‹ Explorations minéralogique des régions mexicainesChapitre 16 sur 46 · TERMES LOCAUX · texte numérisé non relu

TERMES LOCAUX

lodure et bromure.

Argent ioduré , bromure.

Métal verde.

Carbonate double.

Argent bleu de Catorce.

Métal azulado.

Proustite.

Argent arsënio-sulfurë.

Métal de cardenillo.

Argyrithrose.

Argent antimonié sulfura.

Petlanqae acerado.

Idem.

Idem (rouge).

Petlanque encarnado.

Sulfure de plomb.

Galène argentifère.

Métal plomoso relucitnte.

Sulfure de fer.

Pyrites argentifères.

Bronce platero.

Arsënio-sulfure de fer.

Pyrites arsenicales arg'*"».

Bronce blanco.

Métaux divers et substances minérales. — Les difficultés qui entourent , au Mexique , 1 exploitation économique des mines ont eu pour résultat presque exclusif la production des métaux précieux. Cependant la constitution minérale du pays offre des gîtes minéraux très- variés, et qui, dans un autre milieu, seraient certainement appelés par leur importance à contre-balancer celle des métaux monétaires.

Mercure. — La consommation du mercure, employé pour Tamalgamation de For et des minerais d argent, s élève annuellement à 700 tonnes et peut s'évaluer, comme frais, à 9 ou I G p. 0/0 de la valeur des métaux précieux obtenus. Ces chiffres indiquent fintérèt qu'il y aurait pour le pays à retirer le mercure de ses propres mines, au lieu de rester tributaire de fancienne métropole, TEspagne, ou d*une possession récemment détachée et acquise aux Etats-Unis, comme la Haute-Californie. Cependant la presque totalité du mercure est tirée de ces deux sources en quantités presque égales.

Lors des premiers siècles de la domination espagnole , la

fechercbe des mines de mercure fut prohibée afin de conserver un monopole qui constituait un puissant moyen d action aux mains d un gouvernement qui entendait d*une manière toute léonine l'exploitation du régime colonial. L'interdiction levée quelque temps avant la proclamation de l'indépendance du Mexique amena la constatation de nombreux gisements de cinabre. Chaque jour on en rencontre de nouveaux, sans jamais en découvrir d'assez importants pour donner lieu à de sérieuses exploitations. Je rappellerai les principales localités, à titre de renseignement minéralogique bien plutôt que pour l'importance des gîtes, qui n'ont produit, jusqu'ici, que quelques tonnes de mercure chaque année.

Dans l'État de Durango, on connaît les veinules situées entre le minéral d'El-Oro et le Magistral. Dans celui de Guanajuato, les échantillons que Ion recueille au pied du Cerro-del-Gigante sont plus riches, sans être exploitables. Dans l'Etat de Queretaro, le cinabre apparaît au Rincon-del-Centeno et près d'El-Doctor. On en trouve encore aux environs de Temascaltepec, près des mines d'argent, au sud de l'Etat de Mexico. Le gouvernement de San-Luis de Potosi en offre à Durasno, dans la Sierra-de- Pinos et dans le massif métamorphique de Guadalcazar. Ces dernières mines ont produit jusqu'à ko tonnes par année. Dans l'État de Zacatecas , le gîte de Melilla est connu depuis longtemps. Récemment on trouva des indices de cinabre aux environs du Fresnillo. Doit-on, après ces infructueuses tentatives, perdre l'espoir de découvrir des gîtes exploitables? Je ne le pense pas. Des veinules trouvées en Sonora, près d'Hermosillo , puis dans le Sinaloa et le Jalisco, non loin de la région du littoral, semblent annoncer, le long de la Sierra-Madre du Pacifique, une disposition mi-

néralogique analogue à celle des Goast Ranges californiens et à celle des terrains du Pérou, qui contiennent des dépôts puissants de sulfure de mercure.

Cuivre. — Les minerais de cuivre sont très-abondants. Presque tous les États du Meidque offrent de nombreux filons de ce métal. Les plus favorisés sous ce rapport sont ceux de Chiliuahua, Durango, Zacatecas, San-Luis-Potosi , Jalisco , Michoacan et celui de Vera-Gruz. Les mines sont généralement exploitées pour la fabrication du magistral , réactif indispensable pour le travail de famalgamation américaine. On produit peu de cuivre métallique ; le commerce en offre cependant une certaine quantité. Le plus estimé est celui de Chihuahua; ensuite vient celui des mines de Santa-Clara, dans l'Etat de Michoacan. Les exploitations les plus riches sont celles de Mazapil, dans TEtat de Zacatecas; elles produisent, en moyenne, annuellement aoo tonnes de cuivre. Les mines de Tepezala, situées dans la même province , fournissent beaucoup de pyrites cuivreuses pour la fabrication du magistral.

