RÉSULTATS DE LA PROTECTION
Maintenant, M. l'Orateur, une autre assertion des honorables députés de la gauche, une autre de ces déclarations douces et modérées, c’est que cette politique est la ruine du Canada —
Sir RICHARD CARTWRIGHT : Ecoutez! écou- | tez!
M. FOSTER : Et mon honorable ami a la bonté d'ajouter de lu force à mon assertion, et en cela de m'aider dans la réponse que je vais donner à sa déclaration. Si la politique nationale et le régime protecteur ont causé la ruine du Canada, ils ont eu une étrange manière de le prouver. Prenez le régime de la politique nationale et établissez le contraste avec toute autre période dans l’histoire
période plus prospère, plus progressive? Et l’on a obtenu ce résultat-—c'est le point noir de l’avenir-— en dépit du fait que la politiauc nationale était dépréciée par près d'une moitié de la population canadienne appartenant à un parti politique, et en dépit des lamentations des honorables députés de la gauche. Je ne les blâmerais pas d'avoir simplement condamné la politique, mais c’est qu'ils ont en même temps déprécié le pays. En créant du découragement, en détruisant toute espérance, ces honorables députés, par l'absurdité de leur langage, ont causé ce dont ils accusent la politique nationale, le malheur du pays. Des milliers de personnes sont aujourd’hui éloignés du Canada, dans des pays où ils voudraient n'être jamais allés et qu’ils seraient heureux de quitter ; et pourquoi sont-ils là? Ils sont là à cause des déclarations, des protestations et des malheureuses prophéties des honorables députés de la gauche.
Des VOIX : Oh! Oh!
M. FOSTER: Les honorables députés peuvent traiter légèrement cette question et affecter un air indifférent, muis cette conduite de leur part indique plutôt, chez eux, de l’égoïsme et de l’opiniâtreté, lorsqu :s doivent savoir qu’en manquant de foi dans leur pays, et en le dépréciant, ils ont fait émigrer des millisrs de leurs compatriotes trop confiants, aux privations et à la misère desquels ils doivent rêver chaque nuit et auxquels ils doivent penser chaque jour.
Mais si la politique nationale a été un malheur et une calamité pour le Canada, cela a été prouvé d’une manière singulière ; car depuis 1878 jusqu’aujourd’hui, les revenus du pays ont été abondants et les déficits, qui étaient nombreux sous le régime des honorables députés de la gauche, ont disparu et les
| excédents les ont remplacés. Les $6,000,000 de dé-
ficits sont devenus les $20,000,000 d’excédents, Les dépenses au compte du capital, depuis les quatorze dernières années, ont pu compter, annuellement,
pour être payées, sur une moyenne d’un million et
demi, ou plus, provenant de l’excédent des revenus du fonds consolidé. Le crédit du pays a fait des progrès constants et le taux de l'intérêt sur notre dette a constamment diminué, La condition financière du pays a été excellente, bien que notre population, durant ces dernières années, ait tenu,comme elle avait raison de le faire, la conduite que lui conseillait Ja prudence. Les jours de crise qui, depuis quatorze ans, se sont levés de temps à autre, le Canada les a traversés mieux qu’il ne l'avait jamais fait auparavant et, comparativement à d’autres pays, il les a bien traversés et en est sorti heureu-
du développement du Canada ; a-t-on jumais eu une | sement.
Pendant ces quinze années, nous avons fait des progrès. Aujourd'hui, nous avons, au Canada, dix mille milles de chemin de fer de plus qu’en 1878. Nos trains transportent 8,000,000 de voyageurs de plus, et 17,000,000 de tonnes de fret de plus et gagnent $33,000,000 de plus. Nos voies ferrées pénètrent dans toutes les parties des anciennes provinces, s'étendent conime un réseau dans le Nord- Ouest et atteignent le littoral de la Colombie-Anglaise ; puis, avec nos canaux qui ont été agrandis, avec nos steamers qui, des ports du Pacifique et de l'Atlantique, vont dans toutes les parties de l’univers, ces voies ferrées forment de grandes routes de transport, développent le Canada, relient les différentes provinces, fournissent les moyens découler l'excédent de nos produits et unissent plus étroitement les colonies et la mère-patrie.
Voilà en résumé, ce que nous avons fait et cela ne justifie pas l’assertion que la politique nationale a été un malheur et une calamité ‘our le pays. La condition du peuple a été améliorée. Nes gains qui, en 1878, étaient de $887,000,000, sont, aujourd’hui, de $243,000,000, soit, une augmentation de 180 pour 100. La richesse, le bien-être et le bonheur du peuple ont augmenté énorménient, en ce qui le touche et, comparativement, en ce qui concerne les autres peuples ; de sorte qu'aujourd'hui, il est évident—aucun argument n'est nécessaire, le simple énoncé suffit —que le peuple du Canada, pris dans son ensemble, est aussi prospère et jouit d'autant de bien-être que les habitants de n'importe quelle autre partie du monde,
C’est là, je crois, un fort argument, un argument évident contre l’assertion que la politique nationale a été un malheur et une calamité pour ce pays. Elle a complètement changé la face des affaires au Canada. Les industries déjà établies ont été développées, et l’on en a créé de nouvelles ; elles sont nombreuses et variées. Lisez le dernier recensement.
Des VOIX : Ecoutez ! écoutez !
