Léon Léon, Benjaino a37,go
Total. . . 874,073
La population spécifique est donc de 28 habitants par kilomètre carré.
Agriculture, — Les produits agricoles consistent en maïs, fourrages , orge , blé , canne à sucre, agaves, pommes de terre , haricots, pois, piment, arachides, melons, pastèques, concombres. Les fruits comprennent les pommes, les figues, les noix, les raisins, le limon doux et les ahouacates.
L'industrie est représentée par les manufactures de coton (mantas) de Salamanca et Saivatierra ; des fabriques de draps existent à Celaya; on confectionne des poteries à Salamanca, des zarapes et de la sellerie à Léon, des rebozos et des zarapes à San-Miguel-Alicnde.
Mines. — Guanajuato, avec ses 63, 000 habitants, est un des centres les plus productifs de Texploitation des mines au Mexique. Un fort, construit en i554, pour la protection des premiers mineurs, en fut lorigine. En 1 6 1 9 elle fut créée villa (bourg)t en ijlxi elle était élevée au rang de ciudad (ville). Bâtie sur la déclivité d un ravin , elle offre une assiette très-inégale et resserrée; mais, grâce à ses belles constructions, elle oflre un aspect original, qui plaît généralement à ceux qui la visitent.
Les mines offrent plusieurs groupes : i° le plus célèbre, celui de Guanajuato, comprenant les exploitations de Rayas, Mcllado, Vaicnciana, Viilalpando, Sirena,Cata; — a^ le groupe de la Luz, avec les exploitations de la Luz, Purissima, Santa-Clara, San-José-de-los-Muchachos, Santa- Lucia, El-Refugio; — 3*" Monte-San-Nicolas; — 4* Santa- Rosa; — 5® Santa-Anna (ces cinq groupes sont compris dans la Sierra-deGuanajuato); — 6"* San-José-de-Yturbîde ; — 7® San-Luis-de-la-Paz; — 8"* Ziciiu; — g* Atargea (ces derniers sont places dans la Sierra-Gorda ou aux environs).
La Sierra-de-Guanajato s*étend à peu près dans la direction du N.N.O., sur trente lieues d*ctendue. Les roches qui la composent sont d abord dessyénites, qui sont à découvert auprès de Comanja et non loin de Silao, près des sources chaudes de Comanjilla. Les diorites sont encore plus répandues : elles occupent le terrain de Chichimequilla jusqu*à Guanajuato; à leur contact se rencontrent des porphyres verdâtres à pâte terreuse, qui proviennent du métamorphisme des schistes : cest la vacia gris du Mexique.
Les schistes apparaissent tantôt avec leurs caractères naturels, gris ou noirs, et tantôt sous Taspect de schistes talqueux; enfin les calcaires en assises minces et entremêlés de schistes et de grès occupent une grande étendue au nord de Guanajuato. On voit quà Texception de ces dernières roches, la Sierra-de-Guanajuato offre la même composition minéralogique que celle de Zacatecas. L'analogie s étend plus loin encore : si Ton examine de près les con- (jlomérats rouges qui s étendent à Test de la Veta-Madre, on les voit recouvrir le terrain métallifère absolument comme la même roche recouvre le terrain de Zacatecas au sud de
la Veta-Gantera. Ce conglomérat rouge est composé, à la base, d'éléments feldspathiques grossiers. Il y a ensuite passage graduel à des grès feldspathiques qui se chargent de plus en plus des éléments de la vacia gris, et qui donnent naissance à des grès rouges , bigarrés , et enfin à des grès verts employés dans les constructions de Guanajuato sous le nom de bzeros. L'étage qu'ils forment peut avoir de 4o à 5o mètres de puissance; ils passent plus haut aux tufs qui les recouvrent sur toute la hauteur de l'escarpement, qui s'élève jusqu'au sommet de la Bufa. Cet étage , depuis le conglomérat jusqu'aux tufs et aux brèches qui couronnent le haut du piton, appartient à ce vaste horizon qui recouvre toute la surface extérieure des plateaux mexicains, et que je me propose de faire connaître plus tard en détail. Mais il me semble inexplicable que M. de Humboldt ait pu reconnaître dans ces conglomérats et ces grès l'équivalent de l'étage du vieux grès rouge, tandis que ces roches recouvrent des terrains moins anciens et qu elles appartiennent d'une façon manifeste à l'étage le plus récent du Mexique. La Veta-Madre s'étend à l'ouest de Guanajuato avec une direction N. O. qu'elle conserye sur plusieurs kilomètres. Ce lai^e filon, séparé en trois plans par des salbandes stériles , a rempli une grande faille de soulèvement inclinée au N. E.; c'est un exemple analogue à la disposition de la Veta-Cantera , à Zacatecas, et du filon de Milagro , à Catorce. Le mur est occupé par des conglomérats rouges, et l'on rencontre au toit des schistes, qui, dans la stratification générale, leur sont inférieurs. Les anciennes exploitations de Cata, de Rayas, de Mellado et de Valenciana , qui ont fait la réputation de ce centre, ne sont plus qu'un souvenir. On exploite encore les parties supérieures des mines de Rayas et de Mellado, les niveaux inférieurs étant noyés. La mine de Sirena, grâce
à de nouveaux travaux, fournit une eilraction asseï considérable.
