‹ Explorations minéralogique des régions mexicainesChapitre 9 sur 46 · CANTONS · texte numérisé non relu

CANTONS

CHEFS-UEDX.

Yturbide.

Chihuahua.

Aldama.

Aldama.

Yturbide ^

Rosaies. Victoria.

Rosaies.

Satevo.

Abassolo.

Cosihuiriachic.

[ Camargo.

: Jimenes.

Santa-Rosalia.

Jimenes.

Hidaliio

Allende.

1 Hidalgo.

1 Balle.sa.

Allende.

Le Parral.

Bal lésa.

Galeana.

Galeana.

Guerrero *

Guerre ro.

Rayon.

Matamoros.

Bravo.

Concepcion Batopillas.

Batosegachic.

Paso-del-Norle.

Bravo

Mina

Mina.

Guadalupe y Calvo.

rr. ^^r-J

Municipalidad de Mo

relos.

Élève du bétail, — L^Ëtat de Ghiliuahua, comme on vient de le voir, possède très-peu de cours d*eau permanents; dun autre côté les pluies y sont rares et très-irrégulières. Les fonds de vallées aptes à recevoir des eaux d'irrigation peuvent seuls se cultiver facilement; les grands espaces dénudés qui s'étendent en dehors restent incultes et ne peuvent servir qu'à l'élève du bétail. Dès l'époque de l'occupation de ce territoire de la Nouvelle-Espagne, les colons espagnols s'appliquèrent à la multiplication des bestiaux et des chevaux dans de grandes haciendas de cria, qui se peuplèrent bientôt de manière à fournir aux besoins des provinces voisines. Au commencement de ce siècle, le Chihuahua était encore un grand centre de production des espèces chevalines, bovines et ovines, et les produits s'expédiaient jusqu'au milieu du Mexique. Les incursions répétées des Apaches détruisirent en peu de temps la plupart des élevages de chevaux; la race bovine eut aussi à souffrir de leurs déprédations, mais beaucoup moins, par suite du goût prononcé de ces sauvages pour la viande de cheval. Cependant une autre cause, un effet permanent dû au climat, avait pesé sur la race bovine et l'avait frappée de dépérissement dans tous ses individus. La période d'extrême sécheresse, qui arrête la végétation des graminées pendant le tiers de Tannée, a profondément agi sur la nutrition de ces animaux : les vaches donnent très-peu de lait, et les bœufs ne sont pas susceptibles d'un travail considérable; ils fournissent à la boucherie une viande de mauvaise qualité.

Les Américains, lorsqu'ils s'emparèrent du Texas, s'aperçurent de la dégénérescence de la race bovine introduite par les Mexicains dans un pays mieux favorisé cependant que le Chihuahua; ils cherchèrent à améliorer l'espèce par un croisement : ils choisirent la race durham pour ses qua-

lilés bien connues, et pamnreni ainsi à former une nouvelle race, désignée sovis le nom de race texienne, Jai vu soixante animaux provenant de ce croisement dans une hacienda des environs deChihuahua,rhacienda de Bachimba, appartenant è MM. Mac-Manus frères. Cette race ne répondant pas complètement aux exigences du pays, qui demandent des bêtes de trait, les propriétaires de cette hacienda conçurent Hdée de former une race plus rustique : ils firent choix de la racé brahmine ou zébu de l'Inde, dont ils firent venir à grands frais dans le Chihuahua neuf individus.

Cette race possède des qualités particulières : elle se nourrit au besoin de feuilles et de tiges de buissons, qualité précieuse dans un pays où abondent les arbustes et les broussailles; elle ne souffre pas d*un climat sec et chaud Tété, sec et froid en hiver; leur chair est excellente. Ces animaux ont toujours un€ proportion considérable de graisse, que Ion ne rencontre plus dans Tespèce mexicaine pendant la saison chaude; enfm ils constituent d'excellentes bêtes de trait, de bât et même de selle. Leur croisement double avec la race texienne produit déjà les meilleurs résultats, et tout porte à penser que le nord du Mexique sera bientôt doté d*une race bovine répondant aux diverses conditions locales.

Caltares. — L agriculture est très -productive dans les vallées à cours d*eau permanents et sur les alluvions qui les recouvrent; on y cultive le blé, qui s'expédie vers le centre, et le mais, qui donne de loo à i5o pour i. Le coton, qui fut à toute époque cultivé par les Tarbumaras, est aujourd'hui entré dans la grande culture; on le sème en avril , après avoir préparé la terre par six labourages successifs. Cette culture demande de grands soins : on doit semer clair, recouvrir peu et faire jusqu'à trois sarclages avant la

maturité; des dérivations d*eau facilitent d^abondauts arrosages. Le climat ne permet pas aux plants de fournir d*une année à Fautre; on doit, apràs l*hiver, ensemencer de nouveau. La grande quantité de coton qui se récolte dans la vallée du Rio-Gonchos est le principal aliment commercial de cette province pour les échanges avec le centre du Mexique. Cette matière est venue remplacer bien à propos le produit insuffisant des mines et les revenus que Ton retirait de rélevage des bestiaux, et surtout de Tespèce chevaline, qui était, avec celui des mules, la plus grande ressource du pays.