M. FOSTER : Mes honorables amis le lisent comme certaines gens lisent la bible, pour y trouver juste ce dont ils ont besoin, et rien de plus ; mais qu'ils le lisent avec soin et le parcourent d’un bout à l’autre, et ils y trouveront la preuve, —ce qui justifie mon assertion—que presque tout ce dont l’on a besoin dans le pays est aujourd’hui fabriqué par les artisans et les ouvriers du Canada. Nos industries ne produisent pas encore assez pour répondre à la consommation locale, mais elles augmentent graduellement et y arriveront bientôt. ‘Parcourez la liste des articles de matière première qui ont été importés et qui indiquent le progrès de
nos industries manufacturières.
uns des principaux articles :
Prenons quelques-
Importations, 1878. 1892, |
1bs, | 1bs, Laine............ dti ere re | 6,230,084 | 10, 503, 645 Coton... mio bn st da de dos | 8,011,7:9 | 40,2 3,338 Sucre brut....... 0... 19,876,872 259,644,660
Poaux... scsi oce os see sue 1,202,390 2 045,175 Caoutchouc...............,....... 187,234 862,118 UD de avances remet ect 3,710 380,577 Bois de construction (étranger). 2 5,084 877,364 Bois pour RIROABG:: nl 10,541 80,038 Chanvre .......... 199,179 1,150,134 Fourrures et peaux 148,909 785,433 pois éorue Ciseste 22,004 206,471 rade g teens ce 12,095 72,963 HA balais este en 89,951 | 146,987
qu ps
Les importations du fer en gueuse et du fer de rebut qui, en 1878, n'avaient été que de 34,000 tonnes, ont été, en 1893, de 107,000 tonnes, et 48,000 tonnes ont été produites dans le pays même. Ces chiffres prouvent l’augmentation merveilleuse de nos industries,
Sous le régime des honorables chefs de la gauche nous importions de l'étranger la plupart de nos articles manufacturés, payant ainsi l’ouvrier des pays étrangers. Sous le régime de notre politique nous importons en franchise les matières premières, nous les manufacturons, et les capitaux canadiens et l’ouvrier canadien sont employés à ce travail.
Mes honorables amis de la gauche affectionnent tellement le recensement que je dois leur en citer quelques chiffres aux fins de les renseigner sur certaines choses qu’ils n’y ont pas trouvées.
Fromageries, valeur des produits, 1891......,. $ 9,784,288
Minoteries do de rss 2,416,586
Raffineries de sucre, valeur des produits, 1891. 16,127,100
Conserves alimentaires....... PTE NT 16,057,968 Pôtalisssscssrsiss enter sninaer
Industries du fer et de l’acier.
1881. | 1891. Augm'’tion,
Etablissements, nombre............ 19.411 12,338 1,927 Ouvriers ..........,., 4,028 50,327 10,299 Salaires ........... | $12,207,864! $17, 809,336 $5,691,172 Matière première. 17833006! 27,615,836| 9.782.830
Produits manufacturés........…. me] 40,102,604 63436 nl 23,243,435
La valeur des malus des industries du bois était de $59,022,196 en 1881, et elle a été de $80,- 536,737, en 1891. L'industrie du cuir fait voir une augmentation de $1,124,478 dans la manufacture des chaussures, et de $648,028 dans la sellerie, Il y a augmentation de la valeur des matières tex-
tiles, laquelle était en 1881, de $13,258,197, et de $17,472,226 en 1891. Les fromageries font voir une augmentation de $5,464,454 ; les minoteries, $10,621,671 ; les raffineries de sucre, #7,230,100 ; instruments de musique, $2,173,018 ; fabriques de papier et de pulpe, #2,147,850 ; fourrures et chapeaux, $1,631,980; manufactures de tabac et de cigares, #2,682,219.
Dans les salaires payés dans les industries du bois au Canada il y a une augmentation de $6,994, - 223, entre 1881 et 1891 ; dans les industriesdu cuir, $794,331 ; dans les matières textiles, #1,767,659 ; dans l’industrie des conserves alimentaires, $1,864,- 921 ; manufactures d'instruments de musique une augmentation de $555,400 ; fabriques de papier et de pulpe, $693.101.
Sir RICHARD CARTWRIGHT : L'honorable | ministre voudra bien m'excuser si je l'interromps, | mais je lui demanderai si, en parlant des matières textiles, il entend les lainages, cotonnades et ainsi de suite.
M. FOSTER: Oui. Dans l’industrie des fourreurs et des chapeliers les salaires font voir une augmentation de #161,669. Dans toutes les industries que je viens de mentionner, l’augmentation totale des salaires est de #19,580,044 en 1891, comparativement à 1881.
M. CHARLTON : L'honorable ministre veut-il nous donner le chiffre total en 1881 et en 1891, de manière à nous permettre de constater la proportion et le total de l’augmentation.
M. FOSTER : Je désire beaucoup donner à mon honorable ami tous les renseignements que je pos-
sède, mais malheureusement, je n'ai pas devant moi les totaux qu’il demande, et je le prie d'exercer
son imagination en ce qui concerne ce renseignement.
M. CHARLTON : Je présume que l'honorable ministre peut lui-même fort bien réussir en cela.
M. FOSTER : Voici, d’après le recensement, un relevé concernant les industries du Canada : —