, situé à vingt milles au sud-ouest; mais il se chargea des malades et des blessés; et leur donna des soins dont le gouvernement portugais lui exprima sa gratitude.

Nous chauffions ici notre machine avec de l'ébène et du g^ac ; ce dernier arbre y atteint des proportions volumineuses, parfois quatre pieds de diamètre. Notre mécanicien , qui savait à quel prix l'ébëne et le gaïac se vendent en Angleterre , prétendait que cela lui faisait mal au cœur de brûler du bois si précieux. Bien que d'espèce différente au point de vue botanique, ces deux essences ont beaucoup de rapports avec celles du commerce. Dans certaines parties l'cb^ne est plus beau , et le gaïac d'une qualité inférieure à ceux qu'on apporte en Europe '.

1. Le motH de celle ignoraoce, qua parlagcaït ft cette ipoque le gouiernemenl portugais, quel que soit ce qu'il ait pu dire ensuile, venait probiblemeot de M que celte bouche du fleuve Était de IbrmatioD réceule. PeodaDt la période deuos rapporls avec le Kongooé, un lambeau do terre d'environ quaire.tingls yardi fut détai-lié par les eaui, etlraneporli sur l'autre rive. Ua canal situi, près de Nyangaloulé, canal qui éluit navigable, lUt comblé totalement; et l'Ile de la Perle fut presque eiiiièi'ement emportée. Comme on ua Tait rien pour préserver le cheo^, avant peu U sera tout aussi bu que le Jldambé, et ne pourra plus servir à la uaviga:ion.

3. Cet ébtue provient du dalbtrgia titto, de la famille des légumineuses, leclion de:ipapiIt'o)uic^n. Quant au gaïac, nous ti'avoDS pas pu découvrir de qu<i1 arbre il est question: peut-être cet arbre n'a-l-il pas de nom scientifique. Nous ■avons seulement par une note du U' Kirk , insérée dans lu bulletin de la Société géographique de Londres, qu'il appartient aux combr<lacies; or le gaïac onicinal fait partie des xygophylléet. 11 est toujours intéressant de retrouver le même aspect et les mêmes propriétés cUei des végétiux de familles d.lTércntes.

{Sott du IraducKur.]

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30 LE ZAHBÈSE

Le caoutchouc abonde derrière la maison de Choupanga; et la racine de colombo est très-commune dans le district. L'indigo se propage de lui-même au bord du fleuve, où il pousse abondamment; il est probable qu'on le cultivait autrefois; carde l'indigo manufacturé a été jadis exporté de cette région.

On fait ici des balles en caoutchouc dont on se sert pour un jeu qui ressemble aux fives'. La racine de colombo est dit-on employée comme mordant pour Qxer diverses couleurs; mais elle ne ne l'est pas comme bois de teinture.

Nous partîmes le 17 août 1858, pour Tété. De Choiipanga à Senna, le Zambèse est très-larçe et plein d'Iles, ce qui rend la navigation peu commode. Il arrivait fréquemment à notre pilote noir, un serf appelé John Scissors, de se tromper et de nous engraver. Sans en éprouver la moindre bonté, il s'écriait avec humeur : ■ Ce n'est pas celai le chemin est derrière nous. — Il fallait le prendre quand nous étions là-bas, > grommelaient nos Rroomen, qui avaient à démarrer le steamer. Lorsqalls élevaient la voix, et parlaient d'une façon un peu rude, la faiblesse de l'esclave apparaissait chez le malheureux pilote. < Je m'en irai; ils me grondent si fort! ■ disait-it. Cette manière de remplir ses engagements n'est pas rare du tout sur le Zambèse. Nous y avons vu plus d'une fois des équipages, loués pour un trajet convenu d'avance, prendre la fuite avec une partie de la cargaison. Si le négociant ne peut pas se faire justice lui-même, il faut qu'il se soumette. Jamais on n'obtiendra des Landines qu'ils livrent un esclave fugitif. Ils ont rendu, il est vrai, à M. Azévédo, un esclave qui lui appartenait, et qui avait fui chez eux ; mais i] ne l'ont fait qu'à titre de faveur exceptionnelle, et en échange d'un .présent beaucoup plus considérable que la valeur du restitua.

