Sum. lheol., l, quest: XV, art
les mouvant en vue du bien, et par là même leur insufflant la vie. :
Orces conceptions que Berkeley, sans en connaître la source, avait puisées dans les Pères de l'Eglise ou dans la philosophie scolastique, et qu'il avait en partie déjà amalgamées à son propre système, il allait les retrouver chez les néo-platoniciens.
Alcinoüs admet une âme du monde co-étendue à toute la substance de l’univers qu'elle lie et tient unie, une intelligence du monde, inséparable del’âme, contenant en elle tous les intelligibles, Dieu enfin, ineffable, éternel et parfait, se suffisant absolument à lui-même et n'ayant nul besoin des autres choses, raison dernière de l’essence, divinitas essentiæ ratio. Il définit Dieu comme le Bien, parce qu'il est cause de tout ce qu'il ya de bon, comme la vérité, parce qu'il en est le principe, de même que le soleil est la source de toute lumière, comme le Père, parce qu'il est la cause de tout, et qu’il forme à son image l'âme et l'intelligence du monde.
Pour Philon, que Berkeley cite également dans la Siris * « Dieu est inintelligible dans son existence suprême comme l'avait déjà compris Platon. L'âme ne sait pas ce qu'est Dieu, elle sait seulement qu’il est et ce qu’il n'est pas. Il est absolument simple et ineffable * ». De plus, il existe un médiateur entre Dieu et la créature, premier-né du Père et Dieu lui-même, le Verbe, à la fois intérieur à Dieu (Asycs évOtaberos) et prononcé au dehors dans le monde (mpe- DoptxOS), les Idées, en lant que types intelligibles, rési dant dans le verbe intérieur de Dieu, mais étant en même temps des principes de vie, par rapport aux créatures. Enfin le Verbe proféré, analogue à l'âme motrice de Platon; est l'Esprit saint (ra dytov), l'âme du monde, la puis-
1. Alcinoüs, De doctrina Platonis, ch. x (trad, de Marsile Ficin, éd. de 1641, Paris, t. 11, p. 892). :