DURANGO
Durango est la capitale de la Nouvelle-Biscaye , province qui comprenait autrefois toute la partie septentrionale de la Nouvelle -Espagne. Actuellement l'État de Durango s'étend sur une surface de i 2 1 ,4oo kilomètres carrés, et renferme une population de i56,5oo habitants, attachée généralement aux cultures et à l'élève du bétail. La population des villes, et en particulier celle de Durango, qui s'élève à 16,000 habitants, descend des premiers colons catalans, navarrais et biscaïens, qui s'y fixèrent au milieu du XVI* siècle; elle présente le type blanc espagnol presque sans mélange. Comme dans le Chihuahua, on retrouve chez ces populations l'activité, l'esprit d'entreprise et les dehors policés et graves de la race castillane. Le climat, par sa beauté, par sa douceur et par la fraîcheur de ses hivers,
a dû contribuer à la conservation des qualités distinctives de ces colons. L*Etat de Durango a eu, dans les dernières années, beaucoup à souffrir des incursions des Âpaches. Un grand nombre d'haciendas de campo et de cria ont été détruites et ont perdu leurs nombreux troupeaux.
L agriculture pourrait reprendre une situation plus prospère, grâce à un merveilleux climat, qui se prête à la culture de la vigne sur les plateaux (vin de Parras], et qui, dans les vallons de la Sierra-Madre, favorise la culture de la canne, de Tindigo et du café.
Mines. — La production minérale prit, au commencement de ce siècle, un heureux développement, grâce aux mines de SanDimas, de Guarisamey et de Gavilanes. La production des deux premiers centres était, à cette époque, de 2 5o à 3oo,ooo piastres par mois. Gavilanes atteignait également un chiffre semblable. Depuis cette époque Tabandon ou Tappauvrissement des anciens filons ne fournit plus pour ce groupe qu'une production de 600 à 800,000 piastres par année. Les minerais de la Sierra-Madre offrent tout le long de cette chaîne, comme caractère distinctif, la présence d'une proportion considérable d'or. Nous avons déjà parlé des mines d'EI-Oro, de San-Francisco, de San -Lucas, qui suivent le pied de la chaîne et qui sont également comprises dans les limites de la province. Si nous passons maintenant aux mines des plateaux, nous trouvons celles de Mapimi, le réaP de las Norias, le réal de Cuencamé et celui de Panuco, situé au nord-ouest de Durango. Les mine-
^ Real, camp ou quartier royal, nom donné , après la conquête , aux ezpioi* tations de mines , parce qu elles se faisaient pour le compte de la couronne d'Espagne. Cette dénomination est restée en usagé depuis; on la remplace toutefois , dans beaucoup de cas , par celle de Minerai.
rais y appartienDent tous aux espèces sulfurées, associées fréqueiDineni à la galène.
Les minerais de fer sont très-répandus. On connaît surtout la grande masse de fer magnétique et de fer hématite, qui forme le Cerro-Mercado, à a kilomètres de Durango. Ces minerais, renfermant de 5o à 65 p. o/o de fer, sont inépuisables; ils sont très-faiblement exploités par une petite forge, qui ne fabrique qu'en vue des besoins restreints de la localité, et qui est située à 3 kilomètres au sud de la ville.
On rencontre plusieurs masses de fer météorique; Fane d'elles, du poids de 200 kilos environ, sert d'enclume à un forgeron de Durango. Elle fut trouvée aux environs de la ville. On a souvent parlé de la grande masse météorique aux trois quarts enfouie dans la plaine , non loin du Cerro- Mercado. M. de Humboldt en a évalué le poids à 1 9,000 ki* iogrammes, d'après les renseignements qui lui avaient été fournis à Mexico. La masse n'a jamais été dégagée de manière à permettre d'en évaluer le poids, et il parait y avoir exagération dans le chiffre précédent.
Les mines d'ai^ent forment un troisième groupe au sud de Durango. Le minéral de la Parilla présente un réseau très-compliqué de filons qui se croisent et s'entre-croisent au milieu de roches porpbyriques et dans le voisinage d'un soulèvement de diorite. Les affleurements offrent des minerais colorados avec chlorures et bromures d'ai*gent, tandis que les travaux profonds fournissent surtout des galènes argentifères qui sont traitées au four castillan. Quelques minerais chaînés d'une trop forte proportion de pyrites sont préalablement grillés. Malgré l'abondance des minerais et leur teneur, qui s'élève jusqu'à 1 marc ou 1 marc 1/2 par carga (l'^.yo à aSSo par tonne), comme pour les terres de la mine San-Jose la production hebdomadaire ne s'élève
qu à 5o ou 60 marcs et dépasse rarement 1 00 marcs. La pauvreté d'une population réduite et le manque d'esprit d'entreprise et de capitaux venant du dehors expliquent seuls le délaissement de ces mines.
A quelques kilomètres à Test de la Parilla , se trouve le Cerro-de-los-Sacrificios, grande masse calcaire soulevée au-dessus du niveau des plaines. Plusieurs filons , qui n*ont pas encore reçu un commencement de recherches, se dessinent sur ses flancs ; leurs crêtes sont visibles , et les affleurements offrent tantôt les caractères défilons cuivreux et tantôt ceux de filons d'argent. La base de la montagne est formée d'assises redressées de grès fins, tandis que le haut est composé de bancs minces de chaux carbonatée cristallisée grise et de chaux silicatée blanche. Les trois principaux filons sont dirigés suivant le N. £. et inclinés au S. 0. Un croiseur dirigé Ë. 0. incline au sud.
Le minéral de Chalchihuites occupe un chaînon se détachant de la Sierra et placé à && kilomètres au sud de la Parilla. La population de la municipalité dé Chalchihuites s'élève à 7,000 âmes; 5, 000 seulement sont renrermées dans une ville dont les dimensions et la belle ordonnance aOedée par quelques-unes de ses oonstructions, aujourd'hui délabrées, indiquent la splendeur passée. Les minerais d'argent sont, dans certaines mines, à gangues feldspathiques et ferrugineuses , comme ceux des mines de la Candelaria et de l'Ëncino;la galène s'y associe constamment. La mine Santa-Ëduvige exploite un minerai de galène argentifère à gangue calcaire (cristaux de spath colorés en noir par Toxyde de manganèse). A la mine de Chalchihuites, la galène domine encore et a pour gangue un fluorure de calcium d'un beau vert, associé à un peu de spath calcaine. Ces filons sont compris dans des porphyres dioritiques qui se groupent au-
tour cfuB pointemeot de diorîte occupant le centre du soulèirement. La production mensuelle du minéral sVIère à I . I oo marcs.
Le minéral dT'rique. autrefois exploité, se troure à 3 lieues au sud-ouest de Chalchihuites, dans les premiers mouvements de b Sierm-Madre.