Le foyer mal établi de notre steamer consumait une quantité de bois effrayante. Nous commencions à chauffer à deux heures du matin ; et il était rare que nous pussions marcher avant six heures. L'abattage du bois nous faisait perdre en outre beaucoup de temps. Les grands canots du pays, si chargés qu'ils fussent, allaient presque aussi vite que nous; les

1, UUéraiemeal jeui des cinq, aiosi appelé parce que la balle esl envoyée avec les cinq doiijti, c'est-ï-Jire arec la maiD. [JTole du traducteur.)

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Dijl.zeObïGoO<^le

MbïGooi^lc

petites embarcations nous avaient bientôt laissés en arrière; et leurs pagayeurs, se retournant d'un air étonné, prenaient en pitié notre asthmatique , ainsi qu'ils l'appelaient eux-mêmes. la vapeur était loin de nous épargner du travail ; des bateaux ordinaires, même des pirogues nous auraient rendu le même service, avec moitié moins de peine et à moitié moins de frais. Nous débarquâmes à Chamoara, pour prendre du bois , juste au-dessous du confluent du Chiré. Les montagnes de quartz y sont couvertes d'arbres, et revêtues d'une herbe gigantesque. Le bouazé, un petit arbre forestier, de l'espèce des polygalas y croit abondamment. Ses beaux épis de fleurs rosées répandent dans l'air un parfum délicieux. On lire de sa semence une trèsbonne huile siccative; et l'écorce de ses brindilles fournit une filasse qui est plus belle et plus forte que celle du lin; les indigènes en fabriquent leurs filets de pèche.

La goerre n'était pas encore terminée; Bonga, fi-ère de Harîano , et chef des rebelles, vint à notre rencontre. 11 nous traita parfaitement , bien qu'il sût que nous avions emmené le gouverneur, et que nous l'avions guéri de sa fièvre. Instruit de l'objet de notre voyage, il nous assura que nous ne serions pas inquiétés par sa bande. Il nous envoya du riz, deux moutons, une quantité de bois, dont il nous faisait cadeau ; et ne nous mêla aucunement aux hostilités. Les Portugais, moins confiants, interrogèrent avec soin notre pilote, afin de savoir si par hasard nous D'avions pas vendu de la poudre h l'ennemi. Toutefois nous fîmes en sorte de rester en bons termes avec les uns et les autres.

Incapables de remonter avec le Ma-Roberi jusqu'à. Senna, qui est au bord d'un canal peu profond, nous jetâmes l'ancre à Nyarouka, petit hameau d'indigènes, situé plus bas, & une distance de six milles , et d'où nous partîmes le lendemain de bonne heure. L'étroil sentier que nous suivions à la file les uns des autres , passe an milieu des jardins, et traverse de petits bois, dont les arbres les plus élevés sont des acacias épineux. Le temps était couvert, d'une fraîcheur agréable, et les petits oiseaux, dans la joie de leurs cœurs, s'envoyaient des chants mélodieux qui ne le cédaient en rien à ceux des oiseaux d'Europe; mais qui semblaient appartenir à une langue étrangère. Nous renconlrâmes sur la route beaucoup d'indigènes; la plupart des hommes étaient armés de lances, d'arcs et de

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32 LE ZAMBËSE

flèches, OU d'anciens mousquets. Les femmes portaient des houes à manche court, et allaient travailler dans les jardins. Ils se dérangeaient pour nous laisser passer, et nous saluaient avec politesse : les hommes en s'înclinant et en se frictionnant ; les femmes en nous faisant la révérence, même celles qui avaient de lourJs fardeaux sur la tête. Rien de singulier comme une révérence faite par des jambes nues; c'est ébourifTant.

Située à la droite du Zambëse, la ville de Sennaest construite sur une plaine basse, ayant dans le fond de charmantes collines détachées. Elle est entourée d'une estacade d'arbres vifs, qui la protège contre ses turbulents voisins. On y trouve quelques grandes maisons, les ruines de plusieurs autres, et une croix, outragée par le temps , qui indique la place où il y avait une église. Un monticule annonce l'endroit où s'élevait un monastère ; et le fort qu'on voit auprès du fleuve, est tellement délabré que les vaches paissent tranquillement sur l'ébouUs de ses murailles. Les habitants ne s'en désolent pas; à l'époque où il aurait pu servir, la garnison composée de noirs, avait l'habitude de s'y claquemurer dès qu'elle apercevait l'ennemi, et se tenait coi, laissant les autres se défendre comme ils pouvaient ;d'où il résulte que la population ne voit pas d'inconvénient à être privée de forteresse.

