UYUNL LA PAMPA DE SAL OU PAMPA SALADA
Au nord de Rio Grande commence une zone salifère qui s'étend jusqu'à Uyuni et qui va au delà même du lac Poopo : c'est la grande Pampa de Sal.
Existe-t-il quelque rapport entre le chlorure de sodium des plages soulevées et celui de la Pampa d'Uyuni (3,659 Piètres d'altitude), quant à la provenance? Je ne le crois pas. Outre que, dans l'hypothèse inadmissible d'une communication entre Uyuni et la mer actuelle à un moment donné, on devrait retrouver des traces de débris coquilliers, le sel d'Uyuni non plus que celui de Tarija ne sont des produits directs d'évaporation des eaux de la mer.
Le chlorure de sodium d'Uyuni, étant associé à du gypse, me semble dû à la double combinaison des éléments internes et des éléments de sédimentation.
En effet, les émanations volcaniques sont, à mon avis, éminemment propres à rendre compte de la présence des gîtes salins dans cette partie de l'Amérique méridionale. Si, en certains points des environs d'Uyuni, le sel s'est mélangé à une arène granulitique , ce phénomène de dissolution nouvelle peut très bien coïncider avec l'époque du régime des pluies sur les hauts plateaux. Cette constatation , d'ailleurs , paraît trouver sa confirmation dans les observations précises de Ch. Darwin.
J'ai parcouru à pied une grande partie de la Pampa de Sal et j'y ai recueilli, à l'est, des cristaux de gypse maclés affectant la forme lenticulaire , semblables à ceux que l'on découvre dans les marnes sannoisiennes aux alentours de Paris, à la Butte d'Orgemont, par exemple. A ce propos, le chlorure de sodium peut très bien avoir joué un rôle très important sur la cristallisation des gypses. M. Stanislas Meunier a d'ailleurs signalé, dans les Comptes rendus de l'Académie des sciences (séance du 3o novembre iQoS), un cas remarquable de cristallisation spontanée du gypse :
« Ayant abandonné des boules de plâtre à la dessiccation , après une courte immersion dans Teau salée, M. Stanislas Meunier a vu celles-ci se transformer intégralement en agrégats de cristaux de gypse; il est arrivé tout naturellement à attribuer au sel marin une sorte de faculté cristallogénique analogue, dans le domaine de la voie humide, à celle qui se manifeste si évidemment dans les réactions où intervient la chaleur. »
Il semble, en effet, qu'en ce qui concerne les lentilles de sulfate de chaux incluses dans les marnes infra- et supragypseuses, le sel marin (dont la présence dans ces marnes est incontestable en raison des trémies déjà rencontrées en 1809 par Constant Prévost) ait contribué à la cristallisation.
L'expérimentation de M. Stanislas Meunier trouve à nouveau son application avec les faits naturels à Uyuni (Bolivia). Là des cristaux de gypse sont littéralement empâtés dans du chlorure de sodium. Bien plus, je supposerais volontiers que le sel marin est la cause déterminante de la présence du gypse cristallisé dans les grès rouges permiens de Pulacayo.
Phénomènes éoliens des Pampas. — Il est de vastes espaces sur le territoire bolivien recouverts tantôt par du sable fin, tantôt par de l'arène microgranulitique. Quand le vent souffle sur cette arène , le voyageur éprouve une véritable souffrance , car les petits grains de quartz viennent lui frapper la figure et les mains en le meurtrissant.
Certains vents sont les signes précurseurs d'un orage , et c'est alors qu'ils soulèvent à une hauteur de dix à quinze mètres approximativement des masses de sables qui prennent la forme de véritables trombes. On voit une colonne de sable s'élever peu à peu vers le ciel en s'épanouissant à la façon d'un cône renversé. Celle-ci suit une marche progressive imprimée par le vent.
D'autres fois, mais plus rarement, les vents ont une intensité telle, qu'ils détruisent en certains points tout sur leur passage, comme cela se produisit devant moi à Uyuni.