Le minéral de la Luz, distant de 6 kilomètres, possède des mines autrefois très-exploitées et présentant encore une certaine activité. Les principales sont celles de la Lus, de Jesus-Maria, de Purissima, Santa-GIara, San-José-de-los- Muchachos, San-Lucia et El-Refugio. Les filons exploités sont enclavés dans la vacia gris et dans des schistes métamorphiques. Les minerais sont quelquefois, comme i la mine Santa-Glara, composés d*une brèche de ces roches, imprégnée de sulfures métalliques. Les autres mines réparties dans la sierra, à Villalpando, à Monte-San-Nicolas, à Santa-Rosa et à Santa-Anna, fournissent aussi des minerais en quantité variable.
Quelques compagnies, comme la compagnie anglo-mexicaine, ont à la fois des mines et des haciendas de bénéficie; mais, dans la plupart des cas, les exploitants de mines sont simplement producteurs des minerais, et les maîtres d*haciendas se limitent au traitement de ceux quils achètent. Le district de Guanajuato offre, sous ce rapport, un aspect assez particulier : chaque semaine on procède , sur le carreau des mines, à Tadjudication à Tenchère de lots de minerais; ces achats doivent se faire au juger comme poids et teneur, les essais n'étant pas aulorisés par la coutume. Trentedeux haciendas sont agglomérées dans la ville de Guanajuato ou ses environs. De 1827 à i855, les lingots sortis de ces établissements et frappés à la monnaie ont produit 12^,896,50/i piastres, soit plus de 600 millions de francs. Le beneficio de patio est le seul usité dans ce district , et il y est conduit avec plus d'habileté que dans les autres, grâce i quelques perfectionnements nouveaux et à des appareils mécaniques qui sont dignes de fixer l'attention des métallurgistes.
La production dans les dernières années, en prenant
pour base la fabrication des monnaies , est la suivante :
i863 7,5ooooo \
i864 4i6oo,ooo > piastres , production totale.
i865 d,o6o,ooo )
La valeur de i*or allié à largent s élève à i o ou 1 1 p. o/a de la valeur totale.
L*Étatde Guanajuato oUre, au sud, un groupe de volcans fort curieux; ils sont au nombre de sept et entourent la plaine quon a appelée valle de Santiago, Les cratères de deux de ces volcans sont remplis d'eau : c est d'abord TAlberça, le plus connu de tous; J'eau y est très -légèrement alcaline, et son niveau est le même que celui de la nappe aquifere des terrains environnants, ce qui prouve quil n'y a aucun reste d'activité volcanique sous foime de source minérale. Le niveau du second cratère-lac nommé la Hoya, est, du reste, absolument le même. On peut constater les laves à l'Alberca, les tufs au volcan de la Gantera , oii ils sont exploités comme pierre à bâtir, et Ton remarque partout que les derniers produits sont cinériformes. Les cendres et les lapilli sont surtout abondants au volcan de la Batea. On rencontre à la siuface de la plaine, jusqu'à Salamanca, des blocs de lave et de basalte; ces roches se montrent encore au pied de la Sierra-de-Guanajuato , à la base du Gubi» lete et dans le voisinage des eaux thermales de Comanjilla et d'Âguas-Buenas, près de Silao; elles se représentent au Gerro-del-Gigante, un des hauts sommets de la même sierra (3,075 mètres). On a signalé, au pied de cette montagne, un gisement de cinabre contenu dans une fissure remplie de kaolin. Les échantillons sont tous assez pauvres, et il est peu probable que cette veine puisse donner lieu à une exploitation sérieuse.
«Tétais arrivé au terme de ma mission, ayant accompli Texploration des principaux centres métallifères qui recouvrent ces vastes contrées ; il ne me restait plus qu*à gagner Mexico , et de là le rivage du golfe et la France.
De Guanajuato je me rendis à San-Miguel-Allende par les contre-forts qui se développent du côté E. de la sierra. San- Miguel, placé à Textrémité de la chaîne, est surtout connu par ses eaux chaudes et sa fabrication de zarapes. Xallai visiter dans les environs un gisement de lignite, signalé avec Tempressement que peut faire naître dans un pays privé de bois Tannonce d'une découverte de combustible minéral. Ces lignites se rencontrent ^u milieu des tufs blancs, dans une dépression de terrain nommée la Haya; ils forment une couche de 3 à 4 centimètres et paraissent provenir de bois en partie carbonisé, mais dans lequel une infiltration minérale s est faite, car la silice y domine. Ces lignites ne peuvent pas brûler; ils perdent leur carbone dans un feu ardent de bois ou de charbon. Je traversai ensuite TÉtat de Queretaro , en passant par son chef-lieu pour parcourir la route ordinaire qui conduit à Mexico.