SAN ANTONIO DE LIPEZ
San Antonio de Lipez (4i64o mètres) partage avec Potosi^^^ rhonneur d'avoir été, peu de temps après la conquête espagnole, un des centres miniers argentifères les plus riches de Bolivie.
On frappait monnaie autrefois à San Antonio, et il n'est pas rare de retrouver, dans les fonds de cabane, des monnaies d'argent au millésime de i655 avec la devise : nPlas ultra )k Maintenant, San Antonio, est un désert; il n'y a plus que de
^^ Dans mes périgrinations sur les hauts plateaux boliviens je n*ai rencontré aucune industrie de l'âge de pierre qui m*ait paru antérieure à celle de Tépoque néolithique en Europe.
^^ La montagne appelée Hatum Potocchi, dont les Espagnols ont fait Potosi, est entièrement percée de galeries souterraines. Les mines de Potosi, découvertes par rindien Hualpa, furent ouvertes pour l'exploitation le ai avril i545. De i545 à 1571, les minerais ne furent traités que par fondage. Les concpérants espagnob adoptèrent la méthode que Ton suivait alors dans les mines du Cerro de Pasco au Pérou. On établissait sur les montagnes qui environnent la ville de Potosi des fourneaux en brique appelés huayras. Les Indiens y jetaient de la ga-
lène et du charbon. L*air qui pénétrait par les trous des fourneaux vivifiait la flamme. Les premiers voyageurs qui ont visité les Cordillères parlent de impression de la vue de ces innombrables feux qui éclairaient le Cerro de Potosi. L'argent ainsi obtenu était refondu par les Indiens , qui se servaient, pour souffler le feu, d'un tube en métal percé à son extrémité inférieure d un petit trou (d'après Von Humboldt). En 1671 le procédé d'amalgamation employé au Mexique fut apporté à Potosi par Pero Fernandez Velasco. Ce procédé a l'inconvénient de faire perdre une quantité considérable de mercure , comme le faisait déjà remarquer, en 1687, Âivaro Alonso Barba. (Cf. Bartolomé Mnez Y Vêla, Annales de la ville impériale de Potosi, )
nombreuses agglomérations de ruines sans toiture, qui témoignent de l'ancienne importance des gîtes métallifères.
Lors des plus récentes exploitations des filons d'argent, on s'est contenté d'élargir quelques-unes des étroites galeries souterraines percées dans des dacites, à une époque très ancienne, sans le secours d'aucun étai.
On comprend facilement ainsi l'origine de l'effondrement gigantesque ou hnndimiento , au lieu dit la Table d'Argent ou la Mesa de Plata, situé à 4^826 mètres.
Pendant les quelques jours que je restai à San Antonio, je recueillis des échantillons de chlorure d'argent gris [plata cornea) très malléable, et aussi de l'argent natif en fines paillettes disséminées dans du quartz.
Le Cerro Asurza me fournit des dacites, et l'ascension de Nuevo Mundo (6,020 mètres) des porphyres quartzeux rougeâtres.
C'était le 22 juillet 1908 : des rafales de neiges persistantes m'empêchèrent dès lors toute exploration, et je fus dans la nécessité de revenir sur mes pas, vers des altitudes moins élevées.
En retournant à Huancane,je restai plusieurs heures égaré au milieu de la nuit et dans un état d'anxiété très grand , quand je crus apercevoir au loin la lueur d'un feu d'Indien.
Je m'approchai dans la direction du feu, et je reconnus mon «arriero». M. F., qui avait bien voulu m'accompagner, était aussi très inquiet; je le trouvai tout occupé à brûler des herbes pour me servir de point de repère. J'étais de nouveau à Huancane.
Il ne me faut point quitter Huancane sans signaler, au Cerro Huanco, l'existence d'un atelier de taille de silex jaspoïdes, moins important toutefois que celui du Cerro Relave. Je me transportai ensuite vers Cerda, à trente lieues de là environ, où j'examinai des bouches geysériennes.
GERRO OBERO. LES GEYSERS.
Les environs de Cerda se signalent à l'attention du voyageur par des orifices cratériformes de difiFérente grosseur, groupés sur le Cerro Obero, 3,664 mètres d'altitude.
Comme les geysers, ces cavités se présentent sous la forme de cônes constitués par des concrétions d'aragonite fibreuse, incolores et jaunâtres, et „ . , . « „,
, *■ , „ Vue en plan à un geyser du Cerro Ooero
par des amas de soulre et ,/
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de soude. p Ctraritùniau-iaitalivantliimntlecBru.Ai.gBfMi'
Un canal tubulaire parfaitement cylindrique sert à l'arrivée de l'eau.
En examinant de près ces orifices qui sommeillent momentanément, j'ai constaté que plusieurs des canaux tubulaires débouchaient dans un tout petit bassin où apparaissait une eau sulfureuse limpide , à reflets bleutés. Lors de ma visite , rien ne faisait pressentir la rupture prochaine du calme de ces volcans d'eau. La température de l'eau sulfureuse dans ces bassins était de + 6 degrés centigrades.
Tous les grès rouges des alentours étaient percés de petits trous Coup, do. g.jr.,n du c«^ ob«M
et enherement decolo- p t™,**^ ^««^«aï. ^*«^ a™^
rés sous l'action érosive
des eaux geysériennes. Le Rio Colorado ou Rivière Rouge, qui coule au pied même de ces pustules geysériennes, est d'une blancheur extraordinaire due à la présence de carbonate de soude.
Il y a tout lieu de supposer que cette soude est de même origine que celle déposée par les sources du Mississîpi et de Yellowstone Park (États-Unis d'Amérique)-
C'esl après avoir parcouru dans le sud des hauts plateaux un voyage total de près de deux cents lieues à dos de mulet en un mois, que je remontai plus au nord de la Bolivie dans la zone dévonienne d'Oruro-