C'est exactement le 17 août 1908, vers midi, qu'un véritatle cyclone exerça ses ravages sur Uyuni. Or, ce jour-là, je me rendais chez M. Juan Castilla avec M. R. • . pour déjeuner.
A peine avions-nous pénétré dans une des chambres de la maison de M. J. Castilla, qu'une avalanche de pierres provenant des bords de la toiture s'abattit brusquement sur nos têtes. Nous cherchâmes instinctivement à éviter le danger par la fuite, et, dans ma hâte irréfléchie, j'empêchai la porte de s'ouvrir en la poussant malgré moi dans le mauvais sens.
Sans cette circonstance fortuite qui nous sauva la vie à tous, nous nous précipitions aveuglément sous les feuilles de zinc.
Un cyclone marchant de l'ouest à l'est venait de consommer son œuvre. La toiture de la maison était complètement arrachée et portée au loin, les tableaux dépendus et déchirés, les portes des armoires détériorées. L'action dévastatrice du cyclone s'était portée sur deux points distincts d'Uyuni, distants d'une centaine de mètres environ : le marché avec la pharmacie et la maison de M. J. Castilla.
Il y eut encore quelques poteaux télégraphiques renversés et la ligne de chemin de fer fut interceptée en plusieurs points par des amas de sable pendant plus de quarante-huit heures aux alentours d'Uyuni.
De mémoire d'homme, aucun habitant d'Uyuni n'avait assisté à un phénomène de cette nature.
Dans ce phénomène, deux choses méritent d'être notées : i°sa rapidité; 2° sa localisation.
En efiet, il n'a certainement pas fallu plus d'une dizaine de secondes pour permettre au vent d'accomphr tous les ravages précités.
Le vent persista bien à souffler ensuite toute cette journée-là avec une certaine violence, mais il ne détruisit rien.
Quant aux deux points où la destruction s'est produite, il se pourrait que ceux-ci aient coïncidé dans le mouvement
giratoire avec les jonctions des forces du vent sur les résultantes.
Comme l'action du vent sur le sable est un des facteurs importants de l'activité externe du globe, je mentionnerai sur les Hauts- Plateaux la formation de dunes de sable afiFectant la forme d'une ellipse.
C'est ainsi qu'aux environs de Huancane, à Kellu-Kellu (Bolivia) , j'ai observé des dunes qui présentaient une section parabolique convexe du côté du vent, et concave de l'autre côté.
PULACAYO.
Pulacayo se trouve h 4>i52 mètres d'altitude, à 20*^22' latitude Sud et 66°39' longitude Ouest de Greenwich.
La montagne minière est constituée par des grès rouges gypsifères, coupés par une roche altérée ou dacite, ainsi que par des conglomérats gréseux dont l'âge me semble devoir être rapporté pétrographiquement au permien. Les principaux filons de Pulacayo sont enclavés dans une roche que Wendt a rapportée au genre Dacite^^\
A Pulacayo, les deux principaux filons méritant d'être mentionnés sont : la Veta corpus et la Veta San Thomas; ceux-ci ont une direction générale Est-Ouest. Ces filons se sont d'abord
^'^ D'après l'appréciation de M. Gust.
Steinmann, «le trachyte cpiartzeux auquel sont attachés les minerais d'argent du Haut-Plateau bolivien , traverse , d'une part, tous les sédiments marins paléozoïques et mésozoïques, dont le membre le plus récent est le grès rouge qui porte des nérinées et des oursins mésozoïques et appartient vraisemblablement à la craie plus ancienne. D'autre part, le trachyte quartzeux est, sans aucun doute, plus ancien que les roches volcaniques récentes de caractère acide et basique qui se montrent sous toutes leurs formes d'apparition comme étant des formations néoter-
tiaires ou des formations récentes d'origine effusive ».
Pour être fixé sur l'apparition de ce trachyte cpiartzeux (dacite), qui a une importance capitale quant à la formation argent du haut plateau , il faudrait d'abord connaître d'une façon positive l'âge tertiaire des sédiments. Je n'ai personnellement rencontré aucun fossile qui pût apporter cpielque édaîrcissement à ce sujet, et je ne sache pas que les observations antérieures soient suffisanmient catégoriques pour rejeter aujourd'hui l'examen subjectif tiré du caractère pétrographique des roches en question.
