‹ Exposé budgétaire [microforme] (volume 3)Chapitre 13 sur 28 · CHANGEMENTS · texte numérisé non relu

CHANGEMENTS

Se 1881. 1891.

Augmentation, Pour cent,

ee = ——— | ne a

Nombre $ Nombre $ | Nombre $ Rome $ Nombre d’établissements..... 49,923 |.....,....,., | 75,768 |....... yes 25,845 |.....,,, .... 51'8 Capitaux placés. ............,.1.,,..,..,, 165,302,623 |... ....| 858,836,817 |........ ..| 188,534,194 |........| 114° Nombre d’employés........... 254,985 |...........,, | 367,865 | en ans 112,930 Tete 44° 48 Salaires payés............... Eee | 59,429,002 |........ 99,762,441 :........ ..| 40,388,489 |........ 67'86 Coût de la matière première..}..........| 179,918,593 |...... 1 255,983,219 |.......... 76,064,626 |........ 42'3 Valeur des produits. .......... sesocosseel 309,676,068 |.......... 475,465,705 |...... | 165,769,637 | Uostesta 53°5

Ainsi, quand je dis qu'un changement notable | s’est produit dans la vie industrielle du pays, sous le régime de la politique nationale, ma prétention | est appuyée par les chiffres les plus exacts que nous | ayons, et qui peuvent certainement servir de base à | une comparaison entre 1881 et 1891, la statistique de 1891 étant aussi digne de confiance et mêne plus soigneusement préparée que celle de 1881.

Mais, M. l’Orateur, dans le cours de quatorze ans | il est survenu de grands changements dans les impôts prélevés sur le peuple, et j'attire l'attention des honorables chefs de la gauche sur ce point. L'histoire de la politique nationale ne se résume pas dans le prélèvement des droits d'importation, ainsi qu’aiment à le dire les honorables députés de la gauche. La politique nationale a eu deux côtés saillants qu’il est bon de ne pas oublier. Premièrement, tout en faisant des changements dans les droits sur les marchandises imposables, la liste des

articles admis en franchise a constamment augmenté, et elle est aujourd’hui très considérable. Secondement, les chargeset lestaxesqui pesaient sur le peuple ont souvent été abolies depuis 1880 jusqu’à ce jour, et ce, par les mêmes personnes qui ont appuyé et favorisé la politique nationale.

Or, si vous nous tenez responsables de tous les droits que nous avons imposés en vertu de la politique nationale, soyez assez honnêtes pour nous tenir compte de ceux que nous avons abolis—et ils ne sont pas du tout en petit nombre ni peu importants. En ce qui concerne les timbres sur billets et les journaux, les taxes ont été abolies. Quant au second item, je ne suis pas prêt à dire que le changement a diminué les charges du peuple, mais il a y eu allègement quelque part, et si le peuple n’en a pas retiré un avantage immédiat, il en est résulté un pour la classe entreprenante qui nous fournit des renseignements qu’il nous serait

difficile d'obtenir autrement. Mais quant aux autres choses il est facile de constater où se trouve l’avan. tage.

Lorsque les honorables chefs de la gauche étaient au pouvoir, ils avaient imposé un droit de 5 et 6 centine par livre sur le thé. Ce droit a été aboli sous le régime de la politique nationale. Ils avaient imposé un droit de 2 et 3 centins par livre sur le café, et la politique nationale a fait disparaitre cette taxe, centins par tonne lorsque la politique nationale a été inaugurée, et ce droit a été aboli en 1887, et ce charbon a toujours été depuis admis en franchise, ce qui représente une diminution de droits s’élevant à trois quarts de million de piastres par année, Les droits sur le verre ont été réduits ; il y a eu diminution dans les droits sur le sel ; les droits sur les mélasses ont été réduits de moitié ; et, plus que cela il y a trois ans, les droits sur le sucre brut ont été entièrement abolis, faisant ‘une remise des taxes équivalant au montant qui avait été autrefois prélevé.

Plusieurs VOIX : Ecoutez! écoutez !

M. FOSTER : Mon honorable ami dit‘‘ écoutez ! écoutez ! ” sans doute avec l’idée peu plausible que lorsque nous prétendons que, le droit sur le sucre brut étantaboli, lestaxes du peuple ontété diminuées d'autant, nous avons admis qu’un droit imposé par la politique nationale est toujours une taxe. Mais il y a toute la différence possible entre un droit sur un article qui est manufacturé dans ce pays, article dont le semblable est frappé de ce droit en entrant dans le pays, et un article qui n’est pas manufacturé dans ce pays, et dont le droit qui le frappe doit être prélevé directement sur le peuple. De sorte que la remise des droits sur le sucre brut s'élevant à trois millions et demi de piastres à été un avanvantage immédiat, positif et réel pour les contribuables du pays, avantage dont a joui le pays tout entier.

Ainsi, réunissant tous ces chiffres—et j’attire l'attention de mon honorable ani sur ce point, le montant des taxes remises depuis 1882 sur les articles que j'ai énumérés s’est élevé à $29,500,000, soit une moyennne de $2,500,000 par année.

Pour l'exercice 1892-93, j'ai eu le plaisir d’an. noncer à la Chambre que nous avions un excédent de $1,354,000, et si nous avions maintenu les droits sur ces articles, droits qui avaient été imposés lors de l'inauguration de la politique nationale, j'aurais eu à ajouter à cet excédent la somme de $5,600,000, laquelle aurait été directement prélevée sur le peuple.

