PROPOSITIONS FINANCIÈRES
J'ai mainteraut à entretenir la Chambre des emprunts que nous aurons à contracter pour mettre nos ressources en état de solder les dépenses de guerre dans le cours du prochain exereice. Comme je l’ai expliqué, toutes nos dispositions financières sont prises pour jusqu'au commencement de l'été. Nous avons cependant au delà des mers plus de 100,000 hommes dont la solde et l'entretien entraînent de fortes dépenses, et ces dépenses augmenteront avec le chiffre de notre armée. Pour payer et maintenir ces forces au delà des mers, il faudrait, si nous ne comptions que sur nos propres ressources, prélever les fonds nécessaires iei et échanger notre argent sur la place de Londres, vu que ces dépenses sont faites en Angleterre et sur le continent européen. Pour nous procurer ces ressources et pour ne pas ébranler notre situation financière, nous avons pris des arrangements l’automne dernier pour contracter avec le trésor impérial un emprunt de 30,000,000 de livres sur lequel nous pourrons tirer en cas de besoin, à raison de 2,500,000 livres par
mois, durant l’année 1916.
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Il ne faut pas oublier que, par suite de nos obligations antérieures à la guerre, nous devons payer annuellement, en intérêts, environ $150,000,000 en Angleterre et $837,000,000 aux Etats-Unis et, si nous n'avions pas fait des arrangements comme ceux que je viens d'expliquer, nous serions obligés d'exporter de l'or en Augleterre et aux Etats-Unis, jusqu’à concurrence d'une partie au moins, de nos dépenses de guerre à l'étranger. Bien que cet arrangement assure absolument la stabilité de notre situation financière pour l’année, nous ferons tout en notre pouvoir pour nous prévaloir aussi peu que possible de cette offre généreuse du trésor impérial qui a déjà à supporter l'énorme fardeau de ses propres dépenses de guerre et à consentir des prêts considérables aux nations alliées.
Nous avons de plus l'intention, autant que la chose sera cu notre pouvoir, d'ouvrir un crédit iei au gouvernement impérial, pour lui faciliter de nouveaux achats de munitions et d’approvisionnements au pays. Dans l’état actnel du change, un arrangement de cette nature, soit avec le Gouvernement, soit avec les banques, sera nécessaire si l’on veut que le gouvernement anglais continue à acheter ici, du moins en aussi grande quantité qu’il l’a fait durant l'année écoulée.
Dans l'étude de la question des emprunts à venir, il faut tenir compte que, bien qu'il v ait sur ce continent beaucoup d'argent pour des placements à courte échéance, les sommes disponibles diminuent et le taux de l’intérêt augmente avec la durée de l'emprunt. Mon opinion personnelle sur la meilleure politique finaneièr» à adopter en temps de guerre, c'est qu'il aut mieux consentir un taux d'intérêt élevé à longue échéance que de recourir des émissions répétées, que nous pourrons avoir à racheter ou à renouveler dans un moment où nous aurons besoin de nouveaux fonds pour les dépenses de la guerre.
De plus, je considère qu'il ne faut pas, pour la période suivant immédiatement la conclusion de la paix, créer trop d’obligations qui embarrasseraient le gouvernement, dans un temps de récupération et de reconstruction spécialement difficile.
Le succès marqué du récent emprunt canadien nous permet d'espérer qu’une grande partie des sommes dont nous aurons besoin à l'avenir pourra être prélevéce iei même. Je n’ai aucun doute que cela sera possible si la production du pays continue à augmenter, et si notre population pratique une stricte économie en vue de convertir son épargne en obligations de l'Etat. Avant de prendre une décision, concernant les futurs emprunts ‘anadiens il faudra, nécessairement, tenir compte de l'état du
change et de la condition des banques, en vue de causer le moins de désarroi possible dans les affaires du pays.
Pour faciliter les arrangements financiers, je devrai soumettre à la Chambre un projet de loi obligeant les compagnies
d'assurance sur la vie et les institutions opérant au Canada, en vertu d’un permis accordé par le Gouvernement, de placer, durant cette année et l’an prochain, une partie de leur actif en numéraire, titres où obligations de l’Etat. Dans le cas des compagnies non-canadiennes, mais opérant au Canada, en vertu d'un permis, elles seront tenues, durant les années 1916 et 1917, de faire en valeurs de cette nature les dépôts que la loi les oblige de faire pour garantir les porteurs de police.
Quant aux compagnies canadiennes, nous nots proposons d'exiger que, pendant ces deux années-là, elles emploient à l'achat de ces titres la moitié de l'augmentation de l'actif liquide figurant au grand livre en 1915 et en 1916, après qu’elles auront pourvu à l’aceroissement des réserve; faites à l’étranger et des emprunts garantis par des polices d':ssurances. Des dispositions seront prises à l'égard des conpagnies étrangères qui ont déjà fait leurs dépôts de l'année courante. L'ensemble de ces placements atteindra un total d'au moins $15,000,000. Etant donné le taux d'intérêt que l'Etat paie maintenant sur les effets publies, une telle loi ne saurait être injuste envers les compagnies d’assurances où leurs assurés, qui obtiendront un placement de premier ordre et rapportant un intérêt des plus satisfaisants. J'ai moins d’hésitation à soumettre ces prescriptions législatives parce que, contrairement aux autres compagnies financières. les compagnies ou les sociétés d’sssurance sur la vie n’ont pas été frappées d'impôts fédéraux. A ce sujet, je tiens à remercier sincèrement les compagnies et les sociétés d’assurance sur la vie d’avoir répondu promptement, généreusement et loyalement à la demande de souscriptions à l'emprunt de guerre du Canada. Leur part dans cette émission sera disponible, il va sans dire, jusqu’à coneurrence de la somme nécessaire au paiement de leurs dettes, aux termes de la loi projetée.
Je demande à donner avis du dépôt d’un projet de loi concernant les placements des compagnies d'assurances sur la vie (1916) que je soumettrai plus tard à la députation.
Afin d'encourager l'épargne parmi le publie et de fournir un moyen facile de placer a rantageusement en titres de l'Etat les fonds disponibles, pendant l'intervalle qui s’écoulera entre les emprunts publics, nous avons décidé d’autoriser la vente de temps à autre d'obligations de $100 et de multiples de cette somme, qui seront rachetables cinq ans après la date d'émission et qui produiront ta intérêt payable semestriellement an moyen de chèque que les succursales de n'importe quelle banque autorisée du Canada convertiront en argent sans exiger d’escompte. Ces obligations se vendront an pair et des renseignements complets sur la nature et les cot litions de l'émission seront publiées plus tard. Le gouvernement se réservera le droit de restreindre le montant des obligations qui seront vendues à chacun et