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LES BORATES DE CHAUX

GEBOLLAR, RIO GRANDE.

A une demi-journée du San Pedro, je gagnai dans la direction Nord la région des borates de chaux ou borateras. Celle-ci

gnements, entre autres Taltitude et ies noms des chefs de ia mission.

«La descente fut plus di£Bciie que la montée. Il y avait déjà plus de trois heures que nous étions occupés à descendre, lorsque la nuit vint nous surprendre. Alors que nous avancions à tâtons k travers un chaos inextricable de laves coupantes , je m'en allai , par suite d'un faux pas , rouler dans le vide en m'évanouissant. Combien de temps restai-je dans cette situation critique? je n'en sais rien; le froid intense me fit sortir du coma. Malgré les gants, mes mains étaient toutes gluantes de sang, ma jambe droite contusionnée me faisait horriblement mal. J'étais dans un état d'angoisse indescriptible, je voulais crier et ma voix n'avait plus d'écho. Mon compagnon , lui , ignorait ce qui venait de se passer : ne m'en tendant plus causer, il s'était tranquillement assis.

«Je me retrouvai ensuite conmie par hasard à ses côtés : je lui fis signe de ne me toucher qu'aux bras, et je ne me sentis plus la force de parler. « Yareta » fut le seul mot que j'articulai : c'est qu'en effet la Yareta ou Llareta est l'unique plante parasitaire combustible que nous avions quelque chance de rencontrer à la cote 45oo.

Nous atteignîmes cette zone de végétation au prix de grosses souffrances. Ma jambe droite blessée m'arrachait à chaque pas un cri de douleur, et mes mains ne pouvaient plus me rendre aucun service. Je passai donc la nuit sur le flanc du volcan à côté d'un feu de yareta, et le 17, à midi, je regagnai la station de San Pedro où je me rétablis assez promptement. >

Cf. G. CouRTY, Sur les Haats-Plateaax de Bolivie. — Le sol et les habitants. [B, S. G, comm, de Paris, XXVI, p. 6i4- 619).

s'étend d'Ascotan (8,7 5o mètres d'altitude) à CeboUar (8,729 mètres d'altitude).

Le borate se présente ici à l'état de tétraborate de chaux hydraté B*O^Ga+ 6H^0; il résulte de l'agglomération de petites boules à texture fibreuse qui se sont peu à peu agglutinées.

Pour l'exploitation de ces borates, on enlève une première couche superficielle, épaisse d'environ o m. 20. Cette dernière est formée d'un mélange de sulfate de chaux, de magnésie et de cendres volcaniques. Immédiatement au-dessous repose la couche de borate de chaux exploitable sur une épaisseur de o m. 35. Ce borate, quand il est débarrassé de son eau de carrière, devint très léger; il est, de plus, d'un blanc neigeux et d'un toucher soyeux.

J'ai pu également me rendre compte de la couche située audessous du borate de chaux exploitable. Celle-ci est formée de sulfate de chaux , de silice , d'alumine et de nombreuses particules d'obsidienne à aspect vitreux.

A Ascotan, il y a trois sources (^ojos de agua) qui sourdent à proximité des borateras en alimentant la vaste lagune d' Ascotan.

Le niveau de cette lagune reste à peu près constant pendant toute l'année, en raison de l'évaporation.

FAUNULE DE LA LAGUNE D'ASCOTAN.

J'ai recueilli à la lagune d'Ascotan une faunule lacustre toute nouvelle, savoir :

Planorbis Crequii nov. sp. Courty. — Taille petite, diamètre transversal, 9 millimètres; 3 tours; le dernier est orné de filets axiaux légèrement ondulés ; forme discoïdale , péristome oblique semi-lunaire; le labre est déversé à l'extérieur; le bord columellaire légèrement étalé; l'ombihc bien ouvert.

Cette espèce ressemble à Planorbis trivolvis Gould, de l'île d'Anticosti (Amérique du Nord).

