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2. Berkeley donne lui-même comme références la Morale à Eudème, livre VII, ch. dernier, et l'Ethique à Nicomaque, Liv. X, ch. vin.
Des raisons morales et religieuses agissaient donc dans le même sens que les raisons philosophiques mentionnées plus haut. |
La République, citée dans l’Alciphron, exprime une pensée analogue à celle que Berkeley loue chez Aristote, en disant que « la Providence des dieux est nécessairement attentive aux intérêts de celui qui travaille à devenir juste, et à parvenir, par la pratique de la vertu, à la plus parfaite ressemblance que l’homme puisse avoir avec la divinité !. » Dans l’aphorisme cher à la philosophie grecque, le semblable connaît le semblable, et dans l’application qu’en faisait Platon quand il montrait l’âme s’élançant vers les Idées comme étant de même nature ?, et l'affinité de l’âme humaine avec la nature divine, « la liaison étroite qu'elle a naturellement avec tout ce qui est divin, immortel, impérissable » *, Berkeley retrouvait la conception biblique de l’homme fait à l'image de Dieu. De même, l'aspiration aristotélicienne de la vie humaine vers la vie divine lui offrait une expression profane de la morale du Christ : « Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait.» L’A/ciphron mentionne expressément la pensée d'Aristote que l’homme atteint à la vie divine pour autant qu’ilexiste en lui quelque chose de divin #. C’est là un mouvement de pensée par lequel Berkeley s’achemine déjà vers l’intuilion platonicienne du Bien et l’extase plotinienne.
Il en est de la théorie de Dieu comme de celle de l’âme. Berkeley ne retrouvait pas seulement chez Aristote le Dieu du christianisme concu comme une intelligence vivante, mais un Dieu distinct du monde et des êtres créés, concep-