GEOLOGUE.
s iHpmmcaiB iatiosalk.
rencontrés à l'état fragmentaire à la surface; ils se réunirent ensuite au-dessous de la galène, à une profondeur moyenne de 1 20 mètres. C'est en raison de ce fait qu'est due la prospérité de la mine de Pulacayo. Relativement aux. détails techniques sur l'exploitation de ces mines, on peut consulter les notes de R. V. Munoz, parues dans le Bulletin des mines de Lima, 1890, t. XII, ainsi que le Bulletin de la Société nationale des mines, publié à Santiago du Chili, 1891, p. i5.
Quant au remplissage de ces filons, les épontes se composent de pyrite et de quartz, et quelquefois de zinc sulfuré avec incrustation de pyrite en forme de stalactites; le fdon proprement dit contient du sulfure de zinc (blende) et du cuivre gris. Le cuivre gris prend parfois de très johes formes tétraédriques.
On rencontre aussi, quoique plus rarement, de l'an- TétMédrite de Pulacayo. timoine sulfuré, de la pyrar-
gyrite et des gros cristaux de bournonite.- Dans les filons, on doit citer la présence de bandes blanchâtres kaofiniques pénétrées par place de blende. L'origine de ce kaolin vient de l'altération du feldspath mêlé aux roches volcaniques qui portent le minerai.
La présence de l'or, du bismuth et de l'étain dans les filons du Pulacayo n'est pas sans intérêt en raison des formations métallifères du Haut-Plateau bolivien. La richesse des mines d'argent de Bolivie est extraordinaire; c'est surtout dans le cuivre antimonial (Jalherz àes auteurs allemands), qui contient à Pulacayo quelques rares traces d'arsenic, que se rencontre l'argent dans des proportions qui, d'après Domeyko, vont jusqu'à 12 à i3 p. 100.
Les gîtes métallifères de Pulacayo sont assez curieux au point de vue de leur formation. Les stalactiques de chalco-
pyrite et de blende que l'on observe sur les épontes des filons semblent bien indiquer que les substances minéralisatrices se sont déposées là par voie thermale.
Les minéraux des filons de Pulacayo m'ont, par analogie, remémoré les espèces minérales de formation contemporaine reconnues par Daubrée dans les sources de Bourbonne-les- Bains. Des cristaux de cuivre gris identiques à ceux de Pulacayo ont été rencontrés à Plombières dans des conditions semblables à celles des thermes de Bourbonne-les-Bains et implantés sur un robinet romain en bronze qui était plongé dans l'eau minérale. C'est là. une véritable démonstration expérimentale des faits naturels qui concerne l'histoire des minéraux en général et qui éclaire notamment la formation des gîtes métallifères de Pulacayo.
TASNA.
Le Cerro de Tasna (4^760 mètres d'altitude) est très riche en bismuth et en wolfram. Les filons sont situés sur le flanc est du cerro, au milieu de quartzites plissés au sujet desquels il est intéressant d'indiquer les phénomènes qui paraissent avoir présidé à leur plissement.
En reconnaissant avec James Hutton que les quartzites résultent de phénomènes ignés ^^\ il est nécessaire, après les expériences synthétiques de A. Daubrée sur la schistosité des roches, de reconnaître le rôle important des actions mécaniques.
La chaleur a certainement doué les grès de Tasna d'un certain degré de plasticité en les amenant à un état d'amollissement tel, que, malgré leur constitution antiplastique, le phénomène mécanique consécutif à l'échauflFement a suffi pour leur donner une apparence schisteuse.
Cette action de ploiement est, en somme, une fausse plasti-
^') James Hutton faisait déjà remarquer, les schistes durcis , les ophites et les marau xviii* siècle , Faction de la chaleur sur bres dans sa Tliéorie de la Terre,
cité, car les plis en U du massif Ovejeria, à Tasna, sont extrêmement fracturés.
