‹ Exposé budgétaire par l'Hon. George E. Foster, D.C.L., M.P., Ministè re des finances [microforme]Chapitre 26 sur 35 · LES CULTIVATEURS ET LA VALEUR DES TERRES · texte numérisé non relu

LES CULTIVATEURS ET LA VALEUR DES TERRES

Mais le chef de la gauche a une théorie remarquable. Elle a dû lui être inculquée par mon honorable ami, le député d'Oxford-sud (sir Richard Cartwright), qui a récemment trouvé une phrase des | plusétonnantes: Le déplacement de la richesse n'est pas la création de la richesse. Je reviendrai là-dessus duns quelques instants. La théorie de mon honorable ami est que, bien qu'il puisse y avoir une différence en plus, en fait d'établissements industriels, il y a eu une différence remarquable en moins dans la valeur des terres des cultivateurs. Il la fixe | à 25 pour 100 à tout prendre, et il déclare à sa propre | satisfaction qu'il y a une différence en moins de $125,000,000 en chiffres ronds. Il se montre à cet égard aussi observateur et particulier que le guetteur solitaire des 967 veuves. Il déclare que les | cultivateurs ont perdu $125,000,000, ce qui fait plus que contrebalancer le gain de #92,000,000 fait | par les manufacturiers. Eh bien, je lui demanderai: Les valeurs agricoles ont-elles décru parce que des | filatures de coton, des raffineries de sucre, des usines métallurgiques et d’autres industries ont été édifiées, qu’elles ont mis en opérations certains établissements, payé une certaine somme de gages et par là même offert un marché aux produits du cul tivateur et ajouté à ses recettes? Est-ce là la raison ? En d’autres termes, la valeur des terres agri- | coles aurait-elle haussé, ou aurait-elle été sous- | traite à cette dépréciation s’il n'y avait pas en de filatures de coton, ni d'usines métallurgiques dans ce pays ? Je ne le crois pas. On constateru, je crois, que dans toutes les villes ayant une population | entreprenante, cette population désire vivement | l'établissement d'industries dans les limites de la | ville, et que les villes sont aujourd’hui sur le qui-vive | chaque fois qu'une industrie particulière cherche un endroit où s'établir, Elles votent des subventions pour engager cette industrie à s'établir chez elles. Pourquoi? Parce qu’elles comprennent que si des industries s'implantent, si le capital les édifie, des hommes, des femmes seront employés et que les marchés de la région environnante en éprouve. ront du bien, grâce à la demande plus forte des produits du sol. Ainsi, M. l'Orateur, je crois que |

mon honorable ami a commis un parfait illogisme dans le cas actuel. Une différence en plus de $92,000,000 dans le capital placé dans l’industrie ; une dépréciation selon lui, de $125,000,000 dans les valeurs agricoles, et il nous dit que l’une est la conséquence de l’autre. Si ce qu'il dit de cette dépréciation de $125,000,000 était exact, ces $#125,000,000 auraient pu être $200,000,000, s’il n’y avait pas eu d'industrie dans le pays.

Mais mon honorable ami a compris la faiblesse de son raisonnement et, comme il avait entrepris de prouver que cette dépréciation des valeurs agricoles était dû au tarif protecteur, pour être logique, il a été obligé de prouver que la même chose a eu lieu aux Etats-Unis. C’est une tâche difficile et cruelle qu’il entreprenait là. Où étuit sa pitié? Juste à ce moment, il envisagea l'honorable député de Norfolk-nord (M. Charlton), qui s’est employé pendant des heures, l’autre jour, à prouver que les cultivateurs des Etats-Unis sont prospères au possible et qu'ils jouissent de tout le bonheur et de toute la quiétude auxquels ils puissent aspirer. Et voici que mon honorable ami, ce soir, jouant le rôle d’un iconoclaste, et sans la moindre pitié, sans le moindre sentiment de sympathie, vient démolir la maison édifiée par le député de Norfolk-nord et déclarer qu'aux Etats-Unis le sort des cultivateurs est quelque chose de terrible. Il en a fait un tableau noir comme l'Erébe, plus noir que les

| Ombres, et cependant je puis dire ceci à mon hono-

rable ami : Que sans cesse depuis quatre, cinq ans, alors que le vautour de cette protection outrée dévorait les cultivateurs américains, mon honorable ami aurait voulu que nos cultivateurs canadiens fussent placés dans les mêmes conditions absolument et sous l'opération du même tarif. Mon honorable ami ne saurait le nier.