M. l'Orateur, j'ai cru qu'il n’était pas inutile de faire ces quelques observations avant d’expliquer

Le droit sur l’anthrasite était de 50

plus particulièrement le remaniement du tarif, et je les ai faites à cause des objections qu'on a si souvent ! soulevées contre le principe du tarif, et parce que je crois utile de les soumettre à la Chambre, et de faire connaître au pays la réponse qu'on y fera.

Depuis 1878, il s'est produit un grand nombre de changements. Quatorze ans se sont écoulés depuis l'inauguration de lu politique nationale, Des changements sont survenus dans la condition des affaires du pays lui-même, changements dans la valeur de la matière première et des produits manufacturés, changements qui en ce qui concerne l'équivalent des droits ad valorem, ont créé une grande différence dans la nature et le taux des impôts entre ces époques et aujourd’hui.

Les industries du pays se sont pour la plupart, solidement établies. Elles n’ont plus besoin aujour. ! d’hui du degré de protection qu’il a fallu leur accorder autrefois ; et depuis quelques années on croyait généralement qu’il était temps de reviser le tarif, et le gouvernement a partagé cette opinion quand ! il a déclaré à la Chambre, l’année dernière, que le temps était venu d'examiner de nouveau et complé- ! tement tout notre tarif afin d'en faire disparaître les anomalies, et de le rendre conforme aux circons- ! tances présentes et au changement survenu dans | les affaires, non seulement au Cunada, mais dans ! les pays étrangers. Ces changements ont eu lieu et ! ils ont été admis et reconnus.

Je désire déclarer de nouveau et de lu manière la plus catégorique, que l’argument—-peu puissant mais ! dont on fait un grand usage et qui tend à tromper | sous certains rapports, s’il n’est pas examiné avec ! soin—-que l'argument, dis-je, donnant à entendre que la politique de protection dépend du percentage du droit qui sera imposé sur un certain | article, est entièrement faux. Mais le fait que le gouvernement reconnaît, comme tout le monde le reconnaît, que l’état des affaires s’est modifié depuis les quatorze dernières années, et qu'il est bon de remanier le tarif de manière à le rendre conforme à cette modification, ne justifie pas la conclusion que le gouvernement a renoncé au principe de la protection, ou qu'il abandoune le principe fondamental de la politique nationale. Un semblable raisonnement est inconséquent, et cet argument est illogique et sans valeur.

Je déclare ici que le gouvernement et le parti qui l’appuie adoptent carrément l'application et la conservation du principe de la protection dans le tarif, le degré de cette protection devant être conforme à la condition de l’industrie, du commerce et des affaires du pays en ce moment. Mais en agis-

sant ainsi le gouvernement ne doit pas être accusé

de renier sa politique. En toute justice on ne peut pas prétendre qu'il répudie le principe fondamental de la politique qu'il suit depuis quatorze ans.

Donc, ainsi que je l’ai dit, ces changements ayant été reconnus, il devient nécessaire pour le gouvernement d'accomplir la promesse qu'il a faite à la Chambre, l’année dernière, promesse qui a été jugée légèrement par quelques députés de la gauche, qui croyaient que nous voulions simplement tourner la difticulté, et laisser la question en suspens pendant une année de plus, et peut-être nous présenter devant le peuple, de dénoncer les honorables chefs de la gauche et de nous emparer de leur programme politique—si toutefois ils en ont un qui vaut la peine d’être dérobé. Depuis six ou sept ans ce programme a tellement varié qu'il jette dans l'ombre je manteau multicolore de Joseph. Puisque nous déclarons aujourd’hui que nous nous en tenons au principe de la protection dans le tarif, les hono. rables chefs de la gauche seront-ils aussi francs et nous diront-ils sur quel principe ils s’appuieront ? Mon honorable ami veut-il dire aujourd’hui à la Chanbre ce qu'il a dit l’année dernière au peuple d'Ontario, savoir, qu'il établirait un tarif d’où serait exclu tout vestige de protection ?

M. GILLMOR : Oui.

M. FOSTER : Il y a dans cette Chambre un libre-échangiste sincère, et il est du comté de Charlotte, N.-B., qui n’hésite pas à faire connaître ses principes, qui ne cherche pas à tromper le peuple en disant d’une manière détournée ce qu’il se propose de faire. Il est assez franc pour dire que, s’il Aétait au pouvoir, il appliquerait le principe du

libre-échange et qu'il ferait disparaître du tarif de Ace pays tout vestige de protection.

Permettez-moi de dire à cet honorable député Aqu’il a bien mal placé sa confiance s’il suit et appuie le chef de l'opposition, avec l’idée qu'une fois au pouvoir, dans un avenir quelconque—je ne sais pas quand—il fera disparaître du tarif tout vestige de Aprotection. En premier lieu, il ne pourra pas le faire, et, en second lieu, la chose est impraticable et impossible dans ce pays.

M. GILLMOR : Ce n’est pas impossible. Vous ne pouvez pas trouver un vestige de protection dans le tarif de l’Angleterre.

M. FOSTER : Je crois que je peux en trouver.

M. GILLMOR : Alors vous chercherez longtemps.

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