‹ Explorations et missions dans l'Afrique équatorialeChapitre 12 sur 66 · COMPRENAIS LES SENTIMENTS DE CEUX QUI PRIENT POUR LES MORTS · texte numérisé non relu

COMPRENAIS LES SENTIMENTS DE CEUX QUI PRIENT POUR LES MORTS

Envoyé comme un ange pour qu'un juste ne mourût point sans connaître le Vrai, Livingstone éprouva près de la tombe de Sébitouané un sentiment tout catholique. Les protestants ne prient point pour les trépassés et cependant, on le voit par cet exemple, à certaines heures solennelles, la sève de l'arbre antique dont ils ont été séparés refleurit en eux.

Sébitouané mort, Sékélétou, son fils, hérita de son pouvoir, et Livingstone de son autorité morale.

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Ctiliii-ci«' trouvait avec sa femme et i^es t.r»:ii> eTitants au centre de IMriaue anstrale. Le 1''^ octobre 4Srsi il écrivit à la Sociéfté df* missions de LoTidres niïe leUre oii il enlrevovail la uée^ssitéde la coTitineTice cléricale.

t Jesens. dinail-il. gui* ^i^ De ponrrfli rieTi enlreprendre à moins d'être aftj-anchi de tout <iom domestique. Je vais envcn-ei ma iemme et mes erifanl^ en Ancloterre : alors je pourrai partir senl et consacrer deux on trois ans à des conti'ées nouvelles. Cette séparation me dcchirera le cœur, mais je rexrarde ce sacrifice comm(» in dispens aille. y>

11 quitta donc, el pour un noble dessein, réponse de sa jeunesfee. Il reprit le cliemin du Cap, revil le désert Kalahari et cette maison ruinée oîi Marv Moffat avait

fait l'apprentissage du dénouement. Elle ne pouvait se refuser à de nouveaux sacrifices. Elle reçut pour mission d'élever le petit Robert, objet de Valtention dernière du bon Sébitouané.

Les adieux se firent au bord de l'Océan, mais ceux-là dont Imfini vivant remplit le cœur sont unis pluUNt que séparés par l'immensité. Livin^tone devait revoir TAngleterre au bout de deux ans; la troisième année s'écoula, puis la quatrième, et sa famille n'avait pas encore entendu parler de lui.

Un jour, au centre de TAfrique, il reçut plusieurs journaux anglais et américains. Au milieu de la poussière des faits quotidiens, il lut qu'un tout jeune homme s'était embarqué pour le Natal. Où allait-il? à la recherche de son père égaré dans les forêts vierges d'un pays inconnu.

Cet enfant échoua dans son entreprise, mais, do retour en Angleterre, il ne se demanda pas longtemps ce qu'il ferait de ses vingt ans. A ce moment une prophétie de Jérémie semblait s'accomplir en Amérique.

Un grand peuple était traité comme le jeune taureau que le sacrificateur divise, parce qu'il avait trop longtemps toléré l'esclavage (1).

Le jeune héros n'avait pu se réunir à son père* en Afrique, il résolut de servir une juste cause aux États- Unis. A rinsu de son tuteur, il s'engagea dans les volontaires abolitionnistes du N^w Hampshire. et tomba dans la fleur de sa jeune saison. La gloire de sa mort paya son père de Tavoir perdu (2). Le parfum de sa mémoire arriva jusqu'au voyageur dans les forêts vierges qu'il explorait alors, et Livingstone reconnut Robert.

(1) Voir la Morale et la loi de Vhistoire, par A. Gratry, cliap. sur l'esclavage.

(2) Stanley, llow I hâve found Livingstone.

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