Eh bien, il s'aperçut que son raisonnement péchait par un autre côté. Il cita alors l'Angieterre où ses adversaires, disait-il, signaleruient une dépréciation dans la valeur des terres agricoles, Or, la protection n'existe pas en Angleterre et il ne pouvait alléguer cette raison pour expliquer la dépréciation qu'on y constate. Logiquement son raisonnement devait l’amener à se demander ceci : Si une protection modérée au Canada est, jusqu'à un certain point, préjudiciable aux cultivateurs, et si une protection plus forte aux Etats-Unis, leur est encore plus préjudiciable, où trouver le paradis où ils ne souffrent pas de cette dépréciation et de ces effets désastreux, mais où ils sont prospères et heureux? Evidemment dans un pays de libreéchange ; et l'honorable chef de la gauche aurait dû pouvoir nous signaler le sort heureux et prospère des cultivateurs anglais. Il n'a pu le faire. Les cultivateurs des Etats-Unis, ont eu des temps

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durs, plus durs que les nôtres, nos cultivateurs ont | eu des temps durs, mais si l’on veut trouver les pires des temps durs, la pire des crises, la situation | agricole la plus embarrassée, on n'a qu’à aller en Angleterre, le foyer du libre-échange.

Il a donc fallu que mon honorable ami trouvât une raison pour expliquer comment il se fait que son raisonnement porte à faux, appliqué à l’Angleterre, et celle qu'il a donnée est entre toutes celle que je l'aurais supposé très soucieux d'éviter.

Quelle est cette raison? Les terres, dit-il, sont toutes monopolisées en Angleterre, du moins elles l’étaient ; les nobles s'en sont emparés ; les aristo- | crates en ont fait des parcs aux cerfs et ils refusent de permettre qu'on mette les terres en culture. Et] quel devrait être l'effet de tout cela ? Que le peu de | terres qui sont mises en culture devraient avoir | une graude valeur. C’est la conséquence inévita. | ble de son raisonnement ; mais le chef de la gauche | dit que ces aristocrates s'emparent des terres et les détiennent pour en faire des parcs aux cerfs, et que | si un cultivateur possède un acre de terre libre on |

de terre pour laquelle il paie une redevance, ces | | temple de la politique nationale. Je demanderai à

| à mon honorable ani, s’il y à eu entente entre lui

aristocrates poussent le mépris si loin qu'ils l’écrasent sous les impôts. Cette raison n'a rien qui vaille,

Mon honorable ami a fait voir comment les prix de fermage ont diminué en Angleterre ; mais qu'il

se renseigne davantage sur cette question au moyen |

de lectures, qu'il aille en Angleterre et qu'il y voyage. et il constatera qu'aujourd'hui les proprié

que quelques-uns d’entre eux se sont trompés à cet égard, toute la propagande du parti doit dépendre, dans une certaine mesure, de l’accomplissement de ces prédictions. Il n’est pas juste de la part de non honorable ami de dire et il ne saurait soutenir sérieusement que, parce qu'une personne aurait dit que la politique nationale ferait monter le prix du blé à #1.50 le boisseau, la politique nationale n'ayant pas eu ce résultat, le blé n'étant pas à ce prix aujourd'hui, cette politique est un fiasco et ne saurait être appuyée plus longtemps.

Il déclare ouvertement, et il l’a déclaré souvent, qu'aucune législation ne saurait hausser le prix du blé, niceluidesautrescéréales. En passant, je doislui dire d’avoir l'œil sur son nouveau partisan, sa plus jeune recrue, l'honorable député de L'Islet, J'ai eu la curiosité de lire le programme que cet honorable député a soumis à ses commettants. [l nous l'a lu ici, l’autre soir. Quel en est le premier article ? Il s'engage à faire proposer un projet de loi qui augmentera la valeur de la propriété agricole, et il promet aussi que l'honorable chef de la gauche laissera deux ou trois colonnes debout dans le

et l'honorable député de L'Islet. Y a-t-il eu accord réel, et a-t-il autorisé ce dernier à déclarer qu’il proposerait un projet de loi à l’etfet d'augmenter la valeur des produits agricoles. ‘ Quelles sont les colonnes du temple de la protection qui resteraient debout * Je laisse cela à régler entre mes honorables amis. Je ne doute pas qu'ils n'en soient

taires, l’un après l’autre, offrent à leurs tenanciers les terres qu'ilscultivent sansun sou de fermage, s'ils veulent seulement les tenir en bon ordre et en prendre soin, et qu'ils ne peuvent trouver de fermiers pour les prendre, même à ces conditions, c'est le cas. Je sais qu’il en est ainsi.