Il n'y a pour ainsi dire point de commerce dans la vUle; les marchands de Senna envoient dans l'intérieur des esclaves de confiance pour ychasser l'éléphant, et pour y acheter de l'ivoire. C'est un endroit peu animé qui vous conduit rapidement au sommeil. On est sûr d'y gagner la fièvre le lendemain, si par hasard on y a échappé le premier jour.

Mais il n'est rien de si mauvais qui n'ait son bon c6té; Senua, comme le reste, a son dédommagement : c'est le lieu natal du Senhor Ferrâo, cet homme d'un si grand cœur, d'une hospitalité si large, d'une bienveillance et d'une générosité sans borne.

Le pauvre noir des provinces lointaines, qui traverse la ville, se rend tout droit chez lui, et n'en sort jamais sans avoir été rassasié. Quand la récolle manque, c'est le Senhor FerrAo qui nourrit les indigènes. 11 y a des centaines de ses propres serviteurs qu'il ne voit jamais qu'en pareille occasion ; le seul bénéfice qu'il en tire est d'être leur chef patriarcal, d'apaiser

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leurs dilTérends, de venir à leur secours, et de leur sauver la vie quand arrive la famine.

Son père, un homme d'une capacité rare, était gouverneur de Senna, et possédait vers le sud, un immense territoire d'une extrême fertilité qu'on appelle Ghiringoma. U l'avait acquis de la façon la plus honnête ; mais le gouvernement ordonna que ce territoire fût divisé, et réparti entre des émigrants, à titre de libres concessions, ne réservant qu'un terrain de deui lieues pour lefils du propriétaire. On adit, pour justifier ce vol : « qu'il ne convenait pas qu'un stijet eût des possessions plus vastes que celles de la Couronne. » Peu de temps après arrivèrent les. Landines qui s'emparèrent de la totalité; et les spoliateurs furent spoliés à leur tour.

Le Senhor Ferrào nous reçut avec sa bienveillance habituelle, et nous offrit à déjeuner. Les notables de l'endroit vinrent nous faire leur visite; ils nous dirent.tous que les indigènes cultiveraient le coton sur une grande échelle s'ils trouvaient des acheteurs. Ils en ont exporté jadis à Manica, même au Brésil, tant comme matière première que sous forme de tissus. > Quand la terre leur appartient, nous dirent ces hommes dignes de foi, les indigènes se livrent volontiers à l'agriculture et au commerce. Lorsqu'il y va de leur intérêt, les noirs sont de très-rudes travailleurs. ■

Nous avons vu plus tard que cette opinion élait celle de tous les hommes énergiques, de tous les settlers' qui avaient de l'activité, de l'iniiiative , de la conduite, et faisaient de bonnes affaires; tandis que ceux qui restaient sur le dos, à fumer et à boire, étaient pauvres, orgueilleux, méprisables, et se plaignaient invariablement de la paresse des nègres.

Le mtgor Tito d'A. Sicard, un autre Portugais des plus honorables, que nous vîmes chez le Senhor Ferrâo, émit une opinion généralement répandue ; il prétendit que la découverte du Kongoné, par le docteur Lîvingstone, avait causé la ruine de Quilimané, en ce sens que le gouvernement avait proposé l'abandon de celte localité insalubre, et voulait fonder un nouvel établissementA l'embouchure de ce dernier bras du Zambëse. Il

1. S«nler, premier occupant, celui qui s'arrite sur un terrain vierge, t'y iosullo et défriche.

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3i& LE ZAHBÈSB

ignorait que les habftaDts de l'ancienne ville avaient mieux aimé renoncer à toute espèce de fonctions que de se déplacer.

Le major nous exprima le désir qu'il avait de nous assister dans la mesure de ses forces; et nous promit de faire transporter les bagages de l'expédition, aussitôt que la paix serait rétablie; ce qu'il fît géoéreusemenl dès que la guerre eut cessé.