Mines. — Les exploitations de minerais d'argent, de cuivre et de plomb , ont eu anciennement une importance qui va saffaiblissant peu à peu. Les mines en activité ou abandonnées se divisent en deux groupes :

i"" Les exploitations des plateaux, comprenant celles de Santa -Eulalia, près de Chihuahua, de la Sierra-Rica, de Gosihuiriachic, de Magistral , de Gorralitos et Escondida, de Dolores, de Concepcion, du Parral, de San-Franciscodel'Oro et de Senta-Barbara.

2" L autre groupe comprend les mines de la Sierra-Madre , parmi lesquelles les plus importantes sont : Jesus-Maria, Potreo, Moris, Final, Bastosegachic , Urique, Batopilas, Morelos, et enfin la célèbre exploitation de Guadalupe y Galvo.

Les mines en activité sont peu nombreuses. A Santa-Eulalia, elles sont à peine exploitées; elles ont cependant fourni autrefois de grandes quantités d*argent, s'il est permis d'en juger par la construction de plusieurs édifices, tels que la cathédrale de Ghihuahua, les magasins d'approvisionnement et d'utilité publique qui y furent élevés avec les seules

i^devances prélevées sur le produit de ces mines. Les minerais de Santa-Enlalia sont des galènes argentifères à gangues calcaires, qui se trouvent en amas interstratifiés au milieu dfi puissantes assises de calcaire gris. Ces minerais ont été traités de tout temps par la fusion. On aperçoit autour des anciennes exploitations des montagnes de scories qui indiquent toute l'activité des mines à une autre époque.

On n*a point de données exactes sur la production des métaux précieux au dernier siècle; on sait, depuis la fondation de rhôtel des monnaies à Ghihuabua, que la fabrication s opéra, à diverses époques, sur les sommes suivantes :

1811 à i8id... 3,6o3,66o piastres.

i83a à 18^1 .. . 1,700,9 1 5 piastres.

i84i à i848. . . 2,7a4»3oo, pliLs 745,2^8 piastres en or.

L exploitation des mines de Cosihuiriachic , situé à 100 kilomètres au sud-ouest de Ghihuabua, a également perdu de son ancienne activité. Celles de Sierra^Rica et de Magistral exploitent principalement des minerais de cuivre en vue des besoins très-restreints du pays et de la fabrication du magistral, destiné au traitement des minerais de patio. Le groupe des mines de Corralitos et Escondida , dans la vallée de Casas-Grandes, exploite faiblement les gîtes de ce district.

Les mines du Parral sont les plus importantes; elles sont situées au sud de Chihuahua à 200 kilomètres, et forment deu^ groupes. Les plus anciennes occupent le Cerro-dela- Cruz , au milieu même de la ville , et comprennent les exploita tions de Jesus-Maria, de Mina-Pri£ta et de Tajo. Les filons sont encaissés dans un porphyre caverneux de couleur pâle et coloré près de l'extérieur par l'oxyde de fer. Les minerais, de deux classes difierentes, sont les coloraâos, faciles à amalgamer au patio , parmi lesquels on doit ranger

— Sk —

les minerais ocreux appelés amarillos; les negros sont des niioerais plombeux avec gangues quartzeuses et calcaires d une richesse moyenne, en argent, de trois onces par carga (0^,628 par tonne). Le second groupe demines,ditdeMinas- Nuevas, est situé à 10 kilomètres au nord-ouest du Parral. Les exploitations sont développées sur un filon très-étendu , dirigé au nord -ouest et incliné au nord -est. Les minerais «^ gangues quartzeuses et calcaires contiennent beaucoup d'oxyde de Fer avec du plomb sùifîiré et carbonate ai^entifère. La puissance du filon varie de i",6o à ^"'fâo; il se trouve au milieu de roches porphyriques.

Les établissements métaliui^iques sont situés au Parral. Le principal, appelé Las Huertas, se compose de deux haciendas, Tune de patio, San-Pedro, Fautre de fusion, San- Pablo. L'usine de patio se compose de vingt arrastras mues par une machine à vapeur. Les tortas de quatre-vingts cargos seulement s amalgament en vingt-trois ou vingt-cinq jours. Les minerais préalablement grillés en tas ne demandent pas plus dune semaine pour subir le même traitement.

L'usine de fusion de San-Pablo se compose de vingt fours castillans soufflés par un ventilateur que fait agir une machine à vapeur de cinq chevaux; il y a , en outre, dix fours de coupelle. L*aménagement de l'usine est bon et spacieux; on y remarque de grands magasins qui assurent les approvisionnements de charbon de bois et de minerais pendant rhiver et la saison des pluies. Quelques autres haciendas moins considérables complètent les ateliers métallurgiques du Parral. Ces établissements ont produit, pendant l'année 1 865 , 5oo barres d'argent de 800 à 1 ,000 onces chacune , près de 5oo,ooo piastres. Les lingots sont expédiés chaque mois à la monnaie de Gliihuahua , pour y recevoir le coin et payer la redevance.