Un genre de raisonnement qu'affectionnent les honorables députés de lu gauche, c'est, lorsqu'ils ne peuvent trouver, d'hommes véritables à renverser, d'élever des hommes de paille etde les jeter à terre ; de même mon honorable ami, après avoir échoué dans son raisonnement basé sur les valeurs agricoles, a déclaré sérieusement que la politique nationale a été manquée par des hommes qui faisaient miroiter

devant le peuple l'espérance qu'elle ferait moner |

| venus à un accord avant la fin de la session.

| De quelle façon le libre-échange, à supposer que {nous l'ayons aujourd'hui, amènera-t-il ne hausse {dans le prix des produits agricoles ? Vous dites | que le prix du blé est bas aujourd'hui ; pourquoi ? | Parce que la production du blé ‘dans le monde Lever, mesuré d'après la demande est plus forte, |en proportion, ce-qui fait tomber les prix. Etablissez le libre-échange, que va-t-il arriver ? Va:-ton laisser en friche une certaine partie des champs de blé, diminuer la quantité et la rapprocher de la demande, et faire ainsi monter les prix ? (C'est le

seul moyen d'y arriver.

TANES DES CULTIVATEURS,

le prix du blé à $1.50 par boisseau. Il se peut !

qu'une personne égarée, dans un moment d’enthousiasme, au cours d'une campagne électorale, ou dans un moment de faiblesse, ait dit que la politique nationale aurait ces effets. Les honorables députés de la gauche ont leur moment de faiblesse sons ce rapport. Je le leur ai moi-même entendu faire des prédictions et des promesses les plus étonnantes qui n'ont jamais été et ne pourront jamais être réalisées : mais je ne veux pas dire que, parce

Il se peut que mon honorable ami ait eu des appréhensions à cet égard, car il ne se propose pas d'établir le libre-échange, mais seulement la réciprocité absolue. Jai peur que duns ce cas, il ne tombe sur les cornes de son propre dilemme, car il | déclare que la protection une fois établie dans un pays la valeur des terres diminue, tandis qu’il promet au cultivateur que sous l'opération de la réciprocité absolue, qui signifie une protection plus

forte et de plus grandes restrictions qne celles que nous avons maintenant, la valeur des terres et des produits agricoles éprouverait une hausse,

Le discours de mon honorable ami a été caractérisé par un esprit qui n’est pas nouveau. C'est une espèce d'évangile pour les honorables députés de la gauche. Ils se sont, comme dirait mon honorable ami le député de C‘harlotte, ‘‘ amourachés de Brigitte.” Ils inclinent du côté de la sollicitude pour le cultivateur, et s'il y a une chose qu'ils prêchent aujourd’hui, c'est la situation embarrassée du cultivateur, et à les entendre, ils sont les seuls qui puissent sauver les cultivateurs au moyen de la politique qu'ils se proposent d'appliquer. Mon honorable ami va trop loin dans ce qu'il dit des cultivateurs, Ils pêchent par excès de sollicituile, Le parti libéral-conservateur et le gouvernement libéral-conservateur, connaissent aussi bien que mon honorable ami la situation des cultivateurs et ils font quelque :hose pour eux, tandis que les honorables député:; de la gauche se contentent de parler d'eux, de déclarer qu'ils sont embarrassés et appauvris et de faire un tableau brillant de ce qu'ils feraient pour eux si seulement ils étaient au pouvoir.

Est-il vrai que les cultivateurs comme classe sont écrasés par les impôts? Non. Est-il vrai, comme l’a dit mou honorable ami ce soir, que le cultivateur paie des impôts sur tout ce qu'il mange, sur tout ce qu’il porte et sur tout ce qu'il consomme? Quelle folie ! Et je le démontre. Le cultivateur a besoin de bois pour construire sa maison et sa grange. Paie-t-il an sou d'impôt sur le bois de ce pays, quand nous en avons un excédent capable de fournir aux besoins des autres pays ? Le cultivatenr a besoin de combustible pour se réchauffer après qu'il a

construit sa maison et, dans neuf cas sur dix, il!

emploi comme ‘combustible le bois du pays. Il coupe son bois lui-même, l'apporte dans la cour de sa ferme et s'en sert pour se tenir chaudement,. Paie-t-il un sou d'inpôt sur ce bois? Il se sert de charbon, et tout ce qu'il consomme de charbon anthracite, qui est le charbon le plus généralement employé comme combustible, est exempt d'impôt ; et dans de vastes régions de ce pays, le charbon bitumineux est à sa porte, presque pour rien, en le prenant à la mine même,