A Tasna, ce sont des plis alternativement anticlinaux et synclinaux qui ne se sont pas trouvés séparés, en dépit de leurs cassures, jusqu'à la forme définitive qu'on peut leur voir aujourd'hui. Les mêmes exemples se présentent dans les Apalaches et, en France, dans la chaîne du Jura.
J'ai détaché au Cerro. de Tasna un petit crochon en quartzite que je m'empresse de représenter ici, afin de donner une idée plus exacte du phénomène igno-mécanique de schis-
Crochon en quarUil« plias
du Cerro de Taana 9 l'inilueDce de phi
type du ploiement de» roches -mécaïuquea.
Toute la région ouest de Tasna est très bouleversée, et il n'est pas rare, en allant dans la direction de Totora, de dislinguer des quartzites plissés suivant les formes justement définies par de Saussure.
A Tasna, on rencontre le bismuth à l'état de bismuthine Bi^S^ ou sulfure de bismuth avec 80 p. 100 de bismuth; ce minerai est revêtu de masses jaunâtres en agrégats fibreux ou oxydes de bismuth Bi^O^, lesquels résultent de la décomposition de la bismuthine. Il convient de noter également, dans les filons de bismuth, la présence du mispickel en cristaux prismatiques ayant les faces ^ striées perpendiculairement par rapport à leur axe d'intersection.
Au Cerro de Tasna, j'ai rencontré de minces plaquettes de cuivre natif parallèlement placées à un filon de bismuth. Là, l'or et l'argent à l'état natif sont parfois associés au bismuth.
Dans un échantillon de chalcopyrite et de bismuth, on distinguait des cristaux monocfiniques de vivianite, variétés que l'on trouve en Cornwall. Tasna mérite d'avoir une grosse importance à cause de gîtes très riches de wolframite.
A Tasna, l'association intime des cristaux de quartz avec les tungstates laisse entrevoir que la silice amorphe a dû cristalliser sous l'action de l'acide tungstique en fusion intervenant comme fondant. Cette manière de voir concorderait ici parfaitement avec les expériences de P. Hautefeuille sur la cristallisation de la
silice^*'.
Le Cerro de Tasna est séparé du Cerro Ovejeria par une vallée ou (juebraxla, dans laquelle coule le rio Huayra Huasi Huayco. Celui-ci charrie des fragments plus ou moins volumineux de cassitérite. Le plus gros échantillon de cassitérite roulée que j'ai rapporté de Bohvie provient de la Quebrada Tica Huasi, près Tasna; il pèse 110 kilogr. 5oo. Le Cerro Ovejeria
Plis en 8
sur le chemin de Tasna à Totora
^^î Bulletin de la Société philomaiique de Paris, 7* série, t. II, 1877, P- *^^*
est sillonné de filons stannifères et traversé par un filon de fer manganésifère très magnétique.
Celui-ci me semble plaider assez éloquemment en faveur de Tinfluence de la chaleur dans la région de Tasna.
Il suffit, en eflFet, de placer pendant quelque temps à la flamme réductrice de la poudre de manganèse pour qu elle devienne magnétique. Et l'on arrive ainsi à reconnaître, dans les termes employés au xviii* siècle par James Hutton , « que les roches ont, dans les Pyrénées (comme ici dans les Cordillères des Andes), subi une transformation sous Tinfluence de causes minéralisatrices du g^obe et qu'elles ont acquis une consistance inégale à tous les degrés possibles avec le concours nécessaire des phénomènes connexes de la chaleur et de la fusion'^' ».
CHOROLQUE, QUECHISLA.
Le Cerro Chorolque (5,6 1 5 mètres) est intéressant par ses gîtes d'étain. Ceux-ci, comme ceux des environs d'Oruro, forment une sorte de chapeau. Il semble que l'étain en Bolivie se soit déposé par sublimation dans la partie supérieure des filons.
En effet, les filons d'étain du Cerro Chorolque sont remplacés en profondeur par des chlorures d'argent.