Les mines de San-Francisco-del-Oro et de Sânla- Barbara, situées aux environs de Parral, sont surtout remarquables par la proportioh d*or et dargent métalliques contenue dans leurs minerais. Ces deux localités, voisines de la Sierra , peuvent servir de passage au second groupe de mines, dont les filons offrent également Tor et Targent à Tétat isolé. On peut citer, à cet égard, ceux de Batopilas et de Morelos. Ce. caractère constant des filons de. la Sierra permet aux mineurs isolés d'en tenter l'exploitation sur une échelle restreinte et presque individuelle; tandis que le manque de communications et de sécurité ne permet pas aux grandes exploitations de s y fixer et de développer économiquement leurs travaux.

L entreprise des mines de Guadalupe-y-Calvo, tentée par une compagnie puissante, donna tout d abord de remarquables résultats. De iSàli à 1849 la production s*éleva à 4,375,06a piastres. La compagnie avait obtenu lautorisation de battre monnaie. La proportion d*or contenue dans les minerais dépassait en valeur la moitié de celle de largent. Malgré les beaux minerais sortis des mines de Descubridora , du Zorillo et de San-Francisco, malgré Thabileté déployée dans le traitement métallurgique par des chimistes distingués, la compagnie anglaise ne put faire face aux conditions onéreuses que lui imposaient la nature du pays et son isolement loin de toutes ressources; elle fut obligée d'arrêter ses travaux en 18/19.

Production minérale. — Presque tout for et largent produits dans les exploitations partielles de la Sierra passent dans la Sonora ou dans le Sinaloa, et sont embarqués en fraude sur différents points du littoral. Les exploitations dos plateaux sont les seules qui envoient leurs lingots à la

monnaie de Chihuahua. La statistique officielle ne porte donc que sur cette firaction; elle fournit, pour les dix dernières années, un chiffre moyen de 70,000 marcs' d argent et de a 80 marcs d*or, soit au total une valeur de 3 millions de francs en argent , et 191 ,y&& francs en or, par année.

En évaluant, autant qu*il est possible de le faire, la production des mines de la SieiTa, qui fournit beaucoup d or isolé ou allié à Targent natif, on arrive k fixer un chiffre approximatif de 1 million à 1 million et demi de piastres pour la production annuelle du Chihuahua en métaux précieux.

Parvenu à lextrémité du Mexique, il me restait, pour continuer et compléter ma mission , à parcourir la longue série décentres minéraux qui ont fait la réputation des mines de la Nouvelle-Espagne et qui s étendent de Chihuahua jusqu'à Mexico, en comprenant les exploitations répandues dans les États de Durango, Zacatecas, San-Lui»-Potosi et Guanajuato. Pour accomplir un pareil voyage, dont le tracé ne mesurait pas moins de 3, 000 kilomètres, au milieu des complications politiques et guerrières du pays, il était nécessaire de s organiser d'une façon toute spéciale, qui permit de transporter et de protéger les instruments de travail ot les collections; il fallait aussi pouvoir résister, le cas échéant, aux attaques des coureurs de grands chemins et éviter d être rançonné par eux. La connaissance que j*avais déjà des difficultés du pays el les excellents conseils de notre vice-consul à Chihuahua^ me permirent de compléter cette organisation : je m'attachai cinq excellents rijleros des fron-

' Lr marc phse 23o,Oi grammes.

' Le docteur Rogrr Diibos, corrp.Hpoiulaut dv la (Commission scientifique du Mexique.

tières, habitués aux expéditions, aux campements et à la recherche des pistes. Leur adresse excessive au tir devait, tout le long de la route, par Texercice de chasse auquel ils se livraient, exciter Tadmiration et imposer d*une manière efficace. Un cheval et huit mules, dont quatre mules de bât, composaient nos moyens de transport. Un homme suivait à pied , relevé à tour de rôle , pour porter le baromètre et les compteurs, et mettre ainsi ces instruments délicats à labri des accidents.

Cette manière de voyager entraînait une certaine lenteur; on ne pouvait guère dépasser une vitesse de 5 à 6 kilomètres par heure; mais elle offrait le moyen d'effectuer chaque jour de longues cotirses à pied et d'étudier le terrain , pour ainsi dire, pas à pas, de s écarter en avant et en arrière pour prendre les relèvements de l'itinéraire ou constater la nature de certains accidents de terrain ; enfin cette organisation , permettant de s'engager dans tous les chemins, rendait les mouvements beaucoup plus libres , et donnait le loisir, à chaque instant, de modifier la route suivant l'intérêt de la situation et Timpression du moment.

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