Il existe , près de Perote , h Zomeluhacan , une exploitation de cuivre comme il serait à désirer d'en voir se multiplier dans tout le pays. La production du cuivre métallique est le but principal des travaux; on obtient le métal dans (les ateliers de fusion , et on le livre au commerce à l'état de saumons ou en plaques étirées au laminoir. Cette usine alimente Mexico et exporte ses produits par le port de la Vera-Cruz, qui en est éloigné de 35 lieues.

Fer, — Les dépôts d'oxydes de ce métal sont très-répandus; ils ont donné naissance à un commencement d'indus trie locale dans un petit nombre de forges, telles que

celles de San-Rafaël et de Miraflores, près de Tlalmanalco, de Guadalupe-y-Encarnacion, près de Zacualpan, de Santa- Maria, à deux lieues d*Atotonilco-el-Grande , de Zacualtipan, de Tepotlan et de Santa-Fé, dans TEtat de Mexico; de Jesus-Maria, dans celui d'Oajaca; de San-Francisco, près de Durango. On traite dans cette dernière fonderie les minerais du Cerro-Mercado.

Le Jalisco renferme deux autres forges : celle de Zapotlan est la plus ancienne des usines de cette province.

Leferestobtenugénéralementparlaméthode catalane et se vend, suivant les localités, de 1,000 à 2,000 francs la tonne. Quelques usines obtiennent la fonte au bois dans de hauts fournaux soufflés par des machines hydrauliques et même par des machines à vapeur (San-Rafaël, Guadalupe, Santa- Fé, Tepotlan, Zacualtipan et Durango). Ces mêmes ateliers et quelques fonderies secondaires fondent en deuxième fusion des pièces moulées au prix de 1,200 à 2,000 francs la tonne. Deux ou trois forges possèdent des feux d affinerie, des fours à puddler et des laminoirs.

Malgré une activité assez grande, ces établissements, en raison de leur petit nombre et de l'insuffisance de leurs moyens d approvisionnement, ne fournissent pas la dixième partie de la consommation mexicaine, qui s alimente d*autre part presque exclusivement en Angleterre.

Èiain, — L oxyde d'étain s'exploite à Coneto dans TEtat de Durango; on en recueille également dans les environs de Comanja, près de la Sierra-de-Guanajuato, et il s'en rencontre, en général, vers tous les points où les roches granitiques viennent affleurer à la surface. La production, trèsdivisée et très-irrégulière , est presque insignifiante; elle ne doit être signalée que pour mémoire.

Plomb. — Le commerce intérieur fournit le (domb en quantité suffisante pour les besoins du pays ; la cherté des transports et le peu de valeur de ce métal ne peimettent pas de le transporter à de grandes distances des points de production, et encore moins de songer à en faire un objet d*exportation. Le plomb provient du traitement des galènes argentifbres au four castillan; c*cst un produit secondaire des minerais d'argent dits defuego. Les fonderies de Zima- |)an et d*EI-Cardonal sont celles qui produisent les quantités les plus notables; le prix de vente varie de 1,200 à a, 000 francs la tonne. Quelques usines des environs de Mexico laminent en plaques ou étirent en tuyaux une certaine quantité de ce métal pour les usages ordinaires.

Zinc. — La blende est le minerai le plus répandu du zinc; elle est ordinairement argentifère, mais elle n*estpas exploitée, et le Mexique doit tirer du dehors le métal qui lui est nécessaire.

Production des métaux secondaires. — Les divers métaux que nous venons d'énumcrer n*ont donne lieu pour aucun à une industrie suffisamment dovoioppée; et Ton voit que le Mexique a beaucoup do progrès à faire de ce côté pour se mettre au niveau des pays les moins avancés en métallurgie.

La production actuelle des métaux usuels, par Firrégularitc (le leur exploitation et par le champ morcelé de la consommation, échappe à toute évaluation statistique; cependant on peut admettre, avec M. Lerdo deTejada, que rimportance totale de la production de ces métaux ne dépasse pas annuellement 5 à 6 millions de francs.