Mon honorable ami se trompe en ce qui concerne |

le combustible, et il se trompe également en ce qui concerne les articles d'alimentation. Il est absurde d'avoir à répondre à un raisonnement de ce genre, Ce que notre population mange, ce sont les grains du pays, les meilleurs du monde entier et nous en avons un excédent, Ce qu'elle mange, ce sont les viandes canadiennes, les meilleures et les plus fermes qu'il y ait dans le monde entier, et nous en avons

aussi un excédent. Notre population consomme aussi notre beurre et notre fromage, et le Canada peut fabriquer un fromage égal à celui du pays qui produit le meilleur fromage du monde entier, et produire un beurre égal au meilleur beurre qu'il y ait au monde. Les œufs de la poule patiente dont s'est tant moqué mon honorable ami, sont un article d'alimentation pour le cultivateur et les classes ouvrières en consomment de grandes quantités. Y a-t-il un sou de droit là-dessus ?

Nous pourrions ainsi repasser tout ce que le cultivateur mange. Sur quels articles d'alimentation paie-t-il des impôts ? Sur sa moutarde, son poivre, sa canelle, ses clous et autres choses de ce genre, et cinq centins par quartron représenterait le volu-

| me du droit qu'il paie pour tout cela, d'après les besoins de sa consommation. Il paie des droits infinitésimaux sur le sucre, les sucres bruts étant admis en franchise; et dans l'état de choses qui existe cette année, il paie son sucre moins cher qu’il ne le payerait si nous n'avions pas de politique nationale. Nous avons pris les articles d’alimen- {tation du cultivateur ; prenons maintenant ses boissons. Les boissons qu'il devra boire, dans mon opinion, sont exemptes de droits. Son eau, son thé, son café sont exempts de droits. S'il désire boire quelque chose de plus fort--ce qui lui est facultatif —c'est un luxe qu'il se permet et il lui faut payer pour, et nous aurons un impôt là-dessus aussi longtemps que le Canada sera un pays.

De sorte que mon honorable ami devra corriger ce qu'il a dit en ce qui concerne les articles d’alimentation. Ces principaux articles à l'usage du cultivateur sont le bois, la brique, ou la pierre dont | il se sert pour construire ses édifices, le combustible qu'il emploi, les articles d'aiimentation qu'il consomme, et pour ces articles qui constituent la | plus forte partie de ses dépenses nécessaires, où est le pays au monde où le cultivateur ait un approvisionnement aussi abondant à sa porte même et à aussi bon murché* Allons un peu plus loin et voyons ses vêtements. . Il y a un grand nombre de | cultivateurs dans ce pays dont les vêtements ordinaires sont confectionnés avec la laine fournie par Îles moutons qu'ils élèvent eux-mêmes. La toison est lavée dans l’eau du ruisseau, portée au moulin à carder le plus rapproché, filée par sa propre femme et tissée sur son propre métier ou celui de la fabrique voisine, et le produit est converti en vête- | ment pour lui et su funille.

Il y a des milliers et des centaines de milliers de | gens dans ce pays qui s’habillent ainsi, mais mes | honorabies amis ne les voient pas. I n'y pas de comn- | munion intime entre eux et le cultivateur. Ils n'ont | d'yeux que pour les gens de la ville qui s’habillent en drapfin. Ils se baladent dans les grandes rues

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des villes et des villages, et ils n’aperçoivent que | très peu de chose. Etes-vous imposé quand vous

