SAN VICENTE
San Vicente (4^360 mètres) est un gîte minier argentifère très intéressant. Les filons d'argent paraissent avoir coïncidé avec la venue des trachytes, qui sont eux-mêmes minéralisés comme au Cerro Trinidad.
La stratigraphie de San Vicente est la suivante :
Ce sont d'abord , à la base , sur une grande épaisseur, des grès rouges azoïques recouverts de conglomérats gréseux bréchiformes largement étalés. Ces derniers se sont trouvés disloqués au moment de l'arrivée des roches trachytiques.
J'ai pu recueillir à San Vicente de magnifiques échantillons de cuivre gris cristallisé en tétraèdre dans les combinaisons
Là le sulfate de baryte abonde au milieu des amas métallifères, sous la forme de lamelles de l'épaisseur d'un doigt. Je signalerai dans la Mina Guernica un accident minéralogique assez fréquent qui consiste en la pseudomorphose de la barytine en silice; mais alors, tout en conservant l'aspect lamellaire de la barytine, la silice de substitution n'arrive pas à dépasser l'épaisseur d'une feuille de papier.
Je résolus ensuite de gagner l'extrême sud de la Bolivie, vers San Antonio de Lipez, en passant par Huancane et San Pablo,
Il faut une grande journée à dos de mulet pour se rendre de San Vicente à Huancane (4,280 mètres). On traverse des pampas à dunes sableuses perforées par un petit mammifère de l'ordre des Édentés, j'ai nommé le tatou [Dasypus villosns). Il semble que cet animal aflFectionne particulièrement les terrains sableux qu'il peut très aisément creuser pour se tapir tout
le jour. Le tatou, d'après ce que j*ai constaté, ne sort de son terrier que de grand matin.
Huancane est un point de la Bolivie assez isolé. Trois petites maisons, relativement bien agencées et construites spécialement autrefois pour des études de prospection, aujourd'hui rendez-vous de chasse à l'occasion , furent pour moi d'un très grand secours. Je rapportai des mines Mantos et San Manuel des fragments de conglomérats remaniés tout imprégnés de cuivre à l'état de carbonates hydratés. Aux alentours de Kellu- Kellu, je trouvai, dans des masses gréseuses, des sortes de dendrites de fer oxydé, hydraté, entourées d'une auréole cuivreuse d'un pittoresque eflFet.
A Huancane, on peut voir qu'il s'agit plutôt d'une coloration cuivreuse des roches que d'un dépôt cuivreux proprement dit, et l'on est ici loin des riches formations de cuivre natif de Cobrizos et de Goro Goro.
En quittant Huancane pour aller à San Pablo, je traversai encore de grandes étendues de sable percées par des tatous. Je rencontrai des troupeaux de nandous (^Rhea americana) et de vigognes [Anclienia vicunna).