ASSERTIONS DE M, CHARLTON
L'honorable député de Norfolk-nord (M. Churlton) a prétendu, l'autre jour, que le gouvernement, lorsqu'il en a appelé au peuple en IN91, à promis d'obtenir un traité de réciprocité avec les Etats. Unis, et que c'est avec cette promesse fausse, que nous avons trompé l'électorat et gagné les élec tions. J'aime que les discussions dans cette cham. bre se fassent honnêtement et loyalement et, dans ce but, j'ai voulu fournir à l'honorable député l'occusion de se rétracter. J'espérais qu'il aurait an moins le courage de dire qu'il était allé un peu loin, que nous n'avions pas fait cette promesse, mais que nous l'avions laissé entendre, Mais iln'a pas voulu profiter de l'occasion qui lui était offerte et non seulement une fois, mais deux, ou trois fois,
avant de terminer son discours, il « répété que nous |
avons positivement promis que nous étions certains
d'obtenir un traité de réciprocité et que nous avions |
gagné les élections par ce moyen. Maintenant, je , £ Il
donne à l'honorable député une nouvelle occasion |
de se rétracter, Plusieurs VOIX : Oh!
M. FOSTER : Il ne le feru pas. Je n'en suis pas surpris ; mais ce qui m'étonne, c'est de voir que ses amis qui siègent sur les premiers rangs de lu gauche, l'approuvent dans son refus deretirer une accusation
qu'il n'a pas prouvée et qu'il ne peut pas prouver. | Quand on lui a demandé de fournir des preuves, |
qu'a-t-il fait? Ia cité l'Æmpire. L'Empire de Toronto n'est pas le gouvernement. Il n'avait pus prétendu que l'£mpire avait dit telle ou telle chose. Son accusation était que le gouvernement avait dit ceci et cela ; et lorsqu'il a cité le passage de l'£n-
pire, il s'est trouvé que l'£mpire lui-même ne l'avait |
pas dit. [la épluché tout l’article, sans pouvoir trouver une syllabe, ni une ligne pour corroborer son assertion.
Après cela, il a déclaré que le projet de traité de
1874 comportait une proposition directe de droits
différentiels, absolument comme ce que l'on propose
avec ln réciprocité absolue, LA encore, sir John Thompson lui a fourni l'occasion de se rétracter, I] s'est contenté de demander si l'honorable Geo, Brown n'avait pas déclaré telle et telle chose, L'honorable député ne répond jamais franchement [à une question, Il n'a pas répondu à celle-là ; il
| s'en est tiré par un faux-fuyant,
| Voilà un honorable député deux fois convaincu | de vouloir combattre ses adversaires en falsitiant | les textes, et quand l'occasion lui est offerte de se |étructer, il s'y refuse obstinément,.
| Cela n'a pas été dit seulement devant la chambre
| qui peut en constater la fausseté, mais son discours |est répandu dans le pays ; il sera bientôt, je sup. | pose, mis en brochure, comme tous ses discours, et distribué dans son comté, où les gens le liront et diront que le gouvernement du Canada est nn mauvais gouvernement, parce qu'il a déclaré, en 1891, qu'il était certain d'obtenir un traité de réciprocité, | qu'il en a appelé au peuple sur cette promesse, et {n'a pas obtenu de traité ; parce qu'il s'est prononcé contre les droits différentiels et que le gouverne. | ment anglais y est aussi opposé et que, malgré cela, en 1874, des droits différentiels avaient été |accordés et que l'Angleterre y avait virtuellement consenti.
Les gens diront: nous ne pouvons pas appuyer un gouvernement qui se rend coupable de pareilles supercheries, Lorsqu'on leur demandera sur quoi lils se busent pour en venir à cette conclusion, ils | répondront : Parce que l'honnète John Charlton l'a | dit, parce que M. Charlton est un chrétien, parce | qu'il est doyen de l'église presbytérienne, parce que c'est un homine qui se prétend très vertueux, parce que c'est un homme de bien, et qu'il ne voudrait | pas dire une chose qui n'est pas. Nous allons nous | guider, en politique, sur ce que dit M. Charlton, | parce que no+ avons confiance en son honnêteté,
Voilà, assurément, un genre de polémique qui ne devrait pas être permis, non seulement entre les partis, mais entre un député et le peuple qui lit ses | discours.