Les mines d'étain de Chorolque sont certainement les plus élevées du globe. C'est à Santa Barbara (4>83o mètres), sur le penchant ouest du Cerro Chorolque, que l'on triture mécaniquement l'étain pour le séparer de sa gangue quartzeuse et l'ensacher.
Je ne quitterai point le Cerro Chorolque sans dire que sa cime même est stannifère, et que l'étain s'y présente sous l'aspect de fausses cristallisations cubiques évidemment dues à la disparition de la pyrite de fer.
Dans le rio qui descend de Santa Barbara à Quechisla
^ï Cf. James Hutton Theory of the Earth, vol. lïl, édité par Sir Archibald Geikie, p. i46. London, i8gg.
(3,5'iO mètres], il n'est pas rare de recueillir de nombreux fragments roulés de bismuth natif et de cassilérite. A cette occasion, je citerai le Coriviri, affluent du lac Poopo {dép. d'Oruro) , qui charrie également du bismuth natif.
Aux environs immédiats de Santa Barbara, dans le massif Espiritu, des filons de bismuthine prédominent; des sulfures de plomb et de cuivre gris accompagnent la bismuthine. Là un silicate de bismuth hydraté est associé au sulfure de bismuth.
Vue gèaérale du cerro ilannifêre Clioroique (5,6 1 5 mélres (l'altitude), prise de Santa Barbara (â,83o mètres d'altitudf ].
Des quartz plus ou moins cristallisés et des porcellaniles forment les minéraux des fdons.
Des minéraux de bismuth amorphe se rencontrent dans les mines d'argent d'Oruro (Mina Socavon).
On retrouve le minerai d'étain au sud de la Bolivie, en zones superficielles et horizontales, dans les environs immédiats de San Vicente.
A Quechisla, le minerai en poudre est grillé pendant vingt-
quatre heures au rouge sombre dans un four à réverbère dont la sole est plate. On projette de temps en temps un peu de charbon pulvérisé et l'on agite fréquemment la masse avec des râbles en fer.
Après le grillage, on procède à la réduction. Le minerai oxydé par l'opération précédente est mêlé avec 3 p. loo de charbon et un fondant composé de chaux de sel de soude et de spath fluor. On introduit ce mélange dans un four à réverbère dont la sole est creusée en forme de cuvette, afin que le métal réduit et les scories puissent s'écouler par le trou de coulée pratiqué sur le côté du four de fusion. Au commencement de l'opération, on ferme le registre de manière que la flamme réductrice facilite la réaction du charbon sur l'oxyde de bismuth, et aussi pour éviter la volatilisation de cet oxyde. On brasse fréquemment la masse pendant deux heures; à ce moment on ouvre le registre , et le feu est activé pour atteindre la température blanche. Au bout de deux heures, le mélange est parfaitement liquide, et Ton procède à la coulée; on amène une poche en fonte garnie de terre sous le trou de coulée, et on enlève le tampon. La masse fondue s'écoule, et la poche est enlevée et abandonnée jusqu'à ce que la matière soit complètement refroidie. On trouve dans la poche trois couches distinctes qui sont séparées par ordre de densité; au fond, un culot de bismuth; au-dessus, une matte composée de sulfure de bismuth et de cuivre; enfin une scorie vitreuse contenant le fer du minerai à l'état de silicate. Il reste encore, malgré cela, du bismuth dans les scories.
Pour se rendre de Quechisla à San Vicente , il faut traverser des (juebradas ou défilés et passer à Atocha, Tatasi et Portugalete (4^280 mètres).
A cinq lieues environ de Tatasi, j'ai recueilli des petits cristaux de quartz bipyramidés et diversements colorés par des oxydes métalliques; ils provenaient bien certainement de la démolition de roches éruptives.
Le Cerro Asunta ou Tela, près de San Vicente, m'a fourni
quelques échantillons d'étain engagé dans une sorte de grauwacke. Cette roche est pénétrée de petits cristaux cubiques de pyrite de fer. Actuellement, des Indiens quéchuas se livrent au lavage de Tétain dans les rios situés au pied du Cerro Tela.