‹ Exposé budgétaire [microforme] (volume 3)Chapitre 10 sur 28 · HAUSSEMENT DU PRIX DES MARCHANDISES · texte numérisé non relu

HAUSSEMENT DU PRIX DES MARCHANDISES

Une autre objection que l’on a faite à la politique nationale et à son principe de protection, c’est que le prix de plusieurs articles fabriqués a été élevé pour le contommateur, à cause des d:oits imposé: . M. l'Orateur, j’admets cela de suite, jusqu’à un certain point, je dis qu’une politique nationale ayant un principe de protection, a toujours pour effet, dans ses débuts, d’élevei le coût des marchandises, et tout d’abord, le prix des marchandises sera élevé en proportion de la protection accordée, Ni ce ne devait pas être là l’effet produit, à quoi bon adopter cotte politique, où est sa valeur? Le fait que vous avez un pays qui, dans le moment, n’est pas en état de soutenir la concurrence contre les gran- | des industries de l’univers, démontre la nécessité d’avoir un terrain avantageux, où l'on puisse | réunir nos forces, développer nos talents industriels, | acquérir de l'expérience et de l’habileté ; or l’objet d’un tarif protecteur est de donner ce terrain avantageux, et pour cela, j’admets que dans les débuts les prix augmentent dans nre certrine mesure.

Mais je veux répondre à l'argumentation de mes honorables amis de la gauche, argumentation qui | n’est pas parfaitement honnête et vraie. Voici:| Dans leurs discours prononcés devant le pays et dans cette Chambre ils accusent la politique natio- | nale d'élever les prix du plein montant du droit actuellement imposé sur chaque article. Je disque | cela n’est pas juste. J’affirme que la seule mesure | de l'augmentation dans les prix, sous la politique | nationale, est dans la différence entre la taxe qu’elle impose sur certaines marchandises et le droit qui serait imposé sur les mêmes marchandises sous un tarif purement de revenu. Si les honorables députés de la gauche reprochent à la politique nationale un droit de 30 pour 100 sur le fer, tandis qu’ils imposent 174 pour 100, en justice tout ce qu’ils peuvent imputer à la politique nationale, c’est la différence entre 174 et 30, ou 124.

S'ils ont cru nécessaire d'imposer un droit de 174 pour 100 pour le revenu simplement, avec la protection incidente que cela donnait, ledroit sur ces arti-

cles étantaujourd’hui de 25 pour 100, il ne faut pas attribuer à ia politique nationale une augmentation de 25 mais 74 seulement,

Mais allons plus loin. Remontez à 1878 et calculez le droit ad valorem sur toutes marchandises sujettes aux droits et celles importées en franchise dans le pays, c'est de 14 pour 100. Aujourd’hui c'est de 174 pour 100. Or, donnez à la politique nationale ce qui lui revient, savoir, une augmenta.tion sur la consommationtotale dans le pays, de 34 pour 100. Maintenant, M. l'Orateur, j'ai eu la franchise d'admettre que dans les débuts d’une politique de protection les prix des articles fabriqués augmentent ; mais je vais dire autre chose, c'est que, à mesure que le capital se répand, que les établissements industriels se multiplient dans tout le pays, notre puissance de concurrence interne remplace notre puissance de concurrence externe—concurrence, sous plusieurs rapports plus désastreuse que la concurrence étrangère, vu les conditions analogues de production, de transport et de distribution dans le pays. C’est un des faits les plus remarquables dans l’histoire de notre politique nationale, comme dans l’histoire de la protection aux Etats-Unis, en Allemagne et ailleurs, un fait qui ne saurait être nié, que, malgré l’augmentation qui se produit au début, les prix tendent à baisser, par la multiplication des industries et la concurrence qui en résulte, jusqu’au moment où le producteur vend simplement au coût de la fabrication avec un léger bénéfice.

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