Planorbis Grangei nov. sp. Courty. — Forme constamment

plus petite que la précédente , discoïdale ; spires bien apparentes , nombre de tours moins grands , ouverture semi-lunaire plus arrondie que dans Tespèce précédente ; péristome moins oblique non déversé à l'extérieur, ombilic moins ouvert; le dernier tour orné de stries non ondulées ; cette espèce a donc bien des caractères différents de la précédente; d'autre part, il est impossible de comparer cette coquille avec Planorbis Crecjuii junior, les tours étant moins nombreux dans cette dernière espèce, Tombilic constamment plus grand et la spire moins visible dans Planorbis Crequii,

Paluoestrina Ascotanensis nov. sp. Courty. — Forme trapue , 5 tours , le dernier assez large ; les tours se développent assez rapidement, sutures profondes, péristome arrondi légèrement, anguleux à la base; diamètre transversal, 0,002; hauteur, 0,006; ombilic légèrement ouvert; test lisse avec quelques fines stries d'accroissement marquant quelques arrêts dans le développement de la coquille.

Nous avons recueilli plusieurs variétés de cette espèce :

Paludestrina Ascotanensis var. lœvigata, caractérisée par Tétalement du bord columellaire ; son aspect est lisse.

Paludestrina Ascotanensis var. Mortilleti, caractérisée par son labre anguleux à sa partie supérieure et ses tours développés moins rapidement.

Paludestrina Ascotanensis var. elongata, caractérisée par son bord columellaire non détaché et par sa forme allongée.

Paludestrina Ascotanensis var. subfossilis, caractérisée par son péristome également anguleux comme dans la variété MortiU leti, mais en diffère par sa forme ventrue et le développement de ses tours moins rapide.

Paludestrina Ascotanensis var. elongato-angulosa, caractérisée par la forme très anguleuse de son ouverture , sa forme mince étroite qui lui donne un aspect différent des autres.

Comme je n'ai trouvé que peu ou point de passage entre

les différentes espèces de Paludestrina, j*ai séparé seulement plusieurs variétés.

BiTHiNELLA TRUNCATA Tiov. sp. Courty. — Taille petite, diamètre transversale, 0,003; hauteur, o,oo4; tours bien développés. Cette petite coquille est trapue et le développement des derniers tours est caractéristique; assez rare dans la lagune d'Ascotan ; elle diffère de Tespèce suivante par son galbe plus conoïdal.

BiTHiNELLA NORMALis uov. sp. Courty. — Cette espèce, également très répandue, difiFère complètement de Tespèce précédente par le développement normal de ses tours, sa forme plus allongée, son péristome moins arrondi; sa taille est constamment plus grande.

Cyclas fragilis nov. sp. Courty. — Taille moyenne; diamètre transversal, 000,5 ; hauteur, ooo,4; test orné de très fines stries d'accroissement; forme sensiblement arrondie, déprimée du côté antérieur, crochet peu visible, dent marginale parallèle.

Cyclas singularis nov. sp. Courty. — Taille moyenne; diamètre transversal, 0,006; hauteur, o,oo5; forme plus bombée que la précédente, crochets plus développés, dent marginale non parallèle , test orné de stries d'accroissement rugueuses.

SpHiERiUM MINIMUM UOV. sp. Courty. — Taille petite, diamètre transversal, o,oo3; hauteur, 0,0026; test lisse, forme ovalaire peu sensiblement déprimée du côté antérieur.

Les geysers de Pampa Cuevitas. — C'est au nord-est de Cebollar, à Rio Grande, que s'étend la Pampa Cuevitas avec ses immenses dépôts de borates de chaux. Ceux-ci, comme ceux de Cebollar, sont formés par une agglomération de petits grains de borate que les eaux de surface ont entraînés parfois à de grandes distances.

A Rio Grande , des cristaux de calcite accompagnent les borates de chaux.

Dans la Pampa Cuevitas, à 3oo mètres de la ligne de chemin de fer, à droite en partant d'Antofagasta et vis-à-vis du kilomètre 549, j'ai observé des Suffioni ou petits geysers qui jaillissaient d'une façon intermittente à plus d'un mètre de hauteur. L'eau qui s'échappait de ces geysers dégageait une forte odeur de soufre et renfermait de l'acide borique. En présence de ce fait, il est permis de croire que de semblables manifestations geysériennes ont dû être autrefois d'une intensité beaucoup plus grande pour avoir pu donner naissance à des nappes de borates de chaux aussi étendues que celles de Cuevitas, de Rio Grande et de Cebollar.

Comme tous ces dépôts de borate de chaux sont groupés autour de centres volcaniques , on peut dire que les phénomènes geysériens , quoique se présentant dans des régions assez éloignées des volcans comme au Cerro Obero, environs de Cerda (Bolivia) , n'en sont pas moins intimement liés au volcanisme.

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