Fouillée, Philosophie. de Platon, IL, 1v
sance inférieure par laquelle Dieu entre en contact avec le monde sensible !.
Chez Plotin, l'âme universelle embrasse et gouverne le monde par sa volonté. Présente dans toutes les parties du corps immense qu'elle anime, elle dèmeure cependant indivisible, semblable par son wnité et son universalité à l'In. telligence qui l’engendre. C'est la puissance qui vivifie toutes choses et « maintient dans les liens de l'Unité ce monde d’une grandeur et d'une variété infinies ? ». Elle procède d’un principe supérieur, l'Intelligence divine, parfaite, immuable, éternelle, qui renferme elle-même toutes les idées- Celle-ci « est elle-même l'Eternité véritable dont le Temps offre la mobile image dans la sphère de l'âme ». En effet, l’âme, divisée entre les objets divers qui attirent tour à tour son attention, ne saisit jamais qu’une partie de la réalité, tandis que l'Intelligence, embrassant toujours toutes choses simultanément, les possède toutes, immobiles dans l'identité. « Elle est ; il n’y a jamais pour elle que le présent ; point de futur, car elle est déjà tout ce qu'elle peut être plus tard: point de passé, car nulle des choses intelligibles ne passe ; toutes subsistent dans un éternel présent... » Aïnsi l’Intelli. gence en se pensant elle-même, pense toules les essences intelligibles qui ne font avec elle qu'une seule et même chose. « L'Intelligence existe parce qu'elle pense l'Etre. L’Etre existe parce qu'étant pensé, il fait exister et penser lfntelligence ?. »
Dès lors, le sujet pensant et l’objet pensé sont consubstantiels et supposent un principe commun qui fait penser l’un et exister l’autre. Ce principe est l'Un, dont tout dérive parce qu'il n’est contenu dans aucune forme déterminée. Il n’est aucune des choses que contient l’Intelligence, mais
1. Fouillée, Philosophie de Platon, IH, 1v, 1, $ 5. Cf. Ravaisson, Méta- . physique d’Aristote, 4e P. I, 3, t. IL,p. 360.