Substances minérales diverses. — Parmi toutes les matières

minérales, le sel tient au Mexique la première place comme importance ; la métallurgie de Targent en emploie plus de 100,000 tonnes pai' an dans le beneficio de Patio, Les lagunes situées entre Zacatecas et San-Luis-Potosi en sont abondamment fournies. Le sel se retire encore de Teau de la mer dans les environs de Tampico, sur le littoral du golfe et dans les marais salants du territoire de Colima , sur les bords du Pacifique. Le sel provenant de ces dernières localités est, en raison de sa pureté, plus spécialement affecté à lalimentation des populations, tandis que celui des lagunes, destiné aux haciendas de beneficio , est souvent récolté à Tétat terreux, sous le nom de saltierra, et ne contient que 20 à 3o p. o/o de chlorure de sodium, accompagné de carbonate et de sulfate de soude et de magnésie.

Quelques lagunes fournissent en plus grande abondance le carbonate de soude {tequesqmte) , qui est employé comme fondant dans le traitement des minerais quartzeux el plombifères par fusion au four castillan. Des dépôts de ce sel alcalin se rencontrent dans le lit de fancien lac de Mexico , sur les plaines, aux environs de Puebla, de Sayula, près de Guadalajara et sur plusieurs points du Bolsom de Mapimi, dans la région septentrionale des hauts plateaux.

Les alluvions des plaines renferment souvent du nitrate de potasse [salitre], et ce mot espagnol devient souvent un nom de lieu. Le nitre est exploité pour la fabrication de la poudre, dont il est fait une grande consommation dans les mines d argent. On en brûle également dans les réjouissances religieuses et nationales, en boites, pétards et feux d'artifice, et aussi quelque peu dans les pronunciamientos. Malgré la profusion des dépôts de ce genre (abondance suffisamment expliquée par Icnfouissement de matières organiques dans des terrains meubles, perméables et soumis à

de fortes ioscdatîoDs) , on crée encore des nitrières artificielles, dont les Mexicains des âges passés connaissaient Fusage. Ils se livraient à cette pratique par superstition, mais surtout dans un but agricole.

Le soufre a pour principal gisement le cratère du Popocatepetl. Depuis quOrtaz, envoyé par Cortex, y monta en 1 522 après la prise de Mexico, c'est de la montagne f amante que se tire tout le soufre employé aux environs de la capitale. Plusieurs évents volcaniques sont aussi des solfatares; on rencontre également d*autres dépôts provenant de sources sulfureuses et gypseuses à Guascama, à Mapimi, à Taximaroa.

L'alun se récolte en divers endroits; le gisement le plus remarquable est celui qui se trouve dans le Bajio à peu de distance de Celaya : c est une montagne de schistes alunifères, on les exploite pour en retirer Talun employé dans les teintureries. On lessive dans le même but certaines terres chargées de sulfate d alumine, qui se trouvent aux environs des cratères volcaniques. Celui du Popocatepetl et les portions extérieures de son cône offrent des efflorescences de cette espèce.

Les prodails hydrocarbures paraissent moins répandus au Mexique que ne l'indiquerait, à première vue, sa constitution géologique ; on connaît cependant un dépôt d'asphalte dans le Guerrero , au Cerrode-Brea; un autre à Tepesiutlan , à peu de distance de Perote; dans le Jalisco, près du Bramador, et en un petit nombre de points de la cordillère volcanique qui traverse de l'est à l'ouest la partie tropicale du Mexique.

Les combustibles minéraax sont également représentés avec beaucoup de parcimonie; on rencontre fréquemment, au milieu des tufs feldspathiques des plateaux, des lignites trèsimparfaits en couches minces et lenticulaires dun faible diamètre ; la mauvaise qualité de ce combustible et sa rareté relative ont empêché de poursuivre les recherches. Le gisement le plus considérable de ce genre se rencontre aux environs de San-Juan-deJos-Lagos. D*autre part le soulèvement de la Sierra-Madre du Pacifique met à nu, dans la Sonora et dans le Ghibuahua, des portions considérables du terrain carbonifère. Au milieu des strates de cette formation ancienne , on rencontre des couches d'anthracite dans le district d*Ures et dans le sud du Ghibuahua, au presidio del Gallo. Le terrain carbonifère se représente dans le Jalisco, puis dans une partie du Guerrero et dans TÉtat d'Oajaca. Dans cette dernière province on a signalé un gisement de charbon minéral , qui mériterait à lui seul une reconnaissance directe d'autant plus facile à faire que c'est sur le littoral même du Pacifique et à peu de distance d'un bon mouillage qu'existe ce dépôt de combustible.