En revenant à Nyarouka nous entendîmes un oiseau qui avait le chant du rossignol, et qui épanchait sa voix dans l'air calme du soir.

Une chaîne pittoresque de hautes montagnes commence sur la rive gauche de Zambèse, en face de Senna, et court vers le nord, presque parallèlement au fleuve. Nous vîmes ici, pour la première fois depuis notre retour, la belle antilope qui porte le nom de coudou {iragilaphe strepsicère), f A quelques milles en amont de Senna, se trouve l'Ile de Pita, dont la nombreuse population, composée d'indigènes, parait vivre dans l'abondance. Un métis portugais vint nous faire une visite ; il se disait chef de 111e, et nous apportait quelques épis de maïs vert, qu'il nous donnait comme segoiuui. Ce genre de présent, de nature exceptionnelle, consiste en une, chose d'une valeur insignifl: ite que l'on offre pour avoir en retour un objet plus important Quand un indigène, qui sait compter, a quelque poulet maigre et coriace, ou quelques épis de maïs, articles dont la valeur ne saurait être cotée, puisque la douzaine des plus belles volailles se vend ici deux yards de calicot, à trois pence le yard {trente centimes), et qu'on a une corbeille de maïs pour moitié de cette quantité d'étoffe, cet habile indigène transforme son affreux poulet en segouati. Il vous l'apporte avec une effusion de gratitude pour ce qu'il espère vous soutirer en échange, et s'en va mécontent s'il n'a pas reçu au moins le double de son offrande. Nous fïimes bientèt dégoàtés de ce genre de cadeau; mais nous avions beau dire à notre honune ; ■ Vendez -nous cela, nous vous le paierons, > il nous répondait invariablement : • Oh ! non, monsieur, ce n'est pas à vendre; c'est un segouati. >

La chose étant considérée comme une politesse, Jious acceptions cet hommage onéreux toutes les fois qu'il nous était adressé par un chef ; mais nous le refusions toujours quand il venait d'unhomme ordinaire.

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ET SBS AFFXOENTS.

Au-dessus de Pita, se rencontre un tlotqu'oQ appelle Nyamotobsi ; lors de notre passage il s'y trouvait une petite tribu de chasseurs d'hippopotames, originaires d'une tle voisine d'où la guerre les avait expulsés. Us travaillaient tous avec ardeur; quelqaes-uns d'entre eux faisaient d'énormes paniers où l'on renferme te grain, et dans lesquels se tenait l'ouvrier qui les fabriquait. Avec la politesse si commune parmi les indigènes, le chef ordonna de tendre une natte pour nous proléger contre le soleil; et nous lit voir l'arme qu'il employait pour tuer l'hippopotame. C'est un harpon en fer, de peu de longueur, inséré au bout d'une longue perche. Une corde solide de milola, cet hibiscus, dont nous avons parlé plus haut, le retient fortement, et s'enroule autour de la hampe, à l'autre bout de laquelle elle est fixée. Deux chasseurs prennent un léger canot, et s'approchent doucement de l'animal endormi . Celui qui est à l'avant de la pirogue tance le harpon, tandis que l'autre fait reculer rapidement l'esquif, au moyen d'une large pagaie. La force du coup détache le barpoD du manche entouré de corde; ce dernier, auquel parfois on joint une vessie, remontant à ia surface, indique où est l'animal blessé. 11 ne reste plus qu'à expédier la béte qui est sous l'eau; niais dont on connaît la retraite. ^

Ces chasseurs d'hippopotames vivent entr'eux, et forment sous le nom d'Akombouis ou de Mapodzos, une tribu particu-

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36 LE ZÂHBÈSE

lière dont les hommes s'allient rarement avec les peuplades voisines. Il est probable que cette particularité vient de ce que plusieurs des hordes du Zambëse ont la même horreur pour l'hippopotame que lesHahométans pour la viande de porc. Notre pilote, John Scissors, qui appartenait à l'une de ces tribus, n'aurait pas même voulu se servir d'une marmite où l'on aurait fait cuire de cette chair réprouvée ; il aimait mieux supporter la faim jusqu'à ce qu'il put en trouver une autre. Cependant il se livrait avec ardeur au commerce des défenses de la béte; et faisait ses délices de la chair du marabout, un ignoble mangeur de charogne.

