‹ Exposé Critique de la Philosophie de BerkeleyChapitre 102 sur 181 · Ennéades, VI, vu · texte numérisé non relu

Ennéades, VI, vu

3. Fouillée, Philosophie de Platon, I, 1v, 1, $ 6 (t. IL, pu 905): Ravaisson, Mélaphysique d'Aristote, 4° P. I, ch. m. (t. II, pp. 349 à 371).

philosophes modernes avec ses convictions religieuses. Il devait en outre se sentir porté vers elles à une époque de sa vie où une existence solitaire, jointe à l'espèce de détachement ou de renoncement qui accompagne naturellement chez les âmes méditatives l'approche de la vieillesse, le prédisposaient progressivement à la contemplation et à l’extase. Tout particulièrement, la philosophie de Plotin, synthèse des doctrines antérieures faite d’un point de vue théologique et mystique, par la place qu'elle fait à Dieu, par les analogies qu'elle offre avec la philosophie chrétienne qu’elle a si largement inspirée !, devait exercer un puissant attrait sur l'esprit d'un philosophe dont les sentiments religieux étaient si profonds, et qui trouvait en elle. en même temps qu’une expression philosophique de ses croyances, un complément et une confirmation de son propre système. Et comme elle synthétisait les doctrines antérieures, 1 Unité, le suprême intelligible, étant le Dieu de Platon, l'Intelligence le Dieu d’Aristote, l’Ame le dieu des stoïciens ?, elle inclinait Berkeley à rechercher dans la pensée des philosophes anciens des conceptions voisines des siennes.

Ce n’est donc pas d’une manière purement accidentelle et extérieure que Berke'ey s’est trouvé subir, à la fin de sa vie, l'influence de la philosophie platonicienne. Sans doute des raisons contingentes l’ont amené à cette étude. Durant les seize années qui précédèrent la publication de la Siris, il a beaucoup vécu seul, parmises livres, d’abord à Rhode-fsland, puis dans son diocèse retiré de Cloyne *. Mais si ses livres préférés ont été durant ce temps ceux de Platon et des néoplatoniciens, c'est parce qu'illes sentait en harmonie intime avec ses croyances religieuses et son propre système. La manière dont il les cite et les commente en fournit la preuve.

1. F. Picavet, ÆEsquisse d’une histoire générale et comparée des philosophies médiévales, ch. 11 et 11 (Paris, 1905).

Page 1