Cet honorable député trouve très mauvais que le capitaine d'un remorqueur tire une petite ficelle et permette au sifHet de son navire de troubler le solennel repos du dimanche matin. Je préférerais le voir troubler 10,000 fois le repos solennel du dimanche, que de l'entendre violer le pacte sans lequel toute société est impossible-la vérité qu'on se doit les uns aux autres, de plus, si ce capitaine de remorqueur contait un mensonge à son second, le mal serait moindre : il aurait souillé la pureté de {son cœur, fl aurait abusé de la confiance de son
voisin, mais cela ne concernerait que ces deux hommes. Mais que dire d'un homme public qui | lance ces accusations sans l'ombre d’une preuve, et
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qui, lorsq et de se r fauasetés de lutte }
M, DAVI
L'hono de ln mè par igno surtout 1 province ment de côté en est parti tout ve q m'a accus petits ins] plus s'urr et qui tot chaque n avoir été dire : vo vous acet vous avi ment gli tion ne se d'être art plus cat:
des Fina
dans ce
dossier ?
venuit-il documen Mais | déclarati an, sous présence Washins complète rer ce de preuve que cett mon cal fit parti néeenf officiel, pesant « la vérits Quell Blaine, fût au pas, ell puté a.
tient te ue le sa Blaine
ee que rec ait ous on,
qui, lorsque l'occasion lui est offerte de les retirer ot de se retracter, refuse de le faire, et répand sex faussetés d'un bout à l'autre du pays. Ce genre de lutte politique ne devrait pas exister,
M, DAVIES WT LA CONFÉRENCE DK WANHINOUTON,
L'honorable député de Queen (M, Davies), à erré de la même manière, mais je dois dire que c'est | par ignorance, eur il n'y à pas un homme publie, surtout un homme qui aspire à devenir le chef des provinces maritimes, qui oserait commettre sciem ment de pareilles erreurs. Il se penchait de mon côté en parlant «ur ce ton mélo-dramatique qui lui est particulier, et avec l'enphase qu'il met dans
tout ce qu'il dit, que çu vaille la peine ou non, 1 | |
m'a accusé de falsification, Il ine fait penser à ces petits instruments qui, une fois montés, ne peuvent plus s'arrêter, tant que le ressort n'est pas détendu, et qui tournent plus vite et font plus de bruit, à chaque nouvelle révolution, Immédiatement après avoir été monté, l'honoruble député a commencé par dire : vous uvez dit une chose fuusse, mais je ne vous accuse pas de l'avoir fait volontairement, car vous aviez un biais dans l'esprit, et il s'est naturelle ment glissé duns vos explications, et votre déclara tion ne se trouve pas tout à fait exacte. Mais avant d'être arrivé au bout du ressort, il s'est exprimé plus catégoriquement et a déclaré que le ministre
des Finances avait délibérément falsitié le dossier
dans cette affaire, Il parle de dossier. Quel dossier ? Il avait un document dans la main, D'où venait-il? Du Sénat uméricuin, Quel était ce document ? Une lettre. De qui? De M. Blaine.
Mais l'honorable député avait aussi devant lui la déclaration faite devant cette chambre, il y à un an, sous l'autorité d'un ministre de la Couronne, en présence des deux collègues qui l'ont accompagné à Washington--une déclaration plus longue et plus complète que celle de M, Blaine, Ilu préféré ignorer ce document et prendre l'autre comme la seule preuve authentique. Celn fait-il une différence que cette déclaration ait été fuite dans l'intimité de mon cabinet, et ait été ensuite répétée ici, ou qu'elle fit partie de l'exposé budgétaire, qu'elle ait été donnée en pleine chambre, comme étant mon rapport officiel, fait sous ma responsabilité ministérielle, en pesant chaque mot, et en disant ce que je crois être la vérité ?
Quelle justice y at-il à prendre la lettre de M. Blaine, cemme le seul document authentique qui fût au dossier, comme si mu déclaration ne faisait pas, elle aussi, partie du dossier * L'honorable dé puté a prétendu que la lettre de M. Blaine con-
tient tout ce qui s'est passé : comment le sait-il*? Je |
ue le sais pas. Toutes les probabilités sont que M. Blaine ne raconte pas dans cette lettre tout ee qui
a eu lieu, Comme question de fait, il ne vupporte pus la cinquième partie de ce qui s'est passé, Ilue parle pas des protocoles : il n'y en avait pas, ln simplement remis au président une lettre conte nant, en quelques phrases, ce qu'ilse rappelait de lu | conférence, se rapportant à la demande du Congrès et aux choses sur lesquelles il doit faire rapport. | Cette lettre est une pivee du dossier, mais mu dé. |elaration est aussi une pièce du dossier, et une pièce plus longue et plus complète que l'autre, 1] était réservé à un Canadien, et à un député de | l'opposition, d'attirmer que la déclaration d'un de
ses collègues était fausse, et d'acce pter comme vraie | celle de M, Blaine.
