VIII INTRODUCTION
duit zoologique qui n'a qu'un rapport indirect avec la géologie , c'est le guano.
Partout où les flots ont balayé le guano, ce dernier a pris une teinte plutôt jaune. On peut à peine se faire une idée de la quantité prodigieuse d'oiseaux de mer que l'Océan poissonneux nourrit et qui vont se reposer sur les rochers de la baie d'Antofagasta. L'épaisseur seule du guano témoigne de la multitude de la gent ailée. Comme le guano n'existe que par le manque de pluie, et que déjà Garcilaso de la Vega signalait son exploitation depuis l'époque des Incas, il est rationnel de penser qu'il n'a pas plu dans ces parages depuis pas mal de siècles.
Un phénomène actuel, qui vaut la peine d'être mentionné, est la formation de pot holes dans les porphyres feldspathiques de la Cordillère de la Côte qui baignent dans l'Océan.
Des petits graviers, mus sous l'action du mouvement des eaux de la mer, creusent continuellement des cavités arrondies plus ou moins profondes qui rappellent un peu les marmites des géants de Lucerne, quant à leur mode de production. Ce phénomène me paraît d'autant plus intéressant à signaler, qu'il rentre dans une des fonctions relatives à la destruction mécanique des roches.
Je parcourus ensuite, du sud au nord, la partie du désert d'Atacama située entre les 22% 28% 2 4"" et 2 5*" degrés de latitude Sud, afin de me fixer sur le mode de formation des nitrates de soude. Caracoles, avec sa faune callovienne, retint mon attention pendant quelque temps.
Après avoir visité la région volcanique du San Pedro, les gîtes cuprifères de Calama et de Cobrizos, noté la présence de terrains lacustres à Calama, Conchi, Cobrizos et Uyuni, je partis de Pulacayo avec plusieurs mules de charge et un an^iero^^^ à
^'*^ L'arriero est généralement un Indien ou un métis chargé de conduire et de soigner les mules de charge.
INTRODUCTION. ix
travers le sud de la Bolivie, en effectuant pour ainsi dire d'une seule traite, à dos de mulet, un parcours total de plus de 3 00 lieues. Je passai d'abord en revue toute la partie comprise entre Pulacayo et San Vincente, si riche en argent et en cuivre, je gagnai ensuite l'antique district minier argentifère de San Antonio de Lipez, puis je remontai à Quechisla vers une lentille phylladienne probablement d'âge silurien où la cassiterite amorphe et le bismuth natif à l'état roulé se côtoient dans les rios. Tazna, avec ses quartzites plissées en U, d'après la distinction de De Saussure, témoins indiscutables d'une fausse plasticité, m'éclaira sur le mécanisme des phénomènes telluriques.
A Tazna, comme au Cerro Chorolque, je remarquai des masses ocreuses assez étendues provenant de la décomposition de la pyrite de fer.
Les geysers ou plutôt les suffioni du Cerro Obero aux environs de Cerda , avec leurs dépôts avoisinants de soufre et leurs concrétions jaunes et blanches d'aragonite, me révélèrent les dernières manifestations de l'activité volcanique des Andes.
Je repris ensuite mon exploration géologique au nord de la Bolivie dans la région dévonienne d'Oruro, en passant par Sica- Sica et Pataca Maya. Cette localité est caractérisée par des fossiles du genre Cryphœus que les Indiens désignent sous le nom espagnol de « pierres d'aigle » [piedras agnilas).
De l'alto de La Paz à Huaqui, en passant par Viacha, Tiahuanaco, des grès micacés rougeâtres correspondant aux calcaires marins de l'IUinois (États-Unis d'Amérique) indiquent leur âge dévonien par une faune assez rare, mais bien conservée.
A Aygachi, Yarbichambi et à l'île Quebaya (lac Titicaca et environs) , des calcaires noirâtres carbonifériens à Productus Cora d'Orb. peuvent très bien être assimilés aux couches du bassin franco-belge, c'est-à-dire au carboniférien de Visé ou de Saint- Hilaire.
Il me paraît naturel de synchroniser la formation cuprifère de Coro Coro avec celle de Cobrizos.