Commonplace Book, p
4, Ennéades, VI, vin, 10,
LES INTULTIONS MYSTIQUES : PLATON ET PLOTIN aul
considérer la création divine du point de vue de Dieu même, alors que précédemment il l'avait principalement envisagée du point de vue humain, à contempler Dieu non plus du dehors, mais du dedans, non plus dans cette espèce d’objectivation de sa pensée et de sa volonté appropriée librement par lui aux besoins des esprits finis qu'on appelle la nature, mais dans l’acte même de sa pensée et de sa création. Or il ne pouvait arriver à une telle intuition qu’en s'identifiant en quelque manière avec la volonté divine, puisqu'il est de la nature même de la volonté d'être irreprésentable. L'intuition mystique de Berkeley nous paraît dès lors répondre exactement à ces vers de Dante, dont les derniers évoquent, en même temps, l'intuition « évanouissante » d'Henri Bergson :
La gloria di Colui che tutto muove,
Per l’universo penetra, e risplende In una parte piu, e meno altrove.
Nel ciel che piu della sua luce prende Fu'io; e vidi cose che ridire Ne sa, ne puo qual di lassu discende ;
Perche, appressando se al suo Disire Nostro intelletto si profonda tanto Che retro la mentoria non puo ire !.
Et plus loin :
.… Che la mia vista, venendo sincera, E piu e piu entrava per lo raggio Dell'alta luce che da se à vera.
Da quinei innanzi il mio veder fu maggio Che il parlar nostro, cha tal vista cede, E cede la memoria a tanto oltraggio ?. x
La notion d’une telle intuition élaiten quelque sorte appelée par la théorie de l’âme du monde qui dérivait elle-même du système. Admettre une âme du monde, c'est reconnaitre
1. Paradiso, I, 1-9. — Cf. Bergson, Evolution créatrice, passim.