M. CHARLTON : Devons-nons comprendre que | l'honorable ministre déclare que la lettre de M, Blaine est fausse *
M. FOSTER: L'honotable député s'est levé d'un air majestueux, et il parle sur un ton imposant, mais il prend un peu trop le devant, N'il veut s'usseoir et se taire, je vais le lui dire,
M. CHARLTON : Dites oui ou non.
M. FOSTER : D'abord, j'espère que la chambre admettraavec moi que l honorable députése trompe, en disant que la lettre de M. Blaine contient un récit détaillé de tout ce qui s'est passé. Maintientil cette prétention ? de lui demande s'il n'a pas dit que j'ai probablement été induit en erreur, par l'opinion fausse que j'avais dans l'esprit. Nuis-je seul à participer de la nature humaine, et M. Blaine était-il seul au-dessus de la fragilité humaine ? M. Blaine ne pouvaitil prs être assez humain, pour nourrir certaines opinions préconçues, qui auraient pu l'induire à faire un rapport conforme à ses désirs? Honnètement et franchement, n'était-il pas aussi exposé à cela que moi-même, et cependant, on prend «a déclaration comme l'exact rapport des événements et des faits et la mienne est qualifiée de
! falsitication et indigne de eréance,
Un autre point, maintenant, L'honorable député de Queen (M. Davies) x dit -je puis citer ses propres paroles, s'il en doute -que le secrétaire d'Etat, M. Blaine, contredit catégoriquement la déclara tion de M. Foster, Veut-il indiquer une seule phrase de M. Blaine qui contredise une seule de mes déclarations? Mettez les deux rapports en regard. J'en dit plus que M. laine ; et lui en dit moins que moi ; je dis tout ce que M. Blaine dit, non pas exactement dans les mèmes termes, muis je traite de tous les sujets qu'ila traités, maislu n'a pas abordé tous ceux que j'ai traités. M Blaine dit que la première proposition comportait la réciprocité en produits naturels, avec telles extensions
iet détinitions que pourraient rendre nécessaires
le changement des circonstunces. J'ai dit cela aussi ; nous sommes d'accord sur ce point. M. Blaine dit qu'une liste d'articles manufacturés devait être ajoutée aux produits naturels, J'ai dit que la réciprocité devait se borner aux produits naturels et manufacturés, en général. Il y à ici une divergence, mais c'est tout. M. Blaine dit qu’il doit y avoir des droits différentiels contre l'Angleterre. J'ai dit aussi qu'il fallait des droits différentiels contre l'Angleterre. Sur tous ces points, nous sommes exactement d'accord, ou bien près l’un de l’autre. Dans le reste de ma’ déclaration, je traite des questions auxquelles M. Blaine ne touche pas, mais qui ont été débattues dans la conférence qui a eu lieu, et débattues longuement.
Je demande à l'honorable député s’il s'est montré juste envers moi, en prétendant que M. Bluine a rapporté tout ce qui s’est passé, en prétendant que son rapport est le seul auquel on puisse se fier et en refusant d'accepter ma déclaration comme un document, au moins aussi digne de foi que la lettre de M. Blaine, Il pourrait, au moins, me faire la concession qu'il paraissait disposé à m'accorder an début de son discours, lorsqu'il admettait que je n'avais pas dénaturé les faits de parti pris. Je suis convaincu que lorsqu'il relira son discours, à tête reposée, il s’apercevra qu'il a été injuste comme il n'est pas permis de l'être envers un collègue qui siège en face de lui, dans une chambre dont tous les membres sont censés être des gentilshommes,
Je n'ai pas un mot, ni une syllable à retrancher de la déclaration que j'ai faite l'an dernier. J'y persiste dans sa totalité, sans aucune restriction mentale ; j'y persiste en présence de mes collègues qui m'ont accompagné à Washington.
Je demande à la chambre ce qu'elle pense de la loyauté d'un honorable député qui n'attache d'authenticité qu'à la version d'un étranger, et refuse toute créance et toute honnêteté à son compatriote et à son collègue.