Il arrive souvent à ces chasseurs d'hippopotames de prendre leurs familles, leurs marmites, les nattes qui leur servent de coucheLtes. de mettre tout cela dans leurs canots, et de partir pour une longue expédition. Arrivés dans un endroit où abonde le gibier, ils se biltisseot des cases sur la rive, et y font sécher la viande qu'ils se procurent.

C'est une belle race, à peau fine, et très-noire, qui ne se défigure jamais par les affreux ornements que l'on voit chez d'autres peuplades.

Malgré nos instances le chef refusa de nous vendre un de ses harpons ; la guerre avec Uariano lui interdisant l'accès de la rive où croissent les milolas.

Il ne croyait pas que les blancs et les noirs fussent les enfants du même père; car, disait-il : ■ Nous avons beau nous laver, notre peau ne devient pas blanche. > £n retour d'un ^Tiout de calicot dont nous lui fîmes présent, il nous donna du maïs, et d'excellent poisson.

Nous voici au mois d'août; la chaleur croit d'une manière constante, et les matinées brumeuses deviennent rares. Une forte brise, se terminant par un coup de vent, remonte chaque nuit le Zambèse. Il y a quelques semaines, elle se levait dans l'après-midi; puis elle est venue plus tard; maintenant c'est vers minuit qu'elle arrive. Elle est si violente qu'elle ouvre brusquement la porte de nos cabines; mais elle dure peu, et un calme plat lui succède.

Le gibier devient de plus en plus abondant. Lorsque nous allons chercher du bois nous voyons des troupes de zèbres et de dauws, d'antilopes à pieds noirs, ou pallahs (antUope melanopus)

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de warterbucks (egoceros dlyjiHprymnus) et de cochons sauvages; enfin des traces de buffles et d'éléphants.

Sur la rive droite, un village appelé Chiramha-Dembé est complètement désert; quelques vieux fusils indiquent la place oit jadis s'élevait une estacade. Un peu plus haut, nous voyons près du fleuve un magnifique baobab, dans lequel on ja taillé une caverne delà dimension d'une grande case; il s'est revêtu d'écorce à l'intérieur, aussi bien qu'au dehors. Lorsque les diénes de nos forêts sont creux ils pourrissent, ou n'ofl'rent plus que du bois mort dans la partie altaquée ; celte- ci dans tous les cas est à découvert. Le baobab exsude une nouvelle écorce à l'endroit où il est dépouillé de la sienne , et tapisse de même les parties du bois mis à nti; si bien que la cavité du chêne qui, en Angleterre, porte le nom de Forest-Queen (Reine de la forêt), serait bientôt doublée d'écorce si elle existait dans le tronc d'un baobab. ~]

Les portions du Zambèse appelées Chigogo et Ctiipanga, traversent des plaines marécageuses où l'on aperçoit accidentellement quelques bouquets de palmiers , et un petit nombre d'acacias épineux. Le fleuve en cet endroit a une expansion de trois à quatre milles de large, d'où surgissent une quantité d't)es, parmi lesquelles il est difficile de naviguer; difliculté qui cesse à l'époque des grandes eaux.

En face de nous une chatne de hautes montagnes, venant du nord-est, rejoint le lit du fleuve ; elle le traverse et le comprime entre les murailles d'une passe étroite qu'on appelle la Gorge de Lupata. Suivant les Portugais, le Ma-Robert ne devait pas pouvoir y triompher du courant; mais comme celui-ci n'avait qu'une vites.se de trois nœuds à l'heure, et que nous étions secondés par une forte brise, la vapeur et les voiles nous le firent remonter sans peine. Les canots pesamment chargés mettent deux jours à franchir cette gorge. Un courant circule autour des pointes rocheuses de Kangomba el de Chifoura; il en résulte des remous et des tourbillons qui mettent en péri I les embarcations des indigènes; on les aide à se tirer de ce mauvais pas en les hâlant avec de longues cordes.

