LE VERSANT DU GOLFE
Le parcours de Mexico à la Vera-Cruz a été suivi par tous les voyageurs qui sont venus au Mexique depuis M. de Humboldt. Plusieurs coupes et des descriptions en ont été données. Je n ai pas cru pouvoir me dispenser d'étudier, à mon tour, cet intéressant itinéraire autant que me le permettait un voyage rapide.
La route par laquelle on quitte la vallée de Mexico s'élève sur le flanc de la chaîne que dominent les sommets neigeux du Popocatepetl et d'Iztaccihuatl,etva chercher un passage au col de Rio-Frio , qu elle atteint par l'altitude de 3, 1 84 mètres. De ce point élevé , on domine toute la vallée. Mexico étale ses larges quartiers dans une plaine poudreuse; les lacs reflètent la teinte lumineuse du beau ciel de l'Anahuac; de nombreuses villes et villages brillent au milieu des cultures de fagave et de la verdure des jardins
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maraîchers. Le Pedregal de San-Ângel se détache avec ses scories comme une tache noire de même étendue que Mexico ; puis , au pied de la chaîne , les petits volcans des environs d*Ayotla présentent la forme arrondie de leurs cônes et les ouvertures béantes de leurs cratères.
Le fond de la vallée est composé de tufs stratifiés et de dépôts lacustres, au milieu desquels s élève le massif des montagnes de Guadalupe. Quelques buttes porphyriques se dressent çà et là comme le Penol-de-los-Banos et le rocher de Chapultepec. La chaîne offre des porphyres métamorphiques très -variés de couleurs et de texture ; ils sont ordinairement très-cristallins, et le feldspath se dégage de la pâte en larges cristaux. Les roches qui ont donné naissance à ces porphyres sont les marnes du terrain crétacé , autant que la position de ces masses par rapport aux terrains de même âge situés au nord de la vallée de Mexico et le passage de la roche porphyrique cristalline à des porphyres terreux peuvent permettre de le conclure, d'après des caractères minéralogiques qui sont très-accusés au sud de Rio-Frio, dans les ravins de San-Rafaël et jusqu au pied de riztaccihuatl. Cette dernière montagne elle-même est formée de ces porphyres, recouverts par quelques porphyres trachytiques. Elle nest pas un volcan, comme on Fa trop souvent répété * .
La venta de Rio-Frio, halte ordinaire des voyageurs, est située à 3,070 mètres au-dessus de la mer. On descend lautre versant au milieu des bois de sapins, et Ton atteint
^ Les récents tremblements de terre qui se sont fait sentir en Amérique, et principalement au Pérou , d*août à octobre 1 868, ont également agi au Mexique. Le Popocatepetl s* est mis à fumer; le Penol-de-los-Banos a fait entendre des grondements inaccoutumés; la température des eaux qui s'en échappent s'est beaucoup élevée; enfin une fissure se serait produite à riztaccibuatl, et cette montagne menacerait de devenir un volcan (">).
la plaine de Puebla à San-Martin-Tesmelucan , à a, 352 mètres d*altitude. Après avoir traversé les villages de San-Balthasar, de Santa -Ana, de San -Pedro, de Rio-Prieto, on arrive à la grande ville de Puebla, régulièrement bâtie en rectangles, comme toutes les villes du Mexique, et formant une sorte de grand damier où sabrite une population de 75,000 habitants.
L'État de Puebla couvre une surface de 3i,aoo kilomètres carrés; la population, presque exclusivement agricole, s*élève à 655, 600 habitants : cest une proportion de vingt habitants par kilomètre carré. La culture du blé est la plus généralement répandue. Cette céréale est destinée à Talimentation de Mexico. Le mais et lagave figurent parmi les produits qui servent de base à Talimentation de ces populations d'origine nahuatl. Le site de Puebla est dominé à l'ouest par le Popocatepetl , que Ton appelle aussi Nevado-de-Puebla , et par la masse allongée de flztaccihuatl ou Dame blanche. Au bas de la dépression qui sépare les deux montagnes et par laquelle Cortez pénétra dans la vallée de Mexico, existent encore les ruines de Gholula , dominées par la pyramide de lantique teocalli. Dans la plaine qui s*étend autour de Puebla, un œil observateur peut constater un grand nombre d'emplacements de ruines anciennes. Malgré les cultures qui les recouvrent, certaines lignes, certains mouvements de terrain et une teinte particulière de la verdure ne permettent pas de s'y tromper. Au nord-est, le massif porphyrique de la Malinche présente sa forme conique hérissée d'aspérités. Le plateau qui s'étend au pied de ces montagnes se prolonge, à l'est, jusqu'aux Cumbres, et, au nord, jusqu'à un relèvement du terrain crétacé qui forme un chaînon courant du sud-est au nord-ouest. La surface du plateau, recouverte d'une riche alluvion ai^ilosiliceuse et calcaire, recouvre un