Les matériaux de construction qu offre la constitution géologique de cette partie du continent américain sont trèsvariés. Les marbres sont assez rares ; on en trouve de beaux échantillons aux environs de Puebla, dans l'État d'Oajaca et dans celui de Sonora. Les calcaires gris sont très-répandus dans les deux Sierras qui soutiennent les plateaux sur les versants des deux océans ; ils sont également communs dans les chaînes qui émergent vers le nord du Mexique. Dans toute la partie centrale où dominent les roches feldspathiques, les calcaires apparaissent plus rarement à découvert; mais alors on trouve à la surface même du sol , et souvent au-dessus

de Talluvion, des nappes minces d*un calcaire tendre et argileux. L'existence de ces croûtes de carbonate de chaux est un caractère tellement générai de la composition du sol sur les plateaux» que, depuis le 4i* degré de latitude N. jusquau 19*, je les ai constamment rencontrés.

Le gypse saccharoïde et cristallisé s'offre en divers endroits dans le voisinage des chaînes, où il se montre en relation avec des sources thermales et sulfureuses; très-firéquemment la présence du sulfate de chaux est connexe de celle du soufre. Le plâtre est d un emploi restreint dans le pays.

Les terres à poteries et le kaolin sont remarquables par leur abondance et leur qualité plastique. On connaît la terre blanche réfractaire de Salamanca, les argiles figulines de Puebla et celles de Guadalajara, qui donnent lieu & une fabrication très-renommée de poteries fines.

Les ocres rouges et jaunes sont très-communes et présentent de riches colorations. On retrouve en plusieurs localités la trace des exploitations des anciens Mexicains, qui faisaient de ces matières un usage constant pour la confection de leur poteries colorées et pour leurs peintures murales et manuscrites.

Ajoutons, à cette cnuinération déjà longue des produits minéraux, les matériaux de construction empruntés aux tufs, aux grès et aux porphyres feldspathiques sous le nom de cantcra et de lozero. Toutes les constructions du Mexique en sont faites; ces matériaux, de textures et de couleurs trèsvariées, se taillent facilement et sont d*excellentes pierres à bâtir. On emploie aussi beaucoup de basaltes bulbeux [tetzontli) pour les maçonneries légères.

Production moyenne des métaux précieux, — La production des mines du Mexique, depuis une quinzaine d'années, n a

pas dépassé annuellement 5oo tonnes d*ai^ent et Ix i/a tonnes dor; ce qui correspond à une valeur totale de iq6 à 1 27 millions de francs pour les deux métaux précieux, soit q3 millions et demi de piastres.

Cette production se distribue moyennement de la façon suivante entre les divers Etats de la république :

Ghihuahua 1,100,000 piastres.

Sonora 1 ,800,000

Sinaloa 4,ooo,ooo

Durango i,aoo,ooo

Jalisco 1 ,000,000

Zacatecas ii,3oo,ooo

San-Luis-Polosi i,aoo,ooo

Guanajuato 4t 100,000

Mexico 4i5oo,ooo

Oajaca 4oo,ooo

Total 28,600,000

Si Ton tient compte de ce fait, que les trois quarts des anciennes mines sont abandonnées, que plusieurs districts très-importants comme ceux de Calorce, San-Pedro-Potosi, Sombrerete, San-Dimas, Guarisamey, Guadalupe-y-Calvo, Santa-Eulalia , etc., ne produisent plus que des quantités d'argent très-minimes , quand on les compare à leur ancienne production, on croirait pouvoir en conclure que la quantité de métaux précieux livrés chaque année à la circulation pourrait être facilement doublée ou triplée. Cependant une semblable augmentation , que justifieraient d'ailleurs Tàbondance des minerais et lactivité des populations ouvrières, ne peut être réalisée par suite des conditions particulières dans lesquelles se trouve placé le Mexique. Â aucune époque en effet la production n a beaucoup dépassé le rendement actuel; en compulsant les documents statistiques, on trouve

comme maximum de production le chiffire de q 7 millions de piastres pour chacune des années 180 À et i8o5, chiffre qu il conviendrait peut-être de porter à 3o mêlions pour tenir compte des lingots échappés au fisc. Ce maximum exceptionnel de la production ne dépasse le rendement actuel que de a 7 p. 0/0.

Il convient d'indiquer maintenant en quelques mots les conditions économiques et sociales de la contrée.