Les rameurs déposent de la farine sur ces rochers afin d'apaiser, par cette oflVande, les dieux turbulents qui président k ces écneils, où bon nombre de canots ont péri. On nous dit tout

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38 LE ZèMBÈBE

bae que les Portugais , Dés dans cette région , ôtent leurs chapeaux à ces divinités du fleuve, et gardent an silence solennel quand ils passent dans ces lieui. Parvenus sains el saufs de l'autre c6té des promontoires , ils déchargent leurs mousquets, et donnent la goutte à leurs rameurs ; ce que nous faisons nous-

A en juger par les traces de bullles et d'éléphants que nous voyons , ces animaux doivent être nombreux à Lupala, et la tsétsé y est commune ; nous avons souvent observé cette coïncidence. Un cheval, qu'on envoyait de Ouilimané au gouverneur de Tété, remontait le Zambèse en canot ; arrivé aux dangereux promontoires on le débarqua de peur de naufrage; il traversa lapasse en plein jour, fut piqué par la tsétsé, et mourut peu de temps après. On supposa que l'air de Tété ne lui convenait pas.

Les courants sont plus foits en amont de Lupata qu'en aval de cette gorge. Le pays devient montagneux ; il est plus pittoresque et renferme plus d'habitants. A quelques milles de Tété s'élevaient, il y a quelques années, des maisons de pierre assez nombreuses qui ont été détruites par les indigènes, et dont on ne voit plus que les ruines. Au moment où nous approchons de la ville, une foule assez considérable, presque entièrement composée de noirs , apparatt sur la berge ; elle regarde notre steamer d'un air ébahi ; ceux qui occupent les premières places expliquent aux autres comment nous avançons, et cherchent à se faire comprendre en imitant le mouvement des roues avec leurs bras.

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MbïGoo<^le

MbïGoo<^le

ReocoDtre des Makololos '. — Heortre de six d'entre eux par Bouga, fils de Nyaudê. — Ravages exercés par la petite vérole. — Makololos secourus par le major Sicard. — Incorrigibles. — Superstitions relatives au manguier, au café, à l'obtention de la pluie. — Esclaves retenus par les liens de famiUe. — Esclavage volontaire. — Cmauté des métis. — Passion des indigènes pour le commerce. — Pratique de la médecine.

— Docteurs es- éléphants, ès-crocodiles. — Docteurs consultant lesâés.

— Senna et l'indigo. — Mines d'or, de fer et de charbon. — Rapides de Kébrabasa. — Enduit brillant et noir sur des rochers. — Tribu des Badémas. — Récit d'un Tojagenr. — La rivière Louia. — Chair d'hippopotame. — Uarche difficile. — Sommeil curatif. — Coup de soleil)

— Cataracte de Horoumboua. — Examen et relevé de Kébrabasa.

Le 8 septembre 1858 l'ancre Ait jetée daos le Zambèse à la hauteur de Tété, et le 0' Livingstone descendit dans le canot afin de se rendre à terre. Apeine fut- il reconnu par les Makololos, que ces derniers accoururent à sa rencontre, et manifestèrent ta joie la plus vive. Quelques-uns s'élançaient pour l'embrasser; mais les autres leur criaient: « Ne le touchez pas, vous gâteriez ses habits neufs 1 ■ Venus à bord, les cinq principaux d'entre eux écoutèrent avec douleur, mais avec calme, l'histoire du pauvre Sekouébou que j'emmenais en Europe, et qui mounit à l'tle Maurice*. « On meurt partout, - dirent-ils quand ce récit fut achevé; puis ils racontèrent que, n'ayantperduaucun des leurs pendant la première année, cette chance avait excité la jalousie des habitants; que ces derniers leur avaient jeté un sort, et que

]. Ma, Ba, A, changés en Voua par les Arabes, étant la marque du pluriel, nous n'avons pas cru, dit l'auteur, devoir «jouter d'i aux noms qui avaient ce préfixe, tels que Hakololo, Hanganja, Batoka, Malèbélé, Babiga, Bahoué, Ajahona. Uais comme le teite ne nous dit pas quel est le siogulisr de ces noms, et qu'on y trouve un UaàoMo, un Paloka, vnBarotsi, nous mettrons un i quand il ; en aura plusieurs, ainsi qu'on !e Tait pour Touarag , bien que ce mot soit le pluriel de Targui. {Sote du tràdiuteuT.'i

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