des gens dont les vêtements sont en tweed. S'ils | achetez votre billet, que vous montez à bord d’un se mettaient en rapport plus intime avec le peuple, | train et qu’on vous transporte rapidement de Lévis ils feraient usage de leurs yeux et se répandraient | à Halifax ouà Saint-Jean ? Jenelecroispas, car vous parmi les classes ouvrières, et ils visiteraient les | avez sur l’Intercolonial les plus bas prix de pasétablissements reculés où ils verraient ies pardes- | sage que vous puissiez obtenir n'importe où. Tout sus et les pantalons gris confectionnés avec la laine | cela entre dans les recettes gagnées. Ce n'est pas fournie par les moutons que les cultivateurs élèvent | un impôt, c’est le paiement d'un service bon marché, eux-mêmes et cardée dans l'établissement même. | de même que d’un bon service. Faites l'addition de Prenez les cotonnades, prenez les lainages si vous | ces deux sommes, et voilà $18,000,000. Ajoutez-y voulez, et j'affirme ici que, qualité et prix considé- | pour les articles de luxe reconnus, $2,500,000, vous rés, le prix des lninages et des cotonnades du com- | avez #20,000,000 représentant ‘les intpôts qui ne merce généralement employés par nos concitoyens | Sont nullement forcés, qui sont on parfaitement dansla confection de leurs vêtements estaussi raison- | volontaires, ou simplement le paiement peu coûteux nable ici que dans n'importe quel pays au monde. d'un bon service. Durée, qualité et prix considérés, on peut se procu-| Or, il faudrait dire celà. Je prétends qu'il n’estrer au Canada d'aussi bonnes marchandises réelle- | pas l'ami de son pays, qu'il est l'ennemi de son ment propres à être portées—je ne parle pas de | pays, celui qui, en cachant la vérité au peuple, sourouenneries ni de camelote en fait de lainages, | lève le mécontentement duns l'esprit du peuple. : tweeds ou autres étoffes de ce genre—-que dans n'importe quel pays au monde. Tout bien consi-| Sir RICHARD CARTW RIGHT : Ecoutez ! écoudéré, le cultivateur paie ici un minimum d'impôts ; |tez! et je dis qu’il n'y a pas de pays au monde où le cultivateur paie moins d'impôts que dans ce pays-ci sur tous les articles de commerce dont il fait une consommation journalière.

M. FOSTER : Et s'il y « un homme dans cette chambre qui doit s'écrier ‘écoutez, écoutez ” quand je mentionne ce fait, c'est l'honorable député, qui 'siège vis-à-vis de moi, le député d’Oxford-sud (sir Richard Cartwright). Car, s'il y a un homme | dans cette chambre qui ait soulevé autant de mécon-

I nous faut aussi contrôler ces messieurs de le | tentement et ait chassé autant de gens du pays que gauche quand ils parlent du fardeau des impôts. [l'a fait l'honorable député d'Oxford-sud, par ses Il y a différents genres d'impôts dans notre pays. diatribes ingénienses, j'aimerais savoir où il est. Ils disent que nous arrachons $36,000,000 d'impôts | Mais, M. l'Orateur, mon honorable ami le chef de la aux pauvres gens dans notre pays. Quelle fraude | gauche a un évangile tout neuf ; il l'a proclamé ce comme raisonnement! Appeler cela des impôts | soir. 1i va inaugurer un nouvel ordre de choses, et faire croire aux gens qui, dans certains cas, ne | l'âge d'or politique, tout pour lui-même, j'en ai connaissent pas mieux parce qu'ils ne sont pas ver- | peur. Que dit-il? Le chef d'un parti d'opposition, sés dans les chiffres, qu'on leur fait payer $36,000,- | se lève de son siège et à voix haute et sur un ton 000 d'impôts directs! Cette assertion n'est pas | qu'on pourrait entendre du Cap-Breton à la Colomconforme à la vérité. De ce chiffre #10,000,000 bie-Anglaise, il proclame le nouvel évangile. viennent des spiritueux et des tabacs, et personne | En quoi consiste-t-il? ‘‘L'imposition est un mal n’oserait se lever dans cette chambre ni dans n'im- | qui ne produit jamais de prospérité, c'est une dimniporte quelle chambre anglo-saxonne, pour deman- | nution des droits de tout bon citoyen.” Le devoir der que les articles soient admis en franchise. | de mon honorable ami ent tout tracé. Il est le Tant qu'il faudra un revenu, on le prélèvera au | chef d'un parti puissant. A quelque époque dans moyen d'impôts sur ces articles. Ce ne sont pas des | l'avenir, il se peut que ce soit dans un avenir éloiarticles nécessaires à la vie, ce sont des articles | gné, il pourra arriver au pouvoir. Or, je lui de luxe, et le particulier qui les achète les achète ! demande instamment ceci : que, lorsqu'il arrivera avec la conscience qu'il contribue au revenu, et! au pouvoir, il mette en pratique la doctrine qu'il quand il le fait, c'est un impôt volontaire, et non | prêche et qu'il gouverne ce pays sans infliger au un impôt forcé. peuple, s’il est fidèle à son ki rangile, ce mal qui,

Puis, il y a $8,500,000 de recettes gagnées dans le | d'après lui, n’a jamais produit de prospérité et qui est une diminution des droits de tout bon citoyen.

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