Rôle de tagricaltare. L'exploitation des mines emprmite presque tous ses moyens d action à l'élément agricole. La force ' motrice employée dans les mines et dans les haciendas de beneficio consiste presque exclusivement dans le travail des mules et des chevaux, que Ton nourrit de mais, graine qui sert également de base à l'alimentation de la classe ouvrière. Or les conditions de la production agricole sont trèsirréguhères. Par suite de la sécheresse de certaines années, les récoltes manquent dans certaines provinces pendant qu'il y a abondance dans d'autres, circonstance qui ne sert qu'à éviter les disettes locales, mais non à maintenir les écarts du prix de la denrée dans d'étroites limites* Les transports sont longs et onéreux par eux-mêmes ; et , lorsqu'on songe que les animaux employés à les effectuer sont euxmêmes consommateurs de la denrée renchérie qu'ils transportent, on comprend les variations énormes que présente, dans certains cas , le prix du maïs.

Ainsi le mais , qui vaut , dans les années abondantes , tout au plus une piastre la fanega, soit 9 fr. 5o l'hectolitre , se vendait , à San-Luis-Potosi :

En 1864 de 4*oo piastres à 8.75 En i865 de i.a5 piastres à 3.76 Tandis que, en 1866, le prix moyen revenait à i.ao piastre.

 Guanajuato, les écarts sont moins grands, à cause de la proximité d un grenier d'abondance tel que le Bajio. Malgré cette condition favorable , le prix du maïs y varie encore dans le rapport de i à 5 , comme Tindiquent les chiffres suivants :

i858 (prix moyen) 1.20 piastres.

Si Ion a égard à la quantité énorme de mais consommée par les animaux attachés aux mines et aux haciendas, et si l'on envisage , d'un autre côté , que les transports de matières premières destinées aux établissements nxétallurgiques (sel et magistral) sont également affectés d'augmentation dans les mêmes circonstances, on reconnaît sans peine que les minerais d'une faible teneur, qui sont exploitables avec bénéfice en temps ordinaire, ne le sont plus aussitôt qu'une hausse sur le maïs fait varier le prix de cette denrée de 1 à 6 i/a , comme à San-Luis en 1 864, ou de i à 5 , comme à Guanajuato pendant la même année.

Les minerais qui contiennent d'an millième à un millième et demi sont les plus communs , et l'on peut dire , en présence des seuls filons reconnus, que leur quantité est presque illimitée. Mais ils ne sont exploitables qu'avec le maïs à 1 piastre ou 1 piastre 1/2 lafanega. C'est précisément cette condition qui, ne se maintenant pas, empêche la production des mines d'aller en croissant et la limite à un chiffre

normal qui ne peut guère excéder a 5 millions de piastres à Tannée.

Economie politiqae da Mexique. Quelques autres conditions générales \iennent compléter la précédente et peuvent indiquer avec quelle simplicité de rouages économiques se développe la vie de ce pays.

Le Mexique est essentiellement, et Ton peut dire presque exclusivement, producteur de métaux précieux; sa production annuelle sert de moyen d'échange pour obtenir tous les objets nécessaires à sa consommation, objets qu'il tire par les voies commerciales des pays étrangers, dont son manque d*industrie privée le rendra longtemps tributaire.

L'exploitation des mines [mineria) est donc un travail obligé. Tout ce que le pays a de forces vives, capitaux, intelligence, travail, est dirigé de ce côté, au grand détriment de Tavancement du progrès social. L'agriculture est soumise , par rapport à la mineria , à une sujétion absolue» qui se reflète jusque dans les conditions inégales faites aux populations agricole et minière. Tandis que Ton voit les mineurs jouir d*une liberté individuelle absolue, les péons sont attachés aux terres des grandes propriétés par un système de servage fondé sur le plus inique des moyens.

Cependant il n'y a que a 00,000 mineurs contre 6 millions de population agricole, comptant à millions de pcons. La population du Mexique se complète par celle des villes, qui s'élève à 2 millions d'habitants. Cette dernière partie de la nation vit des transactions commerciales, qui se divisent à l'infini avant d'arriver au consommateur. C'est elle aussi qui renferme ce grand nombre de natures déclassées auxquelles le Mexique doit ses fréquentes révolutions. La population totale est de 8,200,000 âmes.

Nous aurons achevé d'indiquer ce qui regarde ia production des métaux précieux en ajoutant, d'après nos recherches, quel est le capital flottant en numéraire. On peut le fixer assez exactement à trois années de production, soit à 38o millions de francs. Cette quantité de numéraire, rapprochée du chiffre de la population, donne par tête d'habitant A 7 francs ou g piastres. Si la monnaie était aussi uniformément répartie au Mexique qu elle Test dans les États de l'Europe , on pourrait placer ce pays après la France et TAngleterre et avant les autres Etats; mais il y a une telle inégalité, sous ce rapport, entre les diverses classes de la population que nous venons d'énumérer plus haut» qu'il ny a aucune comparaison à établir.

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