Ibid., XXXUI
qu'il existe un élément commun à toutes les existences spirituelles, en d’autres termes, c’est faire participer toutes les vies particulières à Ja vie divine. La théorie de la participation est donc une conséquence logique de la philosophie de Berkeley. Berkeley appelle vie ou amour la force cachée qui unit toutes choses et maintient l'harmonie universelle :
or c'est cette force qui anime et inspire. La volonté divine,
en nous représentant ce spectacle merveilleux que nous appelons la nature, nous incite à agir, et constitue ainsi, par rapport aux innombrables êtres finis, une immense puissance de sympathie, agissant sur tous les êtres, et les fai-
‘ sant par là même participer en quelque manière à sa propre vie. [l devient dès lors possible que l'amour qui est en nous coïncide avec l'amour de Dieu hors de nous. « Je ne puis comprendre pourquoi quelqu'un qui admet l’union de l'âme et du corps déclarerait impossible pour la nature humaine de s’unir à la Divinité d’une manière ineffable et incompréhensible par raison !. » C'était là toute la doctrine de l'inspiration exposée par Plalon dans le Phédre et reprise par Plotin, pour qui l'intelligence s'identifie à l’un lorsqu'elle est transportée d'amour ?. 3
. Telles sont les raisons tirées de l'examen du propre système de Berkeley, qui le prédisposaient à subir l'influence de Platon et de Plotin. À ces raisons philosophiques s'ajoutent des raisons religieuses. La philosophie alexandrine ayant été engendrée par lhellénisme au contact du judaïsme, et la théologie chrétienne par le judaïsme au contact des idées grecques *, Berkeley retrouvait chez les philosophes anciens des idées qu’il était habitué à considérer comme articles de foi. Il ne pouvait donc qu'éprouver de la sympathie à l'égard de doctrines qui s’accordaient beaucoup mieux que celles des