LA SOLFATARE DU VOLCAN 0LLA6UE
Le volcan Ollague laisse voir, de la station de chemin defer (3,690 mètres d'altitude), des tourbillons de fumée blanchâtre qui semblent sortir de la bouche d'un cratère.
Le 2 7 juin 1 908 , à 6 heures du matin , j'entreprends l'ascension du volcan. Les flancs de celui-ci sont recouverts de végétation (thérébentinées, quena^^', etc.); ils sont minéralogiquement constitués par des alternances de soufre et de sulfate de chaux. Dans l'impossibilité d'atteindre le sommet à cause de la nuit, j'attends patiemment le jour à l'altitude de 4i83o mètres, avec mes deux compagnons.
Le 28 au matin, ceux-ci ont la figure congestionnée par le froid, et, comme ils se plaignent de douleurs internes dans les membres, il me faut renoncer ce jour-là à mon ascension.
^*^ Quena , arbuste du genre Pofylepis (fam. des Sanguîsorbëes) , diaprés H.-A. Weddell.
Je ne me trouve en mesure de la recommencer que quatre jours après, le i" juillet. Cette fois, ma caravane se compose de deux Chiliens et d'un Bolivien. Partis à dos de mulet à 5 heures du soir de la station Ollague, nous arrivons à 8 heures 20 à Taltitude de à^igS mètres. Le thermomètre marque 5 degrés centigrades au-dessus de zéro. Nous nous enveloppons bien dans nos couvertures pour passer la nuit en cet endroit.
Le 2 juillet, à 5 heures du matin, j*eus la désagréable surprise de constater que nos mules avaient disparu. Pendant que deux de mes compagnons partent à leur recherche dans diflférentes directions, je poursuis mon ascension avec un jeune Chilien du nom de Félix Rios.
A proximité du sommet, je trouve de l'alunite, sulfate hydraté de potasse et d'alumine, et des concrétions siliceuses jaunâtres (produit de la réaction des fumerolles sur la roche trachytique en contact).
Je crois reconnaître la forme d'une sorte de cratère au sommet de la masse trachytique. Ce sommet s'échelonne en trois plates-formes successives dont la plus élevée a 5,364 mètres d'altitude. J'y parviens à 2 heures de l'après-midi; le thermomètre marque à ce moment-là 1° centigrade au-dessous de zéro.
De cet endroit élevé, j'aperçus, sur le flanc est, une solfatare d'où s'échappaient par boufiées des vapeurs qui s'élevaient en colonnes tourbillonnantes bien au-dessus du sommet de la masse trachytique.
L'odeur sufibcante d'hydrogène sulfuré qu'exhalent ces panaches de fumée m'obligèrent à quitter rapidement le sommet.
Quelques jours après, j'étais à Cobrizos.